Revue de presse Vietnam / Du 01 au 15-02-2026
Sélectionnée par Michel Pédaoussaut Renforcer les fondements de l'amitié Vietnam-Chine par le biais d'échanges entre les populations à Hô Chi Minh-Ville 01-02-2026 https://thoidai.com.vn Pour commémorer le 76e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Chine
Sélectionnée par Michel Pédaoussaut
Renforcer les fondements de l’amitié Vietnam-Chine par le biais d’échanges entre les populations à Hô Chi Minh-Ville
01-02-2026
Pour commémorer le 76e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Chine (18 janvier 1950 – 18 janvier 2026), le soir du 29 janvier, l’Union des organisations d’amitié de Hô Chi Minh-Ville et l’Association d’amitié Vietnam-Chine de Hô Chi Minh-Ville ont organisé une réunion pour célébrer le Nouvel An lunaire 2026 (Année du Cheval), avec la participation des dirigeants des organisations d’amitié et du Consulat général de Chine à Hô Chi Minh-Ville.
Dans son discours d’ouverture, M. Nguyen Huu Hiep, président de l’Association d’amitié Vietnam-Chine de Hô Chi Minh-Ville, a souligné que le Vietnam et la Chine sont deux pays voisins unis par une longue tradition d’amitié, cultivée avec soin par le président Hô Chi Minh et le président Mao Zedong, ainsi que par les générations successives de dirigeants des deux pays. L’établissement officiel des relations diplomatiques le 18 janvier 1950 a jeté les bases d’une coopération globale entre le Vietnam et la Chine.
Selon M. Nguyen Huu Hiep, malgré les nombreux bouleversements de la situation régionale et mondiale, les relations sino-vietnamiennes n’ont cessé de se renforcer et de se développer, pour devenir un partenariat de coopération stratégique global, toujours plus approfondi, concret et efficace, fondé sur la devise des seize mots, l’esprit des quatre valeurs fondamentales et les six objectifs d’excellence. Ce développement apporte non seulement des avantages concrets aux populations des deux pays, mais contribue également positivement à la paix, à la stabilité et au développement de la région.
En 2026, l’Association d’amitié Vietnam-Chine de Hô Chi Minh-Ville entend poursuivre son rôle de pont entre les peuples des deux pays. L’accent sera mis sur le renforcement de la coordination avec les partenaires chinois afin d’organiser des échanges interpersonnels, notamment dans les domaines de la culture, de l’éducation et de la jeunesse, tout en favorisant les liens entre anciens élèves, entreprises et organisations sociales. Par ailleurs, les actions sociales et caritatives ainsi que les initiatives de reconnaissance au sein de la communauté chinoise de Hô Chi Minh-Ville continueront d’être privilégiées, contribuant ainsi à consolider l’unité nationale et à approfondir les fondements sociaux des relations bilatérales.
M. Tang Li, consul général de Chine à Hô Chi Minh-Ville, a affirmé que le début de l’année 2026 serait marqué par de nombreux événements importants dans les relations bilatérales, notamment l’échange de messages de félicitations entre les hauts dirigeants des deux partis et des deux États à l’occasion du 76e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques. Il s’est félicité du succès du XIVe Congrès national du Parti communiste vietnamien, déclarant que ce congrès avait ouvert une « nouvelle ère » pour le développement du Vietnam et insufflé un nouvel élan aux relations sino-vietnamiennes dans un monde en pleine mutation.
Selon le consul général Tang Li, depuis 76 ans, la Chine et le Vietnam ont toujours été solidaires et se sont soutenus mutuellement dans la lutte pour l’indépendance et le développement nationaux. L’amitié forgée durant les périodes historiques difficiles constitue un socle solide pour la coopération actuelle, notamment en matière d’échanges entre les peuples. Sous l’impulsion stratégique des hauts dirigeants des deux partis et des deux États, les relations sino-vietnamiennes progressent graduellement vers l’objectif de construire une « Communauté de destin stratégique », en privilégiant le renforcement de la confiance politique, l’élargissement de la coopération concrète et l’approfondissement des liens entre les deux peuples.
À Hô-Chi-Minh-Ville, le Consulat général de Chine et l’Union des organisations d’amitié ont récemment collaboré à de nombreuses activités fructueuses, allant des échanges universitaires, culturels et éducatifs à des programmes destinés aux jeunes, aux anciens étudiants et aux intellectuels. Ces activités contribuent non seulement à renforcer la compréhension mutuelle, mais aussi à jeter des bases sociales solides pour les relations bilatérales.
Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à promouvoir davantage le rôle de la diplomatie interpersonnelle en tant que pilier important, contribuant au développement stable, durable et à long terme des relations Vietnam-Chine , et apportant une contribution positive à la paix et à la coopération dans la région.
Un nouvel horizon pour le Vietnam en haute mer
01-02-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Le Traité sur la haute mer, entré en vigueur le 17 janvier 2026, constitue une étape majeure dans la gouvernance mondiale des océans et ouvre des perspectives inédites de coopération pour le Vietnam. Ce traité, fruit de négociations internationales, met en place le premier cadre juridique global consacré à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, c’est-à-dire des espaces qui couvrent plus de 60% des océans mondiaux.
Un cadre juridique mondial et un engagement précoce
En ratifiant cet accord dès le début de sa fenêtre de signature et en déposant son instrument de ratification le 9 juin 2025, le Vietnam s’est positionné comme l’un des premiers états parties à cet important traité, réaffirmant ainsi sa volonté d’être un acteur responsable de la protection des mers et des océans. Cette démarche traduit un engagement fort pour la conservation de la biodiversité marine et l’utilisation durable des ressources océaniques.
Le traité instaure des mécanismes pour le partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines et favorise l’intégration des pays en développement dans des activités de recherche scientifique, de conservation des écosystèmes et d’exploitation durable des éléments biologiques marines. Il crée ainsi un espace de coopération qui peut profiter à des nations comme le Vietnam, dont les capacités scientifiques et technologiques sont en pleine expansion.
Objectifs nationaux et coopération internationale
Pour Hanoï, l’entrée en vigueur de ce traité ne se limite pas à un geste symbolique : elle ouvre la voie à une coopération plus étroite avec d’autres pays et institutions internationales dans des domaines clés tels que l’accès à la recherche scientifique marine, le partage de données et de technologie de pointe ou encore la protection de l’environnement marin. En participant activement aux mécanismes du traité, incluant la création et la gestion d’aires marines protégées ou l’évaluation des impacts environnementaux des activités en haute mer, le Vietnam entend renforcer ses propres capacités nationales tout en contribuant aux efforts multilatéraux de gestion océanique.
Cet engagement s’inscrit également dans le cadre plus large des orientations politiques du pays en matière de développement durable de son économie maritime, conformément aux stratégies nationales et à la résolution 36-NQ/TW (2018). En mobilisant les secteurs scientifique, entrepreneurial et institutionnel, le Vietnam cherche à transformer les opportunités offertes par ce traité en résultats concrets pour le développement durable de son économie bleue et pour la protection des océans à l’échelle mondiale.
En somme, l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer marque non seulement une avancée juridique mondiale mais aussi un tournant stratégique pour le Vietnam, qui ambitionne de jouer un rôle significatif dans la conservation des écosystèmes marins et dans la coopération internationale pour un développement océanique durable.
La diaspora vietnamienne en France confiante dans l’avenir du pays
02-02-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Alors que le XIVème Congrès national du Parti communiste vient de se tenir, la communauté vietnamienne établie en France se montre optimiste quant à l’avenir du Vietnam. Au-delà du cercle politique et institutionnel, ce soutien illustre l’impact que les grandes orientations prises à Hanoï ont sur les Vietnamiens à l’étranger, notamment intellectuels et acteurs culturels qui suivent de près les perspectives de développement national.
Une réaction enthousiaste aux perspectives définies par le Congrès
Depuis Paris, plusieurs membres de la diaspora vietnamienne disent placer leur confiance dans les orientations issues du XIVᵉ Congrès, qu’ils considèrent comme le point de départ d’une nouvelle phase de développement. Les objectifs fixés à l’horizon 2030 et 2045, ainsi que la priorité donnée aux sciences, à l’innovation et à la transformation numérique, nourrissent l’espoir d’un Vietnam capable de s’affirmer durablement sur la scène internationale.
Cette lecture est partagée par des chercheurs vietnamiens établis en France, à l’image de Pham Quôc Nghi, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Saclay, pour qui le Congrès traduit une volonté claire d’accélération et de rupture. L’ambition d’une croissance soutenue dans les années à venir refléterait, selon lui, une forte détermination politique, tandis que les orientations défendues par la direction du Parti offriraient un cadre propice à lever les blocages institutionnels et à mobiliser pleinement les talents, y compris ceux de la diaspora.
Culture, identité et engagement de la diaspora
Au-delà des aspects économiques et technologiques, l’accent mis par les orientations du Congrès sur le développement culturel et la préservation de l’identité nationale a trouvé un écho favorable auprès de la communauté vietnamienne en France. Pour des acteurs culturels comme Nguyen Ngân Ha, fondatrice d’une chorale vietnamienne en France, ces priorités résonnent particulièrement, soulignant l’importance de l’humain et de la culture dans la vision de développement.
Cette confiance se manifeste aussi dans la volonté exprimée par des membres de la diaspora d’accompagner activement le Vietnam, en transformant l’esprit de “percée” évoqué dans les grandes lignes du Parti en actions concrètes visant à contribuer à la prospérité et au rayonnement national.
Un lien fort entre diaspora et Patrie
Dans ce contexte, les voix de la diaspora rappellent le rôle historique et continu que jouent les Vietnamiens de l’étranger. Au-delà de l’attachement émotionnel à la Patrie, leur engagement est fondé sur une confiance dans la trajectoire définie par le direction politique actuelle, qu’ils jugent capable de positionner le Vietnam comme un pays développé à revenu élevé d’ici 2045.
Cet appui, exprimé depuis la France, illustre non seulement la solidarité de la communauté vietnamienne à l’international, mais aussi une aspiration commune à participer à l’essor et à la modernisation du pays, tout en préservant son identité et ses valeurs.
Poursuivant résolument des efforts pour améliorer la qualité des soins de santé maternelle et infantile.
03-02-2026
L’après-midi du 30 janvier 2026, dans l’atmosphère festive des jours précédant le Nouvel An lunaire du Cheval, l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie du Mékong a tenu sa cérémonie solennelle de bilan de fin d’année 2025, présenté son plan de travail et ses objectifs pour 2026, et organisé sa conférence du personnel 2026. Cet événement revêtait une importance particulière, non seulement pour revenir sur une année marquée par le dépassement des difficultés, mais aussi pour permettre au personnel hospitalier de définir collectivement sa stratégie de développement, de renforcer ses capacités internes et de réaffirmer son engagement à améliorer la qualité des soins de santé maternelle et infantile dans cette nouvelle ère.
Retour sur l’année 2025 : surmonter les défis avec résilience et maintenir un niveau de professionnalisme élevé.
Lors de la cérémonie, le Dr Nguyen Thi Truc Vi, chef du département de la planification générale, a présenté un rapport de synthèse sur les activités de 2025, contenant des données exhaustives et reflétant fidèlement les activités professionnelles de l’hôpital dans le contexte des nombreux défis communs auxquels est confronté le système de santé.
Malgré ces difficultés, l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie du Mékong a enregistré de nombreux résultats encourageants. Notamment, le nombre d’interventions gynécologiques a augmenté de 10 %, dont 4 % pour les interventions par laparoscopie, témoignant de la confiance croissante des patientes envers l’expertise, les compétences et la maîtrise des techniques modernes par l’équipe médicale.
Parallèlement à ses activités de soins, l’hôpital continue d’accorder une importance particulière à la gestion de la qualité. Les résultats de l’audit interne, réalisé selon les critères de qualité de l’hôpital, ont atteint 4,16 points, confirmant ainsi son excellent niveau ; la sécurité chirurgicale a atteint le niveau maximal (niveau 5). Il convient de souligner que le taux de satisfaction des mères ayant accouché dans cet établissement a atteint 99,7 %, un niveau quasi absolu, témoignant d’une satisfaction globale, de la qualité des soins professionnels à l’attitude du personnel et à la prise en charge des patientes.
En 2025, l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie du Mékong promouvra activement la recherche scientifique et la mise en œuvre de nouvelles techniques, notamment le projet de recherche sur un modèle de prédiction précoce des maladies obstétricales par dépistage prénatal non invasif (DPNI) en collaboration avec l’Institut de génétique médicale, contribuant ainsi à améliorer l’efficacité du diagnostic précoce, l’intervention opportune et à garantir la sécurité de la mère et du fœtus.
Les efforts de transformation numérique continuent de porter leurs fruits avec la mise en place des signatures numériques, le déploiement de la lecture des codes QR sur les cartes d’identité à puce et l’application de la messagerie automatisée via Zalo pour assister les clients, améliorant progressivement l’expérience des patients et optimisant les processus de gestion.
Exprimer notre gratitude pour les efforts méconnus et honorer les contributions durables.
Lors de la cérémonie, le Dr Pham Viet Thanh, directeur des services professionnels, a exprimé sa reconnaissance et sa profonde gratitude à l’ensemble du personnel hospitalier : médecins, infirmières, sages-femmes, techniciens et employés. Il a souligné que chaque réussite de l’année écoulée est le fruit du sens des responsabilités, de la passion pour le métier et du dévouement sans faille de chaque personne et de chaque service.
L’un des moments les plus émouvants et significatifs du programme a été la cérémonie honorant les infirmières ayant obtenu d’excellents résultats à l’examen d’évaluation des compétences professionnelles infirmières de 2025, en présence de 66 membres du personnel. Cette reconnaissance était amplement méritée pour ces professionnels qui, dans l’ombre, contribuent au maintien d’un environnement hospitalier propre, sûr et accueillant – un élément fondamental pour l’amélioration de la qualité des soins et la satisfaction des patients.
Orientation pour 2026 : Innovation – Créativité – Développement durable
À l’aube de 2026, l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie du Mékong définit clairement son objectif : continuer à améliorer la qualité globale, en mettant l’accent sur le patient et en assurant un développement durable fondé sur l’expertise, la technologie et les ressources humaines.
Plus précisément, l’hôpital vise à porter son score de qualité à 4,18 points, tout en continuant d’améliorer son système de dossiers médicaux électroniques conformément à la feuille de route de transformation numérique du secteur de la santé.
Le plan d’action 2026 se concentre sur les groupes de travail clés suivants :
En matière d’expertise et de services, l’hôpital mettra en place des services de suivi post-hospitalisation au premier trimestre 2026, répondant ainsi au besoin de soins complets après traitement. Par ailleurs, des services d’assurance complémentaire pour les patients externes devraient être lancés à partir du deuxième trimestre 2026, contribuant à la diversification des services et à un meilleur accès aux soins de santé de qualité pour la population.
En matière d’investissement dans les équipements, l’hôpital continue de moderniser ses installations en ajoutant un appareil d’échographie 4D moderne, de nouvelles tables d’opération et un appareil de test de bilirubine pour la jaunisse, contribuant ainsi efficacement au diagnostic, au traitement et aux soins des nouveau-nés.
En matière de formation et de développement des ressources humaines, l’hôpital propose 24 formations continues à l’ensemble du personnel hospitalier et infirmier, et organisera également un concours de compétences infirmières au troisième trimestre 2026, dans le but d’améliorer en permanence les qualifications professionnelles, les compétences pratiques et d’uniformiser la qualité des soins.
En matière de technologies de l’information, l’hôpital mettra en place un système PACS pour les échographies et les radiographies, développera une application de « dossier médical électronique » et renforcera la communication et la consultation en matière de santé grâce à des plateformes numériques telles que YouTube, TikTok et Reels, afin de toucher plus efficacement la communauté.
Conférence des travailleurs de 2026 : Unité – Démocratie – Partenariat pour le développement
Dans le cadre de ce programme, la Conférence des travailleurs de 2026 s’est tenue dans un climat ouvert, démocratique et constructif. Ce forum important permet aux travailleurs d’exprimer directement leurs idées et leurs aspirations, et de contribuer au fonctionnement de l’hôpital.
La direction de l’hôpital réaffirme son engagement à mettre pleinement en œuvre les politiques sociales, à revoir la structure organisationnelle, à améliorer les modèles de communication interne, à créer un environnement de travail professionnel et humain et à instaurer les conditions permettant à chaque membre du personnel de travailler en toute sérénité et avec un engagement à long terme.
Les couleurs éclatantes du printemps emplissent l’air, répandant un esprit d’unité.
Le programme s’est conclu dans une ambiance chaleureuse et conviviale par la remise des prix du concours artistique et culturel du Festival du Printemps. Les prestations remarquables et riches en émotions ont non seulement mis en lumière les talents artistiques du personnel, mais ont également insufflé un esprit d’unité et de camaraderie entre les départements après des heures de travail intenses et exigeantes.
La cérémonie de clôture est terminée, mais elle ouvre un nouveau chapitre porteur d’espoir et d’attentes. Animée par l’esprit d’« Innovation – Unité – Développement », l’équipe de l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie du Mékong est déterminée à poursuivre l’amélioration de la qualité de ses soins, de ses services et de sa gestion, afin d’être un établissement de confiance, accompagnant les familles dans leur parcours vers l’arrivée d’un enfant et contribuant au développement durable du secteur de la santé.
Professeur Ngo Bao Chau : Attirer les talents ne peut pas attendre les candidatures spontanées
06-02-2026
Avec plus de 36 ans d’expérience dans le milieu universitaire international, le professeur Ngo Bao Chau estime que, pour développer sa force scientifique, le Vietnam doit rechercher activement et inviter des personnes talentueuses à revenir dans le pays, tout en assurant une formation en cours d’emploi pour cultiver les ressources humaines en interne.
Bien que vivant et travaillant aux États-Unis, le professeur Ngo Bao Chau – premier mathématicien vietnamien à recevoir la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense mathématique au monde – a consacré une grande partie de son énergie au développement des mathématiques en particulier et des sciences en général au Vietnam. Depuis 15 ans, outre ses fonctions de directeur scientifique de l’Institut vietnamien d’études avancées en mathématiques (VIASM), il participe à de nombreuses conférences universitaires, dont il a parfois assuré la présidence, publie des ouvrages et contribue à l’élaboration des politiques et stratégies de développement scientifique du pays.
Dans le contexte de la décision du Vietnam de considérer la science, la technologie et l’innovation comme le principal moteur de son nouveau modèle de développement, le professeur Ngo Bao Chau a partagé avec VnExpress ses projets d’avenir, ses expériences en matière d’attraction des talents et son désir de construire une base scientifique de classe mondiale en commençant par la formation d’étudiants nationaux de troisième cycle.

Le professeur Ngo Bao Chau – premier mathématicien vietnamien à recevoir la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense mathématique au monde. Photo : Fournie par le sujet .
Cultiver les « cellules souches » pour la science.
Après avoir remporté le prix Fields en 2010, le professeur a été invité par le gouvernement à devenir directeur scientifique de l’Institut vietnamien d’études avancées en mathématiques (VIASM), où il a collaboré avec des chercheurs vietnamiens au développement des mathématiques. Quinze ans plus tard, comment évalue-t-il si le VIASM peut désormais rivaliser avec un département de mathématiques de haut niveau dans une grande université internationale ?
L’institut n’avait pas pour vocation de créer un département de mathématiques de haut niveau et ne disposait pas non plus de fonds pour un personnel permanent. L’objectif initial de la création du VIASM était de soutenir les chercheurs australiens et, à partir de là, de développer des départements de mathématiques plus performants.
Au cours des 15 dernières années, je crois que le rêve de la première génération qui a fondé l’Institut s’est au moins réalisé. Le niveau d’investissement de l’État reste modeste, mais grâce à un mécanisme plus ouvert que dans d’autres institutions académiques vietnamiennes, le VIASM a accompli des progrès significatifs et jouit d’une certaine notoriété au sein de la communauté scientifique internationale.
La plupart des chercheurs des universités vietnamiennes manquent d’infrastructures adéquates, de soutien pour les doctorants et de moyens financiers pour inviter des scientifiques internationaux à collaborer. Depuis 15 ans, l’Institut facilite les échanges entre professeurs étrangers et le Vietnam, créant ainsi un lieu de rencontre académique pour les mathématiciens vietnamiens et internationaux.
Surtout, le VIASM jouit d’une excellente réputation au sein de la communauté scientifique asiatique et internationale. L’Institut a également mis en place un réseau de chercheurs invités ( Programme des boursiers du VIASM ), qui permet à des scientifiques de renom du monde entier de venir travailler au Vietnam, occupant des postes permanents pendant une période déterminée, pouvant aller jusqu’à plusieurs années. D’ici 2026, ce réseau comptera six à sept chercheurs invités.
Il est temps pour le VIASM de bénéficier d’investissements plus conséquents et de s’orienter vers de nouvelles pistes de recherche. Je ne peux pas non plus occuper le poste de directeur scientifique de l’Institut indéfiniment ; viendra un moment où je devrai passer le relais aux jeunes générations. C’est pourquoi, depuis deux ou trois ans, le conseil d’administration et moi-même préparons activement la relève, en invitant les futurs membres de l’Institut à participer à ses travaux.
Après de nombreuses années passées à travailler en France, puis aux États-Unis, et plus récemment, des rumeurs circulent selon lesquelles le professeur retournerait en Asie pour entamer une nouvelle carrière. Quels sont vos projets ?
Pour moi, la vie est comme un cercle, mais elle ne revient jamais au même point après chaque tournant. J’ai passé mes dix-huit premières années au Vietnam, puis dix-huit ans en France pour étudier et travailler, puis dix-huit ans aux États-Unis, et maintenant je retourne en Asie. Auparavant, malgré de nombreuses propositions, je n’avais aucune intention de quitter les États-Unis, mais depuis un an, j’ai commencé à reconsidérer la question. Je prendrai officiellement mes fonctions à l’Université de Hong Kong en juin 2026.
La première raison est que mes parents vieillissent et que je souhaite me rapprocher du Vietnam. De plus, depuis de nombreuses années, je souhaite vraiment former directement des étudiants au Vietnam, mais je n’ai pas pu le faire faute de temps et d’opportunités.
Aux États-Unis, je ne peux retourner au Vietnam que deux fois par an au maximum : environ deux à trois mois en été et deux à trois semaines en hiver et au printemps. Par ailleurs, j’occupe toujours le poste de directeur scientifique du VIASM, et lorsque je retourne au Vietnam, je dois souvent m’occuper de tâches administratives très chronophages.
Si je suis à Hong Kong, je peux retourner au Vietnam toutes les une ou deux semaines. Je prévois de former directement des étudiants et des chercheurs vietnamiens, un rêve que je caresse depuis toujours. De plus, j’espère créer un réseau de chercheurs en mathématiques en Asie, rassemblant les scientifiques de la région. Un retour à Hong Kong me permettrait de concrétiser ce rêve.
Une solide formation scientifique est indispensable pour former des personnalités de calibre international. Pendant de nombreuses années, les mathématiques vietnamiennes se sont surtout concentrées sur la reconnaissance des étudiants lauréats de concours internationaux, tandis que le nombre de chercheurs de renom est resté relativement faible. Selon le professeur, comment remédier à cette situation ?
Je pense que beaucoup d’administrateurs estiment que la formation nécessite une autonomie et une comptabilité rigoureuse. Par conséquent, les étudiants de troisième cycle sont perçus comme une source de revenus, et les frais de scolarité doivent être payés. Cette façon de penser est très simpliste.
À l’échelle mondiale, les universités tirent leurs revenus de la formation, de la recherche et des subventions accordées aux étudiants de premier cycle et de cycles supérieurs. Toutefois, c’est dans les études supérieures que l’investissement est crucial, car ces étudiants apprennent à créer du savoir. Cette étape, comparable aux cellules souches dans le développement scientifique, mérite un investissement conséquent.
Il y a plus de cinq ans, lors de l’élaboration du Programme national clé pour le développement des mathématiques pour la période 2021-2030, nous avions proposé que l’État accorde des bourses aux doctorants, mais cette proposition avait été rejetée car le décret relatif aux bourses n’incluait pas les étudiants de troisième cycle.
Je me réjouis donc que la résolution 57 (relative aux avancées nationales en matière de science, de technologie, d’innovation et de transformation numérique) prenne en compte la nécessité de mettre en place des mécanismes et des politiques attractifs pour attirer les étudiants talentueux dans les domaines clés, notamment au niveau des études supérieures. J’ai récemment appris qu’une politique d’exemption des frais de scolarité et d’octroi de bourses est prévue dès cette année pour les doctorants de plusieurs universités prestigieuses ( Université nationale du Vietnam à Hanoï ; Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville ; Université de Da Nang ; et Université des sciences et technologies de Hanoï – PV ). C’est une initiative tout à fait pertinente, mais j’aurais souhaité qu’elle soit mise en œuvre il y a cinq ans !
J’espère qu’en 2026, l’excellent programme doctoral en mathématiques, fruit d’une collaboration entre l’Institut vietnamien des sciences et de la technologie (VIASM) et l’Université nationale du Vietnam à Hanoï, sera annoncé et ouvrira officiellement ses inscriptions. Ce programme vise à former des docteurs possédant des qualifications équivalentes à celles des meilleures universités et instituts du monde, grâce à la participation d’éminents mathématiciens vietnamiens, tant au niveau national qu’international.
Le recrutement de personnes talentueuses exige une approche proactive.
Au fil des ans, la Chine a mis en œuvre un programme ambitieux pour attirer les talents du monde entier, comme en témoigne le retour de nombreux chercheurs de renom. Elle ne se contente pas d’accueillir chaleureusement les scientifiques chinois, mais recrute également activement des professeurs de renommée internationale. Selon vous, quels sont les facteurs qui ont contribué au succès de la Chine dans ce domaine ?
Ces dernières années, la Chine a investi massivement dans la science et la technologie, notamment dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle (IA). Lors d’une conversation informelle avec un professeur français en 2018, celui-ci m’a indiqué que l’ensemble des investissements français en IA ces dernières années équivalait aux investissements d’une seule ville chinoise en une seule année. En Chine et dans de nombreux autres pays, non seulement le gouvernement, mais aussi des entreprises privées investissent dans la création d’instituts de recherche en mathématiques.
En sciences fondamentales, la Chine se prépare minutieusement depuis plus de 15 ans à attirer activement des scientifiques de renommée internationale. Par exemple, le Programme des mille talents (PMT) , lancé en 2008, vise à recruter des esprits brillants étudiant ou travaillant à l’étranger.
Au départ, cela s’avéra assez difficile car l’enthousiasme n’était pas général, notamment chez les jeunes scientifiques. Même après avoir obtenu une reconnaissance internationale, ils avaient toujours besoin d’un environnement de recherche d’envergure comme celui des États-Unis pour perfectionner leurs compétences. Mais peu à peu, le projet remporta un franc succès.
Outre les avantages matériels tels que les salaires, les financements de recherche et la création de centres scientifiques, j’ai constaté la détermination des dirigeants de chaque université. Pour eux, recruter un talent est une réussite majeure, et ils s’investissent pleinement dans ce processus, tant en temps qu’en implication. Ils ne se contentent pas d’attendre que les personnes talentueuses se manifestent d’elles-mêmes.
La tâche de recruter des talents fut confiée au directeur, qui comprit que seule la sélection des meilleurs permettrait de constituer une équipe scientifique de haut niveau. Les scientifiques de renom recrutés agiraient comme un aimant, attirant d’autres personnalités éminentes.
Aujourd’hui, dans de grandes universités comme l’université Tsinghua et l’université de Pékin, le nombre de jeunes chercheurs est comparable, voire nettement supérieur, à celui des plus grandes universités américaines. La recherche scientifique en mathématiques en Chine a connu une évolution spectaculaire ces cinq dernières années. Surtout, les efforts déployés pour attirer les talents se sont poursuivis, mais sont devenus encore plus dynamiques.
– D’après votre expérience personnelle, comment pensez-vous qu’on puisse attirer des personnes talentueuses ?
– J’occupe le poste de chef du département de mathématiques à l’Université de Chicago (États-Unis) depuis près de trois ans, j’ai donc acquis une solide expérience en matière de recrutement de personnes talentueuses.
Recruter un scientifique de talent est extrêmement difficile en raison de la forte concurrence. Trois ou quatre grandes universités proposent systématiquement leurs services. Chacune d’elles présente une offre financière différente, incluant salaire et financement de la recherche, qu’elle contrôle entièrement sans avoir à demander d’autorisation. Cet avantage considérable les pousse à se faire concurrence.
À avantages matériels égaux, d’autres facteurs tout aussi importants entrent en ligne de compte, tels que les opportunités de développement scientifique, la présence d’excellents doctorants et d’excellents étudiants de premier cycle. À l’Université de Chicago, nous bénéficions d’un environnement scientifique stimulant, et nous invitons régulièrement des chercheurs de renom à échanger leurs idées. Outre une solide assise financière, notre atout majeur réside dans la création d’un cadre où les scientifiques peuvent pleinement s’épanouir dans leur vocation première : la découverte de nouvelles connaissances et la formation des scientifiques de demain.
Lorsque j’ai choisi de m’installer à Hong Kong, même en sachant que le milieu scientifique n’y était pas aussi développé que dans les grandes universités américaines, j’ai accepté ce compromis. Je pense qu’à mon âge, il me revient de créer moi-même cette atmosphère, plutôt que de simplement en profiter.
Le professeur Ngo Bao Chau a fait cette déclaration lors de la conférence commémorant les 50 ans de participation du Vietnam aux Olympiades internationales de mathématiques (1974-2024). Photo : VIASM
Le Vietnam souhaite non seulement attirer les talents, mais aspire également à une recherche scientifique de niveau mondial. Selon vous, que doit faire le Vietnam pour atteindre cet objectif ?
En résumé, la méthode actuelle d’évaluation de la qualité des travaux scientifiques au Vietnam repose principalement sur des indicateurs tels que le nombre de publications figurant dans un classement international. Ces indicateurs nous permettent seulement de déterminer si nous nous situons au-dessus de la moyenne. Par conséquent, si nous nous concentrons uniquement sur ces indicateurs, nous n’atteindrons jamais l’excellence.
Je pense que nous ne devrions pas nous concentrer sur les chiffres, mais plutôt sur d’autres méthodes qui sont en réalité plus faciles à vérifier.
Si nous voulons évaluer si une institution scientifique jouit d’une renommée internationale, nous devons examiner si les étudiants diplômés qu’elle forme sont capables de rivaliser à l’échelle internationale.
Concernant le corps professoral, de nombreuses universités manquent actuellement de professeurs titulaires. Il convient donc de mettre en place un système de postes à temps partiel et de faire revenir des chercheurs étrangers. L’essentiel est que la formation se déroule au Vietnam, et non uniquement à l’étranger. Nous devons développer nos propres compétences nationales.
Les universités qui souhaitent recruter d’excellents étudiants de master et de doctorat ont besoin d’excellents étudiants de licence pour y accéder, et la préparation commence dès le plus jeune âge. Nombre d’étudiants du programme spécialisé en mathématiques sont talentueux et possèdent d’impressionnantes aptitudes à la résolution de problèmes, mais la plupart manquent d’initiation aux mathématiques avancées ou à la recherche en mathématiques. C’est pourquoi je souhaite organiser à l’avenir des cours et des séminaires réguliers visant à familiariser les élèves du secondaire et du lycée avec la recherche mathématique fondamentale. Ce sont eux les futurs étudiants de master et de doctorat.
Le Vietnam ambitionne de devenir une puissance scientifique et technologique, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Le secrétaire général To Lam a également souligné la nécessité de privilégier les sciences fondamentales, et plus particulièrement les mathématiques théoriques, pour parvenir aux avancées en IA, biotechnologie, informatique quantique, etc. Selon le professeur, comment les mathématiques peuvent-elles contribuer à cet objectif ?
Le contexte actuel est marqué par une forte montée en puissance de l’IA. Les universités du monde entier connaissent des transformations importantes. Le niveau d’investissement dans l’IA augmente considérablement. Malgré son développement rapide, de nombreuses inconnues subsistent, notamment concernant sa fiabilité.
Les entreprises spécialisées en IA investissent massivement dans les mathématiques. L’efficacité de l’IA se mesure à sa capacité à résoudre des problèmes mathématiques. La création d’algorithmes capables de résoudre des problèmes ouverts est un indicateur crucial pour évaluer la sophistication, le risque et les capacités de raisonnement de l’IA.
Je pense qu’avec le développement actuel de l’IA, si nous n’investissons pas massivement dans les sciences mathématiques, nous prendrons inévitablement du retard. C’est un enjeu crucial pour l’avenir de tout pays, et pas seulement du Vietnam.
Concernant le Vietnam, j’ai constaté des transformations très importantes ces dernières années. La communauté scientifique, en particulier, accueille avec beaucoup d’enthousiasme la résolution 57. Je m’en réjouis moi-même et suis convaincu que nous allons dans la bonne direction ; nous n’avons pas d’autre choix. J’espère que ces mesures seront mises en œuvre et porteront leurs fruits prochainement.
Les nouvelles règles de sécurité alimentaire sont suspendues en raison de l’accumulation des conteneurs dans les ports
06-02-2026
Le gouvernement a suspendu l’entrée en vigueur des nouvelles règles de sécurité alimentaire jusqu’en avril 2026 après que la confusion concernant leur application immédiate a interrompu les procédures d’importation et engorgé les principaux ports, dont le port de Cát Lái à Hô Chi Minh-Ville.
| Accumulation de conteneurs au port de Cát Lái suite à l’entrée en vigueur du décret 46. — Photo tienphong.vn |
HANOÏ — Le gouvernement a suspendu deux nouvelles réglementations en matière de sécurité alimentaire après que leur mise en œuvre abrupte a provoqué des perturbations généralisées dans les ports et aux postes frontières, laissant des milliers de conteneurs bloqués et les importateurs incapables de dédouaner leurs marchandises.
Le gouvernement a déclaré qu’il suspendrait temporairement le décret 46, qui détaille l’application de la loi sur la sécurité alimentaire, ainsi que la résolution 66.13 sur la déclaration et l’enregistrement des produits alimentaires.
Ces deux mesures, entrées en vigueur fin janvier, seront suspendues jusqu’au 15 avril, avant d’être rétablies le lendemain.
D’ici là, les autorités appliqueront les règles précédentes du décret 15, qui régit les procédures de sécurité alimentaire depuis 2018.
Ce revirement fait suite aux plaintes croissantes des entreprises après l’entrée en vigueur immédiate du décret 46 le 26 janvier, sans période de transition ni directives claires sur la manière dont les nouvelles exigences d’inspection s’appliqueraient aux marchandises importées.
Depuis la fin de la semaine dernière, des milliers de conteneurs sont bloqués dans les ports et aux postes frontières. Au port de Cát Lái à Hô Chi Minh-Ville, plus de 1 800 conteneurs étaient encore immobilisés au 4 février, selon les douanes.
Les importateurs et les entreprises de logistique ont déclaré que la confusion entourant les nouvelles règles a laissé les entreprises et les responsables de première ligne dans l’incertitude quant à la manière dont les expéditions devaient être traitées, ce qui a effectivement paralysé les procédures de dédouanement.
Vũ Kim Hạnh, présidente de l’Association des produits vietnamiens de haute qualité, a déclaré que l’un des principaux points de blocage réside dans les exigences de certification en matière de sécurité alimentaire.
En vertu du décret 46, les entreprises sont toujours tenues d’obtenir des certificats délivrés par les autorités vietnamiennes confirmant que leurs produits répondent aux conditions de sécurité alimentaire, même lorsque ces produits sont déjà conformes aux normes internationalement reconnues.
Hạnh a déclaré que cela engendrait des coûts supplémentaires, ralentissait les procédures administratives et retardait les expéditions à un moment où les frais de transport et de financement sont déjà élevés.
Elle a déclaré que la justification de l’exigence d’une certification nationale supplémentaire devait être réexaminée, d’autant plus que les mêmes normes internationales permettent aux exportations vietnamiennes d’accéder aux principaux marchés étrangers.
Une autre préoccupation soulevée par les entreprises concerne l’exigence que les résultats des tests de sécurité alimentaire suivent un format spécifique au Viêt Nam.
Les organisations professionnelles ont déclaré que cela limitait de fait l’acceptation des résultats provenant de laboratoires d’essais internationaux, même lorsque ces laboratoires opèrent légalement dans le pays.
Phạm Khánh Phong Lan, directeur de l’Autorité de sécurité alimentaire de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré que les importateurs de produits alimentaires étaient soumis à une forte pression en raison de l’application immédiate du décret, qui ne leur laissait aucun temps pour s’adapter.
Elle a averti que cette réglementation risquait de concentrer les efforts de contrôle sur les mauvais domaines.
Alors que le décret 46 renforce les contrôles sur les produits alimentaires auto-déclarés, généralement des biens de consommation courante, d’autres catégories ayant des antécédents de violations des normes de sécurité, telles que les compléments alimentaires, les aliments fonctionnels et les produits laitiers, n’ont pas été soumises à une surveillance plus stricte.
« La sécurité alimentaire n’est pas améliorée en complexifiant les procédures d’autorisation », a déclaré Lan.
« Cela ne fait que créer des frictions et des occasions d’abus. Ce qui compte, c’est un suivi rigoureux après l’inspection, des responsabilités clairement définies et une application efficace de la loi. »
Lors d’une réunion gouvernementale ordinaire le 4 février, le Premier ministre Phạm Minh Chính a ordonné aux ministères de rédiger rapidement une nouvelle résolution pour remédier aux problèmes causés par le décret 46, affirmant que la perturbation ne pouvait pas être autorisée à se poursuivre.
Il a également mis en garde les agences contre des changements de politique brusques, soulignant que les nouvelles réglementations devraient prévoir des périodes de transition claires afin d’éviter des chocs soudains pour les entreprises et les chaînes d’approvisionnement.
Le Vietnam réagit aux propos désobligeants tenus à l’égard des femmes par un responsable de district en Corée du Sud
07-02-2026
L’ambassade du Vietnam en Corée du Sud a envoyé une lettre concernant les propos tenus par un responsable du district de Jindo au sujet de « l’importation de femmes vietnamiennes », qualifiant ces propos de « propos offensants et inappropriés ».
L’ambassade du Vietnam en Corée du Sud a annoncé le 6 février avoir envoyé une lettre au bureau du gouverneur de la province de Jeolla Nam et au bureau du gouverneur du comté de Jindo, dans la province de Jeolla Nam, concernant des remarques récentes faites par un responsable de niveau comté au sujet des femmes vietnamiennes.
Lors d’un séminaire sur la fusion des provinces de Gwangju et de Jeolla Nam le 4 février, le président du comté de Jindo, Kim Hee-soo, a abordé la question du déclin démographique en Corée du Sud, soulignant que sur les 89 régions du pays confrontées au risque d’« extinction de population », 20 % sont situées dans la province de Jeolla Nam.
« Lors de la fusion, nous devons simultanément élaborer des contre-mesures. Nous devrions faire venir de jeunes femmes de pays comme le Sri Lanka ou le Vietnam pour épouser des hommes célibataires dans les zones rurales, puis mettre en œuvre des contre-mesures spécifiques », a déclaré Kim.
Le discours du président du comté de Jindo, diffusé en direct sur YouTube, a suscité l’indignation au sein de la communauté vietnamienne de Corée du Sud. Nombreux sont ceux qui lui ont reproché d’être allé trop loin et d’avoir fait preuve d’un manque de considération pour le multiculturalisme, les droits humains et les questions de genre.

Kim Hee-soo, président du comté de Jindo. Photo : Chosun Daily
Suite à l’indignation générale, Kim a présenté ses excuses le jour même, expliquant que ses propos visaient à souligner le problème du déclin démographique et qu’il avait employé le terme « importation » de manière inappropriée. Il a affirmé n’avoir eu aucune intention d’offenser un pays ou une personne en particulier. « Je présente mes excuses à toutes les personnes qui ont pu être blessées par ces propos », a-t-il déclaré.
Dans un document rédigé en vietnamien, en anglais et en coréen, l’ambassade du Vietnam en Corée du Sud a souligné le respect de la dignité et de l’honneur des citoyens, en particulier des femmes, qui constituent « une valeur, un atout et un principe partagés par le Vietnam et la Corée du Sud ».
Selon l’ambassade, les Vietnamiens de Corée du Sud considèrent la province de Jeolla Nam comme un lieu de vie idéal, en raison de sa longue tradition de tolérance, d’ouverture et de respect.
« Durant ce processus, le respect et la préservation de la dignité et de l’honneur des femmes doivent être une priorité. Par conséquent, les propos offensants, inappropriés et inadaptés tels que l’expression « importer des femmes vietnamiennes » doivent être sérieusement examinés, correctement compris et corrigés dans un esprit constructif », indique la lettre de l’ambassade.
Selon l’Union des femmes vietnamiennes en Corée du Sud, 181 436 immigrés étrangers sont actuellement enregistrés comme résidents en Corée du Sud, dont 41 779 épouses vietnamiennes. Si l’on inclut celles qui ont obtenu la nationalité coréenne, ce nombre dépasse les 100 000.
Hommage à Ho Chi Minh pour l’anniversaire du Parti
10-02-2026
À l’occasion du 96ème anniversaire de la fondation du Parti communiste du Vietnam (3 février 1930), une cérémonie solennelle s’est tenue le matin du 3 février au Mausolée de Ho Chi Minh à Hanoï, marquant la profonde reconnaissance nationale envers le fondateur et guide historique du Vietnam moderne. Une délégation de haut niveau représentant le Comité central du Parti, l’État, le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Front de la Patrie du Vietnam s’est recueillie pour honorer sa mémoire et son héritage politique, réaffirmant l’importance de son rôle dans l’indépendance et le développement du pays.
Une cérémonie empreinte de respect et de gratitude
La délégation officielle comprenait des personnalités politiques clés, dont le secrétaire général du Parti, Tô Lâm, le président de la République Luong Cuong, le Premier ministre Pham Minh Chinh et le président de l’Assemblée nationale Tran Thanh Man, ainsi que plusieurs anciens dirigeants du Parti et de l’État. Au pied du mausolée, une gerbe de fleurs portant l’inscription “Souvenir éternel au grand Président Ho Chi Minh” a été déposée en signe de respect pour son rôle de pionnier de l’indépendance nationale et du socialisme au Vietnam.
Un moment symbolique dans une année charnière
Cet hommage coïncide avec le succès du XIVème Congrès national du Parti, un moment que les dirigeants vietnamiens considèrent comme décisif pour l’avenir du pays. Le Parti met en avant la nécessité de continuer à avancer sous son leadership, en traduisant les orientations stratégiques adoptées lors du Congrès en actions concrètes pour assurer la stabilité, la prospérité et l’unité nationale.
Hommage élargis et mémoire des héros
Après la visite du mausolée, la délégation s’est rendue au Mémorial des Héros morts pour la Patrie à Hanoï pour déposer une seconde gerbe de fleurs, cette fois en hommage aux combattants qui ont donné leur vie pour l’indépendance du pays. Parallèlement, d’autres officiers militaires et représentants des forces de l’ordre ont également honoré Ho Chi Minh et les héros de la nation lors de cérémonies distinctes, soulignant l’unité des institutions vietnamiennes autour de ces symboles historiques.
À travers ces hommages, le Vietnam célèbre non seulement l’anniversaire de son Parti dirigeant, mais aussi l’héritage de son principal artisan politique, rappelant que la mémoire de Ho Chi Minh demeure au cœur de la conscience nationale et continue d’inspirer les choix politiques et sociaux du pays.
2025/6 « L’Asie du Sud-Est face aux tempêtes trumpiennes : perturbations, réajustements et adaptations »
10-02-2026
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
- La seconde administration Trump a bouleversé des piliers de longue date de la politique étrangère américaine, en réduisant drastiquement l’aide, en instrumentalisant les droits de douane et en démantelant les engagements multilatéraux et normatifs. L’Asie du Sud-Est, profondément liée aux États-Unis sur les plans économique, stratégique et du développement, a été particulièrement vulnérable à ces chocs.
- L’engagement des États-Unis en Asie du Sud-Est sous la seconde administration Trump est essentiellement transactionnel, reflétant davantage les instincts présidentiels qu’une stratégie régionale cohérente. Washington privilégie les gains commerciaux, politiques et en ressources à court terme au détriment de l’idéologie et des normes, comme en témoignent la médiation de Trump dans le conflit cambodgien-thaïlandais et l’accent mis sur la coopération en matière de minéraux critiques et la lutte contre la cybercriminalité. La valeur régionale pour les États-Unis est désormais fluctuante et contingente, n’étant plus ancrée dans un alignement stratégique avec la Chine.
- Les États-Unis ont maintenu une certaine continuité en matière de défense et de sécurité grâce à des échanges au niveau ministériel, des exercices militaires et le renforcement de leur alliance avec les Philippines. Washington a également procédé à certains réajustements de son commerce et de son aide à la région, apportant un soulagement temporaire, mais la tendance générale demeure contingente et discrétionnaire, ce qui accroît l’incertitude qui plane sur sa politique régionale.
- Les États d’Asie du Sud-Est ont fait preuve de pragmatisme et d’adaptabilité face à la seconde administration Trump, en privilégiant un dialogue direct au plus haut niveau, en adoptant une attitude conciliante envers Trump, en misant sur une diplomatie de façade plutôt que sur des engagements concrets, en diversifiant leurs activités et en misant sur l’autonomie plutôt que sur une action collective de l’ASEAN. Il s’agit de mesures tactiques visant à atténuer les chocs à court terme, tandis qu’une diversification à plus long terme se met progressivement en place.
- À l’avenir, la volatilité induite par Trump devrait s’intensifier. Les actions récentes des États-Unis – de l’intervention au Venezuela à la realpolitik axée sur les ressources naturelles – annoncent un climat plus permissif pour un impérialisme de type XIXe siècle et pour les sphères d’influence des grandes puissances. Pour l’Asie du Sud-Est, cela accroît les risques pour sa souveraineté, sa sécurité et sa résilience économique face à une Amérique de plus en plus transactionnelle et coercitive.
* Hoang Thi Ha est chercheuse principale et co-coordonnatrice du programme d’études stratégiques et politiques régionales (RSPS) à l’ISEAS – Institut Yusof Ishak.
INTRODUCTION
La seconde administration Trump a engendré des bouleversements sans précédent dans tous les aspects de l’engagement international américain, remettant en cause des principes établis de longue date en matière de politique étrangère américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. Le consensus d’après-guerre – selon lequel le rôle des États-Unis en tant que principal garant de la paix, de la prospérité et du développement mondiaux était conforme à leurs intérêts nationaux – s’est fondamentalement effondré. Les piliers fondamentaux du leadership mondial américain, tels que le libre-échange, l’aide au développement, les institutions multilatérales et les valeurs progressistes comme les droits de l’homme, la démocratie, l’ouverture des frontières et le développement durable, ont été remis en cause tant au niveau national qu’international.
Ces bouleversements ont eu des répercussions mondiales, l’Asie du Sud-Est étant particulièrement touchée compte tenu de ses liens étroits avec les États-Unis sur les plans économique, sécuritaire et du développement. Cet article examine les perturbations survenues durant la première année du second mandat de l’administration Trump, les réponses et les adaptations mises en œuvre en Asie du Sud-Est, ainsi que les implications pour l’environnement stratégique de la région.
TRUMP 2.0 : LA FORCE DU CHANGEMENT
L’Asie du Sud-Est n’est pas une région prioritaire pour la seconde administration Trump. Washington s’est concentré sur la recherche de la paix en Ukraine et au Moyen-Orient, tout en intensifiant son attention sur l’hémisphère occidental. Pourtant, les bouleversements engendrés par cette seconde administration ont eu des répercussions profondes sur la région. L’Asie du Sud-Est subit également les conséquences de la « révolution » intérieure menée par Trump, notamment la répression de l’immigration, les licenciements massifs au sein de la fonction publique fédérale et une campagne généralisée contre les institutions libérales ou « élitistes », y compris une partie du monde universitaire et de la fonction publique.[1]
La première perturbation majeure est survenue avec la fermeture de l’USAID, pilier de l’aide américaine au développement, et la forte réduction de cette aide à son niveau le plus bas des cinq dernières années ( Figure 1 ). Pendant des décennies, l’aide américaine a contribué à bâtir les infrastructures immatérielles de la région, notamment en matière de protection de l’environnement, de santé publique, d’éducation, de bonne gouvernance, de société civile et d’autonomisation des communautés vulnérables. Entre 2015 et 2023, les États-Unis ont fourni 22 % de l’aide humanitaire, 19 % des financements pour la protection de l’environnement, 12,5 % de l’aide sanitaire et 11 % du soutien aux gouvernements et à la société civile en Asie du Sud-Est, principalement par le biais de subventions [2]. La fermeture de l’USAID a brutalement interrompu de nombreux projets, dont le déminage au Laos et au Cambodge, la lutte contre le paludisme et les services de santé pour les réfugiés au Myanmar, ainsi que les initiatives de résilience climatique dans le Mékong, entraînant des pertes d’emplois parmi les travailleurs humanitaires locaux et risquant d’accroître les risques sanitaires et environnementaux [3]. Ces conséquences ont été mises en évidence de façon criante par l’absence d’aide américaine pendant la période critique de secours qui a suivi le séisme au Myanmar en mars 2025 [4].
Au-delà de ces effets immédiats, cette fermeture remet en cause le rôle fondamental des États-Unis en tant que leader mondial du développement durable, de l’inclusion et de la bonne gouvernance. Sous la seconde administration Trump, les valeurs de développement durable, de diversité, d’égalité et d’inclusion (DEI) sont redéfinies comme des handicaps idéologiques à abandonner. Trump a qualifié le changement climatique de « plus grande escroquerie jamais perpétrée » et la transition énergétique d’« arnaque verte » [5]. Dans ce contexte, les États-Unis se sont retirés du Partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) mis en place sous l’administration Biden pour l’Indonésie et le Vietnam, ainsi que d’un engagement de soutien de 3 milliards de dollars [6].

La deuxième perturbation majeure est survenue sur le front commercial. Le 2 avril 2025, Trump a menacé d’imposer de fortes hausses de droits de douane à toutes les économies d’Asie du Sud-Est, notamment le Myanmar (44 %), le Vietnam (46 %), le Laos (48 %) et le Cambodge (49 %). Bien que des négociations ultérieures aient abouti à des réductions partielles, ces droits restent nettement supérieurs aux niveaux d’avant la seconde élection de Trump ( tableau 1 ), auxquels s’ajoute un droit de douane de 40 % sur le transbordement. Par ailleurs, des mesures sectorielles ciblées constituent un défi encore plus important pour les exportations régionales, avec notamment un droit de douane de 50 % sur l’acier, l’aluminium et le cuivre ; de 25 % sur les meubles en bois ; jusqu’à 3 521 % sur les panneaux solaires en provenance du Cambodge, de Thaïlande, de Malaisie et du Vietnam ; et la menace d’un droit de douane de 100 % sur les produits pharmaceutiques.
Les données commerciales disponibles indiquent que les économies d’Asie du Sud-Est ont bien résisté aux chocs tarifaires, les exportations vers les États-Unis continuant de croître en 2025[7] et le transfert des investissements américains de la Chine vers la région restant soutenu, l’Asie du Sud-Est offrant toujours une alternative compétitive malgré la volatilité des politiques tarifaires américaines.[8] Le Vietnam, premier exportateur de la région vers les États-Unis, a enregistré un record d’exportations vers les États-Unis, atteignant 151,85 milliards de dollars, soit 32 % de la valeur totale de ses exportations, en hausse de 32 milliards de dollars par rapport à 2024,[9] en partie grâce à d’importantes exportations anticipées avant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane en août. Cependant, ce chiffre global masque une réalité difficile au niveau des entreprises : nombre d’entre elles ont renégocié leurs contrats à des prix inférieurs, assortis de coûts de mise en conformité plus élevés, ce qui a comprimé leurs marges bénéficiaires.[10]
Les droits de douane sont désormais solidement ancrés dans le commerce extérieur américain et constituent une arme de politique étrangère. Les négociations qui ont suivi la « Journée de la Libération » ont révélé le caractère coercitif de la nouvelle politique commerciale américaine, contraignant les pays d’Asie du Sud-Est à accorder des concessions substantielles, notamment la levée des barrières tarifaires et non tarifaires aux produits américains et un alignement plus étroit sur la réglementation américaine en matière de sécurité économique, en particulier concernant les contrôles des exportations et le filtrage des investissements liés à la Chine ( tableau 2 ). Cette approche compromet le principe de la nation la plus favorisée, fondement du système commercial multilatéral, et marque une rupture avec un commerce fondé sur des règles au profit d’un ordre transactionnel où l’accès au marché américain dépend de concessions bilatérales à Washington plutôt que d’engagements uniformes au sein de l’OMC.
Même lorsque les pays d’Asie du Sud-Est ont conclu des « accords » réduisant les droits de douane, ceux-ci sont loin d’être des accords commerciaux classiques. Il s’agit d’ententes exécutives plutôt que de traités juridiquement contraignants, dépourvues de ratification législative et de mécanismes de règlement des différends applicables. En particulier, les clauses générales autorisant la réimposition de droits de douane pour des raisons commerciales, économiques ou de sécurité confèrent à Washington un large pouvoir discrétionnaire pour exercer à nouveau des pressions, institutionnalisant ainsi les incertitudes et renforçant l’influence des États-Unis, tout en privant les partenaires de tout recours effectif par le biais de mesures commerciales multilatérales. En ce qui concerne le commerce avec les États-Unis, le système commercial multilatéral a cessé d’exister ; l’accès au marché américain pour l’Asie du Sud-Est est donc intrinsèquement conditionnel et constamment vulnérable.


Sur le plan diplomatique, Trump manifeste peu d’intérêt pour l’Asie du Sud-Est, et ses rares interventions – comme ses efforts pour un accord de paix entre le Cambodge et la Thaïlande – étaient motivées par son ambition d’obtenir le prix Nobel de la paix. Son approche, centrée sur sa personnalité, est déconnectée de toute stratégie régionale cohérente. Tout en déléguant les questions stratégiques et de défense à son cabinet, il s’arroge le pouvoir de décision final sur les sujets à forte résonance politique, notamment les droits de douane et leur lien avec les objectifs plus larges de la politique étrangère, imposant ses propres préférences et passant souvent outre les processus institutionnels. Il en résulte des changements de cap radicaux et une profonde incertitude, contraignant les États de la région à composer avec des États-Unis davantage guidés par les impulsions de Trump que par une stratégie définie.
L’engagement direct de Trump auprès des dirigeants d’Asie du Sud-Est a été limité et axé sur des enjeux précis, privilégiant ses priorités personnelles plutôt qu’un véritable engagement diplomatique régional. Il s’est notamment traduit par des échanges téléphoniques concernant les négociations tarifaires, une rencontre bilatérale avec le président philippin Marcos Jr. à Washington, et sa participation au sommet de l’ASEAN d’octobre 2025, où il a présidé à la signature de l’« Accord de paix de Kuala Lumpur » entre le Cambodge et la Thaïlande.[11] Bien que largement mis en avant par la Maison Blanche, la reprise des combats entre les deux pays a révélé les limites de l’influence de Trump en tant que médiateur.
La présence de Trump au sommet ASEAN-États-Unis de 2025 a constitué une victoire diplomatique pour l’ASEAN, mais non sans réserves. Sa participation, conditionnée par la cérémonie de signature de l’accord de paix, a mis en lumière une logique transactionnelle où l’ASEAN fonctionnait non comme un partenaire stratégique, mais comme une tribune permettant à Trump de démontrer ses talents de médiateur. Cette dynamique s’est également reflétée dans la déclaration de vision commune ASEAN-États-Unis, qui privilégiait les questions que Washington jugeait prioritaires, telles que la lutte contre la criminalité transnationale, plutôt que des sujets géopolitiquement importants comme la sécurité maritime et la liberté de navigation.[12] L’expérience de 2025 laisse penser que Trump est peu susceptible d’assister aux futurs sommets de l’ASEAN, à moins qu’un enjeu ne se présente qu’il considère comme servant directement ses intérêts personnels ou politiques.
L’approche transactionnelle de Trump, « L’Amérique d’abord », a concentré l’attention des États-Unis sur deux nouveaux fronts dans la région : la sécurisation des ressources minérales critiques et la lutte contre les cyberescroqueries transnationales. La région recèle d’importants gisements de nickel, de cuivre, d’étain et de terres rares, essentiels pour la défense et les industries manufacturières de pointe. Washington a conditionné la coopération en matière de ressources minérales critiques à ses accords commerciaux avec le Cambodge, la Malaisie et la Thaïlande, et un cadre similaire est attendu dans le cadre de l’accord américano-indonésien prévu début 2026.[13] Le Myanmar, troisième producteur mondial de terres rares, mérite une attention particulière. L’administration Trump envisagerait des options pour dialoguer avec les acteurs contrôlant ces gisements, qu’il s’agisse de la junte au pouvoir ou d’organisations armées ethniques.[14] Si elle était mise en œuvre, cette approche soulignerait davantage une politique de realpolitik « L’Amérique d’abord » qui privilégie l’accès aux ressources aux dépens des valeurs politiques.
L’administration Trump a également fait de la lutte contre la criminalité transnationale en Asie du Sud-Est une priorité, les opérations d’escroquerie menées dans la région ayant coûté aux citoyens américains au moins 10 milliards de dollars en 2024.[15] Si les États-Unis sont engagés depuis longtemps dans ce domaine par le biais de l’assistance technique de l’USAID, du renforcement des capacités des forces de l’ordre et du soutien à la Convention de l’ASEAN contre la traite des personnes, avec une approche axée sur les victimes, l’approche de Trump est, en revanche, davantage axée sur la sécurité. Elle comprend la création d’une force d’intervention interministérielle contre les escroqueries, le déploiement d’agents sur le terrain, des pressions exercées sur les gouvernements régionaux pour démanteler les réseaux d’escroquerie, ainsi que des poursuites et la saisie des avoirs des acteurs criminels.[16] Cette position plus ferme a suscité des réponses régionales plus décisives, notamment les raids menés par la junte birmane contre les réseaux d’escroquerie et l’arrestation par le Cambodge du chef de gang Chen Zhi.[17]
CONTINUITÉS SÉLECTIVES ET RÉÉTALONNEMENTS PRAGMATIQUES
Trump a entamé sa seconde présidence par une stratégie de choc, déstabilisant délibérément les normes et structures établies afin d’accroître son influence et d’obtenir des concessions de ses alliés et partenaires. Après l’effet de surprise initial, l’engagement américain dans la région s’est progressivement stabilisé , avec certaines continuités et des réajustements pragmatiques qui ont atténué les perturbations antérieures et apporté un soulagement limité à la région.
La continuité s’est surtout manifestée dans les domaines de la sécurité et de la défense, où l’influence de Trump est moins directe. L’administration a maintenu une présence régionale minimale grâce à des engagements ministériels. Le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth ont participé aux réunions ministérielles de l’ASEAN. Hegseth a également effectué des visites bilatérales dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Contrairement à la tendance de Trump à ne pas appréhender la Chine sous un angle géopolitique, Rubio et Hegseth ont largement conservé l’approche des administrations précédentes, présentant la Chine comme un concurrent stratégique et cherchant à approfondir les partenariats régionaux en matière de sécurité. Lors de l’ADMM-Plus 2025 et du Dialogue de Shangri-La, Hegseth a déclaré que « la menace que représente la Chine est réelle », citant ses « actes d’intimidation et ses actions illégales » dans les eaux territoriales d’autres États, et a affirmé que « toute tentative unilatérale de modifier le statu quo en mer de Chine méridionale et dans la Première Chaîne d’Îles par la force ou la coercition est inacceptable ».[18]
La Stratégie de sécurité nationale 2025 met en lumière cette dynamique : tout en privilégiant l’hémisphère occidental – une mesure qualifiée de « corollaire Trump » de la doctrine Monroe[19] –, elle engage néanmoins les États-Unis à une « posture vigilante dans l’Indo-Pacifique », notamment en revitalisant la base industrielle de défense, en augmentant les investissements militaires des États-Unis et de leurs alliés pour renforcer la dissuasion le long de la première chaîne d’îles, et en empêchant toute puissance de dominer la mer de Chine méridionale.[20] Conçue comme une « paix par la force » visant à sauvegarder les intérêts américains plutôt qu’à défendre l’ordre international fondé sur des règles ou à contrer la rivalité stratégique sino-américaine, cette posture ne signale pas un retrait américain d’Asie, mais une approche plus restreinte et fortement axée sur les intérêts en matière d’engagement régional.
Le renforcement de l’alliance américano-philippine souligne la continuité et la portée stratégique de la politique indo-pacifique de Washington. Malgré les incertitudes persistantes quant à une éventuelle intervention américaine en faveur des Philippines en cas de conflit en mer de Chine méridionale, l’alliance a été consolidée tout au long de l’année 2025, notamment par la création de la Task Force Philippines, destinée à améliorer l’interopérabilité, la formation et la préparation aux situations d’urgence en mer de Chine méridionale.[21] La première visite de Hegseth à Manille en mars 2025 a permis de rétablir une aide militaire de 500 millions de dollars, malgré le scepticisme de Trump à l’égard de l’assistance étrangère. En décembre 2025, Trump a promulgué la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA), qui alloue 2,5 milliards de dollars aux Philippines de 2026 à 2030 – le plus important investissement américain dans le secteur de la défense du pays depuis la Guerre froide – témoignant d’un engagement à long terme envers l’alliance.[22] Les États-Unis ont également déployé des capacités avancées, notamment le système d’interdiction des navires expéditionnaires de la Marine (NMESIS), et ont étendu les exercices bilatéraux et plurilatéraux en mer des Philippines avec Manille et d’autres alliés/partenaires régionaux.[23]
Sur le plan commercial, une nouvelle norme s’est instaurée, caractérisée par des droits de douane nettement plus élevés – le taux de base le plus bas, fixé à 10 %, ne s’appliquant qu’à Singapour et au Timor-Leste. Même pour les pays d’Asie du Sud-Est ayant conclu des accords commerciaux avec les États-Unis, Washington conserve une large marge de manœuvre pour ajuster unilatéralement les droits de douane, accordant des allégements temporaires sur certains produits afin d’alléger le coût pour les consommateurs américains. Par exemple, les smartphones, les ordinateurs et certains appareils électroniques – principaux produits d’exportation de l’Asie du Sud-Est – ont été exemptés des droits de douane réciproques. La hausse du coût de la vie a également incité Washington à supprimer les droits de douane sur plus d’un milliard de dollars d’exportations agricoles philippines.[24] Washington a annoncé des réductions similaires pour certains produits vietnamiens, mais leur portée et leur durée restent incertaines, soulignant ainsi que de telles flexibilités sont appliquées à la discrétion des États-Unis, à tout moment.
Les réajustements sélectifs opérés par Washington se sont également étendus à l’aide étrangère, qui a été fortement réduite et réorientée afin de se conformer aux intérêts des États-Unis et de leurs citoyens.[25] Après un gel de 90 jours en janvier 2025, l’aide américaine à la région a repris de manière limitée et ciblée, les Philippines devenant le premier pays bénéficiaire de l’aide post-réexamen en juillet 2025.[26] Le soutien a également été rétabli pour la surveillance des ressources en eau du Mékong et la gestion du bassin, le déminage et certains programmes de santé, d’environnement, d’alimentation et d’agriculture au Cambodge,[27] ainsi que pour les problématiques liées aux séquelles de la guerre au Vietnam, comme en témoigne un nouveau mémorandum signé lors de la visite de Hegseth à Hanoï en novembre 2025.[28] Au total, l’aide américaine à l’Asie du Sud-Est en 2025 s’est élevée à 701 millions de dollars, soit une baisse de 63,49 % par rapport à 2024 ( figure 2 ).[29]
La politique étrangère atypique de Trump, axée sur la maximisation des gains et dénuée de toute contrainte idéologique, morale ou normative, a également produit des résultats étonnamment positifs pour certains gouvernements d’Asie du Sud-Est. Le Cambodge en a sans doute été le principal bénéficiaire : ses exercices « Angkor Sentinel » avec les États-Unis ont repris en 2025 après huit ans d’interruption ; une visite de la marine américaine à la base navale de Ream est envisagée ; la médiation de Trump dans le conflit avec la Thaïlande a renforcé l’influence de Phnom Penh face à Bangkok ; et son taux tarifaire de 19 %, bien que punitif, reste inférieur aux 20 % du Vietnam, même si Hanoï est souvent considéré comme un partenaire plus stratégique pour les États-Unis. La junte birmane, quant à elle, espérait un changement de cap de la politique américaine à l’égard du Myanmar. La décision récente de l’administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire accordé aux ressortissants du Myanmar, en invoquant les « progrès » réalisés dans la gouvernance et la stabilité du pays, laisse penser que l’accès transactionnel aux vastes réserves de terres rares du pays, plutôt que les références démocratiques, pourrait désormais influencer les calculs des États-Unis.
Le constat général est préoccupant. Sous la seconde administration Trump, la valeur d’un pays d’Asie du Sud-Est pour Washington ne repose plus principalement sur son importance géopolitique dans la compétition stratégique américaine avec la Chine, mais sur des intérêts fluctuants, conjoncturels et souvent commerciaux, tels que Trump les définit. Ceci ne reflète pas une stratégie régionale cohérente, mais une approche contingente et opportuniste, dictée par les impulsions du président et la recherche d’accords à court terme. Aucun pays ne devrait présumer que son capital stratégique passé garantit un traitement de faveur à l’avenir.
RÉPONSES DE L’ASIE DU SUD-EST : ADAPTATION ET DIVERSIFICATION
Les réactions de l’Asie du Sud-Est aux perturbations liées à la seconde administration Trump reflètent en grande partie les stratégies d’adaptation adoptées par d’autres alliés et partenaires des États-Unis, avec des adaptations façonnées par leur exposition asymétrique et leur influence limitée face à Washington. Comme le souligne un rapport du CSIS, le comportement de la région suit globalement cinq approches interdépendantes.[30]
Tout d’abord, les dirigeants ont privilégié un engagement direct avec Trump, reconnaissant la nature hautement personnalisée de la politique étrangère américaine sous Trump 2.0. Le Vietnam l’illustre clairement : le secrétaire général To Lam s’est empressé de contacter Trump après l’annonce des tarifs douaniers du « jour de la libération » et a cherché à accélérer les négociations commerciales par le biais des canaux de direction.[31]
Deuxièmement, certains gouvernements ont eu recours à la flatterie et à des incitations transactionnelles pour s’attirer les faveurs de Trump. La nomination de Trump au prix Nobel de la paix par le Cambodge et l’accélération par le Vietnam d’un projet immobilier de la Trump Organization en sont des exemples notables.[32] Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a déployé des efforts considérables – malgré ses sympathies pour les BRICS et sa rhétorique de plus en plus critique envers l’Occident – pour apaiser Trump, allant jusqu’à faire des concessions commerciales surprenantes.
Troisièmement, la région s’est adaptée à l’importance accordée par Trump à la mise en scène en privilégiant une diplomatie de façade. Cela s’est traduit par des réunions très médiatisées, des engagements vagues et des échanges ambigus entre dirigeants, permettant aux deux parties de diffuser des versions divergentes. Ce mécanisme de défense satisfait le besoin de Trump de conclure des accords visibles tout en atténuant les tensions au niveau national. Le ministre thaïlandais de l’Industrie, Thanakorn Wangboonkongchana, a reconnu cette approche lorsqu’il a souligné que l’accord commercial avec les États-Unis « n’est pas un traité contraignant », face aux réticences internes.[33]
Quatrièmement, les États d’Asie du Sud-Est ont intensifié leurs efforts de diversification économique et stratégique afin de se prémunir contre l’imprévisibilité des États-Unis. Le Vietnam a activement cherché à diversifier ses marchés d’exportation au-delà des États-Unis, notamment en Asie centrale ;[34] l’Indonésie a conclu un accord de libre-échange longuement négocié avec l’UE ; et l’ASEAN a renforcé son engagement auprès d’autres groupements tels que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et les BRICS.[35]
Finalement, face à la pression tarifaire américaine immédiate et à la préférence de Washington pour des négociations transactionnelles au cas par cas, les gouvernements d’Asie du Sud-Est ont largement privilégié l’entraide et la conclusion d’accords commerciaux individuels avec Washington plutôt que la négociation collective au sein de l’ASEAN. La divergence des intérêts nationaux et l’exposition inégale aux droits de douane américains ont également incité ces États à obtenir des conditions préférentielles afin de se donner un avantage relatif. Ce comportement reflète une réalité incontestable : l’ASEAN ne dispose ni de la cohésion politique ni du mandat institutionnel nécessaires pour négocier efficacement avec une administration américaine très pragmatique.
Ces stratégies d’adaptation soulignent une réponse régionale pragmatique et adaptative, quoique fragmentée, qui privilégie la limitation des dégâts à court terme tout en favorisant une diversification à long terme dans un contexte de politique américaine de plus en plus coercitive. Elles révèlent également une demande soutenue d’engagement américain en Asie du Sud-Est : malgré les perturbations et la volatilité de la seconde administration Trump, Washington demeure un acteur incontournable des calculs sécuritaires et économiques de la région ; pour l’instant, aucun substitut crédible n’existe. Affirmer que le désengagement américain a créé un vide facilement comblé par la Chine simplifie à l’excès des réalités régionales bien plus complexes.
Sur le plan commercial, notamment, un accès plus restreint au marché américain n’implique pas que la Chine absorbera davantage d’exportations d’Asie du Sud-Est ; au contraire, cela a accéléré l’afflux de produits chinois sur les marchés régionaux, intensifiant la pression concurrentielle sur les industries nationales.[36] Dans ce contexte, les dirigeants régionaux continuent de rechercher activement l’engagement des États-Unis. Lors du sommet de l’ASEAN de novembre 2025, le Premier ministre singapourien a souligné « le rôle essentiel des États-Unis en tant que partenaire pour la paix, la stabilité et la prospérité de notre région » et a remercié Trump pour son leadership au Moyen-Orient et ses efforts pour désamorcer les tensions entre le Cambodge et la Thaïlande.[37] Anwar Ibrahim a déployé un capital politique considérable pour obtenir la présence de Trump au sommet de l’ASEAN. La Thaïlande, malgré son opposition de longue date à toute ingérence d’une tierce partie dans son différend frontalier avec le Cambodge, a également permis à Trump de jouer un rôle de médiateur dans le cessez-le-feu de novembre 2025.
À l’avenir, bien que l’Asie du Sud-Est ait jusqu’à présent fait preuve d’une grande capacité d’adaptation et de résilience, les turbulences post-Trump sont loin d’être terminées et risquent même de s’intensifier. La capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis et leur volonté d’acquérir le Groenland ont ravivé de profondes inquiétudes quant à la volonté renouvelée de Washington de renverser les régimes hostiles, la violation flagrante de la souveraineté nationale et la résurgence des sphères d’influence des grandes puissances. Ce climat de plus en plus permissif, propice à la loi du plus fort – qui rappelle l’impérialisme expansionniste et axé sur les ressources du XIXe siècle – rend le système international beaucoup plus précaire pour les petits États, notamment ceux d’Asie du Sud-Est.
Les relations entre le Vietnam et le Canada prennent un nouvel élan après une réunion ministérielle
12-02-2026
Lors d’une réception donnée à Hanoï en l’honneur du ministre canadien du Commerce international, Maninder Sidhu, le ministre vietnamien des Affaires étrangères, Lê Hoài Trung, a salué les développements positifs du partenariat global Vietnam-Canada, notamment dans les domaines du commerce et de l’investissement.
HANOÏ — Le Vietnam attache une grande importance au renforcement de son partenariat global avec le Canada, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Lê Hoài Trung en accueillant le ministre canadien du Commerce international Maninder Sidhu à Hà Nội jeudi.
Le ministre vietnamien des Affaires étrangères a souligné que l’engagement actif du Canada dans le monde et dans la région Asie-Pacifique, conjugué à des intérêts stratégiques communs, offre une base solide pour élargir la coopération, relever les défis communs et élever les relations bilatérales à un niveau supérieur.
Trung a demandé à Sidhu de transmettre les remerciements et les vœux de Nouvel An du secrétaire général du Parti, Tô Lâm, à la gouverneure générale Mary May Simon, et a exprimé sa reconnaissance pour sa lettre de félicitations suite à sa réélection au poste de secrétaire général du Parti communiste du Viêt Nam.
Le diplomate vietnamien s’est félicité des évolutions positives du Partenariat global, notamment en matière de commerce et d’investissement, les échanges bilatéraux devant dépasser 8,5 milliards de dollars américains en 2025.
Il a également remercié le Canada pour son soutien à la position de l’ASEAN et du Viêt Nam sur le règlement pacifique des différends conformément au droit international, notamment à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982.
Pour sa part, M. Sidhu s’est dit heureux d’effectuer sa première visite au Viêt Nam et d’assister à l’inauguration des nouveaux locaux de l’ambassade du Canada.
Il a également félicité le Viêt Nam pour le succès du 14e Congrès national du Parti et s’est dit confiant dans les progrès du pays dans une nouvelle phase de développement.
Il a décrit le Vietnam comme le partenaire prioritaire du Canada au sein de l’ASEAN et a souligné l’important potentiel de coopération accrue dans les domaines du commerce et de l’investissement, des sciences et technologies, de l’éducation et de la formation, de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques.
Sidhu a ajouté que des échanges réguliers de haut niveau et une mise en œuvre effective des mécanismes bilatéraux et multilatéraux, en particulier en tirant parti de l’adhésion des deux pays à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), dont le Viêt Nam assurera la présidence tournante en 2026, généreront un nouvel élan pour la coopération et contribueront à la paix, à la stabilité et au développement régionaux et mondiaux.
Les deux ministres se sont entendus sur des mesures visant à faire progresser le Partenariat global, s’engageant à faciliter la coopération dans les domaines du commerce et de l’investissement, de la défense et de la sécurité, de l’aide publique au développement, du tourisme et des échanges entre les peuples.
Ils ont également discuté du développement de la collaboration dans des domaines émergents tels que les chaînes d’approvisionnement, l’IA, les semi-conducteurs, la technologie quantique, la transition énergétique propre, les énergies renouvelables, l’agriculture verte, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique.
Ils ont également convenu de se coordonner et de se soutenir mutuellement dans le cadre des préparatifs du Vietnam pour accueillir l’Année de l’APEC 2027 et de renforcer davantage les relations Canada-ASEAN.
Secrétaire général To Lam : Les États-Unis sont l’un de nos partenaires les plus importants
12-02-2026
Le secrétaire général To Lam a affirmé que le Vietnam a toujours considéré les États-Unis comme l’un de ses partenaires les plus importants et est prêt à renforcer sa coopération dans divers domaines.
Lors d’une rencontre avec le secrétaire d’État adjoint américain Michael DeSombre le 13 février à Hanoï, le secrétaire général To Lam a vivement apprécié le rôle du département d’État américain dans la promotion du développement positif des relations Vietnam-États-Unis ces derniers temps, selon le ministère des Affaires étrangères.
Le secrétaire général a affirmé que le Vietnam a toujours considéré les États-Unis comme l’un de ses partenaires les plus importants et qu’il est prêt à renforcer sa coopération globale dans divers domaines pour le bien des peuples des deux pays, contribuant ainsi positivement à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans la région et dans le monde.
Le secrétaire général To Lam a affirmé que le Vietnam continuera de poursuivre avec constance une politique étrangère indépendante, autonome, renforçant son autonomie, pacifique, amicale, coopérative et axée sur le développement, de multilatéraliser et de diversifier ses relations extérieures, et d’agir en membre responsable, prêt à apporter des contributions positives aux questions régionales et internationales.
Le secrétaire d’État adjoint américain DeSombre a indiqué que le président Donald Trump appréciait et valorisait grandement l’acceptation par le secrétaire général To Lam de l’invitation à participer à l’initiative du Conseil de paix de Gaza.
M. DeSombre a affirmé que les États-Unis attachent une grande importance à leur partenariat stratégique global avec le Vietnam, soutiennent un Vietnam fort, indépendant et prospère, et souhaitent renforcer leur coopération stratégique avec le Vietnam tant dans les relations bilatérales que sur les questions internationales et régionales.
Le secrétaire d’État adjoint américain a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance pour les résultats des séances de travail menées avec les agences, ministères et départements vietnamiens au cours de sa visite, affirmant qu’il continuerait à contribuer à la promotion du développement substantiel des relations Vietnam-États-Unis à l’avenir.
Le 16 janvier, le président Trump a envoyé une lettre invitant le secrétaire général To Lam et le Vietnam à rejoindre le Conseil de paix en tant qu’État membre fondateur, travaillant avec la communauté internationale pour promouvoir une solution pacifique et durable au conflit israélo-palestinien dans la bande de Gaza.
Le secrétaire général To Lam a accepté l’invitation à rejoindre le Conseil de paix de Gaza et a affirmé la volonté du Vietnam d’y participer en tant qu’État membre fondateur, travaillant de concert avec les États-Unis et la communauté internationale pour contribuer positivement à une solution globale et durable au processus de paix au Moyen-Orient, y compris la création d’un État palestinien coexistant pacifiquement avec l’État d’Israël.
ENVIRONNEMENT ET CULTURE
Hué organise une série d’activités de la cour royale pour célébrer le Nouvel An lunaire du Cheval 2026
01-02-2026
À Hué, le Têt ne s’accompagne pas d’une effervescence débridée, mais plutôt de rituels lents et structurés. Pour le Nouvel An lunaire du Cheval 2026, le Centre de conservation des vestiges de la Citadelle impériale de Hué organisera une série d’activités culturelles et cérémonielles, depuis les préparatifs du Têt jusqu’à la pleine lune du premier mois lunaire, reflétant ainsi la manière dont l’ancienne capitale célébrait le printemps à travers la richesse de sa culture.
De nombreuses activités spéciales auront lieu au sein de la citadelle impériale de Hué pendant le Nouvel An lunaire.
Le cycle d’activités a débuté le matin du 5 février avec l’exposition « Chevaux et chevaux-dragons dans la culture impériale de la dynastie Nguyen » au Conseil privé. Ces symboles, jadis associés au pouvoir, à la chance et à l’harmonie cosmique, ont été réinterprétés dans le langage du patrimoine, permettant aux visiteurs de comprendre que chaque détail de l’ancien palais impérial avait une raison d’être.
Le 10 février (le 23e jour du 12e mois lunaire), la cérémonie de Thượng Tiêu (érection du mât du Nouvel An) a lieu aux temples de Triệu Miếu et Thế Miếu. Ce rituel marque non seulement le passage des saisons, mais symbolise aussi la fin de l’ancien et l’accueil du nouveau – un message simple et pourtant intemporel du Nouvel An à travers les siècles.
Le matin du 11 février (24e jour du 12e mois lunaire), la cérémonie du Nouvel An à la Cour s’est tenue dans la Grande Cour du Palais Thai Hoa, recréant la première cérémonie de l’année de la dynastie Nguyen. L’atmosphère solennelle et le respect des rites ont permis aux spectateurs de mieux comprendre pourquoi Hué fut jadis le centre du pouvoir et de la musique cérémonielle du pays.
Ce soir-là, le programme du Têt au Palais royal, au ministère de l’Intérieur, a instauré une atmosphère différente à Hué : intime, douce, où la culture de la cour était racontée à travers la musique, la lumière et l’émotion.
Le point d’orgue de ces festivités est le spectacle artistique du Nouvel An, qui se tiendra à 21h le 16 février (29e jour du 12e mois lunaire) sur la place Ngo Mon. Au cœur de la Citadelle Impériale, ce moment de transition entre l’année écoulée et la nouvelle sera célébré en douceur, offrant à chacun un temps de réflexion et de recueillement.
Du 1er au 3e jour du Têt (17-19 février), la Citadelle impériale de Hué continue d’accueillir les visiteurs avec de nombreuses activités printanières. Ensuite, la cérémonie de la descente du mât du Nouvel An, le 23 février (7e jour du Têt), clôture les rituels royaux du Têt . La nuit de la pleine lune du premier mois lunaire (3 mars) est consacrée au spectacle « Poésie en mots », qui présente des poèmes des empereurs de la dynastie Nguyen sur la place Ngo Mon – une manière de clore le printemps en beauté, par les mots et l’esprit.
L’atmosphère festive se propage également aux villages et localités avec le festival de lutte du village de Thu Le (22 février, le 6e jour du Têt), le festival du temple Huyen Tran (24-25 février, les 8e et 9e jours du Têt), le festival de lutte du village de Sinh (26 février), le festival de pêche de Thuan An (27-28 février)… créant un printemps à Hué à la fois solennel et quotidien.
Selon M. Hoang Viet Trung, directeur du Centre de conservation des vestiges de la Cité impériale de Hué, le nombre de visiteurs devrait dépasser les 3,16 millions en 2025, générant des recettes de 473 milliards de VND – des chiffres qui montrent que les touristes viennent de plus en plus à Hué non seulement pour faire du tourisme, mais aussi pour découvrir la profondeur de sa culture.
« 2026 est une année importante avec de nombreux événements majeurs, notamment le Festival de Hué 2026. La série d’activités prévues en début d’année devrait créer une dynamique, fidéliser les touristes et affirmer la position de Hué comme centre culturel unique du pays », a déclaré M. Trung.
Le Cheval dans la culture vietnamienne et son histoire
01-02-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Une année lunaire s’achève et une autre débute… Dans quelques jours (le 17 février sur le calendrier grégorien, pour être précis), le Serpent va tirer sa révérence et laisser sa place au Cheval : ainsi le veut l’ordre zodiacal qui, au Vietnam comme dans bien d’autres pays, régit le cycle de la vie… Finies les reptations, donc, l’heure des galopades a sonné !
A première vue, on pourrait bien sûr être tenté de se dire que le serpent a davantage sa place dans une contrée sub-tropicale que le cheval, que l’on imagine plus volontiers s’ébattre dans de vastes prairies qu’au milieu de rizières. Mais il en va du cheval comme de beaucoup d’autres choses, au Vietnam : il vient de Chine.
Le cheval, un animal légendaire
Les Vietnamiens l’ont en tout cas adopté et lui ont même fait une place d’honneur, aussi bien dans le zodiaque (le cheval y occupe la 7e place) que dans les légendes, et d’abord dans celle de Thanh Giong, l’un des quatre Immortels des croyances populaires (les trois autres étant Tan Vien, Chu Dong Tu et Lieu Hanh) qui aurait pourfendu l’envahisseur, monté sur un superbe destrier en acier.
Statue équestre de Thang Giong
C’est aussi un cheval, un cheval blanc en l’occurrence, qui serait apparu en songe à l’empereur Ly Thai To pour lui indiquer l’emplacement idéal de Thang Long, sa future capitale, qui allait ensuite devenir Hanoï, laquelle abrite aujourd’hui le temple Bach Ma, « le temple du Cheval blanc », dans lequel le mythique équidé est honoré comme il se doit.
A l’intérieur du temple Bach Ma de Hanoï
Les annales historiques, elles, font rarement état de la présence de chevaux au Vietnam. On notera toutefois que Tomé Pires, qui est un apothicaire portugais ayant vécu en Asie au XVIe siècle, évoque le nord du Vietnam comme un pays avec « beaucoup de chevaux ». Dans le sud, en revanche: en 1642, un voyageur japonais rapporte qu’il s’y trouve « très peu » de chevaux…
La période de l’Indochine française, par contre, correspond à un regain d’attention pour le cheval. Dans les années 1930, deux élevages équins militaires sont ainsi implantés dans le nord du Tonkin.
Pendant la période coloniale
Cela étant, le Vietnam n’est pas un pays qui se prête aux grandes randonnées équestres et le fait est que l’imagerie historique nous montre plus volontiers des guerriers à dos d’éléphant qu’à dos de cheval. Les sœurs Trung, pour ne citer qu’elles, sont toujours représentées juchées sur d’imposants pachydermes, et non sur des chevaux. C’est à se demander pourquoi il n’y a pas d’année de l’Elephant…
Si le zodiaque vietnamien diffère du zodiaque chinois sur le Lapin (c’est le Chat, au Vietnam), il garde le Cheval.
Le Cheval, donc, celui avec un C majuscule dont l’année va débuter dans quelques jours, symbolise la puissance, l’énergie et l’esprit d’ouverture. Celles et ceux qui sont nés une année du Cheval sont ainsi censés être un brin exaltés et généreux, mener grand train et rechercher la nouveauté : la vie au grand galop, quoi !

La course hippique de Bac Ha
Un animal tout aussi montagnard
Voilà pour une parenthèse horoscopique qui rassérènera les uns et laissera sceptiques les autres. Plus prosaïquement, et au risque de conclure sur une note plus terre-à-terre, il faut savoir qu’il existe dans les montagnes du nord une race équine locale, le Ngua noi ou cheval Hmong. Le Ngua noi est une bête plutôt petite mais robuste, idéale donc, pour les contrées montagneuses.
A noter aussi le marché aux chevaux et la course hippique annuelle de Bac Ha, qui comptent parmi les grandes attractions touristiques de la région de Lao Cai, tout à fait au nord du pays.
Un jour férié pour la culture au Vietnam
02-02-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Le Vietnam s’apprête à inscrire un nouveau symbole dans son calendrier national. À partir de 2026, le 24 novembre deviendra officiellement une journée fériée dédiée à la culture vietnamienne. Cette décision, annoncée dans le cadre d’une résolution plus large sur le développement culturel, marque une reconnaissance politique forte du rôle de la culture dans la construction nationale. Plus qu’un simple jour de congé supplémentaire, cette date entend affirmer la place centrale de l’identité culturelle dans le Vietnam contemporain.
L’instauration de la journée de la culture vietnamienne s’inscrit dans une stratégie portée au plus haut niveau de l’État. Les autorités souhaitent faire de la culture un pilier à part entière du développement du pays, au même titre que l’économie ou la modernisation technologique.
En consacrant une journée fériée à cet enjeu, le pouvoir politique envoie un signal clair : la culture n’est plus seulement un héritage à préserver, mais un levier actif de cohésion sociale et de rayonnement national.
Un calendrier symboliquement renforcé
Avec ce nouveau jour férié fixé au 24 novembre, le Vietnam enrichit son calendrier officiel et renforce la dimension symbolique de ses temps collectifs. Cette date vient rappeler l’importance de la transmission des traditions, des valeurs et de la diversité culturelle du pays. Elle offre également un cadre institutionnel propice à l’organisation d’événements culturels à l’échelle nationale et locale, favorisant une participation plus large de la population.
La Journée de la culture ne se limite pas à une commémoration abstraite. Elle vise à encourager l’engagement des citoyens dans les activités artistiques, patrimoniales et éducatives. En valorisant les pratiques culturelles sous toutes leurs formes, les autorités espèrent stimuler la créativité, renforcer le sentiment d’appartenance et soutenir le développement des industries culturelles et créatives, de plus en plus identifiées comme un secteur stratégique.
Une ambition culturelle tournée vers l’international
Au-delà de ses frontières, le Vietnam entend également renforcer son image culturelle sur la scène internationale. La reconnaissance officielle d’une journée dédiée à la culture s’inscrit dans une volonté de mieux promouvoir l’identité vietnamienne, d’attirer des événements artistiques d’envergure et de faire du pays une destination culturelle reconnue.
Bouclier vert côtier : succès et défis du projet 2021-2030
02-02-2026
Après cinq ans de mise en œuvre, le projet « Protection et développement des forêts des zones littorales en vue de faire face au changement climatique et de promouvoir la croissance verte pour la période 2021-2030 » a enregistré des résultats notables.

Une zone de mangrove restaurée dans la commune de Vinh Hau, province de Ca Mau. Photo : VNA
Hanoï (VNA) – Après cinq ans de mise en œuvre, le projet « Protection et développement des forêts des zones littorales en vue de faire face au changement climatique et de promouvoir la croissance verte pour la période 2021-2030 » a enregistré des résultats notables. Ces avancées illustrent les efforts soutenus déployés pour restaurer et développer le « bouclier vert » que constituent les forêts côtières à l’échelle nationale.
Les zones côtières du Vietnam, en particulier le delta du Mékong qui concentre environ 75 % de la superficie nationale de forêts de mangroves, subissent de plein fouet les effets de l’élévation du niveau de la mer, de l’érosion du littoral et de la dégradation des forêts de protection et des forêts spéciales côtières – mangroves, forêts brise-vent et de fixation des dunes. Cette situation résulte principalement des impacts du changement climatique et des activités humaines, telles que l’aquaculture, la construction et la déforestation.
Approuvé par le Premier ministre le 4 octobre 2021, ce projet représente un effort majeur et une solution globale pour restaurer et développer les forêts côtières, véritables « boucliers verts » et « murs verts », afin de contrer les effets croissants du changement climatique et de favoriser un développement durable dans un Vietnam plus vert.
Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, pour la période 2021-2025, les provinces et villes côtières du pays ont assuré la protection de 281.000 hectares de forêts littorales, soit 102 % de l’objectif fixé par le projet (276.000 ha). Parallèlement, 11.627 hectares de forêts ont été plantés, dont 7.741 hectares de mangroves et 4.185 hectares de forêts de protection contre le vent et l’ensablement, atteignant 58 % de l’objectif du projet, fixé à 20.000 hectares.
Ces résultats en matière de plantation nouvelle, de reboisement complémentaire et de restauration – totalisant 11 627 hectares – ont accru la superficie et la qualité du couvert forestier, renforcé le rôle protecteur des forêts côtières et honoré les engagements du Vietnam envers la communauté internationale dans la lutte contre le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer.
Malgré ces avancées, le développement des forêts littorales reste une tâche ardue, confrontée à de multiples difficultés. Les provinces côtières subissent chaque année une forte fréquence de tempêtes, de dépressions tropicales, de marées hautes et de vents saisonniers. Ces phénomènes, aggravés par le changement climatique et la montée des eaux, provoquent l’érosion du littoral et des embouchures fluviales, la perte de terres et de forêts, et entravent les efforts de reboisement, dégradant ainsi les écosystèmes côtiers.

Etude d’un site de plantation de 80 000 palétuviers à Long Dien (Ca Mau). Photo : VNA
Les réserves foncières pour les forêts littorales se raréfient et deviennent difficiles à mobiliser. De plus, la conversion des terres forestières ou des zones prévues pour le reboisement à d’autres usages – aquaculture, pêche, industries ou tourisme balnéaire – ainsi que les occupations illégales aggravent la situation.
La pollution des zones industrielles et aquacoles, conjuguée aux déchets côtiers, complique les activités de plantation, d’entretien et de protection, notent de nombreux experts en changement climatique et mangroves. Dans les zones les plus vulnérables, la restauration des mangroves exige de nouvelles approches conciliant efficacité économique et bénéfices environnementaux, souligne le Dr Nguyễn Thanh Phong, expert de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
La mission de restauration et de développement des forêts, conformément aux objectifs du projet « Protection et développement des forêts des zones littorales », demeure considérable pour la période 2026-2030. Elle prévoit notamment la plantation de 5.088 hectares de forêts, dont 3.236 hectares de mangroves et 1.852 hectares sur des sites terrestres et sableux, ainsi que le reboisement complémentaire, la restauration et l’enrichissement de 1.514 hectares, comprenant 683 hectares de mangroves et 831 hectares sur des terrains terrestres et sableux.
Selon Triêu Van Luc, vice-directeur du Département des forêts et de la protection forestière (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement), pour assurer la poursuite et la réussite de la mise en œuvre du projet, les localités côtières doivent se concentrer sur l’étude et l’évaluation approfondies des conditions écologiques des sites, le choix des essences forestières, le calendrier de plantation, ainsi que l’application de mesures sylvicoles appropriées, afin d’améliorer le taux de réussite du reboisement. Parallèlement, il est nécessaire de généraliser les modèles de protection et de développement des forêts littorales associés à des systèmes de production agro-sylvo-aquacole intégrés, contribuant ainsi au soutien des moyens de subsistance des communautés côtières.
La diversification des financements est indispensable : poursuivre les projets d’aide publique au développement (APD), mobiliser organisations, entreprises et particuliers. Leur participation aux côtés des autorités locales est cruciale pour renforcer la biodiversité, le stockage et la séquestration du carbone forestier.
Les organisations, entreprises et bailleurs de fonds nationaux et internationaux jouent d’ores et déjà un rôle actif à travers de nombreux projets de développement des forêts côtières. Ces initiatives ne se limitent pas à la restauration et à la plantation de nouvelles surfaces forestières, mais intègrent également des solutions globales visant à garantir des moyens de subsistance durables pour les populations locales, à promouvoir l’économie circulaire et à accélérer la transition verte dans les territoires concernés.
Le projet « Renforcer la résilience des zones côtières du delta du Mékong grâce à la restauration des mangroves et à des solutions fondées sur la nature », mis en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la période 2023-2027, est déployé dans la province de Cà Mau et la ville de Can Tho.
Par ailleurs, le Fonds mondial pour la nature au Vietnam (WWF-Vietnam) met en œuvre deux projets : le projet « Renforcement de la résilience climatique des écosystèmes de mangroves, des écosystèmes agricoles et des communautés locales dans les zones côtières du delta du Mékong » (février 2022 – décembre 2025) ; et le projet « Restauration des mangroves et séquestration du carbone au Parc national de Mui Cà Mau » (2020 – 2025), visant la régénération de 150 hectares de mangroves, le renforcement de la sensibilisation locale et l’amélioration des moyens de subsistance des communautés.
La restauration et le développement du « bouclier vert » accordent également une attention particulière au rôle des populations des zones côtières. Selon Phan Minh Chi, vice-directeur du Département de l’Agriculture et de l’Environnement de la province de Cà Mau, le consensus et l’adhésion des habitants vivant à proximité des forêts constituent un facteur déterminant pour assurer la durabilité de la protection forestière dans la localité.
« La prise de conscience des populations quant au rôle des forêts dans la protection du littoral ne cesse de s’améliorer. Les habitants comprennent de mieux en mieux les bénéfices qu’apportent les forêts, notamment à travers le modèle durable forêt–crevette (crevette écologique). Cela les incite à participer activement à la protection, à la plantation et à la restauration des forêts, tout en adoptant progressivement des modes de production durables, associant les moyens de subsistance à la responsabilité de protection forestière », a souligné Phan Minh Chi.
Froid en vue pour le Têt : quand l’hiver persiste au Vietnam
03-02-2026
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À l’approche du Nouvel An lunaire (Têt) mi-février, une nouvelle vague de froid est attendue au Vietnam, surtout dans le Nord et le Centre-Nord du pays, apportant un air nettement plus frais qu’à la normale à cette période de l’année. Les météorologues du Centre national de prévision hydrométéorologique indiquent que plusieurs épisodes d’air froid vont successivement toucher le pays dans les prochaines semaines, avec des températures en baisse avant et pendant la fête traditionnelle.
Un froid qui commence au Nord
Dès fin janvier, une masse d’air froid a plongé sur le nord du Vietnam, entraînant une chute des températures et des conditions météorologiques plus fraîches, accompagnées d’humidité et de pluie dans certaines régions. Dans le delta du fleuve Rouge et les zones de moyenne altitude, les thermomètres ont pu descendre en dessous de 19 °C. Cet épisode initial devrait se prolonger sur quelques jours avant que l’air froid ne se déplace progressivement vers le centre et le sud du pays.
Froid prolongé jusqu’au cœur du Têt
Un épisode intense est prévu autour du 10 février, avec un air froid qui tend à s’enfoncer vers le sud et pourrait persister jusqu’au Nouvel An lunaire lui-même. Les météorologues expliquent que cette activité d’air froid reste globalement moins forte que la moyenne à long terme, mais des périodes de grand froid, surtout dans le Nord et le Centre-Nord, restent possibles, parfois accompagnées de gel ou de verglas en haute montagne.
Même dans le Sud du pays, comme à Ho Chi Minh-Ville, des températures légèrement inférieures à la normale et des épisodes de fraîcheur modérée pourraient se faire sentir, en particulier tôt le matin et en fin d’après-midi.
Impacts visibles dans les villes et campagnes
Dans les grandes agglomérations comme Hanoï ou Ho Chi Minh-Ville, l’arrivée d’air froid peut favoriser la formation de brouillard mêlé de particules fines, aggravant temporairement la qualité de l’air. Par ailleurs, la combinaison d’une faible humidité et de températures plus basses augmente aussi le risque d’incendies dans certaines zones rurales et peut poser des soucis de santé, notamment pour les personnes fragiles comme les enfants ou les personnes âgées.
Alors que l’hiver météorologique se prolonge au Vietnam à l’approche de l’une des fêtes les plus importantes du pays, la population et les voyageurs sont invités à se préparer à des conditions plus fraîches et variables, même dans des régions habituellement tempérées au début de l’année.
Gia Lai invite les investisseurs à déposer des dossiers d’enregistrement pour la mise en œuvre de 12 projets d’énergies renouvelables
https://thoibaotaichinhvietnam.vn
La province de Gia Lai invite actuellement les investisseurs à déposer des dossiers d’enregistrement pour la réalisation de 4 projets d’énergie solaire et de 8 projets d’énergie éolienne, pour une capacité totale de plus de 707 MW et un investissement global dépassant 21 700 milliards de dôngs.
La province de Gia Lai accélère l’approbation d’un projet ODA de 17,193 millions d’euros pour la restauration et le développement durable des forêts.
Gia Lai a attiré plus de 46 390 milliards de dôngs d’investissements dès le premier mois de 2026.
Le Service des finances de la province de Gia Lai a publié un avis invitant les investisseurs intéressés à déposer des dossiers d’enregistrement pour la mise en œuvre de 12 projets d’énergies renouvelables, comprenant 4 projets solaires et 8 projets éoliens.
Projets d’énergie solaire
Les 4 projets solaires représentent un investissement total de plus de 3 410 milliards de dôngs, avec une capacité installée de 199,84 MW, dont :
- Projet de centrale solaire Ia Rsươm – Bitexco – TôNa : capacité installée de 11,84 MW ; production annuelle estimée à 20,767 millions de kWh/an ; investissement total de plus de 198 milliards de dôngs (coût global du projet, sans indemnisation ni réinstallation).
Le projet s’étend sur 11,779 ha dans la commune d’Uar, sur des terrains précédemment utilisés comme décharge et campements auxiliaires lors de la construction de la centrale hydroélectrique Đăk Srông 3B. - Centrale solaire Nhơn Hòa 1A avec système de stockage par batteries : 49 MW (90,272 MWh/an), investissement total de 831 milliards de dôngs (dont 790 milliards pour la réalisation), sur 69,8 ha dans la commune d’Ia Le.
- Centrale solaire Nhơn Hòa 1 : 49 MW (90,296 MWh/an), investissement total de 836 milliards de dôngs (dont 800,6 milliards pour la réalisation), sur 70 ha dans la commune d’Ia Le.
- Centrale solaire Nhơn Hòa 2 : 90 MW (165,147 MWh/an), investissement total de 1 545 milliards de dôngs (coût de réalisation de 1 476 milliards), sur 135 ha dans la commune d’Ia Le.
Ces trois derniers projets impliquent des coûts d’indemnisation et de réinstallation, car les terrains concernés sont majoritairement gérés par la société Cao su Chư Sê (société à responsabilité limitée à un seul membre), le reste appartenant à des ménages et des particuliers.
De nombreux projets d’énergies renouvelables ont été lancés après la Conférence de promotion des investissements de la province de Gia Lai en 2025. Sur la photo : M. Lê Thanh Hưng, Directeur général du Tập đoàn Công nghiệp Cao su Việt Nam (VRG), recevant un protocole d’accord d’investissement comprenant un projet d’énergie renouvelable à Gia Lai, d’un montant de 3 200 milliards de dôngs.
Projets d’énergie éolienne
Les 8 projets éoliens totalisent une capacité installée de 508 MW, pour un investissement global de plus de 18 308 milliards de dôngs, notamment :
- Centrale éolienne Xã Trang : 100 MW (264 381,9 MWh/an), investissement de plus de 3 408 milliards de dôngs ; superficie de 45 ha dans la commune de KDang.
- Centrale éolienne Nhơn Hòa 3 : 42 MW (128 469,5 MWh/an), investissement de 1 720 milliards de dôngs ; superficie de 27,3 ha dans les communes de Chư Pưh et Ia Le.
- Centrale éolienne Nhơn Hòa 4 : 42 MW (130 067,6 MWh/an), investissement de 1 678 milliards de dôngs ; superficie de 27,3 ha dans les communes de Chư Pưh et Ia Le.
- Centrale éolienne An Thành Gia Lai : 40 MW (112 300 MWh/an), investissement de 1 586,34 milliards de dôngs ; superficie de 16,82 ha dans la commune de Đak Pơ.
- Centrale éolienne Ia Ko 1 : 42 MW, investissement de plus de 1 562 milliards de dôngs ; superficie de 27,3 ha dans les communes de Ia Ko, Chư Pưh et Ia Le.
- Centrale éolienne Ia Ko 2 : 42 MW, investissement de plus de 1 404 milliards de dôngs ; superficie de 27,3 ha dans la commune de Ia Ko.
- Centrale éolienne Bờ Ngoong : 100 MW (239 379,9 MWh/an), investissement de plus de 3 764 milliards de dôngs ; superficie de 42 ha dans les communes d’Ia Băng et de Bờ Ngoong.
- Centrale éolienne Xã Trang – phase 2 : 100 MW (239 379,9 MWh/an), investissement de plus de 3 350 milliards de dôngs ; superficie de 47,58 ha dans la commune de KDang.
Les terrains destinés aux projets sont majoritairement des terres de cultures pérennes et de plantations industrielles appartenant aux habitants.
Certains projets utilisent partiellement des terrains de sociétés de caoutchouc affiliées au VRG : les projets éoliens Xã Trang, Bờ Ngoong et Xã Trang – phase 2 incluent des terrains de la société Cao su Mang Yang ; le projet éolien Ia Ko 2 comprend des terrains de la société Cao su Chư Sê.
Calendrier et objectifs
Les projets sont prévus entre le quatrième trimestre 2025 et décembre 2027. Les investisseurs doivent démarrer les travaux en septembre 2026 et mettre les installations en service en décembre 2026. La date limite de dépôt des dossiers d’enregistrement est fixée au début du mois de mars 2026.
Selon les autorités deGia Lai, d’ici 2030, la province vise un approvisionnement total en énergie primaire de 4,16 millions de TOE ; une capacité électrique totale de 9 522 MW ; une production annuelle de 27 milliards de kWh ; une part de 100 % d’énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique primaire ; et une consommation finale d’énergie de 0,79 à 0,84 million de TOE.
À Thất Sơn, j’entends le bruit des sabots des chevaux
07-02-2026
Dans le rythme effréné de la vie moderne, les véhicules sont devenus le principal moyen de transport, et l’image des chevaux les tirant ou les montant s’estompe peu à peu… Pourtant, au cœur des chemins de campagne de la commune d’An Cu, au pied du mont That Son (les Sept Montagnes), dans la région frontalière de la province d’An Giang, le bruit des sabots résonne encore, mêlé au vrombissement des moteurs. En cette Année du Cheval, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui perpétuent la tradition des calèches, nous replongeant dans une époque de subsistance lente et ardue, où les chevaux étaient un atout précieux, un moyen de gagner leur vie et une composante essentielle du quotidien des habitants de cette région frontalière reculée.
« Les fondements d’une entreprise » en période difficile
À midi, sous un soleil de plomb, le vrombissement des motos et des voitures fendant le vent sur la route provinciale 948 est devenu un bruit familier pour les habitants. Soudain, quelque part, le cliquetis lent et rythmé des sabots d’un cheval résonne, en décalage avec le rythme de la vie moderne. Ce son, bien que rare, suffit à faire se retourner les passants, comme s’ils entendaient un écho du passé. Dans la région de Bay Nui (commune d’An Cu, province d’An Giang), le métier de conducteur de charrette à cheval trouve ses origines dans la communauté khmère, il y a plusieurs générations, lorsque les charrettes étaient le principal moyen de transport de marchandises et de déplacement, notamment sur les routes de montagne escarpées et difficiles.
Le bruit des sabots de chevaux résonne de façon irrégulière sur la route provinciale 948, dans la région de Bay Nui, province d’An Giang. Photo : Nhat Huy
Dans la petite cour de sa maison, dans la commune d’An Cu, M. Chau Nghia (69 ans, Khmer) vient de sortir son cheval de l’écurie, se préparant pour une nouvelle journée de travail. Ces gestes lents et familiers se répètent chaque jour depuis presque toujours. « Aujourd’hui, je suis probablement le seul dans la région à élever encore des chevaux pour le transport de marchandises », confie M. Nghia, la voix empreinte de fierté et de tristesse. Né et élevé dans une famille pauvre, M. Nghia a passé son enfance dans les champs à élever du bétail. Après 1975, alors que les véhicules motorisés se faisaient rares, les chevaux sont devenus un bien précieux, le « pilier de la subsistance » pour de nombreux foyers. Son père est parti travailler, laissant à son fils une charrette et un cheval comme capital. Depuis lors, la vie de M. Nghia est indissociable de l’équitation.
« Les chevaux faisaient autrefois partie intégrante de la vie des habitants de la région de Bay Nui, mais il n’en reste aujourd’hui que très peu. Sans la nostalgie et le souvenir de cette ancienne profession, les calèches auraient probablement complètement disparu. » – M. Hoang Ngoc Son, vice-président du Front de la Patrie du Vietnam dans la commune d’An Cu
« À l’époque, posséder un cheval était synonyme de travail et de revenus stables », se souvient M. Nghia. Il acceptait toutes sortes de missions de transport de marchandises : riz, engrais, bois, produits agricoles, matériaux de construction… Certains trajets ne faisaient que quelques kilomètres, d’autres s’étendaient sur dix kilomètres, voire plus. Chaque jour, le cheval effectuait d’innombrables allers-retours, la sueur de l’homme et de la monture se mêlant à la poussière des chemins de campagne. À son apogée, M. Nghia gagnait en moyenne entre 100 000 et 200 000 dongs par jour, selon le trajet. Les mois où il travaillait dur, après avoir déduit les frais de nourriture et de ferrage, il lui restait encore quelques millions de dongs, un revenu suffisant pour faire vivre sa famille dans cette région frontalière.
Élever des chevaux n’est pas chose facile. Outre la nourriture et les écuries, il faut changer régulièrement les fers à cause de l’activité physique intense. « Si un cheval court sans interruption pendant plus d’une semaine, il faut changer ses fers, sinon il aura mal aux pieds et ne pourra plus marcher. Parfois, le cheval devient indomptable, rue ou mord son propriétaire, et le vendre est un crève-cœur, mais l’abandonner est tout aussi déchirant », explique M. Nghia en montrant une morsure. M. Nghia a acheté son cheval actuel au Cambodge pour près de 8 millions de dongs, une somme considérable pour un agriculteur à l’époque. Au fil des ans, ses chevaux se sont reproduits et il en a élevé plusieurs, qu’il a progressivement vendus à mesure qu’il vieillissait et que ses enfants et petits-enfants se tournaient vers d’autres professions. Le cheval qu’il possède aujourd’hui lui sert non seulement de moyen de subsistance, mais occupe également une place particulière dans son cœur.
En quittant la maison de M. Nghia, le cliquetis des sabots des chevaux nous accompagna jusqu’à la route provinciale 948. Non loin de là, dans un champ en bordure de route, M. Chau Can, âgé de 49 ans, nourrissait son cheval, attendant patiemment sa première course de la journée. « Je conduis des calèches depuis dix ans. Alors qu’à l’époque, on en comptait plusieurs centaines, toute la commune d’An Cu n’en compte plus qu’une douzaine de familles, et l’ancienne station de calèches n’est plus qu’un terrain vague », expliqua M. Can, les yeux rivés sur le cheval qui broutait tranquillement.
Avant de se consacrer aux charrettes à chevaux, M. Can exerçait divers métiers pour subvenir à ses besoins dans sa ville natale. Il y a une dizaine d’années, constatant que de nombreuses routes étroites et allées de jardin étaient difficilement accessibles aux véhicules motorisés, il a décidé d’acheter des chevaux de location. Son cheval actuel, acquis au Cambodge pour environ 25 millions de dongs, est à son service depuis plus de deux ans. « Je ne connais pas la race, j’en ai simplement acheté un qui avait une belle allure, des jambes robustes et qui était docile », explique M. Can. Il possède actuellement deux chevaux de trait et prévoit d’en vendre un au moment opportun, puis d’en racheter un autre pour le remplacer – une gestion financière typique des personnes expérimentées dans ce secteur.
Le travail de M. Can est assez régulier. Il transporte principalement du bois, des matériaux de construction, des produits agricoles, des engrais, etc. Les trajets courts de 2 à 3 km sont courants, mais il lui arrive de transporter des chargements sur plus de 20 km, empruntant de petites routes et des rizières inaccessibles aux camions. « Il faut plus de deux heures pour parcourir une telle distance. Le cheval avance lentement, se reposant en chemin ; on ne peut pas le forcer », explique M. Can. Il est à noter qu’il peut effectuer des trajets de nuit car le cheval connaît bien le parcours et n’a pas peur de l’obscurité. Cette flexibilité explique pourquoi de nombreuses personnes font encore appel à lui lorsqu’elles ont besoin de transporter des marchandises en urgence.
D’après M. Can, dresser des chevaux n’est pas trop difficile ; l’important est de les habituer aux gens, aux routes et au rythme de travail. « Parfois, ils font des siennes, mais on s’y habitue avec l’entraînement », dit-il en souriant. Chaque jour, un cheval peut transporter jusqu’à 400 kg de marchandises. La rémunération n’est pas calculée au trajet ; elle dépend de la distance, du poids et de l’état des routes. En moyenne, lui et sa femme gagnent entre 150 000 et 200 000 dongs par jour. Certains mois, ils ont un surplus, d’autres mois, juste de quoi vivre. « Ce travail ne vous rendra pas riche, mais il permet de gagner sa vie. Le plus important, c’est la régularité », conclut M. Can.
À la tombée du jour, M. Chau Can (commune d’An Cu, province d’An Giang) ramène son cheval à l’écurie, le lave, le nourrit et le laisse se reposer. Le cliquetis régulier des sabots résonne lentement et régulièrement le long de la route provinciale, contrastant fortement avec le vrombissement des motos. Au milieu du tumulte de la vie quotidienne, les marchandises transportées par des charrettes tirées par des chevaux continuent de rouler silencieusement, lentement mais sûrement, à l’image des habitants de cette région frontalière d’An Giang, nichée au pied des monts Thất Sơn, attachés à leur terre et à leur artisanat, et préservant un souvenir qui s’estompe.
Les métiers d’antan dans une nouvelle ère
M. Nguyen Van Tien (66 ans), menuisier de longue date dans la commune d’An Cu, fait partie de ceux qui louent régulièrement des charrettes à cheval pour transporter leurs marchandises. Pour M. Tien, ce choix n’est pas motivé par la nostalgie, mais par le coût et la praticité. Chaque mois, il doit livrer des marchandises à des clients des communes voisines, jusqu’à Tinh Bien. « Depuis des décennies, transporter du bois et des meubles pour mes clients en charrette à cheval est toujours la solution la plus pratique. On peut emprunter les grandes routes, les petites, les routes goudronnées, les chemins de terre, et même les zones montagneuses », explique-t-il. Pour une même distance, la location d’une charrette à cheval ne coûte que 300 000 VND, alors que la location d’un camion coûterait le double, sans compter que certaines routes sont impraticables pour les camions. Pour lui, la charrette à cheval n’est pas seulement un moyen de transport, mais un véritable atout qui permet aux menuisiers de subvenir à leurs besoins malgré la hausse des coûts d’exploitation.
La nouvelle façade du marché de Ben Thanh
07-02-2026
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Après deux semaines de rénovation, le célèbre marché de Ben Thanh à Hô Chi Minh-Ville arbore une nouvelle façade qui fait beaucoup de bruit à l’approche du Nouvel An lunaire du Cheval 2026. Avec un toit et une façade repeints et un motif de vague sur la place devant le marché, cette rénovation suscite des réactions contrastées.

La rénovation du marché de Ben Thanh a duré deux semaines en ce début d’année 2026, avec pour objectif de lui donner une apparence moderne et dynamique à l’approche de la fête du Têt – le Nouvel An lunaire. Le toit originalement brun-rougeâtre a été repeint en rouge vif, et les murs en jaune clair traditionnel tout en préservant les lignes blanches d’origine. Les luminaires alentours endommagés vont également être remplacés.
Enfin, la rénovation n’a pas uniquement touché le bâtiment lui-même puisque les marquages routiers et les sentiers piétons ont été repeints, et la place a également été décorée. Cette dernière arbore des images de vague afin de rappeler le patrimoine historique et culturel régional du Sud du Vietnam, fortement lié à son réseau fluvial. Cette nouvelle identité visuelle est conçue comme un point focal unissant modernité urbaine et patrimoine historique symbolisé par le bâtiment principal.
L’histoire du marché de Ben Thanh
Le marché de Ben Thanh ne se trouve pas à son emplacement originel. Son existence remonte au XVIIe siècle, en bord de rivière, et était majoritairement fréquenté par des voyageurs et des soldats. Il a été déplacé en 1912 suite à deux destructions, la première en 1870 à cause d’un incendie et la seconde en 1904 suite à une tempête.
Sa reconstruction a été entreprise afin de répondre à l’expansion urbaine de la ville. Le marais Bo Ret (Marais Boresse), une zone très pauvre à cette époque, fut choisi stratégiquement pour que le marché y soit construit. Il a permis de répondre aux besoins essentiels de la communauté locale tout en soutenant le développement urbain. Il a connu une rapide expansion et est devenu depuis 1914 un large marché très réputé et un endroit incontournable à Ho Chi Minh-Ville.
Un aménagement qui s’inscrit dans un projet plus large d’art urbain
En plus de la rénovation du marché, d’autres lieux ont été décorés ou refaits, comme le lac aux tortues ou le carrefour devant le marché. L’utilisation de l’art urbain est une tactique utilisée afin de transformer rapidement et à moindre coût les rues et carrefours en espaces publics dynamiques et vivants qui va au-delà de la simple volonté de stimuler le tourisme.
Les peintures urbaines sur l’asphalte, au-delà de leur aspect esthétique, permettent aussi de réduire la vitesse des véhicules par des effets visuels, ce qui permettrait la sécurisation des cyclistes ainsi que des piétons. Néanmoins, l’aspect esthétique de la rénovation divise, et si certains estiment qu’elle rajoute du dynamisme et de l’esthétique à la place, d’autres voient dans les couleurs une dysharmonie qui dénature l’aspect historique du bâtiment.
L’aéroport international de Da Nang exploite un bassin piscicole écologique utilisant des eaux usées recyclées
11-02-2026
La société par actions Da Nang International Terminal Investment and Exploitation (AHT) vient de lancer un bassin piscicole écologique à recirculation, alimenté par des eaux usées traitées, au terminal international de Da Nang (terminal T2), dans le but de contribuer à la promotion d’un modèle d’infrastructure verte et d’un développement durable.
Selon M. Do Trong Hau, directeur général adjoint d’AHT, la société a investi dans la modernisation de son système de traitement des eaux usées, installé directement dans l’enceinte de la gare.
L’eau traitée répond aux normes techniques et peut être réutilisée non seulement pour l’assainissement, l’arrosage des plantes et l’entretien des espaces verts, mais elle convient également au maintien des organismes vivants.

Un bassin piscicole à recirculation utilisant des eaux usées recyclées vient d’être inauguré à l’aéroport international de Da Nang. (Photo : VNA)
Le système de traitement des eaux usées du terminal T2 est conçu comme un système en boucle fermée, utilisant la technologie biologique AO combinée à une filtration membranaire MBR avancée.
L’utilisation de membranes à fibres creuses Mitsubishi (Japon) garantit une qualité d’eau de sortie stable tout en améliorant la durabilité et l’efficacité opérationnelle du système.
Toutes les odeurs générées pendant le processus de traitement sont également collectées et traitées dans un système fermé, garantissant ainsi que l’environnement extérieur respecte la réglementation en vigueur.
Les eaux usées traitées répondent aux normes QCVN 14:2008/BTNMT et sont réutilisées pour créer un bassin à poissons paysager d’environ 50 m² en plein centre de la gare.
Selon les représentants d’AHT, la croissance stable des poissons d’ornement témoigne de l’efficacité du système de traitement des eaux usées, confirmant ainsi les efforts de l’entreprise pour protéger les ressources en eau et réduire son impact environnemental pendant son exploitation.
Par ailleurs, l’aéroport international de Da Nang continue d’appliquer des solutions architecturales biophiliques, en augmentant les espaces verts, la lumière naturelle et la ventilation afin d’améliorer l’expérience et le bien-être mental des passagers.
L’aéroport international de Da Nang, détenu et exploité par AHT, est la première entreprise privée au Vietnam à investir dans un terminal aéroportuaire et à l’exploiter.
Depuis son ouverture en 2017, le terminal a servi lors de la Semaine de haut niveau de l’APEC 2017 et de nombreux autres événements internationaux majeurs, et a reçu pendant deux années consécutives (2024-2025) la note de 5 étoiles de Skytrax.
La ville d’Hô-Chi-Minh-Ville prévoit des contrôles d’émissions pour les motos à partir de juillet 2027
11-02-2026
Chaque inspection devrait durer entre sept et dix minutes. Les centres d’entretien et de réparation de véhicules (voitures et motos) pourront effectuer cette procédure, à condition de respecter la réglementation en vigueur.
| Des conducteurs de moto sur une route de Hô Chi Minh-Ville. Photo VNA/VNS |
Hô Chi Minh-Ville — La ville d’Hô Chi Minh-Ville se prépare à introduire des contrôles d’émissions obligatoires pour les véhicules à deux roues à partir du 1er juillet 2027, une mesure visant à renforcer les contrôles de la pollution alors que le nombre de motos en circulation continue d’augmenter.
Ngô Hải Đường, chef de la Division de la gestion des transports du Département de la construction de Hô-Chi-Minh-Ville, a indiqué que chaque inspection devrait durer entre sept et dix minutes. Les centres d’entretien et de réparation de véhicules (voitures et motos) seront habilités à effectuer ces contrôles, sous réserve du respect de la réglementation en vigueur.
Le ministère de la Construction finalise actuellement un plan global visant à contrôler les émissions des véhicules de transport dans toute la ville et soumettra un rapport de synthèse dans les prochains mois.
Selon Đường, des normes nationales d’émissions ont déjà été publiées par le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.
Parallèlement, le Registre vietnamien, sous l’égide du ministère de la Construction, développe des systèmes logiciels et des procédures opérationnelles afin de garantir une connectivité optimale dès le lancement du programme. La plateforme permettra aux résidents de s’inscrire en ligne, facilitant ainsi la gestion des contrôles techniques des deux-roues.
Đường a ajouté que le département de la construction de Hô Chi Minh-Ville travaillait en étroite collaboration avec le registre vietnamien et les associations nationales de l’automobile et de la moto pour élaborer un plan de mise en œuvre, garantissant un déploiement synchronisé et sans heurts en 2027.
Le 20 janvier, le département a envoyé des notifications officielles à l’Association des constructeurs automobiles du Vietnam, à l’Association des constructeurs de motocycles du Vietnam, à l’Association vietnamienne de l’automobile, de la moto et du vélo et à l’Association des équipements automobiles et moteurs de Hô-Chi-Minh-Ville, les appelant à la mise en place de centres d’inspection pour répondre à la demande de contrôle des émissions des motocyclettes.
Les statistiques préliminaires montrent qu’à la suite de la restructuration administrative, plus de 11 millions de motos à Hô-Chi-Minh-Ville seront soumises à des contrôles antipollution obligatoires.
Le ministère a réaffirmé que chaque inspection prendra environ sept à dix minutes et pourra être effectuée par des centres d’entretien et de réparation de véhicules qualifiés.
Afin de garantir une capacité suffisante, le ministère a exhorté les associations et organismes industriels concernés à informer leurs membres, fabricants et importateurs, de revoir et de moderniser leurs installations, leurs réseaux de concessionnaires et leurs centres de service afin qu’ils soient prêts à participer aux contrôles des émissions.
Auparavant, le département avait également exhorté les centres de contrôle technique de la ville à accélérer leurs investissements dans la modernisation des infrastructures, à renforcer leurs ressources humaines et à se procurer le matériel de mesure nécessaire au contrôle des émissions des motos. Ces centres sont également encouragés à déployer des unités mobiles de contrôle technique afin de desservir les habitants des zones industrielles et des zones reculées.
Ho Chi Minh-Ville relance son gigantesque bouclier anti-inondations
12-02-2026
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Après des années d’attente, Ho Chi Minh-Ville a franchi une étape majeure dans la lutte contre les inondations le 2 février, en mettant en service une des structures principales d’un projet hydraulique colossal de près de 400 millions de dollars visant à protéger plusieurs millions d’habitants des eaux de crue et des marées montantes. Ce dispositif inauguré sur le canal Ben Nghe constitue une avancée significative pour une mégapole souvent confrontée à des inondations récurrentes liées au climat, à l’urbanisation rapide et à la topographie en cuvette de la ville.

Conçu dès 2016, le schéma global de lutte contre les inondations de Ho Chi Minh-Ville visait à ériger un système de digues et d’écluses capable de réguler les eaux fluviales et marines sur près de 570 km², protégeant ainsi des zones densément peuplées le long de la rivière Saïgon.
Malgré son importance, les travaux avaient été bloqués pendant des années par des litiges juridiques et financiers, notamment des désaccords sur les contrats et les paiements fonciers entre la municipalité et les investisseurs. Ce contexte avait profondément ralenti l’avancement de l’infrastructure anti-inondation, malgré l’accumulation croissante de preuves montrant l’urgence d’agir face aux risques croissants d’inondations.
Mise en service de la porte d’écluse de Ben Nghe
La nouvelle étape franchie concerne la mise en opération de la grande écluse de Ben Nghe, une structure de plus de 434 tonnes conçue pour bloquer l’eau de mer lors des hautes marées et permettre en même temps l’évacuation des eaux intérieures quand le niveau baisse, tout en maintenant la circulation fluviale. C’est une pièce maîtresse du système plus vaste de six écluses prévues et d’un réseau de digues le long des principales voies d’eau.
Les autorités et le principal investisseur, le Trungnam Group, ont salué cette activation comme un jalon essentiel pour relancer le projet dans son ensemble : elle ouvre la voie à l’achèvement des composants restants, à l’amélioration du drainage urbain et au renforcement de l’adaptation de la ville aux impacts du changement climatique.
Perspectives et défis pour l’ensemble du système
Bien que l’écluse de Ben Nghe soit opérationnelle, le projet n’est pas encore totalement achevé : il reste des tests, des calibrages et l’intégration d’autres segments avant une mise en service complète. Les autorités locales ont indiqué qu’elles poursuivront la mobilisation des financements, l’accélération de la libération foncière et la coordination entre les départements municipaux pour finaliser les travaux dans les mois à venir. L’objectif est de synchroniser l’ensemble du système, dont plusieurs autres portes géantes et près de 6 km de digues, pour rendre Ho Chi Minh-Ville plus résiliente face aux inondations à long terme.
Une réponse aux défis climatiques et urbains
Ho Chi Minh-Ville fait face à un double défi : une urbanisation rapide qui concentre population et infrastructures dans des zones basses, et des conditions climatiques qui voient des marées hautes et des pluies intenses devenir plus fréquentes. Ce nouveau projet hydraulique, une fois achevé, vise à combiner prévention des crues, adaptation au changement climatique et amélioration de la qualité de vie urbaine, tout en traitant certaines des causes structurelles des inondations récurrentes dans la métropole.
Facteurs culturels internes et externes au sanctuaire de Cat Tien
14-02-2026
Situé dans un bassin d’environ 30 hectares, le sanctuaire de Cat Tien (commune de Cat Tien, province de Lam Dong) est un ensemble de ruines de temples et de tours interconnectées, témoignant de nombreux aspects de la culture hindoue. Malgré l’intégration d’éléments culturels étrangers provenant des cultures voisines, le site affirme son caractère autochtone unique.

Une plaque en or gravée à l’effigie du dieu Brahma.
Le site sacré du brahmanisme :
Les anciens habitants de Cat Tien choisirent une terre entourée de chaînes de montagnes aux formes de dôme, avec la rivière Dong Nai comme frontière naturelle, pour y bâtir un centre religieux. Ce lieu géographique offrait un espace isolé, réunissant tous les éléments sacrés nécessaires à la pratique du brahmanisme (aussi appelé hindouisme).
Dans la croyance brahmanique, Dieu est une trinité composée de trois êtres : Brahma (le créateur), Vishnu (le protecteur) et Shiva (le destructeur). « Il s’agit clairement de temples dédiés au dieu Shiva, comme en témoigne la présence d’idoles Linga-Yoni. Ces idoles sont placées de manière permanente, sans le moindre déplacement ni provenance. Le culte des idoles Linga-Yoni au sanctuaire de Cat Tien est tout à fait similaire à celui des temples Champa, en particulier ceux du Champa méridional, où le Linga-Yoni est omniprésent », a affirmé le professeur Luong Ninh lors de la première conférence scientifique consacrée au sanctuaire de Cat Tien en 2001.
Lors de cette même conférence, le Dr Le Dinh Phung a ajouté : « Les similitudes les plus frappantes entre ce site et le système de tours Champa existant résident dans le plan architectural, l’orientation et la structure interne des tours… Les matériaux de construction sont principalement des briques, et la technique consiste à les broyer et à les assembler pour former un bloc solide, une fine couche de résine végétale servant de liant… » Un autre facteur témoignant de l’influence de l’hindouisme sur les anciens habitants de Cat Tien est la présence Le sanctuaire de Cat Tien comprend des temples et des tours, principalement orientés vers l’est. L’intérieur des tours est spacieux et pavé de dalles, tandis que les bases extérieures présentent des angles arrondis et des niveaux étagés. Le site renferme également 352 fragments d’or illustrant des thèmes religieux : des images de divinités, des objets sacrés et d’anciens caractères sanskrits appartenant à l’hindouisme.

Une pièce d’or gravée à l’image d’une tortue.
Un mélange de cultures :
L’étude du site archéologique et le nombre d’artefacts découverts au sanctuaire de Cat Tien ont conduit de nombreux scientifiques à supposer l’existence d’un royaume, d’une société organisée, se développant de manière relativement indépendante du Funan et du Champa. En effet, selon le professeur Luong Ninh : « La construction d’un vaste complexe architectural comme celui de Cat Tien a naturellement nécessité des investissements considérables en ressources humaines et financières. Il s’agit assurément de l’œuvre d’une nation, d’une dynastie, d’une société organisée dotée d’un niveau culturel assez développé. »
De fait, si l’on replace le sanctuaire de Cat Tien dans le contexte plus large des vestiges architecturaux influencés par l’hindouisme, on constate que son architecture est la plus vaste (environ 30 hectares), le site compte le plus grand nombre de ruines (13 rien que dans la zone centrale du sanctuaire) et le nombre d’artefacts mis au jour lors des fouilles est également le plus important (1 333). De plus, le sanctuaire de Cat Tien abrite le plus grand ensemble linga-yoni en pierre d’Asie du Sud-Est (linga de 2,10 m de haut, yoni de 2,26 m de long), ainsi que le plus grand linga en quartz du Vietnam (25 cm de long, 28 cm de circonférence), le plus grand linga en bronze du Vietnam (55 cm de long, 25 cm de diamètre) et 397 objets en or.
De son vivant, le Dr Dao Linh Con, ancien directeur du Centre de recherche archéologique de la région Sud (aujourd’hui Institut des sciences sociales de Hô Chi Minh-Ville), qui connaissait bien le sanctuaire de Cat Tien, a déclaré : « L’architecture du sanctuaire de Cat Tien est fortement influencée par la culture Champa. En témoignent les objets qui y ont été découverts, présentant de nombreux éléments caractéristiques de cette culture, tels que des fragments de bas-reliefs représentant des moines coiffés de foulards, et la coutume d’inhumer les défunts dans des tombes en jarre. C’est l’une des particularités culturelles du peuple malayo-polynésien. » Outre les éléments culturels exogènes influencés par Champa, le sanctuaire de Cat Tien présente également de nombreuses similitudes avec les vestiges architecturaux des traditions culturelles Oc Eo et post-Oc Eo de la région du Sud-Est du Vietnam. « Les décorations du linteau du temple du tertre 2A à Cat Tien sont similaires à celles de la tour Binh Thanh (Tay Ninh), et le piédestal Yoni du temple 2A ressemble à celui du site de Da Noi (An Giang). Les décorations à la feuille d’or du sanctuaire de Cat Tien sont similaires à celles des sites de Go Thanh (Tien Giang), Go Xoai (Long An), Da Noi et Nen Chua (Kien Giang), tant par leur sujet que par leurs techniques de sculpture et de gaufrage », a déclaré le Dr Le Dinh Phung lors de la première conférence scientifique consacrée au sanctuaire de Cat Tien en 2001. À partir de ces observations, le Dr Le Dinh Phung a conclu, à titre provisoire : « Il s’agit d’un sanctuaire aux caractéristiques uniques, appartenant à la tradition culturelle Oc Eo, mais influencé par la culture Champa au cours de son existence et de son développement. »

Une plaque en or gravée de la déesse Lasmi.
Symbiose culturelle :
Les éléments présentés ci-dessus montrent que le sanctuaire de Cat Tien est un lieu de convergence de nombreuses cultures, tant montagnardes que maritimes. Cependant, il ne relève pas entièrement du système architectural Champa, ni n’appartient entièrement au système architectural Oc Eo, ni même au système architectural d’Angkor. Comme l’affirmait feu le professeur Tran Quoc Vuong : « Ce site possède un juste milieu. Et il est lui-même. »
Dans la réalité historique, les échanges culturels sont une nécessité objective et inévitable. L’influence mutuelle d’une culture sur une autre l’est également. Toutefois, la particularité des anciens habitants de Cat Tien réside dans le fait qu’ils ont créé un socle culturel capable de s’intégrer à d’autres cultures, aboutissant à un mélange culturel entre Funan, Chenla, Champa et Angkor – enrichi par l’influence de l’hindouisme – et à la création d’un système de valeurs culturelles indigènes tout à fait unique. Ce sont ces éléments culturels endogènes prépondérants qui ont contribué à affirmer l’indépendance des habitants du sanctuaire de Cat Tien. Ainsi, les anciens habitants de Cat Tien ont concentré les ressources nationales, intégré les meilleurs éléments culturels endogènes et exogènes, et construit un centre religieux brahmanique qui égalait, voire surpassait dans certains éléments endogènes, les pays voisins.
Sélection Gavroche Vietnam
Du 01 au 15-02-2026
https://www.gavroche-thailande.com/category/asie/vietnam
France
L’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai, a présenté le 6 février à Paris les copies figurées de ses lettres de créance, signées par le président Luong Cuong, au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. À cette occasion, le diplomate a salué la dynamique très positive des relations entre Hanoï et Paris, désormais élevées au rang de Partenariat stratégique global, et a réaffirmé sa volonté de renforcer une coopération concrète, durable et équilibrée entre les deux pays. Le directeur adjoint du protocole, Mathieu Carmona, a souhaité la bienvenue au nouvel ambassadeur et assuré du plein soutien des autorités françaises pour accompagner sa mission et approfondir les liens franco-vietnamiens.
L’Hôtel de Ville de Paris a accueilli samedi près de 1 000 invités pour la célébration du Nouvel An lunaire, organisée par l’ambassade du Vietnam en France, illustrant la solidité des relations bilatérales. Le maire adjoint Arnaud Ngatcha a salué l’intégration de la communauté vietnamienne et a exprimé la volonté de Paris de renforcer la coopération décentralisée avec Hanoï et Hô-Chi-Minh-Ville, notamment dans le cadre du réseau C40 dédié au climat. De son côté, l’ambassadeur Trinh Duc Hai a rappelé l’élan diplomatique impulsé en 2025 par les visites croisées du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Pham Minh Chinh, soulignant que 2026 ouvre une nouvelle phase marquée par la transformation numérique et une intégration internationale accrue du Vietnam. Des spectacles culturels et des dégustations ont ponctué la soirée, réaffirmant la proximité entre les deux pays dans un contexte mondial incertain.
Politique, Diplomatie
Le président du Conseil européen, António Costa, a achevé le 29 janvier une visite officielle de deux jours à Hanoï, marquée par l’élévation des relations Vietnam–UE au rang de Partenariat stratégique intégral. Il s’est entretenu avec les principaux dirigeants vietnamiens afin de renforcer la coopération en matière de défense, de commerce et de lutte contre le changement climatique. Outre les volets protocolaires, António Costa a illustré la dimension concrète du partenariat par des visites du chantier de la ligne 3 du métro de Hanoï et du Temple de la Littérature.
Le président Luong Cuong et António Costa ont officialisé ce Partenariat stratégique intégral, étape historique après 35 ans de relations diplomatiques. Les échanges bilatéraux ont dépassé 66,8 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2025, confirmant le Vietnam comme premier partenaire commercial de l’UE au sein de l’ASEAN, tandis que l’UE demeure le quatrième partenaire du pays.
Le 26 janvier à Hanoï, le secrétaire général du Parti communiste vietnamien To Lam a accueilli solennellement le président et secrétaire général lao Thongloun Sisoulith, en visite d’État de deux jours. Première destination internationale du dirigeant lao depuis les congrès nationaux des deux pays, ce déplacement illustre la confiance politique étroite entre Hanoï et Vientiane. Selon l’ambassadeur Nguyen Minh Tam, la visite réaffirme la priorité donnée à la cohésion stratégique et à la solidarité spéciale afin d’accélérer la mise en œuvre des accords bilatéraux.
À l’invitation du roi Norodom Sihamoni, To Lam conduira une délégation au Cambodge le 6 février 2026 pour une visite d’État, comprenant des rencontres politiques de haut niveau et un sommet tripartite Vietnam–Cambodge–Laos. Ce déplacement s’inscrit dans un contexte de dynamisme économique, avec des échanges bilatéraux atteignant 11,33 milliards de dollars en 2025 et une coopération renforcée dans les domaines stratégique, sécuritaire et multilatéral.
Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, To Lam, accompagné du Premier ministre Pham Minh Chinh et du président de l’Assemblée nationale Tran Thanh Man, a entamé le 5 février 2026 une visite d’État au Laos, à l’invitation du président Thongloun Sisoulith. Premier déplacement à l’étranger depuis le 14ᵉ Congrès national du Parti, cette visite souligne la priorité stratégique accordée par Hanoï à sa « solidarité spéciale » avec Vientiane. Accueillis avec les honneurs à l’aéroport international de Wattay, les dirigeants vietnamiens entendent donner un contenu plus opérationnel à ce partenariat, dans le prolongement de la récente visite du président lao au Vietnam.
Le président américain Donald Trump a adressé un message de félicitations à To Lam pour sa réélection à la tête du Parti communiste du Vietnam, saluant son leadership et la dynamique positive des relations bilatérales. Il a exprimé sa volonté d’accélérer les négociations en vue d’un accord commercial réciproque et équilibré, tout en se félicitant de l’adhésion du Vietnam au Conseil pour la paix à Gaza en tant qu’État membre fondateur. Donald Trump a également mis en avant le rôle du Vietnam dans la stabilité de la région indo-pacifique et a officiellement invité To Lam à effectuer une visite aux États-Unis.
Le président de l’Assemblée nationale, Tran Thanh Man, a signé le 14 février 2026 une résolution entérinant la liste des 864 candidats en lice pour les élections législatives de la 16ᵉ législature, qui doivent pourvoir 500 sièges de députés. Cette décision engage l’ensemble de l’appareil d’État — du gouvernement central aux comités locaux — dans l’organisation d’un scrutin majeur pour la vie politique du pays, appelé à structurer la prochaine phase de gouvernance et de représentation nationale.
Économie
En 2025, le marché vietnamien de la livraison de nourriture a atteint 2,1 milliards de dollars, en hausse de 19 %, malgré une concurrence intense ayant entraîné le retrait de plusieurs plateformes. Dominé par ShopeeFood et GrabFood, le secteur devrait bénéficier de l’urbanisation et de l’usage massif des smartphones, avec un potentiel de 9 milliards de dollars d’ici 2030.
Les exportations vietnamiennes de durians vers la Chine ont progressé de 17 % en 2025 pour atteindre 3,44 milliards de dollars, permettant au Vietnam de capter plus de 40 % du marché chinois et de se rapprocher du niveau de la Thaïlande.
Vietnam Airlines a enregistré en 2025 des résultats financiers record, portés par la reprise des vols internationaux et une modernisation accélérée de ses services, dans le cadre de son objectif de devenir une compagnie cinq étoiles d’ici 2030. La compagnie a réalisé un chiffre d’affaires consolidé historique de plus de 121 429 milliards de VND (environ 4,7 milliards $), en hausse d’environ 10 % par rapport à 2024, et affiché un bénéfice après impôts de plus de 7 713 milliards VND, dont 5 509 milliards au titre de la société mère, soit un doublement d’une année sur l’autre. Elle a également contribué à hauteur de 3 286 milliards VND au budget de l’État et renforcé sa structure financière en émettant près de 897 millions d’actions nouvelles en 2025.
Les exportations de produits de la mer ont atteint 874 millions de dollars en janvier 2026, en hausse de 13 % sur un an, portées par la demande de la Chine, du Japon et des pays de l’ASEAN. La Chine s’impose désormais comme le premier marché, tandis que les expéditions vers les États-Unis ont reculé sous l’effet de nouvelles contraintes réglementaires. Selon la VASEP (Vietnam Association of Seafood Exporters and Producers), l’organisation professionnelle qui regroupe les exportateurs et producteurs vietnamiens de produits de la mer, un ralentissement est toutefois attendu en février, en raison de la baisse saisonnière d’activité liée aux congés du Nouvel An lunaire.
Les exportations agroalimentaires vers la Chine ont bondi de 66 %, atteignant 1,5 milliard de dollars, grâce notamment aux fruits comme le durian et la banane. Cette performance souligne à la fois le dynamisme du secteur agricole vietnamien et sa forte dépendance au marché chinois, malgré une diversification progressive vers d’autres pays.
Le commerce extérieur vietnamien a enregistré un chiffre d’affaires de 88,16 milliards de dollars en janvier 2026, en hausse de 39 %. Les exportations ont progressé de près de 30 %, tandis que les importations ont bondi de 49,2 %, creusant un déficit commercial de 1,78 milliard de dollars. Les autorités recommandent une diversification accrue des chaînes d’approvisionnement.
Selon le rapport 2026 de Navigos Group, les salaires des cadres au Vietnam atteignent des niveaux record, avec des rémunérations pouvant grimper jusqu’à 19 200 $ par mois dans l’agriculture de haute technologie. Dans des secteurs clés — agroalimentaire, finance, santé et énergie — les CEO perçoivent généralement 300 à 460 millions de dôngs par mois (10 000 à 15 000 € /mois), tirés par une forte demande de dirigeants capables de piloter des systèmes complexes et disposant d’une expérience internationale. Le marché privilégie aussi l’économie numérique et verte : les spécialistes de l’IA, des données et des semi-conducteurs peuvent dépasser 100 millions de dôngs mensuels même avec une expérience limitée, tandis que 76 % des entreprises proposent désormais des primes pour attirer et retenir les talents technologiques les plus adaptables.
Société
Le ministère de la Construction a signé un contrat avec la société espagnole Ineco pour l’étude de faisabilité de la future ligne ferroviaire à grande vitesse Nord–Sud, longue de 1 541 km. Ce projet stratégique, estimé à 67 milliards de dollars, prévoit un démarrage des travaux fin 2026.
Les autorités de la province de Quang Ninh ont appelé VinSpeed à engager dès mars 2026 les travaux de la ligne à grande vitesse Hanoï–Ha Long, un projet stratégique estimé à 5,3 milliards de dollars. L’infrastructure, destinée à renforcer l’attractivité économique et touristique du nord du pays, doit entrer en service au début de 2028.
L’hôpital Cho Ray, à Hô Chi Minh-Ville, a inauguré un laboratoire de cathétérisme cardiaque de pointe, le premier du genre dans le sud du Vietnam. Cette nouvelle installation permettra d’améliorer significativement le diagnostic et le traitement des pathologies cardiovasculaires complexes, renforçant ainsi l’offre de soins spécialisés dans la région.
Le Vietnam a intégré le top 10 mondial du classement LEED de l’U.S. Green Building Council, passant de la 28e à la 8e place en deux ans. Cette progression reflète l’adoption croissante des normes écologiques dans l’immobilier, soutenue par les objectifs ESG et l’accès à la finance durable.
À partir de février 2026, les bus de Ho Chi Minh City seront gratuits tous les vendredis pour les usagers utilisant des paiements dématérialisés. Cette initiative vise à encourager les transports publics et les paiements numériques, dans le cadre d’une stratégie de mobilité durable.
Hô-Chi-Minh-Ville a approuvé la construction d’une autoroute surélevée de 8,6 km, un projet estimé à 390 millions de dollars. L’infrastructure comprendra un viaduc à quatre voies, réservé aux véhicules rapides soumis à péage, et doit être achevée d’ici 2028. Destiné à fluidifier le trafic urbain et à réduire la congestion, le projet marque une nouvelle étape dans la modernisation des transports de la métropole vietnamienne.
Hanoï a validé un vaste plan de relocalisation de 860 000 habitants sur la période 2026-2045 afin de désengorger le centre-ville et protéger le patrimoine historique. Le programme prévoit le déplacement de 442 000 résidents d’ici dix ans, principalement depuis les quartiers les plus denses, vers de nouvelles zones urbaines mieux équipées en logements, transports et services publics.
Tourisme, Culture
Le Championnat d’Asie du Sud-Est 2026 d’escrime se tiendra en octobre à Quang Ninh, au Vietnam, a annoncé la fédération régionale. Ce rendez-vous marque le retour du pays comme hôte d’un grand tournoi, quatre ans après les SEA Games 2022 à Hanoï.
Le film biographique “MICHAEL”, consacré à la vie de la pop star Michael Jackson, sortira dans les salles vietnamiennes le 24 avril, a annoncé le distributeur CJ CGV. Cette date confirme une sortie anticipée, plus tôt que ce qui avait été initialement prévu.
Vietjet Air a conclu un accord avec Pratt & Whitney pour équiper 44 nouveaux Airbus A320neo de moteurs GTF, portant son carnet de commandes à 137 appareils. Ce contrat inclut un plan de maintenance de 12 ans pour soutenir l’expansion du réseau vers l’Europe et l’Australie.
En janvier 2026, le Vietnam a accueilli 2,5 millions de touristes internationaux, en hausse de 18,5 %. La croissance est particulièrement marquée en Europe et en Inde, soutenue par des politiques de visas assouplies. Le pays vise 25 millions de visiteurs sur l’ensemble de l’année.
Hanoï offre la gratuité totale du métro et des 128 lignes de bus du 14 au 22 février, afin de fluidifier la circulation, réduire la pollution et faciliter l’accès du public aux événements festifs organisés dans la capitale pendant cette période.