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Vers une pêche vietnamienne transparente et durable

Le 14 août 2026, le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement a organisé une conférence pour viser à mettre en œuvre les mesures recommandées par la Commission européenne (CE) sur la lutte contre la pêche

Le 14 août 2026, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a organisé une conférence pour viser à mettre en œuvre les mesures recommandées par la Commission européenne (CE) sur la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Cette initiative témoigne de la volonté politique de l’ensemble du système à faire lever au plus vite l’avertissement du « carton jaune », tout en affirmant auprès de la communauté internationale la capacité de gouvernance de la pêche du Vietnam. Elle est étroitement liée à la réputation de la nation, aux intérêts légitimes des pêcheurs et des entreprises, ainsi qu’au développement durable du secteur lié à l’exploitation, la gestion et la valorisation des ressources vivantes aquatiques vietnamien.

Les premiers progrès ont été enregistrés après plusieurs années d’efforts : le cadre juridique s’est progressivement perfectionné, tandis que la gestion de la flotte de pêche, le suivi des navires via le système de surveillance (VMS), le contrôle des entrées et sorties des ports, la traçabilité des produits et l’application de la loi ont connu des améliorations notables. Toutefois, « ces résultats ne suffisent pas encore à démontrer de manière pleinement satisfaisante, stable et convaincante que les lacunes pointées par la CE ont été corrigées de façon substantielle et durable. » 

Loin de se limiter à la simple promulgation de textes juridiques, il faut démontrer que le  « déjà déployé » est au stade du « déjà concrétisé par des résultats probants » avec comme indicateurs de mesure les résultats d’application sur le terrain, les données électroniques et les dossiers de vérification.

La conférence a identifié quatre axes prioritaires clés à traiter d’urgence. Chacun d’eux émane des réalités du terrain observées lors des inspections et des contrôles, ainsi que des préoccupations majeures exprimées par la CE.

Des mesures à prendre

  • Premièrement, en ce qui concerne la gestion de la flotte et le contrôle des activités de pêche en mer, les données relatives à la flotte doivent être rigoureusement exactes et conformes à la réalité du terrain. Il convient de renforcer le contrôle des navires hors normes et de gérer strictement le système de géolocalisation (VMS) – de la détection des anomalies au traitement définitif des infractions, telles que les pertes de signal ou les franchissements de limites maritimes.

  • Deuxièmement, l’éradication des incursions de navires vietnamiens dans les eaux étrangères. Il s’agit d’un point noir critique qui impacte directement la réputation internationale de la pêche vietnamienne. « Il ne s’agit pas seulement de sanctionner les navires et les pêcheurs une fois l’infraction commise, mais d’identifier et de poursuivre également les propriétaires, les capitaines ainsi que les organisations et individus servant d’intermédiaires ou de relais« , tout en contrôlant étroitement le groupe de navires à risque afin d’éviter à tout prix la récidive et la prolongation des infractions.

  • Troisièmement, en ce qui concerne la garantie de la transparence, de la légalité et de la traçabilité des produits récoltés, une gestion continue doit être assurée sur l’ensemble de la chaîne : du navire au parcours, au port, aux volumes débarqués, à la matière première, aux entreprises, à la transformation et à l’exportation. Des vérifications croisées des données doivent être effectuées pour s’assurer que chaque étape soit traçable et vérifiable sur dossier. Le plan fixe pour objectif qu’ici la fin de 2026, 100% des mouvements de navires de pêche d’une longueur égale ou supérieure à 6 m entrant ou sortant des ports soient enregistrés sur le système électronique eCDT. Les entreprises et les gammes de produits exportées vers l’Europe feront quant à elles l’objet d’un contrôle rigoureux concernant l’origine de leurs matières premières.

  • Quatrièmement, il est nécessaire de renforcer l’efficacité de l’application de la loi et la fiabilité des données. Chaque infraction doit faire l’objet d’une enquête et être traitée à son terme. Les systèmes VNFishbase, VMS, eCDT, ainsi que les bases de données relatives aux sanctions, aux douanes et aux mouvements portuaires doivent être interconnectés et vérifiés, selon le principe « un navire de pêche, un code d’identification unique, un dossier électronique unifié« .

Lever le « carton jaune » de la CE ne constitue pas seulement une exigence commerciale, mais affirme également la responsabilité nationale envers la communauté internationale, afin de protéger les ressources, les moyens de subsistance à long terme de millions de pêcheurs et la réputation des produits de la mer vietnamiens.

dienhai.nguyen@free.fr

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