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4e plénum du Comité central du PCV : encourager les membres du Parti à s’engager dans des activités économiques

Le 4e plénum du Comité central du XIVe mandat (du 5 au 8 octobre 2026) a convenu de passer d’une logique « autoriser » à une logique « encourager et créer des conditions favorables »,

Le 4e plénum du Comité central du XIVe mandat (du 5 au 8 octobre 2026) a convenu de passer d’une logique « autoriser » à une logique « encourager et créer des conditions favorables », afin de permettre aux membres du Parti d’investir et d’entreprendre légalement, de s’enrichir par des moyens légitimes et de contribuer au développement du pays.

Cette nouvelle réglementation vise à libérer les ressources, à valoriser l’esprit d’initiative et d’exemplarité, à favoriser le développement de l’économie privée, à créer des emplois et à renforcer la compétitivité de l’économie.

Toutefois, encourager ne signifie pas relâcher le contrôle. Les membres du Parti doivent respecter la loi, préserver leur intégrité politique et morale et ne pas abuser de leurs fonctions, de leurs prérogatives, des informations auxquelles ils ont accès ou des biens publics à des fins d’enrichissement personnel. Les contrôles, la surveillance et la prévention des conflits d’intérêts doivent être mis en œuvre avec rigueur, afin de garantir la publicité, la transparence et l’égalité de traitement.

L’évolution de la pensée du Parti communiste vietnamien : de l’interdiction aux membres du Parti d’avoir des activités économiques à son autorisation, puis à son encouragement



Cette évolution reflète les changements dans la conception du Parti concernant les relations entre ses membres, le développement de l’économie privée et l’objectif de construction du socialisme. Elle peut être résumée en trois étapes : la restriction, l’autorisation sous conditions, puis l’encouragement au développement de l’économie privée.

Il convient toutefois de distinguer la participation des membres du Parti aux activités économiques de l’évolution de la position du Parti sur le rôle de l’économie privée dans l’économie nationale.

Les différentes étapes de l’évolution de la pensée

Étape 1 : avant le Xe Congrès national du Parti (2006) — Une conception restrictive, allant jusqu’à l’interdiction pour les membres du Parti d’exercer des activités économiques privées

À l’époque où l’économie fonctionnait principalement selon un mécanisme de planification centralisée, notamment avant 1986, la pensée économique était influencée par une conception selon laquelle l’économie privée, et en particulier l’économie capitaliste privée, était incompatible ou difficilement conciliable avec l’orientation socialiste.

  1. Le Parti privilégiait le développement de l’économie d’État et de l’économie collective.
  2. Les activités économiques privées ont été soumises à des restrictions pendant une longue période. La participation des membres du Parti à l’économie privée était également encadrée par les orientations idéologiques et les règles du Parti.
  3. Des craintes existaient quant au fait que les activités commerciales et l’enrichissement personnel des membres du Parti puissent conduire à une extension de la propriété privée, à la primauté des intérêts individuels sur les intérêts collectifs et à une dégradation de l’intégrité des membres du Parti.

Il convient néanmoins de préciser que toutes les activités économiques privées n’ont pas été interdites pendant toute cette période. À partir du renouveau, le Đổi mới, engagé en 1986, le Parti a progressivement reconnu l’existence de plusieurs composantes économiques, dont l’économie privée.

Point essentiel : la conception initiale mettait l’accent sur le contrôle et la limitation de l’économie privée, tout en imposant des obstacles aux membres du Parti souhaitant exercer des activités commerciales.

Étape 2 : le Xe Congrès national du Parti, en 2006 — Le passage à l’autorisation pour les membres du Parti d’exercer des activités économiques privées

Le Xe Congrès national du Parti, qui s’est tenu du 18 au 25 avril 2006, a marqué un tournant important. Le principe autorisant les membres du Parti à exercer des activités économiques privées a alors été officiellement inscrit dans les orientations du Parti.

Cette évolution s’est traduite par plusieurs changements :

  1. Reconnaissance du droit de participer à l’activité économique : les membres du Parti peuvent prendre part à l’économie privée, conformément aux orientations et aux réglementations adoptées.
  2. Distinction entre activité commerciale légale et engagement politique : le fait d’exercer une activité économique ne signifie pas automatiquement que l’on agit à l’encontre des objectifs du Parti.
  3. Évolution des modalités de contrôle : on passe d’une approche fondée sur des restrictions générales à une gestion reposant sur la loi, les règlements du Parti ainsi que les exigences d’éthique et de responsabilité imposées à ses membres.

Cela ne signifie pas que les membres du Parti sont libres d’entreprendre sans aucune condition. Ils doivent toujours respecter la loi, les statuts du Parti et les règles définissant les comportements interdits aux membres, notamment celles relatives aux fonctions exercées, aux prérogatives officielles et aux conflits d’intérêts.

Point essentiel : le Parti est passé d’une conception considérant l’activité économique privée de ses membres comme une pratique à limiter à une autorisation encadrée par des règles précises.

Étape 3 : à partir de 2017 — L’économie privée reconnue comme un moteur important de l’économie

Le 3 juin 2017, le 5e plénum du Comité central du XIIe mandat a adopté la résolution no 10-NQ/TW relative au développement de l’économie privée. Ce texte a défini l’économie privée comme un moteur important de l’économie de marché à orientation socialiste.

Cette étape marque le passage d’une simple autorisation d’exercer des activités commerciales à une volonté active de créer les conditions nécessaires au développement du secteur privé.

Les principales orientations sont les suivantes :

  1. Encourager la création d’entreprises, l’innovation et l’expansion des activités de production et de commerce.
  2. Améliorer l’environnement de l’investissement et des affaires, et protéger les droits de propriété ainsi que la liberté d’entreprendre dans le respect de la loi.
  3. Inciter les entreprises privées à accroître leur productivité et leur compétitivité, et à intégrer les chaînes de valeur nationales et internationales.
  4. Souligner la nécessité d’un développement sain, efficace et durable de l’économie privée, en cohérence avec l’intérêt général de l’économie.

À ce stade, la résolution no 10 affirme directement le rôle de l’économie privée dans son ensemble. Elle ne constitue donc pas simplement un texte relatif au droit des membres du Parti d’exercer des activités commerciales.

Point essentiel : le Parti passe de l’autorisation à l’encouragement du développement, en reconnaissant l’économie privée comme un moteur important de l’économie.

Étape 4 : de 2025 à aujourd’hui — Un encouragement renforcé, l’économie privée étant considérée comme l’un des moteurs les plus essentiels de l’économie nationale

Le 4 mai 2025, le Bureau politique a adopté la résolution no 68-NQ/TW relative au développement de l’économie privée. Cette résolution constitue une nouvelle étape dans l’évolution de la pensée économique du Parti. Elle définit l’économie privée comme l’un des moteurs les plus essentiels de l’économie nationale.

Les principales évolutions sont les suivantes :

  1. Un changement de regard : le texte insiste sur la nécessité de dépasser les préjugés à l’égard de l’économie privée, des entreprises et des entrepreneurs.
  2. L’encouragement à l’enrichissement légitime : il réaffirme le respect du droit de propriété, de la liberté d’entreprendre et de la concurrence équitable dans le cadre de la loi.
  3. La création de conditions favorables au développement des entreprises : l’objectif est de mettre en place un environnement d’investissement transparent et favorable, qui soutienne l’innovation, la transformation numérique et l’adoption des technologies.
  4. Le renforcement du rôle du secteur privé : celui-ci est présenté comme une force d’avant-garde pour stimuler la croissance, créer des emplois, améliorer la productivité et renforcer la compétitivité nationale.
  5. La fixation d’objectifs à long terme : la résolution prévoit qu’à l’horizon 2030, l’économie comptera deux millions d’entreprises en activité, tout en visant une augmentation de la contribution du secteur privé au PIB.

La résolution no 68 porte sur le développement de l’économie privée dans son ensemble. Elle ne signifie pas que tous les membres du Parti peuvent entreprendre sans limites. Les règles applicables aux cadres et aux fonctionnaires, la législation anticorruption, les dispositions relatives aux conflits d’intérêts ainsi que les obligations propres aux membres du Parti restent pleinement applicables.

Point essentiel : après une longue période de réserve à l’égard de l’économie privée, la politique économique s’oriente désormais vers un encouragement actif, la suppression des obstacles et la valorisation maximale du potentiel de ce secteur.

Cette évolution de la pensée du Parti se manifeste sur deux plans complémentaires :

  1. Pour les membres du Parti : le passage d’une logique de restriction à la possibilité de participer à l’économie privée, sous réserve de conditions et de responsabilités précises.
  2. Pour l’économie nationale : le passage d’une vision marquée par la méfiance envers l’économie privée à la reconnaissance de celle-ci comme une composante importante, puis comme un moteur important et, en 2025, comme l’un des moteurs les plus essentiels de l’économie nationale.

Ce qui mérite d’être souligné, ce n’est donc pas seulement l’évolution de la politique encadrant les activités économiques des membres du Parti. C’est également le reflet d’une révision de la conception des relations entre économie privée, mécanismes du marché et objectifs de développement du pays dans le cadre de l’orientation socialiste.

Étape 5 : le 4e plénum du Comité central, une nouvelle avancée dans la conception du rôle économique des membres du Parti

Le 4e plénum du Comité central franchit une étape supplémentaire dans la réflexion sur la participation économique des membres du Parti. Il ne s’agit plus seulement de les autoriser à exercer des activités économiques, mais aussi de les « encourager et de créer les conditions favorables » pour qu’ils puissent investir, entreprendre légalement, s’enrichir par des moyens légitimes et contribuer au développement du pays.

dienhai.nguyen@free.fr

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