Ces bus de nuit premium qui changent la façon de voyager en Asie
En Asie, les sleeper bus s’imposent dans une version premium. Cabines individuelles, literie confortable et wifi : une façon de traverser un pays de nuit, en économisant une nuit d’hôtel sans renoncer au confort. Au Vietnam, en Thaïlande ou au Japon,

En Asie, les sleeper bus s’imposent dans une version premium. Cabines individuelles, literie confortable et wifi : une façon de traverser un pays de nuit, en économisant une nuit d’hôtel sans renoncer au confort.
Au Vietnam, en Thaïlande ou au Japon, les distances entre les grandes villes peuvent facilement engloutir une journée entière. Passer de Bangkok à Chiang Mai, de Tokyo à Hiroshima ou de Shanghai à Shenzhen suppose souvent de longues heures de transport. Et si pendant des décennies, le choix était binaire : l’avion, rapide mais coûteux et énergivore, ou le train de nuit, économique mais spartiate, ces bus couchettes nouvelle génération – comparables à des hôtels capsules sur roues – s’imposent comme la meilleure alternative pour de nombreux voyageurs.
À mi-chemin entre le transport local et expérience hôtelière, les bus couchettes premium, ou «VIP limousine», redessinent la carte du voyage en Asie. Nouvelle façon d’organiser son déplacement, ces autocars permettent de traverser un pays en dormant, redonnant ses lettres de noblesse au voyage nocturne. Une certaine idée du luxe asiatique, discret et fonctionnel, réincarnée loin des standards occidentaux mais pensé pour optimiser l’espace et le repos.
«L’économie d’une nuit d’hôtel»
Compartiments individuels ou partiellement isolés, climatisés, équipés de literie épaisse, de ports USB, parfois même d’écrans et de douches communes, ces bus proposent désormais un confort presque comparable à celui d’une petite chambre d’hôtel.
À 37 ans, Virginie Martini, qui a traversé le Vietnam du nord au sud pendant trois semaines uniquement avec ces bus VIP, résume bien cette première impression : «Je fais 1,71 mètre, pour moi c’était parfait. Lumière, rideaux, parfois wifi, de quoi recharger son téléphone… C’est l’économie d’une nuit d’hôtel». Un gain financier concret et une alternative crédible qui séduit aussi les voyageurs de plus de 40 ans : «Pour environ 40 € par personne, le billet couvrait l’ensemble de notre trajet depuis Cat Ba, avec le bus local, la traversée en ferry, puis la correspondance à Hanoï avant le départ vers Sapa», rapporte Christel Leseultre, 62 ans, qui a voyagé entre Hanoï et Sapa avec la compagnie HK Buslines.
Une équation gagnante qui s’inscrit dans une approche plus large du déplacement, où le temps et le logement sont optimisés et une aubaine pour les voyageurs attentifs à leur budget. Mathieu, graphiste freelance de 29 ans, sillonne l’Asie depuis deux ans. «Sur un mois, l’économie est considérable : l’équivalent d’une semaine de nuitées à l’hôtel», précise-t-il. Une logique particulièrement marquée au Japon, où ces derniers peuvent vite alourdir un budget de voyage.
Des bus VIP qui ne se valent pas tous
Aussi séduisante soit-elle, l’appellation VIP ne garantit cependant pas une expérience homogène selon les compagnies et les pays. Si certaines offrent une expérience quasi hôtelière, d’autres se contentent d’un confort amélioré par rapport aux bus classiques. La présence de toilettes à bord est d’ailleurs l’un des critères les plus importants… et aussi l’un des plus incertains.
Certains opérateurs en sont équipés, d’autres non, ce qui peut parfois transformer le voyage en épreuve de patience : «les arrêts dépendent entièrement du bon vouloir du chauffeur, sans garantie ni annonce préalable et le refus ne leur pose aucun problème», raconte Virginie. Quitte à devoir serrer les dents. Une dépendance totale au rythme imposé par le chauffeur qui oblige aussi à anticiper les repas – la restauration proposée aux arrêts restant sommaire : «on y trouve quelques snacks, rarement variés et souvent plus chers qu’en ville», ajoute la trentenaire. Mieux vaut donc prévoir de quoi grignoter avant le départ.
Quant à la promesse d’un sommeil en mouvement, elle reste toutefois conditionnée à une certaine capacité d’adaptation. Les capsules ne sont pas toutes égales et leur emplacement dans le bus joue un rôle déterminant. «J’ai détesté être en bas, on sent toutes les vibrations», confie Virginie, qui conseille aussi d’éviter les cabines proches du conducteur, souvent animées par la musique… et les appels téléphoniques. Des détails, anodins en apparence, qui peuvent pourtant faire toute la différence sur une dizaine d’heures. Christel évoque aussi quelques désagréments : «Il vaut mieux éviter les capsules au-dessus des roues. Les secousses y sont plus marquées et peuvent rendre le sommeil difficile».
Les couchettes massantes font partie de ces détails qui surprennent agréablement. Brigitte Desprevu Van Lai, soixantenaire, qui a réservé plus de sept trajets via l’application Vexere, évoque un confort qu’elle n’attendait pas : «Toilettes à bord, wifi, espaces individuels spacieux… nous avons même vu des couples les occuper, et dans plusieurs bus les couchettes sont massantes». Un exemple révélateur de l’évolution des «sleeper bus» nouvelle génération, qui ne séduisent plus seulement les voyageurs aguerris ou les plus jeunes, mais aussi un public plus mature, en quête d’efficacité et de confort pour voyager de nuit.
Par Laura Dinane – Le Figaro Voyages