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Comment traverser le Vietnam en train : l’itinéraire mythique de Hanoï à Hô Chi Minh-Ville

sa « rue du train » - Vietnam - Laurence Ogiela Au son de la corne de brume, vendeurs ambulants et touristes s'entassent sur les minuscules terrasses des cafés qui longent la voie ferrée. Au cœur

sa « rue du train » - Vietnam - Laurence Ogiela
sa « rue du train » – Vietnam – Laurence Ogiela

Au son de la corne de brume, vendeurs ambulants et touristes s’entassent sur les minuscules terrasses des cafés qui longent la voie ferrée. Au cœur de Hanoï, la rue Phung Hung, surnommée «la rue du train», est devenue une attraction quotidienne : dans un vacarme tonitruant, le convoi ferroviaire, tiré par une locomotive d’un autre âge, rase les habitations… et les spectateurs.

Une curiosité qui attire presque plus que le mausolée d’Hô Chi Minh, le père de la nation, les lacs paisibles ou les avenues coloniales bordées d’arbres centenaires de la capitale vietnamienne. Mais, plutôt que de regarder passer le train, il faut monter à bord. Tous les jours, le Thông Nhât («train de la réunification») relie en plus de trente heures le nord au sud, alors pas question pour nous de le faire d’une traite ni même de nuit. On profitera des paysages, des escales d’un ou plusieurs jours à l’envi, mais aussi de l’ambiance du train : en soi tout un voyage…

Le «train de la réunification», tout un symbole

Il relie Hanoï à Hô Chi Minh-Ville, 1 736 km, trente-quatre heures de voyage, quelque 34 gares et une longue histoire. Héritage de la colonisation, cette ligne mise en service en 1936 deviendra inutilisable après des décennies de guerre qui, au dernier coup de feu, en 1975, laisseront un pays victorieux mais exsangue, divisé entre le Nord et le Sud…

En vingt mois, 1 000 des 1 334 ponts détruits et 27 tunnels seront remis en état, pour permettre de donner un premier coup de sifflet en 1976. Le train devient alors le symbole de la réunification et son système à voie métrique, hérité des Français, lui vaut le surnom de TGV… «train à grande vibration».

Contrôleurs au garde-à-vous
Contrôleurs au garde-à-vous – ©

comme les gardiens du mausolée d'Hô Chi Minh
comme les gardiens du mausolée d’Hô Chi Minh – ©

Pause repas dans les wagons
Pause repas dans les wagons – ©

De Hanoï à Huê : dans l’ancienne capitale des empereurs

14 heures

En rang d’oignons sous les guirlandes d’étoiles du drapeau rouge vietnamien, les contrôleurs au garde-à-vous vérifient les billets et montrent aux voyageurs leur cabine avec couchettes, oreillers, couvertures… Plus confortables, y compris de jour, qu’un siège inclinable (voir «J’y vais»).

A 6 h 10, coup de siffet. Bientôt, à travers la vitre, les rues grouillantes de motos, de vélos et de tuk-tuks chargés d’improbables cargaisons laissent place à un damier verdoyant de rizières, où des silhouettes courbées sous des chapeaux coniques s’affairent à repiquer le riz. A bord, c’est l’heure du petit déjeuner. Sur les chariots : du phô (toujours délicieux), la soupe de nouilles traditionnelle, des nems ou d’addictifs sandwichs bánh mi… On s’y fait très vite !

A 12 h 30, 300 km plus loin : arrêt à Vinh. Fonctionnaires, ouvriers, retraités, soldats et touristes descendent, d’autres montent. Mme Huong, elle, rejoint de la famille à Huê et bavarde avec trois étudiants allemands en vacances. Alex, originaire de Bavière, est ravi : «On fait des rencontres, dit-il. Mme Huong nous a invités à dîner chez elle demain soir !» L’hospitalité n’est pas un vain mot au Vietnam…

La longueur du périple commence à se faire sentir quand le haut-parleur annonce l’arrivée en gare de Huê. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, l’ancienne capitale des empereurs vaut une escale de deux jours, et nous avons réservé au Rosaleen Boutique Hotel, au bord de la rivière des Parfums (25 € la double avec petit déjeuner). On ne ratera pas la Citadelle, construite sur le modèle de la Cité interdite de Pékin.

Ici, on peut se balader des heures de temples en mausolées, comme celui de Tu Duc, dont les jardins affchent une sérénité confucéenne (billet 17 €). On en sort imprégné des temps anciens et des traditions impériales, fasciné par les élégantes d’aujourd’hui qui s’y photographient en costume d’époque ou dans leur áo dài, longue robe de soie chatoyante portée sur le pantalon.

Autre incontournable – ils sont souvent gustatifs au Vietnam ! –, le marché Dông Ba pour goûter aux spécialités locales, les bánh bèo, des minigalettes de riz à la vapeur garnies de crevettes et deporcgrillé, et les nem lui huê, des brochettes de porc sur des bâtons de citronnelle.

Ordre… et désordre dans le vieux Hanoï avec ses vendeurs ambulants
Ordre… et désordre dans le vieux Hanoï avec ses vendeurs ambulants – ©
Ordre… et désordre dans le vieux Hanoï avec ses vendeurs ambulants
Ordre… et désordre dans le vieux Hanoï avec ses vendeurs ambulants – ©

Hanoï avec sa « rue du train »
Hanoï avec sa « rue du train » – ©

Retour dans le passé à la cité impériale de Huê, entre les élégantes
Retour dans le passé à la cité impériale de Huê, entre les élégantes – ©

le tombeau de l'empereur Tu Duc
le tombeau de l’empereur Tu Duc – ©

De Huê à Hoi An : la petite Venise de l’Orient

2 heures 30

Retour à la gare. Entre Huê et Hoi An, le train contourne le col des Nuages, sans doute le plus beau tronçon du voyage. Il serpente le long de la mer de Chine, à l’aplomb de collines recouvertes de jungle tropicale, et traverse dix-huit ponts et six tunnels avant de déboucher dans la cité portuaire de Da Nang.

De là, on rejoint Hoi An en voiture, car le tracé des voies ferrées passe à l’écart de cette petite Venise de l’Orient, qui fut, aux XVIe et XVIIe siècles, l’un des principaux ports de commerce d’Asie du Sud-Est. A son apogée, elle rassemblait des négoces chinois, japonais, français, portugais… qui ont tous laissé leur empreinte architecturale. Miraculeusement épargnée par la guerre, elle invite aujourd’hui à flâner entre d’authentiques maisons sino-vietnamiennes en bois, des villas coloniales, des pagodes chinoises… et beaucoup de touristes.

Mais Hoi An, aussi réputée pour ses lanternes de toutes les formes et ses tailleurs, enchante encore. Une adresse irréprochable pour repartir avec une robe ou un pantalon : Huong Ly Cloth Shop au 24, Nguyen Thái Hoc. On peut aussi rejoindre Hòn Lao, la plus longue des îles Cham, passer du temps avec les pêcheurs et dormir au bord de l’eau. Une bonne adresse dans le village de Tân Hiêp : Hanh Ly Homestay, devant la plage (env. 20 € la double).

Le train repart, longeant rizières et montagnes.
Le train repart, longeant rizières et montagnes. – ©

la « petite Venise » du Vietnam, tout près de la mer, avec ses marchés
la « petite Venise » du Vietnam, tout près de la mer, avec ses marchés – ©

Huê à Hoi An avec ses lanternes, ses couleurs, son quotidien.
Huê à Hoi An avec ses lanternes, ses couleurs, son quotidien. – ©

De Hoi An à Nha Trang : des kilomètres de sable blanc

10 heures

On rattrape le train dans la petite gare de Trà Kieu, à trente minutes en voiture de Hoi An. Un employé agite un drapeau jaune pour signaler que la voie est libre : la ligne n’en compte qu’une, les trains ne peuvent donc pas se croiser. A chaque tunnel, pont, passage à niveau, le manège recommence.

La patience fait partie du voyage et cette curiosité amuse Sylvie, retraitée française, qui regarde le paysage défiler. Elle voyage depuis deux mois en Asie du Sud-Est avec son mari, presque toujours en train. «On prend le temps, on s’arrête où on veut, on vit avec les Vietnamiens. Là, nous allons à Ninh Hòa profiter de la plage», explique-t-elle. Tiens, pourquoi pas nous ?

Il y a des kilomètres de sable blanc jusqu’à Phan Tiet et la gare de Diêu Tri est la porte d’entrée vers les plages de la province de Binh Dinh encore préservée – tandis que, plus au sud, Nha Trang est devenu, en vingt ans, le Miami Beach vietnamien. On a préféré la baie de Ninh Vân, accessible uniquement

plages tapageuses
plages tapageuses – ©
reprendre le voyage
reprendre le voyage – ©

Le pays possède sa Riviera et ses plages tapageuses, qui méritent le coup d’œil, mais aussi ses criques sauvages, comme celles de la baie de Ninh Vân, où se poser avant de reprendre le voyage.

Le spectacle est à la fenêtre
Le spectacle est à la fenêtre – ©

De Nha Trang à Hô Chi Minh-Ville : l’effervescence de l’ancienne Saïgon

7 heures

Sur cet ultime tronçon, les paysages changent et le vert scintillant des rizières laisse place à des champs jaunis où le riz mûr a été récolté. Avant la station balnéaire de Phan Tiet, célèbre pour ses spots de kitesurf et ses fabriques de nuoc-mâm, le train bifurque à l’intérieur des terres, puis se perd dans des banlieues interminables jusqu’à son terminus. A 18 h 10, à l’arrivée en gare de Hô Chi Minh-Ville, une voix dans le haut-parleur grésillant félicite les valeureux voyageurs qui ont effectué le trajet complet d’une traite…

Plus reposés qu’eux, à nous l’effervescente capitale du sud, du kitsch des anciens palaces qui servaient de QG aux Américains aux gratte-ciel futuristes. Entre deux séances shopping dans la rue Dong Khoi et le marché Bình Tây dans le quartier chinois de Cholon, il faut vraiment visiter le palais de la Réunification, symbole de la chute de Saïgon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville, et de la fin de la guerre, quand deux chars nord-vietnamiens forcèrent les grilles du palais présidentiel (entrée : 2 €).

Architecture brutaliste, salons de réception, tentures imprimées et moquettes graphiques, appartements privés, bunker impressionnant… tout semble être resté figé dans les années 60-70, contrairement au reste de la ville, poumon économique du pays, qui se rêve en nouveau Bangkok.

La jeunesse d'Hô Chi Minh-Ville se presse en terrasse
La jeunesse d’Hô Chi Minh-Ville se presse en terrasse – ©

La gare de l'ex-Saïgon célèbre son « TGV »
La gare de l’ex-Saïgon célèbre son « TGV » – ©

L'ancien palais présidentiel, parfait exemple d'architecture brutaliste
L’ancien palais présidentiel, parfait exemple d’architecture brutaliste – ©

J’y vais !

Avec Vietnam Airlines

AR Paris CDG–Hanoi à partir de 991 €. AR Paris CDG–Hô Chi Minh-Ville à partir de 879 € avec vietnamairlines.com. Voyage en train Hanoï–Hô Chi Minh-Ville, couchette à partir de 50 €, siège inclinable à partir de 32 € sur dsvn.vn.

Où dormir

Au Hanoi Esplendor Hotel, dans le vieux quartier, à partir de 50 € la chambre double avec petit déjeuner sur hanoiesplendorhotel.com. A Hô Chi Minh-Ville, cela vaut la peine de s’offrir un hôtel avec piscine en rooftop comme le MGallery Hôtel des Arts Saigon, style Art déco, vue splendide. A partir de 164 € la double sur all.accor.com.


dienhai.nguyen@free.fr

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