Hommage à Tran Tu Nghia, appelé « Popeye » par les jeunes
Né en 1942, Tran Tu Nghia est arrivé en France à l’âge de 11 ans afin d’y poursuivre ses études. Il a obtenu une licence, puis un doctorat en physique. Parallèlement, dès l’âge de 16
Né en 1942, Tran Tu Nghia est arrivé en France à l’âge de 11 ans afin d’y poursuivre ses études. Il a obtenu une licence, puis un doctorat en physique. Parallèlement, dès l’âge de 16 ans, il découvre l’Union Vietnamienne à travers le sport.
À partir de 1965, il commence à assumer des responsabilités au sein du comité exécutif de l’Union des étudiants vietnamiens en France.
Sur le plan professionnel, il s’investit d’abord dans l’importation de produits vietnamiens. Il rejoint ensuite la direction de plusieurs sociétés, notamment Serepco, Hunimex et Viet Tin. Sa carrière est toutefois principalement marquée par son engagement dans le secteur du tourisme, en tant que directeur de Hit Voyage.
Dans le cadre de l’Union Générale des Vietnamiens de France, il participe à la création de l’Union des étudiants vietnamiens en France (UEVF). Il fait partie de la délégation de l’UEVF ayant pris part au congrès constitutif de l’Union des Vietnamiens en France (UVF) en 1969. Il est membre du Bureau permanent de l’UGVF de 1976 à 1991, en devient Secrétaire général de 1991 à 2000, puis Président de 2000 à 2006.
L’UGVF d’aujourd’hui repose sur une équipe dirigeante majoritairement issue de la seconde génération, épaulée par quelques aînés, ainsi que de nouvelle première génération, et elle s’est construite grâce à l’héritage de ceux qui nous ont précédés.
Nous sommes leurs descendants. Ils nous ont appris à militer, à nous organiser, à honorer l’engagement de tous les militants. Sans eux, nous ne sommes rien. Nous sommes leurs enfants, surtout de cœur.
Dans les années 90, Popeye, comme nous aimons l’appeler ainsi que Anh Tung et Anh Dung ont été nos responsables. À cette époque, nous étions leurs « coolies » et nous en étions profondément fiers.
À leurs côtés, mais aussi aux côtés de tous les tatas et tontons, responsables ou non, nous avons appris à comprendre les enjeux de l’Union, tant vis-à-vis du Vietnam que de la France. Tous nous ont transmis leurs savoirs et leurs engagements ; ils nous ont toujours soutenus et continuent de le faire. Ils nous ont ainsi légué une conviction essentielle : défendre l’Union avant tout. C’est cet héritage que nous portons aujourd’hui.
Mais avec ces trois mousquetaires, nous avons participé entre autres aux Têt de Lyon, de Marseille, de Genève, d’Arcueil et, évidemment, de Paris. Nous avons organisé l’Huma, les camps d’été, les Têt Trung Thu, des congrès sportifs, pratiqué le võ, monté des expositions et des Saint-Sylvestre à Nha Vietnam. Nous y avons aussi partagé de nombreux repas, tout comme au foyer Vietnam qui a toujours été et est encore notre QG, tandis que le Petit Musc était plutôt réservé aux réunions.
Tran Tu Nghia, avec ses qualités et ses défauts, comme chacun, a donné sa vie à l’Union, bon vivant au cœur généreux, toujours prêt à partager un repas, un verre ou une conversation, de son arrivée en France à aujourd’hui il a contribué avec passion et dévouement à l’essor du pays, toujours épaulé par sa femme Tata Tho qui s’est toujours investie dans les domaines artistiques de l’Union et à qui nous devons beaucoup aussi.
Pour finir, l’Union générale des Vietnamiens de France présente ses plus sincères condoléances à tata Thơ, à l’ensemble des frères et sœurs de Tran Tu Nghia et de tata Thơ, en France comme au Vietnam, ainsi qu’aux petits-enfants. Nous leur adressons tout notre courage et notre soutien pour traverser cette période douloureuse, avec la plus profonde émotion et un immense regret. Tran Tu Nghia nous manquera, mais il restera à jamais dans nos cœurs.
UGVF (Discours lu lors de la cérémonie au Crématorium du Père Lachaise)