Impact de la double culture
Mansourah : le territoire de la commune de Mansourah est situé au centre de la wilaya de Tlemcen. La ville est le faubourg ouest de Tlemcen. Dorothée Myriam Kellou raconte sa double culture. Française par sa mère

Mansourah : le territoire de la commune de Mansourah est situé au centre de la wilaya de Tlemcen. La ville est le faubourg ouest de Tlemcen.
Dorothée Myriam Kellou raconte sa double culture. Française par sa mère car née à Nancy, Algérienne par son père originaire de Mansourah, faubourg ouest de Tlemcen. Son essai récompensé (Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris 2024) va la conduire à raconter son histoire familiale à travers des allers et venues entre Nancy où elle a grandi, en passant par l’Égypte, la Palestine et les Etats-Unis, la jeune femme vogue pour mieux s’ancrer. Mais c’est en compagnie de son père que l’auteure a réalisé un film imprégnant sa double culture (1).
Algérie de 1976 à 1978
La période de 1976 à 1978 en Algérie est marquée par des événements politiques et sociaux significatifs. En 1976, un projet de Charte nationale est proposé à la population pour discussion et amendement, avant d’être adopté par référendum. Ce document doctrinal de base constitue le recueil des principes organisateurs du régime. S’ensuivent les élections du président de la République au suffrage universel, en décembre 1976, et de l’Assemblée populaire nationale (APN), en février 1977. Dans le même temps, le FLN et ses organisations sont réactivés. Mais cette solidification politico-institutionnelle est interrompue par le décès du président H. Boumediène en décembre 1978. Un Congrès du FLN a lieu en janvier 1979 pour désigner son secrétaire général, appelé à être candidat unique à la présidence de la République, l’armée jouant un rôle majeur dans la désignation du nouveau dirigeant.
Perspectives
La double culture est souvent décrite comme un équilibre délicat entre deux mondes. Vivre entre deux cultures peut être à la fois une richesse et un défi. D’un côté, cela permet d’accéder à une diversité de traditions, de langues et de perspectives. De l’autre, cela peut engendrer des sentiments de déracinement ou de ne pas appartenir pleinement à l’un ou l’autre des deux mondes.
Nhu-Mai (Apfsv/UGVF)
Pourquoi sa dédicace « pour Maï, en souvenir des années algériennes » m’émeut ? Elle me pousse à dompter les images et les visites que nous avons vécues de 1976 à 1978. C’est la période où Lôc est venu former les premiers informaticiens algériens dans le cadre de la coopération entre l’Algérie et le Vietnam. En effet, les premiers informaticiens algériens formés en 1976 ont été les premiers ingénieurs d’État d’Algérie. Leur formation a été marquée par l’importance de l’informatique dans le développement économique et social du pays. Les programmes de formation ont été conçus pour former une élite technique capable de concevoir et de gérer les systèmes informatiques nécessaires à l’administration, à l’industrie et à la recherche scientifique.
A cette époque, nous avons vécu à la cité des Annassers qui est un quartier de Kouba Alger, situé sur le plateau du même nom, composé de cinq cités : la cité des Annassers 5 (ex-coopérants), Diar el Afia, Coopemad sud, Coopemad nord, et la cité Sorecal. La cité des Annassers a été construite vers la fin des années 60. Elle est constituée de plusieurs immeubles dont certains atteignent les 15 étages. Sa population est de plus de 16000 habitants ce qui fait d’elle l’une des plus grandes cités d’Algérie.
Nos deux garçons ont fréquenté le lycée Descartes. L’enseignement français en Algérie a continué à être un sujet de débat et de préoccupation. Les établissements scolaires français, comme le lycée Descartes, ont été soumis à des changements importants, notamment la décision de ne plus autoriser l’accès des établissements scolaires français aux nationaux algériens. Cette décision a entraîné des conséquences sur l’enseignement français et a conduit à des adaptations dans les établissements scolaires.
Note :
Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris 2024 (catégorie : essai).
Résumé (quatrième de couverture) : « T’es en quête ! ». Voilà ce qu’un jour, sa meilleure amie lance à Dorothée Myriam Kellou. De quoi, elle l’ignore. Pourtant tous les indices sont là. Son apprentissage de la langue arabe, son parcours intellectuel, ses voyages, et le besoin de rappeler les origines algériennes de son père. Que sait-elle de sa jeunesse ? Peu de choses. Il l’invite donc à relire un projet de film qu’il lui avait adressé quelques années auparavant. Dorothée y découvre qu’en 1960, son père et sa famille ont été contraints de quitter leur village de Mansourah, où des populations avaient été déplacées sous le contrôle de l’armée française. Chapitre mal connu d’une guerre sur laquelle beaucoup d’ombres demeurent. L’auteure est inclassable et remarquable pour cette raison même car elle tâtonne, interroge, raconte une Algérie tantôt douloureuse, tantôt rêvée, ouvrant la voie de l’apaisement et de la réconciliation.