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La véritable signification du 8 mars

Ces derniers jours, au bureau, je vois un peu plus de compositions florales et de messages familiers comme : « Bonne Journée internationale des femmes, le 8 mars ! » Beaucoup d’autres femmes et moi recevons des vœux comme :

Ces derniers jours, au bureau, je vois un peu plus de compositions florales et de messages familiers comme : « Bonne Journée internationale des femmes, le 8 mars ! » Beaucoup d’autres femmes et moi recevons des vœux comme : restez toujours jeunes, belles et heureuses.

Dans les grandes villes, les restaurants sont souvent bondés. On y célèbre l’événement, on y offre des bouquets de fleurs, et certains établissements donnent même un petit pourboire aux employées. D’autres organisent des activités culturelles et sportives, et font poser les femmes en costumes traditionnels vietnamiens pour des photos afin de célébrer la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Dans les familles, les maris et les pères offrent des fleurs et des cadeaux à leurs épouses et mères. Certaines familles vont au restaurant, une façon de « libérer » les femmes des tâches ménagères habituelles lors de cette journée spéciale.

Ces choses se répètent chaque année, comme une coutume « obligatoire ». Le 8 mars, il faut absolument des fleurs, des cadeaux et des activités pour honorer cet « autre moitié » du monde.

Cette année, le 8 mars, ce qui m’a marquée, ce n’étaient ni les vœux ni les fleurs, mais un message de célébration sur mon lieu de travail : « Équilibrons la balance ». Sur le campus, un coin photo présente les chiffres 8 et 3 de part et d’autre d’une balance. Autour de la balance, des encadrés portent des inscriptions sur les obstacles auxquels les femmes sont souvent confrontées, tels que les préjugés, la violence, le travail non rémunéré et le harcèlement sexuel. À côté, d’autres encadrés proposent des pistes pour réduire les inégalités entre les sexes. Par exemple : l’autonomisation, l’égalité des chances, l’inclusion et l’accès aux soins de santé.

Les femmes reçoivent souvent des fleurs et des cadeaux le 8 mars (Image d’illustration : Canva).

Ce message m’a fait réfléchir à la véritable signification du 8 mars et à la façon dont nous le célébrons habituellement.

Le 8 mars trouve son origine dans la lutte des ouvrières du textile aux États-Unis à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, qui réclamaient de meilleures conditions de travail, des salaires plus élevés, une réduction du temps de travail et le droit de vote. De là, le mouvement s’est étendu à l’Europe et, en 1977, les Nations Unies ont officiellement reconnu le 8 mars comme Journée internationale des femmes.

Cela me fait demander : ces mouvements ont-ils eu pour conséquence que nous avons aujourd’hui un anniversaire purement symbolique et davantage d’occasions de stimuler la consommation ?

Les membres de ma famille disent souvent : « Nous avons travaillé dur toute l’année, et maintenant que nous avons enfin un jour à fêter, il faut en profiter au maximum. » Cette phrase semble joyeuse, mais elle sous-entend aussi une vérité : la « fête » ne dure parfois qu’une seule journée, tandis que les barrières et les distances peuvent persister.

Je ne suis pas contre le fait d’offrir des fleurs, des cadeaux ou d’organiser des fêtes. Ce sont des activités qui contribuent à rapprocher les gens et qui offrent une pause agréable loin du tumulte du travail.

Cependant, organiser des événements cérémoniels sans action concrète ne suffit pas.

Pour les organisations, plutôt que de se contenter d’allouer des budgets aux fleurs et aux cadeaux, il serait peut-être plus important de réfléchir aux actions menées l’année dernière et à celles prévues pour réduire les inégalités entre les sexes. Les règlements et politiques en milieu de travail sont-ils inclusifs et respectueux de l’égalité des sexes ? Les travailleuses bénéficient-elles du soutien nécessaire pour conserver leur emploi, faire progresser leur carrière et exploiter pleinement leurs compétences, notamment pendant la maternité et l’éducation de leurs jeunes enfants ? Les possibilités d’avancement, la répartition des tâches et les évaluations de performance sont-elles inclusives et respectueuses de l’égalité des sexes ?

D’après le rapport « Écart mondial entre les sexes 2025 » du Forum économique mondial indique qu’au rythme actuel, il faudra en moyenne 123 ans de plus au monde pour parvenir à une égalité totale entre les sexes.

Parfois, au-delà des fleurs et des cadeaux, j’apprécie mieux les mots gentils et les encouragements durant l’année. Je me souviens encore de ces jours où je travaillais tard et où un collègue m’a demandé avec sollicitude comment je faisais pour concilier mon travail à temps plein, mes études supérieures, mon rôle d’épouse et de mère.

En réalité, j’ai du mal à trouver un équilibre. Il y a des choses que je n’ai pas faites aussi bien que prévu. Mais les conversations et la compréhension de ma famille et de mes collègues m’ont aidée à tenir le coup.

Malgré mon emploi du temps chargé, j’ai toujours envie d’échanger avec mes collègues féminines. Certaines d’entre elles jonglent entre travail, études, garde d’enfants et soins à des parents malades. Pourquoi, lorsqu’un enfant est malade, la famille suppose-t-elle automatiquement que la mère doit rester à la maison pour s’en occuper, sans même en discuter, alors qu’elle pourrait certainement en discuter pour organiser d’une autre façon ?

Une amie m’a confié qu’à son travail, de nombreuses tâches importantes sont discutées par SMS le soir, en dehors des heures de bureau, sans préavis. Comme elle est occupée à s’occuper de sa famille et des tâches ménagères, elle rate souvent ces réunions de planification collaborative, même si elle aimerait vraiment y participer.

J’ai discuté avec des femmes célibataires de plus de 30 ans qui étaient confrontées à des stéréotypes tels que « la valeur d’une femme se mesure à celle de son mari ».

Ces histoires sont diverses et m’aident à comprendre que de nombreux obstacles ne sont pas seulement des problèmes personnels. Ce sont des problèmes systémiques, et les fleurs et les cadeaux ne règlent pas le problème à la racine.

La Journée internationale des femmes, comme d’autres journées consacrées aux groupes vulnérables, aurait plus de sens si chacun se demandait : qu’avons-nous fait l’année dernière et que ferons-nous cette année pour les soutenir ?

Le 8 mars peut commencer par des fleurs et des vœux. Mais au-delà de la simple cérémonie, c’est aussi l’occasion de nous rappeler l’importance de lutter contre les inégalités de genre qui persistent. Dès lors, nous pouvons entreprendre des actions concrètes au sein de nos familles, de nos lieux de travail et de nos communautés afin de réduire davantage les disparités entre les sexes durant les jours restants de l’année.

Auteure : Luong Van Lam est actuellement maître de conférences en communication professionnelle à l’Université RMIT Vietnam. Parallèlement à son enseignement, elle travaille comme consultante indépendante en communication et en recherche pour des organisations non gouvernementales. Ses domaines d’intérêt comprennent le développement durable dans la communication, la transformation numérique et l’application de l’intelligence artificielle à l’enseignement et à l’apprentissage.

dienhai.nguyen@free.fr

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