« Oncle Ho incarne notre croyance la plus précieuse. »
Certaines personnes nous ont quittés, mais chaque fois que nous pensons à elles, nos cœurs s'apaisent, s'emplissent de compassion et nous rendent plus responsables envers notre pays et notre peuple. Le président Hô Chi Minh
Certaines personnes nous ont quittés, mais chaque fois que nous pensons à elles, nos cœurs s’apaisent, s’emplissent de compassion et nous rendent plus responsables envers notre pays et notre peuple. Le président Hô Chi Minh était de celles-là.
Tout au long de sa vie, Oncle Hô incarna le sacrifice. Du jeune Nguyễn Tất Thanh quittant le quai de Nha Rong pour sauver son pays, au leader Hô Chi Minh guidant la nation à travers les années les plus sombres de son histoire, il ne vécut jamais pour lui-même. Il portait en son cœur la douleur d’une nation ayant perdu son indépendance, la souffrance d’un peuple opprimé, l’angoisse de la misère de ses compatriotes, et c’est pourquoi il consacra sa vie entière à un idéal suprême : l’indépendance nationale, la liberté du peuple, l’accès à la nourriture et aux vêtements pour tous, et l’éducation pour tous.
Ce qui faisait la grandeur de l’Oncle Hô, ce n’était pas seulement la vision d’un leader, mais aussi le cœur d’un homme qui a aimé son peuple toute sa vie. Il parlait d’indépendance nationale à travers des exemples très concrets tirés du quotidien. L’indépendance ne se résume pas à un drapeau flottant dans le ciel. Elle doit imprégner chaque foyer, chaque repas, chaque salle de classe, chaque vie humaine. Pour qu’une nation soit indépendante, son peuple doit vivre dans la dignité. Pour qu’un pays soit libre, chaque individu doit avoir la possibilité d’étudier, de travailler, de créer et de rechercher le bonheur.

Le président Ho Chi Minh rend visite aux enseignants et aux élèves de l’école Trung Vuong en 1955 (Photo d’archives).
Ainsi, lorsque nous pensons à l’Oncle Hô, nous pensons avant tout au peuple. À ses yeux, rien n’était plus important que le peuple, aucun but plus noble que son bonheur. De ses pérégrinations à l’étranger, à ses années de prison, à son engagement dans la zone de résistance du Viet Bac, jusqu’à son retour à la capitale et son accession à la présidence, Oncle Hô a toujours mené une vie d’une simplicité touchante. Une petite maison sur pilotis, un costume kaki, des sandales en caoutchouc et des repas frugaux. Cette simplicité n’était pas une formalité de façade, mais un choix moral, celui d’un homme qui, toute sa vie durant, a placé la Patrie et le Peuple au-dessus de ses propres intérêts.
C’est peut-être pour cela que, chaque fois que nous pensons à l’Oncle Hô, nos cœurs se sentent plus purs. Dans un monde agité, plein de tentations et de brouhahas, l’image de l’Oncle Hô nous rappelle des valeurs fondamentales : la vie doit avoir des idéaux, le travail doit être responsable, ceux qui détiennent le pouvoir doivent savoir servir, ceux qui ont du talent doivent savoir contribuer, et plus notre position est élevée, plus nous devons être humbles, proches du peuple, le respecter et œuvrer pour lui.
Oncle Hô a consacré sa vie entière à la nation ; s’inspirer de lui aujourd’hui ne saurait se limiter à de simples éloges. Avant tout, nous devons nous interroger sur notre propre utilité, sur notre capacité à remplir nos devoirs envers notre travail, nos familles, nos communautés et notre pays. Pour un cadre, s’inspirer d’Oncle Hô, c’est lutter contre l’indifférence face aux difficultés du peuple. Pour un fonctionnaire, s’inspirer d’Oncle Hô, c’est valoriser le temps et les efforts des citoyens lorsqu’ils se rendent dans les administrations. Pour une personne responsable, s’inspirer d’Oncle Hô, c’est ne pas fuir les tâches difficiles, joindre le geste à la parole et ne pas faire passer ses intérêts personnels avant le bien commun.
Aujourd’hui, notre pays entre dans une nouvelle phase de développement, porteuse de grandes ambitions. On parle beaucoup d’innovation, de transformation numérique, de technologie, d’intégration, de croissance, de productivité et de compétitivité. Tous ces éléments sont essentiels. Mais plus nous avançons rapidement, plus nous devons nous souvenir que le point de départ de tout développement, c’est l’humain. Plus nous nous modernisons, plus nous devons préserver nos valeurs humanistes. Plus nous aspirons à devenir une nation puissante, plus nous devons prendre soin de notre population, en particulier des plus vulnérables, de ceux qui vivent dans des zones défavorisées et de ceux qui sont facilement laissés pour compte.
Ce qui importait le plus au président Hô Chi Minh, c’était le peuple. Les souffrances du peuple avaient-elles diminué ? Les enfants bénéficiaient-ils d’une meilleure éducation ? Les malades étaient-ils mieux soignés ? Les fonctionnaires continuaient-ils de nuire au peuple ? Les politiques mises en œuvre avaient-elles bénéficié aux citoyens ? Le peuple était-il plus confiant, plus heureux et plus satisfait ? Ces questions restent d’actualité et permettent d’évaluer la conscience du gouvernement, des politiques mises en œuvre et de chaque individu responsable devant le peuple.
Pour les jeunes, penser à l’Oncle Hô, c’est réfléchir à leur responsabilité envers l’avenir du pays. Le Vietnam a besoin de jeunes non seulement compétents en technologie, mais aussi humanistes ; non seulement dynamiques, mais aussi bienveillants ; non seulement capables de créer de la richesse, mais aussi de servir leur pays ; non seulement fiers du Vietnam, mais aussi capables de le faire rayonner davantage par leurs compétences et leur créativité.
Oncle Hô menait une vie très simple, et cette simplicité reflétait une grande force de caractère. Il nous a inculqué le patriotisme par des actes concrets : étudier avec assiduité, travailler dur, vivre honnêtement, être économe, s’unir, aimer son prochain et placer le bien commun au-dessus de l’intérêt personnel. Aujourd’hui, ces valeurs restent tout aussi pertinentes. Une société qui se développe durablement ne peut reposer uniquement sur la richesse matérielle. Elle doit se construire sur des fondements tels que la confiance, la bienveillance, la responsabilité et une culture du dialogue.
En pensant à l’Oncle Hô, on comprend mieux l’importance de la culture dans le développement. La culture ne se limite pas au patrimoine, aux fêtes, à l’art ou aux grands projets. Elle se manifeste dans la manière dont un dirigeant interagit avec le peuple, dont un jeune se comporte sur les réseaux sociaux, dont une entreprise gère ses affaires avec intégrité, dont une communauté sait partager avec les plus démunis, dont une société respecte la vérité, protège la justice et chérit la beauté. Un pays qui aspire à la force ne peut se passer de culture. Une nation qui souhaite rayonner ne peut se passer de citoyens intègres, courageux, instruits et ambitieux.
S’inspirer de l’Oncle Hô aujourd’hui commence par des actions très concrètes. Cela pourrait se traduire par une plus grande intégrité des responsables politiques, un dévouement accru des enseignants, une attention plus soutenue des médecins envers leurs patients, une plus grande honnêteté et humanité des journalistes, un zèle plus important des jeunes dans leurs études et un engagement citoyen plus fort envers la communauté.
Chaque année, au mois de mai, lorsque nous pensons à l’Oncle Hô, nous ressentons non seulement de la fierté, mais aussi un rappel de la façon dont nous vivons, dont nous travaillons et dont nous traitons les gens, nos collègues, nos familles et nos communautés.
Des cœurs plus purs naîtra une société plus humaine. Des citoyens plus responsables, une nation plus forte. Et grâce au sacrifice de toute une vie de l’Oncle Hô, chaque Vietnamien a aujourd’hui une raison supplémentaire de vivre plus dignement pour la Patrie, pour le Peuple, pour l’Histoire et pour l’avenir.
Auteur : Le professeur agrégé Bui Hoai Son est titulaire d’une maîtrise en gestion du patrimoine et des arts de l’Université de North London et d’un doctorat en gestion culturelle de l’Institut national de la culture et des arts du Vietnam. Il est actuellement membre à part entière de la Commission de la culture et de la société de l’Assemblée nationale.