Home / Page d'accueil  / Actualités générales  / Le commerce extérieur du Vietnam franchit officiellement le seuil des 1 000 milliards de dollars

Le commerce extérieur du Vietnam franchit officiellement le seuil des 1 000 milliards de dollars

Les échanges commerciaux du Vietnam au cours des dix premiers mois de 2026 ont atteint un jalon historique, avec un volume total d’importations et d’exportations dépassant officiellement le seuil des 1 000 milliards de dollars

Les échanges commerciaux du Vietnam au cours des dix premiers mois de 2026 ont atteint un jalon historique, avec un volume total d’importations et d’exportations dépassant officiellement le seuil des 1 000 milliards de dollars (estimé à 1 010,6 milliards de dollars, en hausse de 32,3 % par rapport à la même période de l’année précédente).

Les exportations ont atteint 499 milliards de dollars. Par ailleurs, la balance commerciale a enregistré un excédent important au mois d’octobre, avec un solde positif de 6,8 milliards de dollars, permettant de réduire sensiblement le déficit commercial cumulé, qui s’établit désormais à 12,7 milliards de dollars.

Ce résultat a été obtenu dans un contexte économique mondial morose. La persistance des conflits géopolitiques a provoqué des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement traditionnelles. La hausse durable des prix de l’énergie a entraîné les coûts de production à des niveaux records, alimentant une spirale inflationniste qui touche les principales économies mondiales.

Cependant, loin de se replier sur lui-même, le commerce extérieur vietnamien a su trouver de nouvelles opportunités pour accélérer son développement.

Le parcours du Vietnam, passé de 100 milliards de dollars d’échanges commerciaux en 2007 à 1 000 milliards en 2026, témoigne des efforts déployés pour diversifier ses relations diplomatiques et commerciales avec les différents pays, élargir ses débouchés et tirer pleinement parti de son réseau d’accords de libre-échange.

Ce volume d’échanges place désormais le Vietnam au 18ᵉ rang mondial pour les exportations et au 20ᵉ rang pour les importations. En Asie du Sud-Est, il se classe juste derrière Singapour.

Cette performance s’appuie notamment sur une stratégie d’élargissement des relations commerciales avec 237 pays et territoires. La Chine et les États-Unis demeurent les deux principaux partenaires commerciaux du Vietnam.

Les principaux enseignements à retenir

1. Une forte progression des importations, principalement destinée à soutenir la production

Au cours des huit premiers mois de 2026, les importations vietnamiennes ont fortement progressé, atteignant 395,30 milliards de dollars, soit une hausse de 35,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette évolution a entraîné un déficit commercial de 20,46 milliards de dollars, un chiffre qui pouvait susciter certaines inquiétudes.

Toutefois, ce déficit s’explique principalement par une raison essentielle : la majorité des importations ne concerne pas des biens de consommation destinés au marché intérieur, mais des équipements industriels, des machines, des composants et des matières premières nécessaires à la production.

Ces importations visent notamment à répondre aux importantes commandes à l’exportation déjà signées et à accroître les capacités de production nationales.

À partir du mois de septembre, ces investissements et approvisionnements ont commencé à produire leurs effets concrets sur l’activité industrielle et les exportations.

2. Une domination persistante des entreprises à capitaux étrangers

Les entreprises à capitaux étrangers (IDE) continuent de jouer un rôle prépondérant dans le commerce extérieur vietnamien.

Elles ont contribué à hauteur de 778 milliards de dollars, soit 77,5 % du volume total des échanges commerciaux du pays, avec une croissance nettement supérieure à celle du reste du tissu économique.

En comparaison, les entreprises vietnamiennes ont représenté environ 223 milliards de dollars d’échanges commerciaux.

Malgré une progression de 16 %, le poids des entreprises nationales demeure encore relativement limité au sein des chaînes de valeur et de la filière exportatrice du pays.

3. Diversifier les partenaires commerciaux pour limiter les risques de dépendance

Même si les exportations vers les marchés couverts par des accords de libre-échange (UE, Japon, Corée du Sud, Canada et Mexique) enregistrent de bonnes performances, la stratégie commerciale à long terme doit impérativement éviter une concentration excessive sur quelques grands partenaires, notamment les États-Unis et la Chine.

La diversification géographique des débouchés reste donc un enjeu majeur pour préserver la résilience du commerce extérieur vietnamien.

4. Renforcer trois piliers essentiels de la production : normes environnementales, traçabilité et défense commerciale

a) La mise aux normes environnementales et la transition écologique

Les exigences environnementales deviennent incontournables dans les échanges internationaux.

Si les produits ne respectent pas les normes écologiques, notamment en matière de faibles émissions de carbone et de lutte contre la déforestation, ils risquent de subir des taxes très élevées, voire de se voir totalement interdire l’accès à certains marchés.

La conformité aux normes environnementales constitue donc désormais une condition essentielle de compétitivité à l’international.

b) La traçabilité et la transparence de l’origine des produits

La transparence sur l’origine des marchandises est indispensable pour garantir leur identité commerciale et leur légitimité sur les marchés internationaux.

La traçabilité constitue en quelque sorte la « carte d’identité » du produit, lui permettant d’accéder aux marchés mondiaux.

Elle permet également de lutter contre la fraude commerciale et l’usurpation d’origine, en apportant la preuve que les marchandises ont bien été légalement fabriquées au Vietnam et répondent aux critères d’origine requis.

c) La défense commerciale

L’ouverture des échanges internationaux, notamment à travers les accords de libre-échange, entraîne une réduction, voire une suppression, des droits de douane. Cette ouverture s’accompagne toutefois de risques accrus pour les producteurs nationaux.

Les instruments de défense commerciale jouent donc un rôle essentiel pour protéger la production nationale et permettre aux entreprises vietnamiennes de répondre aux procédures engagées à leur encontre sur les marchés étrangers.

Ces instruments comprennent notamment :

  1. Les droits antidumping.
  2. Les droits compensateurs visant à neutraliser les subventions.
  3. Les mesures de sauvegarde.

Ils constituent de véritables outils juridiques permettant de protéger les entreprises nationales contre les pratiques commerciales déloyales et les perturbations importantes des marchés.

Comparaison : le commerce extérieur de la France en 2025

À titre de comparaison, voici les chiffres du commerce extérieur français pour l’année 2025 :

IndicateursMontants en eurosÉquivalent en dollars
Exportations614,7 milliards € (+2,5 %)688,4 milliards $
Importations683,9 milliards € (+0,7 %)765,9 milliards $
Total des échanges1 298,6 milliards €1 454,3 milliards $



Conclusion

Le franchissement du seuil des 1 000 milliards de dollars d’échanges commerciaux constitue une étape majeure dans le développement économique du Vietnam.

Toutefois, au-delà du volume des échanges, plusieurs défis structurels demeurent : renforcer la compétitivité des entreprises nationales, accroître leur participation aux chaînes de valeur mondiales, diversifier les marchés d’exportation et répondre aux nouvelles exigences environnementales et commerciales internationales.

L’enjeu pour le Vietnam n’est donc plus seulement d’augmenter le volume de ses échanges commerciaux, mais aussi de renforcer la valeur ajoutée nationale et de mieux maîtriser sa place dans les chaînes de production et d’approvisionnement mondiales.

dienhai.nguyen@free.fr

Review overview
NO COMMENTS

Sorry, the comment form is closed at this time.