De la mer à la terre : continuer l’aventure ensemble
Nous aurions pu penser que notre histoire allait s’arrêter lorsque le KN490 a regagné le port. Sept jours en mer, sept îles, des dizaines de rencontres, des émotions intenses… et déjà le moment de nous dire
Nous aurions pu penser que notre histoire allait s’arrêter lorsque le KN490 a regagné le port.
Sept jours en mer, sept îles, des dizaines de rencontres, des émotions intenses… et déjà le moment de nous dire au revoir.
Mais finalement, nous n’étions pas prêts à nous séparer.
Notre histoire avec le Tổ 9 allait continuer.
Cette fois, nous allions quitter la mer pour retrouver la terre ferme et poursuivre ensemble notre voyage pendant encore quatre jours.
Après avoir partagé le même bateau, les mêmes repas, les mêmes activités et les mêmes soirées, nous avons continué à voyager ensemble, comme si nous étions devenus naturellement une petite famille.
Le décor avait changé.
La mer avait laissé place aux routes, aux paysages et aux villes du Vietnam.
Mais le lien, lui, était resté.
Et peut-être même était-il devenu encore plus fort.
De Trường Sa à Phú Thọ : retrouver la terre, retrouver l’histoire
Notre prochaine étape nous a conduits à Phú Thọ, pour participer au Giỗ Tổ Hùng Vương, la grande fête dédiée aux rois Hùng, figures fondatrices de la mémoire nationale vietnamienne.
Pour beaucoup d’entre nous, cette cérémonie était connue à travers les récits, les images et les traditions transmises de génération en génération.
Nous en avions entendu parler.
Nous savions ce qu’elle représentait.
Mais nous ne l’avions jamais vécue de cette manière.
Cette fois, nous étions là.
Ensemble.
Nous avons participé à la fête, découvert les cérémonies et vécu cette tradition au plus près.
Il y avait quelque chose de profondément émouvant dans le fait de se retrouver à Phú Thọ après avoir passé sept jours au milieu de la mer.
À Trường Sa, nous avions ressenti la force du lien avec le Vietnam à travers les hommes, les femmes, les soldats et les enfants rencontrés sur les îles.
À Phú Thọ, nous retrouvions une autre dimension de ce lien :
la mémoire.
La mémoire d’un peuple.
La mémoire d’une histoire.
La mémoire d’une origine commune.
Participer au Giỗ Tổ Hùng Vương n’était donc pas pour moi une simple visite culturelle.
C’était une expérience profondément personnelle.
Je me suis retrouvée au cœur d’une tradition dont j’avais entendu parler depuis longtemps, mais que je n’avais jamais eu la chance de vivre directement.
Et soudain, ce que j’avais appris ou entendu prenait une autre dimension.
Ce n’était plus une histoire racontée.
C’était une histoire vécue.s vécue de cette manière.
Cette fois, nous étions là.
Ensemble.
Nous avons participé à la fête, découvert les cérémonies et vécu cette tradition au plus près.
Il y avait quelque chose de profondément émouvant dans le fait de se retrouver à Phú Thọ après avoir passé sept jours au milieu de la mer.
À Trường Sa, nous avions ressenti la force du lien avec le Vietnam à travers les hommes, les femmes, les soldats et les enfants rencontrés sur les îles.
À Phú Thọ, nous retrouvions une autre dimension de ce lien :
la mémoire.
La mémoire d’un peuple.
La mémoire d’une histoire.
La mémoire d’une origine commune.
Participer au Giỗ Tổ Hùng Vương n’était donc pas pour moi une simple visite culturelle.
C’était une expérience profondément personnelle.
Je me suis retrouvée au cœur d’une tradition dont j’avais entendu parler depuis longtemps, mais que je n’avais jamais eu la chance de vivre directement.
Et soudain, ce que j’avais appris ou entendu prenait une autre dimension.
Ce n’était plus une histoire racontée.
C’était une histoire vécue.

« Uống nước nhớ nguồn »
Dans cette atmosphère particulière, une expression vietnamienne prenait tout son sens :
« Uống nước nhớ nguồn » — lorsque l’on boit de l’eau, il faut se souvenir de sa source.
Cette phrase résonnait particulièrement fort après notre voyage à Trường Sa.
Nous venions de rencontrer ceux qui vivent et travaillent au milieu de la mer, loin du continent.
Puis nous étions arrivés à Phú Thọ, là où la mémoire des origines occupe une place si importante.
Entre les îles et la terre, entre le présent et l’histoire, notre voyage semblait nous rappeler une même chose :
nous sommes toujours reliés à quelque chose qui nous dépasse.
À une histoire.
À une mémoire.
À une terre.
À une culture.
Et peut-être aussi à ceux qui, avant nous, ont permis que cette histoire continue.

Encore quatre jours ensemble
Après sept jours passés en mer, nous aurions pu ressentir le besoin de retrouver chacun notre propre rythme.
Mais ce fut tout le contraire.
Les quatre jours supplémentaires passés ensemble ont renforcé notre complicité.
Nous avions désormais nos habitudes.
Nos plaisanteries.
Nos souvenirs communs.
Nos petites histoires que seuls les membres du Tổ 9 pouvaient comprendre.
Nous n’étions plus simplement un groupe de participants à un voyage.
Nous étions devenus des compagnons de route.
Et cette fois, nous avancions sur les routes du Vietnam.
Chaque nouvelle étape était l’occasion de continuer à partager.
À discuter.
À rire.
À découvrir.
À mieux nous connaître.
Après avoir vécu ensemble la mer, nous découvrions ensemble la terre.
Et je crois que c’est précisément cette continuité qui a rendu le lien si fort.
Nous avions partagé sept jours dans un espace relativement fermé, sur un bateau, avec la mer tout autour de nous.
Puis nous avons continué quatre jours supplémentaires sur la terre ferme.
Onze jours au total à vivre, découvrir et partager ensemble.
Onze jours qui ont suffi pour créer des liens que nous n’aurions peut-être jamais imaginés au départ.

De Phú Thọ à Lạng Sơn : jusqu’à la frontière internationale Hữu Nghị
Notre voyage nous a ensuite conduits vers Lạng Sơn, jusqu’à la porte frontière internationale Hữu Nghị.
Après les îles et la mer, le paysage était complètement différent.
Nous étions désormais au nord du Vietnam, dans une région marquée par les montagnes et les échanges transfrontaliers.
Ce changement de décor nous a une nouvelle fois rappelé la diversité du Vietnam.
En quelques jours, nous étions passés de l’immensité de la mer de Chine méridionale aux terres du Nord.
De Trường Sa à Phú Thọ.
De la mémoire des rois Hùng aux paysages de Lạng Sơn.
Et toujours avec le même groupe.
Toujours ensemble.

Un voyage qui ne voulait pas se terminer
Avec le recul, je crois que ce qui a rendu cette aventure si particulière n’est pas seulement la beauté des lieux que nous avons visités.
C’est la continuité.
Nous pensions vivre un voyage de sept jours vers Trường Sa.
Mais notre histoire s’est prolongée.
Sept jours en mer.
Puis quatre jours sur la terre.
Onze jours à partager une expérience humaine exceptionnelle.
Et surtout, onze jours pendant lesquels des personnes venues d’horizons différents ont progressivement appris à se connaître, à s’apprécier et à créer des liens.
La mer nous avait réunis.
La terre a consolidé cette amitié.
Et quelque part entre Trường Sa, Phú Thọ et Lạng Sơn, le Tổ 9 est devenu bien plus qu’un groupe constitué pour un voyage.
Il est devenu un souvenir commun.
Une histoire que nous continuerons probablement à raconter longtemps.

Du voyage à la mémoire
Je suis partie pour découvrir Trường Sa.
Je ne pensais pas que ce voyage me conduirait aussi profondément vers la mémoire du Vietnam.
Je ne pensais pas que je participerais un jour au Giỗ Tổ Hùng Vương.
Je ne pensais pas non plus qu’un groupe de personnes rencontrées au départ du KN490 deviendrait aussi proche en si peu de temps.
Et surtout, je ne pensais pas que onze jours suffiraient pour créer des liens qui continueraient à vivre bien après notre retour.
Aujourd’hui, lorsque je repense à cette aventure, je vois d’abord la mer.
Puis les îles.
Puis les visages.
Puis les soirées du Tổ 9.
Et enfin, cette terre vietnamienne que nous avons parcourue ensemble.
Je comprends alors que ce voyage n’était pas seulement une destination.
C’était un chemin.
Un chemin qui m’a conduite vers Trường Sa, vers l’histoire du Vietnam, vers mes racines…
et surtout, vers des personnes qui ont désormais une place particulière dans mon cœur.
Nous étions partis ensemble vers la mer. Nous avons continué ensemble sur la terre.
Et quelque part, entre les vagues de Trường Sa et les montagnes de Lạng Sơn, nous avons emporté avec nous bien plus qu’un souvenir de voyage : nous avons créé une histoire commune.

Trần Ngọc Thảo