Le Vietnam produit son tout premier lingot d’aluminium
Le matin du 26 juillet 2026, le Comité populaire de la province de Lâm Đồng, en collaboration avec la SARL Métallurgie Tran Hong Quan, a organisé la cérémonie d'annonce de la sortie du tout premier
Le matin du 26 juillet 2026, le Comité populaire de la province de Lâm Đồng, en collaboration avec la SARL Métallurgie Tran Hong Quan, a organisé la cérémonie d’annonce de la sortie du tout premier produit en lingot d’aluminium du Vietnam.

Construite dans la zone industrielle de Nhan Co, dans la province de Đắk Nông, sur une superficie d’environ 129 hectares, l’usine d’électrolyse d’aluminium Tran Hong Quan, dont le chantier a débuté en 2015, est développée en trois phases.
À ce jour, l’investisseur a achevé l’installation des équipements et a mis en service la phase 1 de l’usine, d’une capacité de 150 000 tonnes par an. L’entreprise poursuit l’installation des équipements afin de garantir le calendrier de mise en service de la phase 2 au quatrième trimestre 2026, avec une capacité de 300 000 tonnes par an. Au premier trimestre 2027, l’investissement de la phase 3 sera achevé, atteignant la capacité nominale de 450 000 tonnes par an.
Le Vietnam possède environ 5,8 milliards de tonnes de ressources en bauxite, principalement concentrées dans les Hautes Terres centrales (Tây Nguyên). Au cours des dernières années, le pays est devenu l’un des centres de production d’alumine remarquables de la région grâce à ses projets de bauxite. Cependant, la majeure partie de la valeur ajoutée du secteur résidait encore dans l’étape d’électrolyse pour produire de l’aluminium métal, un domaine dans lequel le Vietnam ne disposait pas encore de capacités de production.
Ainsi, la mise en service de la première usine d’électrolyse est considérée comme une étape majeure complétant la chaîne de production intégrée : de l’extraction du minerai de bauxite à la transformation de l’alumine, jusqu’à la fonte de l’aluminium primaire A7 — une matière première de base essentielle pour de nombreuses industries manufacturières.

Réduire la dépendance aux importations et renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement
Une source d’aluminium stable contribuera à réduire la dépendance aux importations, à limiter les risques de rupture de la chaîne d’approvisionnement, à améliorer la balance commerciale, à augmenter le taux de localisation et à renforcer la résilience de l’économie face aux fluctuations extérieures.
Parallèlement, la naissance d’une industrie de production d’aluminium métal créera un marché d’approvisionnement stable pour les secteurs du laminage, du tréfilage, de la fonderie, de l’extrusion, de la fabrication d’alliages et de la transformation de produits en aluminium, formant ainsi un écosystème industriel de plus grande échelle et de plus forte valeur économique.
Auparavant, les entreprises nationales devaient importer la quasi-totalité de leur aluminium primaire du Moyen-Orient, d’Australie, de Russie ou d’autres pays asiatiques, pour une valeur d’environ 1,5 milliard de dollars par an. Cela rendait les coûts de production fortement dépendants du fret maritime, de l’assurance des marchandises et des perturbations des chaînes logistiques mondiales.
Les récents conflits en mer Rouge, au Moyen-Orient ou les interruptions du transport international au cours des dernières années ont mis en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement entièrement dépendantes des importations.
Avec de l’aluminium primaire produit directement dans les Hautes Terres centrales, les entreprises locales peuvent accéder plus rapidement aux matières premières, réduire les délais de livraison et mieux maîtriser leurs plannings de production. Cela revêt une importance particulière pour les entreprises exportatrices soumises à de fortes pressions sur les délais et la stabilité des approvisionnements.
De plus, la création d’une offre locale permet de réduire significativement les surcoûts logistiques, qui faisaient souvent grimper le prix de l’aluminium importé au Vietnam par rapport aux cours internationaux affichés.
Retombées socio-économiques
D’ici 2027, avec une capacité d’environ 450 000 tonnes d’aluminium métal par an, la valeur de production annuelle de l’usine pourrait atteindre environ 1,35 à 1,40 milliard de dollars.
Par ailleurs, en employant directement plus de 1 000 travailleurs qualifiés, techniciens et cadres, le projet générera environ 3 500 à 4 000 emplois indirects dans les domaines de la fourniture de matières premières, de l’énergie, du transport, de la logistique, de la maintenance mécanique, des équipements, des services techniques et du commerce.
Plus important encore, le développement de la métallurgie de l’aluminium établira un marché en amont solide pour les industries de transformation ultérieures, consolidant ainsi un écosystème industriel durable et à forte valeur ajoutée.