Revue de presse Vietnam / Du 15 au 30-06-2026
Sélectionnée par Michel Pédoussaut Face à leurs victimes, les fabricants de l’agent orange nient leur responsabilité 15-06-2026 https://reporterre.net La militante franco-vietnamienne Tran To Nga arrivant à la Cour de cassation pour son procès contre les fournisseurs de l'agent orange,
Sélectionnée par Michel Pédoussaut
Face à leurs victimes, les fabricants de l’agent orange nient leur responsabilité
15-06-2026

La militante franco-vietnamienne Tran To Nga arrivant à la Cour de cassation pour son procès contre les fournisseurs de l’agent orange, le 16 juin 2026 à Paris. – © NnoMan Cadoret / Reporterre
La Franco-Vietnamienne Tran To Nga a confronté devant la Cour de cassation ses arguments à ceux de 14 firmes agrochimiques qui ont fabriqué l’agent orange durant la guerre du Vietnam. L’arrêt sera rendu le 16 septembre.
Elle a tenu parole et n’a rien lâché. La Franco-Vietnamienne Tran To Nga avait rendez-vous devant la Cour de cassation de Paris, mardi 16 juin, pour faire face à treize multinationales productrices de l’agent orange utilisé par l’armée étasunienne (américaine) durant la guerre du Vietnam, dont les plus connues sont Bayer-Monsanto et Dow Chemical. La militante de 84 ans a été exposée à ce produit, un défoliant utilisé par l’armée américaine pour empêcher les combattants vietnamiens de trouver refuge dans la forêt.
Comme elle, entre 2,1 et 4,8 millions de personnes ont été directement empoisonnées par les 80 millions de litres déversés, provoquant notamment cancers et malformations chez les personnes touchées et leurs descendants. Plus de cinquante ans après les faits, 3 millions de personnes sont encore concernées, selon l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (Vava).
Le tribunal d’Evry (Essonne), en 2021, puis la cour d’appel de Paris, en 2024, ont rejeté les précédentes demandes de la plaignante, en se basant sur le principe de l’immunité de juridiction, qui prévoit qu’un État souverain ne peut pas juger un autre État souverain. Ces instances ont estimé que les entreprises obéissaient aux commandes du gouvernement étasunien et ne pouvaient donc pas être tenues responsables.
« Le droit fondamental de pouvoir accéder à un juge »
« C’était une audience importante, pour la Cour de cassation, pour la France et pour beaucoup de pays dans le monde, a clamé Paul Mathonnet, l’avocat spécialiste de la cassation qui défend Tran To Nga, à la sortie de l’audience. Ce qui est en jeu, c’est le droit fondamental de pouvoir accéder à un juge. » Durant l’audience, les avocats se sont contentés de confronter leurs différentes interprétations du droit, dans des échanges très techniques. « Sincèrement, je n’ai pas tout compris », a confié Tran To Nga, après une audience où elle n’a pas pu s’exprimer, les prises de parole étant réservées aux avocats des différentes parties.
Sous les dorures de la grande salle de la Cour de cassation, le débat n’a en effet pas porté sur le fond du dossier, mais sur la légitimité de Tran To Nga à saisir la justice, alors que les sociétés étasuniennes demandent l’immunité de juridiction. L’ensemble des plaidoyers des représentants des multinationales se sont focalisés sur ce sujet.
« L’immunité doit bénéficier aux entreprises distinctes de l’État qui ont appliqué des ordres qui relèvent de la souveraineté de l’État », argue l’avocat d’Occidental Chemical Corporation, qui estime que l’activité de son client relevait du « service public de défense militaire ».
La crainte d’une crise diplomatique
Les industriels disent avoir été contraints et ne pas avoir pu refuser la commande publique, poussant la défense de Bayer-Monsanto à poser au tribunal une question rhétorique : « En jugeant les sociétés américaines, n’est-ce pas le gouvernement américain qui est visé pour sa politique de guerre ? »
Un autre avocat, celui de Dow Chemical, a conclu que les plaignants n’avaient qu’à « saisir les juridictions américaines », disant craindre une potentielle crise diplomatique avec les États-Unis, dans le cas où l’immunité de juridiction ne serait pas retenue.

Tran To Nga était soutenue à l’audience par les membres du collectif Vietnam dioxine, qui lutte pour une reconnaissance officielle et des réparations à la suite de l’utilisation de l’agent orange durant la guerre du Vietnam. © NnoMan Cadoret / Reporterre
Des arguments réfutés par Samuel Aparisi, l’avocat général, qui voit dans ce procès « un enjeu juridique essentiel sur la définition des contours de l’immunité de juridiction, et qui rappelle que les sociétés américaines sont des personnes morales indépendantes de l’État, tant juridiquement qu’économiquement, et qu’il faut apprécier avec justesse les limites de l’immunité de juridiction. »
Se tournant face au banc des avocats, il a rappelé que « la production d’un désherbant ou d’un défoliant n’a pas pour finalité de participer à la souveraineté d’un État mais de désherber ou de défolier, et il faut s’en tenir à cette finalité ».
« Une jurisprudence pour d’autres luttes »
Éprouvée par les longs plaidoyers de la partie adverse, Tran To Nga avoue ne pas savoir à quoi s’attendre. Elle aurait aimé pouvoir s’exprimer pour pointer les contradictions qu’elle décèle dans les argumentaires des industriels. Et leur demander « pourquoi les entreprises qu’ils représentent nient la toxicité de l’agent orange, alors que le gouvernement américain a dédommagé les vétérans touchés par l’herbicide ? Et pourquoi ont-ils fait une liste de 17 pathologies ayant peut-être un lien avec l’agent orange ? »
Si la Cour de cassation confirme l’immunité de juridiction, Tran To Nga promet de porter son combat jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme. Si, au contraire, les juges lui donnent raison, toute la procédure recommencera à zéro, ce qui lui permettrait de parler à nouveau des crimes de l’agent orange et de raconter son histoire, même si « ce n’est pas un combat individuel car il y a beaucoup de victimes, et cela ferait jurisprudence pour d’autres luttes », précise-t-elle.
C’est « le combat de toute une vie pour la dignité de millions de personnes », résume Paul Mathonnet. L’arrêt sera rendu le 16 septembre. D’ici là, les soutiens de Tran To Nga appellent à un rassemblement commun avec les victimes antillaises du chlordécone, samedi 20 juin, place de la Bastille, à Paris.
Aspergée d’agent orange il y a 60 ans, Tran To Nga tient toujours tête à Bayer-Monsanto
15-06-2026
Depuis douze ans, Tran To Nga poursuit les multinationales qui ont fabriqué l’agent orange et qui ont empoisonné, avec elle, des millions de Vietnamiens. Le 16 juin, la Cour de cassation examine son recours. À 84 ans, elle compte poursuivre son combat jusqu’au bout.
Il est des vies qui n’ont jamais connu la paix. Celle de Tran To Nga est de celles-là. Dans son appartement d’Évry-Courcouronnes, sur la télévision, une chanson de la Résistance vietnamienne est en pause. Elle ouvre la porte et s’excuse du désordre, tout en dérision : « Vous êtes dans l’appartement d’une femme célibataire. » Habituée aux caméras, elle installe le micro-cravate dans sa robe prince de Galles noir et blanc sans qu’on le lui demande, puis lève des yeux bruns, intenses, qui disent le contraire de la résignation. Elle est prête.
Le 16 juin, la Cour de cassation examinera son recours contre Bayer-Monsanto, Dow Chemical et douze autres multinationales qui ont fourni à l’armée étasunienne l’agent orange, ce défoliant ultratoxique déversé sur des millions d’hectares de l’ancienne Indochine entre 1961 et 1971. Figure du combat contre le colonialisme chimique, victime elle-même de ces épandages massifs, Tran To Nga mène ce procès depuis 2014 au nom de près de 3 millions de victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes.
Deux fois déjà, la justice française a déclaré ses demandes irrecevables : le tribunal judiciaire d’Évry en 2021, la cour d’appel de Paris le 22 août 2024, qui l’a de surcroît condamnée à verser 1 500 euros à chaque firme. Le verrou derrière lequel les multinationales se réfugient depuis des décennies : elles n’auraient fait qu’exécuter des commandes du gouvernement des États-Unis. « Répondre à un appel d’offres pour fournir un poison dirigé contre une population et obéir aux ordres, ce n’est pas la même chose », rétorque Tran To Nga. Ce qu’elle a ressenti en apprenant la décision ? « Rien. » Depuis douze ans, elle encaisse et repart de l’avant.
« J’ai déjà 84 ans. Combien d’années encore je peux survivre ? »
Ce recours, d’autres l’espèrent aussi. Les victimes du chlordécone aux Antilles et les agriculteurs empoisonnés aux pesticides scrutent cette procédure : même si leurs affaires n’impliquent pas les mêmes arguments juridiques, une décision favorable établirait que la justice française peut tenir tête aux multinationales productrices de poisons. Un précédent dont tout le monde a besoin.
Si le pourvoi en cassation échoue, il restera la Cour européenne des droits de l’Homme. Si elle lui donne raison, le dossier repartira en première instance pour être jugé sur le fond. Tran To Nga connaît le risque que cela représente. « J’ai déjà 84 ans. Combien d’années encore je peux survivre ? »
Ce qui l’inquiète autant que sa santé physique, c’est sa mémoire — quelques mots lui ont échappé pendant notre rencontre, et elle s’en est inquiétée à voix haute. « Si je la perds, le combat judiciaire s’arrête. » Thuy-Tiên Hô, réalisatrice, l’accompagne dans cette lutte depuis plus de dix ans. « Ce combat l’épuise physiquement, dit celle que Tran To Nga appelle “petite sœur”. Mais il la maintient en résistance. Et ça, ça la maintient en vie. »
Une pluie gluante sur ses épaules
Il faut remonter loin dans le temps pour comprendre d’où vient cette résolution. Jusqu’en 1942, dans le delta du Mékong, où naît cette fille d’un père officier de l’armée française travaillant en secret pour la Résistance, et d’une mère présidente de l’Union des femmes de la libération de Saïgon. « Maman était belle comme une pensée, engagée corps et âme dans la résistance contre le colonisateur [la France, jusqu’en 1954] », se remémore-t-elle, photo à l’appui.
À 8 ans, elle porte déjà des messages secrets dans son cartable d’écolière, roulés comme des cigarettes dans sa robe blanche. « Personne ne se méfie d’une petite fille. » Prémices d’une vie élevée, comme elle l’a relaté dans son livre Ma terre empoisonnée (éd. Stock), dans le bruit de la guerre, à dormir dans la jungle, à enterrer des amis dans la boue, à rêver de paix dans un pays qui ne la connaîtra pas de si tôt.

Tran To Nga est issue d’une famille qui a aidé la Résistance. © NnoMan Cadoret / Reporterre
En 1966, après des études de chimie à Hanoï, elle rejoint le maquis du Front national de libération, quatre mois de marche sur la piste Truong Son. On lui propose de devenir journaliste à l’Agence de presse de la Libération. Elle avait juré, en partant, de faire tout ce qu’on lui demanderait pour être utile à la Résistance. Journaliste, donc. Son regard s’arrête, furtivement, sur notre carnet de notes.
« Douze jours à pleurer »
C’est dans le maquis de Cu Chi, au nord de Saïgon, que tout bascule sans qu’elle ne le sache encore. C’était il y a soixante ans, mais elle s’en souvient comme si c’était hier. En détail.
Un matin de 1966, alors qu’elle écrit un article, à l’abri, sur les opérations du Front national de Libération, un C-123 de l’armée étasunienne survole la zone en cercles de plus en plus resserrés, à basse altitude. Intriguée, elle sort. Elle aperçoit dans le ciel bleu un nuage blanc, une longue traînée dans le sillage de l’avion. Une pluie gluante dégouline sur ses épaules, se plaque sur sa peau. Une quinte de toux. Sa mère lui crie de se laver et de se changer : « C’est du défoliant, Nga », dit-elle. Elle obéit, et oublie. Dans les mois qui suivent, elle est à nouveau exposée, traversant la jungle et les marécages pollués pour son travail. 2 à 4,8 millions de Vietnamiens et Vietnamiennes ont été directement exposés à ces épandages. Elle est l’une des victimes, et elle ne le sait pas encore.

Comme Tran To Nga (à d.), 2 à 4,8 millions de Vietnamiens et Vietnamiennes ont été empoisonnés. © NnoMan Cadoret / Reporterre
C’est en 2008, lors d’une visite auprès de familles de victimes à Thai Binh, au Vietnam, qu’elle comprend. « Douze jours à pleurer », résume-t-elle dans un soupir. Elle n’a jamais oublié ce jeune homme gravement handicapé, les bras tordus, incapable d’articuler, qui lui a essuyé les larmes en souriant.
C’est là que remonte le souvenir de Viêt Hai, sa propre fille, née en 1968 dans le maquis. « Quand elle est née, elle était très jolie. » Trois jours plus tard, « la peau se détache ». Elle ne grandit plus. Elle meurt à 17 mois. Pendant des années, Tran To Nga s’est crue mauvaise mère. « Mes camarades me disaient que c’était une punition d’une vie antérieure. »
La preuve dans les veines
En 2009, au tribunal international d’opinion sur les victimes de l’agent orange à Paris, elle témoigne pour la première fois. L’avocat William Bourdon lui propose un procès contre les firmes étasuniennes. Elle réunit les conditions que personne d’autre ne peut remplir : être Française, résider en France, et être victime.
Il faudra encore deux ans et une lettre venue d’Allemagne pour que la certitude s’installe. Un matin de 2011, le facteur dépose dans la boîte une enveloppe qu’elle attendait depuis deux mois — les résultats d’un laboratoire de Hambourg. Une feuille A4, des chiffres en gras, une signature. Son taux de dioxine dépasse largement les seuils, plus élevé que la moyenne française, plus élevé encore que celui de la plupart des Vietnamiens.
« Dans le fond, j’étais contente », dit-elle aujourd’hui. Ce soulagement dit tout : après des années à douter, la preuve est là, dans ses veines. Plus de quarante ans après la fin de la plus grande guerre chimique de l’Histoire, son corps est toujours habité par un poison qui ne lâche rien. La dioxine a fait son œuvre en silence : cancer du sein, diabète, tuberculose, alpha-thalassémie — cette maladie du sang qui ronge les globules rouges et installe une fatigue que rien ne dissipe.

La dioxine ne s’arrête pas à une génération. Ici lors de l’inauguration de la stèle en hommage aux victimes, le 25 avril 2026. © NnoMan Cadoret / Reporterre
Et au-delà d’elle, la même trace dans les corps de ses filles. Après son aînée, les deux suivantes sont nées avec des complications cardiaques et osseuses. Une petite-fille au cœur fragile. La dioxine ne s’arrête pas à une génération : elle se transmet dans le lait maternel, s’accumule dans les graisses.
« Ma jeune armée, ma plus grande victoire »
La preuve est là. Il reste à trouver les coupables devant un tribunal. En 2014, « au couchant de [s]on existence », comme elle l’écrit dans sa biographie, elle assigne 26 multinationales. Douze ans. Des firmes qui proposent en secret un chèque à condition de se taire — « beaucoup d’argent », précise-t-elle. Des audiences où ses deux avocats bénévoles font face à une armée de juristes. Deux défaites. Et le 16 juin, la cassation.
Même sans victoire judiciaire — pour l’instant —, elle trouve que quelque chose a changé. Le 25 avril, dans le parc de Choisy à Paris, une stèle a été inaugurée en mémoire des victimes de l’agent orange — la première en France, la première en Europe. Tran To Nga était là. Autour d’elle, des militants du collectif Vietnam Dioxine, fondé en 2004, bien avant que son procès commence. « Ma jeune armée, ma plus grande victoire », dit-elle avec affection.
« On a les mêmes adversaires, l’industrie des pesticides » : des collectifs s’unissent contre le colonialisme chimique
15-06-2026

Des collectifs se sont rassemblés à Paris pour dénoncer le colonialisme chimique, entre les procès liés à l’agent orange et au chlordécone. Une nouvelle décision de justice est attendue le 22 juin après le non-lieu sur le chlordécone.
« Tous ensemble anti-impérialistes », scande la foule devant l’Opéra Bastille, à Paris, le samedi 20 juin. Sous une chaleur écrasante, près de 600 personnes, selon les organisateurs, se sont donné rendez-vous contre le colonialisme chimique, à l’appel des collectifs Diasporas solidaires avec les victimes de l’empoisonnement colonial (DSAVEC) et Vietnam Dioxine (CVD). « On aurait aimé plus de monde, précise Kim Vo Dinh, un militant du CVD, on espérait plus de 1 000 personnes malgré la canicule. » Signe que le sujet n’a pas percé son plafond de verre.
Le rassemblement se tient entre deux dates clés, « les procès du siècle » pour les victimes du chlordécone et de l’agent orange. Le 16 juin se tenait l’audience du pourvoi en cassation de Tran To Nga contre quatorze firmes agrochimiques productrices de l’agent orange, ce défoliant ultratoxique déversé lors de la guerre du Vietnam. Et le 22 juin, la cour d’appel de Paris doit rendre sa décision dans l’affaire du chlordécone, un pesticide nocif pour la santé humaine massivement utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique jusqu’en 1993.
Figure du combat contre le colonialisme chimique, victime elle-même des épandages massifs de l’agent orange, Tran To Nga mène ce procès depuis 2014. © Jérémy Piot / Reporterre
« Ce que l’on vit, d’autres l’ont vécu avant nous »
Dans le public, de nombreux visages écoutent attentivement les associations qui enchaînent les discours sur scène, mais les principales organisations écologistes se font discrètes, apparaissant moins nombreuses qu’à l’accoutumée dans des manifestations dénonçant des pollutions chimiques.
Pourtant, « on a les mêmes adversaires, l’industrie chimique. Dès qu’un produit est interdit en Europe, il est expédié dans le Sud global », confie Fleur Breteau, de Cancer Colère. L’activiste, qu’on sent animée par son courroux lorsqu’elle prend la parole, rappelle que des pays comme le Brésil sont des terres d’expérimentations pour les industries de la chimie : « Même les enfants ne peuvent plus échapper à la contamination. »
Alors, lorsqu’ils évoquent l’actualité dans l’Hexagone, les intervenants des Soulèvements de la Terre prennent soin de rappeler que « ce que l’on vit, d’autres l’ont vécu avant nous ». « Sauf que lorsqu’on parle des territoires colonisés, il n’y a plus grand monde, car les gens ne se sentent pas concernés, explique Tom Nico, du Collectif Vietnam Dioxine, on ne retrouve pas le public traditionnel des rassemblements écologistes. »

Tom Nico, membre du Collectif Vietnam Dioxine : « Lorsqu’on parle des territoires colonisés, il n’y a plus grand monde. » © Jérémy Piot / Reporterre
Interrogé sur cette absence, Jean [1], porte-voix des Soulèvements de la Terre, acquiesce : « C’est un constat, on ne voit pas les 2 millions de personnes mobilisées contre la loi Duplomb et derrière cela, il y a du racisme, mais il faut comprendre que Bayer-Monsanto, Syngenta et les autres firmes sont des entreprises coloniales. Les pesticides ont été utilisés comme un outil colonial, servant une économie de comptoir [qui rend le territoire dépendant de la métropole]. Si on ne l’intègre pas dans nos combats, on s’empêche de lutter avec ceux qui se mobilisent depuis plus longtemps. »

L’agent orange, déversé par l’armée des États-Unis, a fait près de 3 millions de victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes. © Jérémy Piot / Reporterre
« Cela fait 60 ans que ça dure »
Les militants concernés font donc le choix de s’auto-organiser avec une nouvelle génération plus jeune, hors des structures traditionnelles. « Il y a eu un tremblement volcanique, du Vietnam aux Antilles, pour le respect de nos droits fondamentaux », s’exclame sur l’estrade Malcom Ferdinand, auteur d’Une écologie décoloniale (Seuil, 2019) et de S’aimer la Terre : défaire l’habiter colonial (Seuil, 2024).
Le chercheur rappelle qu’ils ne sont pas là juste pour dénoncer une molécule toxique, lorsqu’ils parlent du chlordécone, mais « l’ensemble des relations coloniales passées sous silence, qui ont permis à ce poison d’être utilisé en toute conscience et sans conséquence pour les empoisonneurs. C’est une histoire de déshumanisation du peuple antillais et d’absence de souveraineté ».

Malcom Ferdinand : « Ce sont l’ensemble des relations coloniales passées sous silence qui ont permis à ce poison d’être utilisé en toute conscience et sans conséquence pour les empoisonneurs.» © Jérémy Piot / Reporterre
« Une dimension centrale de cette ingénierie coloniale demeure largement invisibilisée : la violence ne vise pas que la mort, mais aussi la fabrication de blessures et de handicaps durables, la mutilation délibérée de personnes malades et d’êtres vivants durablement empoisonnés, sur des générations. Cela fait soixante ans que ça dure, pourquoi ce n’est pas unanimement reconnu ? » a interrogé Opale, une des voix du CVD.
« Sans la colonisation, il n’y aurait pas eu de chlordécone et, sans les békés [les descendants des premiers colons esclavagistes], nous aurions pu cultiver différemment », affirme Yvon Sérénus, président du Collectif des ouvriers et ouvrières et leurs ayants droit empoisonnés par les pesticides (Coaadep), venu de Martinique. « Ces terres ne doivent pas retourner aux empoisonneurs », poursuit-il, ciblant le colonialisme chimique.
Cette notion, qui unit les collectifs présents, désigne l’utilisation des produits chimiques proscrits, qu’on épand ailleurs. « Un double standard, selon Tom Nico du CVD, le but est de faire du profit sur le dos des populations du Sud global. »
« C’est quand même une belle réussite, quand on voit la foule, on se dit qu’il y a de l’espoir », estime Lilith, de DSAVEC. Cette figure de la lutte contre le chlordécone prévient que quelles que soient les décisions du tribunal, les militants ne lâcheront pas l’affaire.

Lilith est l’une des figures de la lutte contre le chlordécone. © Jérémy Piot / Reporterre
« Agent orange ou chlordécone, c’est le même problème. Réunissons-nous. Les communautés ont l’air différentes mais on est ensemble, poursuit son camarade de DSAVEC, André Bazin. Ce qui se passe ailleurs, ce sont les prémices de ce qui arrive dans l’Hexagone [notamment avec la loi Duplomb].
L’armée participe à la construction de l’aéroport de Long Thanh
15-06-2026
À Dong Nai, des centaines d’officiers et de soldats ont été mobilisés pour soutenir la construction de plusieurs composantes de l’aéroport de Long Thanh, dans un contexte de pénurie de près de 2 000 travailleurs.
Lors d’une visite de travail effectuée le 13 juin après-midi par le ministre de la Construction, Tran Hong Minh, pour inspecter l’avancement des travaux de l’aéroport de Long Thanh, des représentants de la Société des aéroports du Vietnam (ACV) ont indiqué que le projet était réalisé à plus de 76 %. Malgré le renforcement des effectifs sur le chantier, il manque encore près de 2 000 personnes sur les quelque 9 000 nécessaires. Plusieurs unités ont mobilisé des centaines de militaires pour venir en aide aux ouvriers.
Les entreprises de construction ont également mobilisé davantage d’ingénieurs, d’ouvriers et de matériel, organisant le chantier en « trois équipes, quatre équipes » 24 h/24 afin de rattraper le retard avant la saison des pluies et de mettre en œuvre une campagne intensive d’« accélération sur 180 jours pour atteindre la ligne d’arrivée ». Le projet devrait être quasiment achevé, les essais débuter en septembre et la mise en service est prévue pour fin 2026.
Selon les représentants d’ACV, certains aspects des travaux de finition du terminal passagers souffrent encore d’un manque de main-d’œuvre technique qualifiée ; d’autres lots de travaux manquent également de personnel pour faire fonctionner les machines. L’investisseur a demandé à l’entrepreneur de déployer suffisamment de personnel pour travailler jour et nuit, en donnant la priorité à l’achèvement des fondations et des travaux de maçonnerie afin de minimiser les perturbations pendant la période de pointe de la saison des pluies.
Dans la zone du terminal passagers, considérée comme le cœur du projet, le ministre Tran Hong Minh a demandé aux entreprises d’accélérer les travaux et de finaliser chaque section avec soin, jusque dans les moindres détails. Les travaux extérieurs doivent être privilégiés afin de limiter les aléas climatiques.
M. Minh a insisté sur l’importance de ne pas tarder, car il faut agir vite, et a demandé à toutes les unités d’examiner l’ensemble des documents relatifs aux travaux, aux paiements et aux règlements, et de prêter attention aux conditions de travail des ingénieurs et des ouvriers actuellement sur le chantier.
Concernant les voies de transport internes à l’aéroport, le ministre a estimé qu’il s’agissait d’un élément crucial pour le bon fonctionnement de l’aéroport et qu’il était donc impératif d’accélérer les travaux. Plus précisément, pour la passerelle surélevée située devant le terminal, il a demandé à l’entreprise de construction Truong Son d’accroître ses effectifs et de redéployer du personnel afin de soutenir le chantier, notamment pour les tâches annexes une fois la structure principale achevée.
Les responsables du ministère de la Construction ont également demandé à l’investisseur, à l’entrepreneur et aux unités concernées de mobiliser des forces militaires supplémentaires pour aider au nettoyage, à l’embellissement du paysage et à la plantation de gazon pendant la phase d’achèvement.
Le 10 juin dernier, le comité de gestion du projet de l’aéroport de Long Thanh, en coordination avec la compagnie d’électricité Dong Nai, a mis en service le système d’alimentation électrique du projet. L’alimentation a été raccordée aux lignes de sortie 22 kV du poste de transformation 110 kV de l’aéroport de Long Thanh, puis au poste de réception ACV.
L’aéroport de Long Thanh est en construction sur une superficie d’environ 5 000 hectares, pour un investissement total de près de 16 milliards de dollars américains. La première phase devrait être opérationnelle d’ici fin 2026, avec une capacité de 25 millions de passagers et 1,2 million de tonnes de fret par an.
Comment les initiatives axées sur l’enfance peuvent renforcer le pilier social de l’ESG
16-06-2026
Alors que les considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus liées à la résilience des entreprises, à la confiance des parties prenantes et à la compétitivité à long terme, les initiatives axées sur l’enfance gagnent en popularité comme moyen de renforcer la dimension sociale des stratégies de développement durable des entreprises.
De nombreuses entreprises vietnamiennes soutiennent traditionnellement les enfants par le biais de bourses d’études, de dons aux écoles, d’aides d’urgence et de programmes communautaires. Si ces initiatives permettent de répondre aux besoins immédiats et de renforcer les liens avec la communauté, elles sont souvent mises en œuvre comme des activités de responsabilité sociale des entreprises (RSE) isolées, plutôt qu’intégrées à des stratégies commerciales plus globales.
Face à l’évolution des exigences en matière d’ESG, les entreprises sont soumises à une pression croissante pour démontrer non seulement leurs engagements sociaux, mais aussi la manière dont ces engagements sont mis en œuvre, mesurés et liés aux résultats à long terme. L’impact social est de plus en plus évalué à travers l’efficacité, la responsabilité et la pertinence pour les parties prenantes, et non plus seulement par les contributions financières.
Une approche centrée sur l’enfant offre un cadre pour répondre à ces attentes. Les enfants sont liés aux activités des entreprises de multiples façons : en tant que membres des familles des employés, résidents des communautés où les entreprises sont implantées, utilisateurs de produits et de services, et futurs acteurs de la population active et de l’économie.
Leur bien-être peut être influencé par les décisions des entreprises en matière de pratiques d’emploi, de chaînes d’approvisionnement, de conception de produits, de technologie, d’investissement communautaire et de stratégies de développement à long terme.
Rendre le pilier social plus mesurable
Comparé aux indicateurs environnementaux et de gouvernance, l’impact social peut être plus difficile à définir et à évaluer.
La performance environnementale est souvent mesurée par des indicateurs tels que les émissions, la consommation d’énergie et la réduction des déchets. La gouvernance peut être évaluée à travers les politiques, les systèmes de conformité et le contrôle exercé par le conseil d’administration. L’impact social, en revanche, concerne un éventail plus large de parties prenantes, notamment les employés, les consommateurs, les familles et les collectivités.
Une approche centrée sur l’enfant peut aider les entreprises à traduire leurs objectifs sociaux en actions concrètes.
Au sein des chaînes d’approvisionnement, elle met en lumière les conditions de travail, les revenus des ménages et les répercussions plus larges des pratiques d’emploi sur les familles. En matière de ressources humaines, elle souligne l’importance des politiques favorables à la famille, telles que le congé parental, les aides à la garde d’enfants et les modalités de travail flexibles.
Le document de l’UNICEF intitulé « Créer des lieux de travail favorables aux familles : une boîte à outils pour les entreprises » fournit des conseils aux entreprises qui cherchent à renforcer leur soutien aux parents qui travaillent tout en améliorant l’engagement et la fidélisation des employés.
En matière de développement de produits, de marketing et de services numériques, une approche centrée sur l’enfant soulève des questions de sécurité, de respect de la vie privée, de communication adaptée à l’âge et de bien-être en ligne. Ces enjeux prennent une importance croissante pour les entreprises technologiques et celles qui s’adressent directement aux consommateurs, à mesure que la réglementation et les attentes du public évoluent.
Cette approche peut également éclairer les stratégies d’investissement communautaire et de résilience climatique en examinant l’accès des enfants à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau potable et à des environnements sûrs.
Le cadre d’investissement Child-Lens d’UNICEF USA encourage lui aussi les entreprises et les investisseurs à prendre en compte l’impact de leurs décisions d’investissement sur le bien-être des enfants, tout en identifiant les opportunités et les risques associés aux générations futures.
Bon nombre de ces enjeux ont des répercussions directes sur les entreprises. Des politiques de travail favorables à la famille peuvent améliorer la fidélisation et la productivité, tandis que des investissements dans l’éducation, l’assainissement et les infrastructures communautaires peuvent renforcer les relations avec les acteurs locaux. Des produits et des environnements numériques plus sûrs peuvent également contribuer à réduire les risques d’atteinte à la réputation et les risques réglementaires.
Au-delà de la philanthropie
À l’échelle mondiale, les entreprises intègrent de plus en plus les considérations relatives aux enfants dans leurs activités principales plutôt que de les considérer uniquement comme des initiatives philanthropiques.
Le groupe LEGO, par exemple, a collaboré avec l’UNICEF pour appliquer les Principes relatifs aux droits de l’enfant et aux entreprises dans des domaines tels que le développement de produits, l’engagement numérique et les pratiques commerciales responsables.
Partout en Asie, les politiques de travail favorables à la famille se généralisent, les employeurs cherchant à améliorer le bien-être, la productivité et la fidélisation de leurs employés.
Au Vietnam, le partenariat « Innovation pour les enfants » entre le groupe Masterise et l’UNICEF Vietnam offre un exemple d’approche plus structurée.
À l’école primaire Long Phu C, dans la province de Soc Trang, le programme a mis en place un système d’assainissement à zéro émission nette, alimenté par le système de traitement des eaux usées Aquonic et l’énergie solaire. Ce projet vise à améliorer l’assainissement, l’accès à l’eau potable et les conditions d’apprentissage, tout en relevant les défis liés au changement climatique dans une région touchée par la sécheresse et l’intrusion d’eau salée.
Ce projet combine expertise technique, mise en œuvre locale et ressources du secteur privé pour répondre aux besoins spécifiques de la communauté.
Un autre exemple est le Programme intégré de développement de la petite enfance et de soutien à la parentalité de l’UNICEF, qui offre une formation parentale aux employés ayant des enfants jusqu’à huit ans.
Ce programme vise à améliorer les connaissances parentales, à réduire le stress lié à la famille et à favoriser le bien-être des employés. Le fabricant de vêtements Eclat figure parmi les entreprises qui ont intégré cette initiative à leurs activités de développement des compétences.
De tels exemples illustrent comment les programmes axés sur l’enfance peuvent aller au-delà des dons caritatifs en s’attaquant à des défis clairement définis grâce à des partenariats structurés et des résultats mesurables.
Partenariats et développement à long terme
L’examen public des engagements en matière d’ESG et de RSE continue de s’intensifier, les parties prenantes attendant de plus en plus des entreprises qu’elles identifient les problèmes qu’elles visent à résoudre et qu’elles démontrent des progrès mesurables.
Pour les entreprises, créer un impact social durable exige une compréhension claire des besoins locaux, des mécanismes de mise en œuvre efficaces et une adéquation avec l’expertise commerciale.
Les promoteurs immobiliers pourraient privilégier les écoles, les installations sanitaires et les infrastructures communautaires. Les entreprises de biens de consommation pourraient mettre l’accent sur les initiatives en matière de santé et d’hygiène. Les entreprises technologiques pourraient privilégier la sécurité numérique, tandis que les institutions financières pourraient soutenir l’éducation, le développement des compétences et les programmes d’inclusion.
Les programmes qui correspondent étroitement aux opérations, aux relations avec les parties prenantes et aux domaines d’expertise d’une entreprise sont généralement mieux placés pour avoir un impact à long terme.
Des organisations comme l’UNICEF peuvent soutenir ces efforts en fournissant une expertise technique, une expérience de mise en œuvre et des relations avec les gouvernements et les communautés locales.
Pour les entreprises, de tels partenariats peuvent aider à traduire les engagements sociaux en programmes structurés qui soutiennent à la fois les objectifs de développement communautaire et les objectifs commerciaux plus larges.
Au Vietnam, ces discussions sont de plus en plus liées aux priorités de développement à long terme. Les enfants d’aujourd’hui seront les travailleurs, les consommateurs, les entrepreneurs et les leaders communautaires de demain.
D’un point de vue commercial, investir dans le bien-être des enfants peut contribuer au développement futur de la main-d’œuvre, à la résilience des communautés et à la stabilité sociale. Une approche centrée sur l’enfant offre aux entreprises un cadre pour analyser l’impact de leurs activités, produits et investissements sur les générations futures, tout en renforçant la dimension sociale des stratégies ESG.
Secrétaire général de l’ASEAN : Le Vietnam joue un rôle de médiateur dans le partenariat stratégique ASEAN-Russie
16-06-2026
La participation du Premier ministre vietnamien Le Minh Hung au Sommet commémoratif ASEAN-Russie à Kazan, en Russie, du 17 au 19 juin, soulignera l’engagement diplomatique proactif et constructif du pays tout en contribuant aux efforts visant à renforcer le partenariat stratégique ASEAN-Russie dans un contexte mondial complexe et fragmenté, a déclaré le secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn.
Le secrétaire général de l’ASEAN a fait cette déclaration lors d’un entretien avec le VGP avant le sommet.
Kao Kim Hourn a également souligné le rôle croissant du Vietnam dans le développement des relations entre l’ASEAN et la Russie.
Selon Kao, la participation du Premier ministre vietnamien au Sommet témoigne du ferme engagement du Vietnam envers la centralité de l’ASEAN et de sa volonté de faire en sorte que l’ASEAN demeure le principal moteur de ses relations extérieures.
En sa qualité de futur pays coordinateur des relations de dialogue ASEAN-Russie pour la période 2027-2030, le Vietnam sera bien placé pour contribuer au suivi du Sommet commémoratif ASEAN-Russie de Kazan.
« Dans le contexte mondial actuel, complexe et fragmenté, la présence du Vietnam au Sommet témoigne de l’engagement continu de l’ASEAN en faveur d’un dialogue inclusif et constructif avec tous ses partenaires », a souligné Kao Kim Hourn, ajoutant que cette approche renforce la paix, la stabilité et la résilience économique régionales tout en faisant progresser les objectifs communs de la Communauté de l’ASEAN.
Un partenaire constructif et bâtisseur de ponts
Le renforcement des partenariats au sein de l’ASEAN et entre l’ASEAN et ses partenaires extérieurs demeure l’une des principales priorités du Secrétaire général dans le cadre de son programme « 6P » : Paix, Prospérité, Planète, Population, Partenariats et Potentiels.
Dans ce contexte, le Vietnam a toujours joué un rôle essentiel, constructif et de rapprochement dans les relations entre l’ASEAN et la Russie.
Kao Kim Hourn a souligné que les liens bilatéraux profonds et multiformes qui unissent le Vietnam à la Russie constituent une base solide qui renforce encore le partenariat stratégique ASEAN-Russie.
Que ce soit en tant que coordinateur national du dialogue ASEAN-Russie ou en faisant progresser la coopération pratique dans les trois piliers de la Communauté de l’ASEAN, l’approche équilibrée et pragmatique du Vietnam contribue à garantir que notre partenariat produise des résultats tangibles et mutuellement bénéfiques — notamment dans des domaines traditionnels tels que l’énergie, l’éducation, le commerce et l’investissement — tout en restant pleinement aligné sur la vision de l’ASEAN sur l’Indo-Pacifique (AOIP).

Photo : RIA Novosti/Pavel Lisitsyne
Exploiter le potentiel des secteurs émergents
Pour l’avenir, le secrétaire général de l’ASEAN a identifié l’énergie propre, la transformation numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les villes intelligentes comme des domaines clés présentant un potentiel important encore inexploité pour la coopération ASEAN-Russie.
Alors que l’ASEAN accélère sa transition numérique et écologique, les capacités technologiques de la Russie pourraient compléter l’économie numérique dynamique de la région et répondre à ses besoins croissants en matière de développement urbain.
La signature de l’Accord-cadre de l’ASEAN sur l’économie numérique (DEFA), prévue plus tard cette année lors du 49e Sommet de l’ASEAN, devrait contribuer à libérer une économie numérique d’une valeur pouvant atteindre 2 000 milliards de dollars américains d’ici 2030. Dans ce contexte, les opportunités de coopération dans les domaines de l’infrastructure numérique, de la cybersécurité, de la gouvernance de l’IA et des flux de données sécurisés se développent.
De même, le Réseau des villes intelligentes de l’ASEAN offre une plateforme de coopération toute trouvée. L’expertise russe en matière de technologies urbaines, de plateformes municipales numériques et de systèmes de transport intelligents peut appuyer les efforts de l’ASEAN pour gérer durablement l’urbanisation rapide.
Dans le domaine de l’énergie, l’exploration conjointe des technologies d’énergie propre, la modernisation du réseau et les solutions à faibles émissions de carbone seront essentielles pour faire progresser la sécurité énergétique et atteindre les objectifs de neutralité carbone de la région.
Priorités pour le développement des relations ASEAN-Russie
Pour exploiter pleinement le potentiel de la coopération ASEAN-Russie, l’ASEAN et le Viet Nam devraient continuer à poursuivre une approche pragmatique, inclusive et fondée sur des principes, selon le Secrétaire général.
Le Vietnam, fort de ses relations bilatérales de longue date et de confiance avec la Russie, peut jouer un rôle de médiateur essentiel en partageant les meilleures pratiques, en facilitant les échanges entre les populations et en identifiant de nouvelles pistes de coopération concrète bénéfiques à l’ensemble de la communauté de l’ASEAN. L’ASEAN, quant à elle, devrait maintenir un engagement politique de haut niveau, notamment lors du prochain Sommet commémoratif ASEAN-Russie, et veiller à ce que la coopération demeure fermement ancrée dans la centralité de l’ASEAN et dans la vision de l’ASEAN sur l’Indo-Pacifique (AOIP).
Au niveau régional, l’ASEAN devrait maintenir un engagement politique de haut niveau, notamment par le biais du prochain Sommet commémoratif ASEAN-Russie, tout en veillant à ce que la coopération reste ancrée dans la centralité de l’ASEAN et l’AOIP.
Le Secrétaire général a mis en lumière quatre domaines prioritaires pour la prochaine phase, axés sur l’obtention de résultats concrets dans les secteurs traditionnels et émergents, comme suit :
Commerce, investissement et connectivité économique : en nous appuyant sur le prochain programme stratégique ASEAN-Russie sur la coopération commerciale et l’investissement (2026-2035), nous devrions viser à diversifier les chaînes d’approvisionnement, à renforcer la sécurité alimentaire et énergétique et à promouvoir une facilitation commerciale sans faille.
Transformation numérique et innovation : Approfondissement de la collaboration dans l’économie numérique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les infrastructures intelligentes, conformément à l’Accord-cadre de l’ASEAN sur l’économie numérique (DEFA).
Développement durable et transition énergétique : Renforcer la coopération dans les domaines des énergies propres, des technologies renouvelables et de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire civile, notamment par la mise en œuvre du Plan de travail énergétique ASEAN-Russie 2026-2030, conformément aux ambitions de neutralité carbone de l’ASEAN et au Plan d’action de l’ASEAN pour la coopération énergétique (APAEC) 2026-2030 — en tirant parti de l’expertise russe pertinente pour soutenir la transition de l’ASEAN vers un avenir énergétique sobre en carbone et résilient.
Capital humain et liens interpersonnels : Développer l’éducation, la formation professionnelle, la jeunesse, le tourisme et les échanges culturels afin de favoriser une meilleure compréhension mutuelle, en s’appuyant sur les dispositions de longue date du Plan d’action global ASEAN-Russie (PAG) 2021-2025, notamment par le biais du Centre ASEAN de l’Université MGIMO.
En privilégiant ces domaines et en mettant clairement l’accent sur les avantages mutuels, la complémentarité et le respect du droit international, l’ASEAN et la Russie peuvent bâtir un partenariat stratégique plus résilient et tourné vers l’avenir, contribuant de manière significative à la paix, à la stabilité et à la prospérité régionales.
Attentes concernant le sommet de Kazan
Le Secrétaire général de l’ASEAN s’est dit convaincu que le Sommet repose sur des bases solides, une stratégie efficace et une dynamique positive. Le Plan d’action global (PAG) actuel (2021-2025) arrivant à échéance, un nouveau PAG (2026-2030) sera adopté afin de servir de feuille de route pour l’avenir et d’orienter la coopération dans la prochaine phase.
Dans le même temps, le Sommet permettrait d’obtenir un ensemble de résultats plus large – notamment la Déclaration de Kazan 2026 ASEAN-Fédération de Russie : Unité dans la diversité – 35 ans de collaboration, ainsi que la Déclaration conjointe de l’ASEAN et de la Fédération de Russie sur la coopération énergétique et la Déclaration conjointe de l’ASEAN et de la Fédération de Russie sur la coopération culturelle – qui, pris ensemble, fournissent un cadre global et équilibré couvrant les piliers politique, sécuritaire, économique et socioculturel.
Dans le contexte mondial complexe et fragmenté d’aujourd’hui, ces résultats devraient contribuer à renforcer un partenariat résilient, ancré dans une coopération concrète et des intérêts partagés.
En définitive, l’ASEAN espère que le Sommet réaffirmera le soutien de la Russie à la centralité de l’ASEAN et reflétera un engagement commun en faveur de la paix, de la stabilité et de la prospérité, garantissant ainsi que la coopération ASEAN-Russie continue d’apporter des avantages concrets à nos peuples.
Paix au Moyen-Orient : le Vietnam plaide pour la médiation
18-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu un grand débat public le 10 juin dernier à New York, sur la recherche de solutions politiques au Moyen-Orient. Face aux crises qui traversent la région, le Vietnam prend une position ferme. Par la voix de son ministre conseiller Nguyen Hai Luu, Hanoï affirme qu’il n’y aura aucune issue militaire possible à ces crises, et seule la diplomatie pourra ramener une paix durable.

Un appel à la désescalade de la violence et au droit international
Lors de cette réunion présidée par la Colombie, le représentant vietnamien, l’ambassadeur Nguyen Hai Luu, a d’abord partagé les inquiétudes d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU. Ce dernier a alerté sur les conséquences dramatiques des hostilités à Gaza, au Liban, en Iran et au Yémen, menaçant non seulement les civils, mais aussi la sécurité énergétique et alimentaire mondiale.
Lors de son intervention, le chef adjoint de la mission vietnamienne a précisé que deux zones cristallisent aujourd’hui les tensions : le détroit d’Ormuz et la Cisjordanie. Selon lui, ces crises récurrentes affaiblissent gravement la confiance que les États placent dans les mécanismes multilatéraux, comme l’ONU. Face à ce constat, le Vietnam estime qu’il est urgent de revenir à trois principes fondamentaux inscrits dans la Charte des Nations Unies : premièrement, le respect de la souveraineté des États, deuxièmement, le respect de leur intégrité territoriale, troisièmement, l’interdiction formelle de recourir à la force pour régler les différends.
L’ambassadeur a notamment insisté sur le fait que les défis du Moyen-Orient ne seront pas résolus par la force. C’est pourquoi il a appelé à cesser immédiatement les frappes contre les États de la région. À la place, le Vietnam défend une approche qui repose sur la diplomatie, le dialogue, avec les Nations Unies comme acteur central.
Les conditions de la médiation et le rôle central de la Palestine
Le Vietnam a établi les conditions d’une médiation réussie. Celle-ci ne peut aboutir qu’avec trois conditions : le respect du droit international, la volonté politique de toutes les parties belligérantes, et le soutien de la communauté internationale. Sans ces trois piliers, tout processus de paix reste fragile.
Par ailleurs, le Vietnam a appelé à ne pas laisser les récentes tensions entre les États-Unis et l’Iran éclipser la question palestinienne. Hanoï, qui a réaffirmé son soutien au peuple palestinien, a également réaffirmé son soutien à une solution à deux États, sur les bases des frontières d’avant 1967 et conformément aux résolutions onusiennes. Enfin, le représentant vietnamien a plaidé pour une adhésion entière de la Palestine à l’ONU, considérant cette étape comme un premier pas vers la fin des affrontements.
Le Vietnam et la Russie renforcent leur collaboration commerciale et d’investissement
18-06-2026
Un programme de réseautage commercial et d’investissement entre le Vietnam et la Russie s’est déroulé le 17 juin avec la participation du Premier ministre vietnamien Le Minh Hung, de hauts responsables des deux pays et de plus de 100 entreprises vietnamiennes et russes.
Organisé conjointement par la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), l’ambassade du Vietnam en Russie, l’Association des exportateurs et importateurs de Russie et Vietjet Air, ce programme s’est déroulé dans le contexte de l’amitié traditionnelle entre le Vietnam et la Russie, qui n’a cessé de se renforcer au cours des 76 dernières années.
S’appuyant sur le partenariat stratégique global établi en 2012, la coopération économique, commerciale et d’investissement entre les deux pays continue de se développer, créant un nouvel élan pour les entreprises des deux côtés.
S’exprimant lors de l’événement, le ministre des Finances, Ngo Van Tuan, a souligné le vaste potentiel de la coopération bilatérale et a insisté sur le rôle des entreprises dans la traduction des orientations de coopération stratégique en résultats concrets, favorisant ainsi la croissance économique, le commerce et les liens d’investissement au cours de cette nouvelle période.
Il a exhorté les ministères, les agences, la VCCI et les organismes de promotion du commerce et des investissements à poursuivre leur soutien aux entreprises afin qu’elles tirent pleinement parti de l’accord de libre-échange Vietnam-Union économique eurasiatique (UEEA) et renforcent ainsi les échanges commerciaux et les investissements bilatéraux.
L’un des points forts du programme a été l’échange de documents de coopération entre entreprises des deux pays, en présence du Premier ministre Lê Minh Hưng et de hauts responsables.
Les accords portaient sur le soutien à la coopération commerciale dans les domaines du commerce et des investissements, ainsi que sur la coopération énergétique, scientifique et technologique entre Petrovietnam et Novatek.
Plusieurs protocoles d’entente ont également été annoncés dans des domaines tels que l’énergie, les sciences et technologies, le développement des infrastructures, la transformation numérique, la santé, le tourisme et l’investissement.
Ces accords devraient non seulement développer la coopération économique entre le Vietnam et la Russie, mais aussi jeter les bases de projets spécifiques qui généreront des avantages concrets pour les entreprises et les deux économies dans les années à venir.
Lors de cet événement, Vietjet a annoncé son intention de lancer trois nouvelles liaisons aériennes reliant les principales destinations touristiques vietnamiennes de Da Nang et Nha Trang à Moscou, Kazan et Novossibirsk. Ce réseau aérien étendu devrait améliorer la connectivité, dynamiser les échanges entre les populations, promouvoir le tourisme et faciliter les échanges commerciaux et les investissements entre les deux pays.
Après la séance plénière, le programme s’est poursuivi par une session de promotion du commerce et des investissements présentant l’environnement des affaires et des investissements du Vietnam, les opportunités de coopération avec le marché russe, ainsi que les aspirations et les capacités des entreprises russes souhaitant nouer des partenariats avec le Vietnam.
Des entreprises des deux pays ont procédé à des échanges directs et à des discussions sur des projets spécifiques et des opportunités de coopération dans de multiples secteurs.
Le programme a réaffirmé la détermination des deux gouvernements, des agences et organisations concernées, de la VCCI et des milieux d’affaires des deux pays à promouvoir une coopération économique pratique, efficace et durable, contribuant ainsi à approfondir le partenariat stratégique global Vietnam-Russie dans une nouvelle phase de développement.
« Le Vietnam renforce son intégration juridique internationale avec la nomination d’un juge au Tribunal international du droit de la mer. »
19-06-2026
Le ministre des Affaires étrangères, Le Hoai Trung, a estimé que la première nomination par le Vietnam d’un juge au Tribunal international du droit de la mer constituait un développement nouveau en matière d’intégration juridique internationale.
« Mme Nguyen Thi Lan Anh a été élue juge du Tribunal international du droit de la mer (TIDM) par les membres de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) avec un nombre record de voix, ce qui témoigne d’une appréciation positive et de la volonté du Vietnam de contribuer au respect et à la garantie de la suprématie du droit maritime international », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Le Hoai Trung, le 19 juin, selon le ministère des Affaires étrangères.

Mme Nguyen Thi Lan Anh. Photo : Ministère des Affaires étrangères.
La directrice adjointe de l’Académie diplomatique du Vietnam, Nguyen Thi Lan Anh, est l’une des sept nouvelles juges du Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour le mandat 2026-2035, élues lors de la 36e Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) au siège des Nations Unies le 18 juin. C’est la première fois que le Vietnam se présente et a un représentant au TIDM depuis le début des activités du tribunal en 1996.
Selon le ministre Le Hoai Trung, le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) est l’une des institutions judiciaires internationales les plus importantes en matière de droit international en général, et de droit maritime en particulier. Le rôle du TIDM et de ses juges a toujours été salué par les pays du monde entier et les experts juridiques internationaux.
Le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) a apporté une contribution significative au règlement pacifique des différends maritimes, en promouvant une interprétation et une application cohérentes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, en renforçant l’ordre juridique en mer et en contribuant à la promotion des relations amicales, de la coopération et du développement entre les nations.
« La nomination du Vietnam comme premier juge au Tribunal international du droit de la mer (TIDM) marque une nouvelle étape dans l’intégration juridique internationale et témoigne du prestige croissant du pays, de sa capacité à contribuer et de sa place dans les affaires communes de la communauté internationale », a déclaré le ministre Le Hoai Trung.
Le ministre a affirmé que le Vietnam est étroitement lié par ses intérêts à la paix, à la stabilité, à la sécurité, à la liberté de navigation et au développement durable. Le Vietnam continuera de collaborer avec les autres pays afin de promouvoir le plein respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, de régler les différends par des moyens pacifiques, de renforcer la coopération maritime, de protéger le milieu marin et d’exploiter durablement les ressources océaniques.
« Mme Nguyen Thi Lan Anh exercera ses fonctions de juge du TIDM de manière indépendante et objective, conformément au règlement de la Cour et aux dispositions de la CNUDM », a déclaré le ministre Le Hoai Trung, se disant confiant qu’elle mènera à bien son mandat.
Le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), dont le siège se trouve à Hambourg, en Allemagne, est une organisation intergouvernementale créée par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée le 10 décembre 1982 à Montego Bay, en Jamaïque. Sa fonction est de régler par voie judiciaire les différends relatifs à l’interprétation et à l’application de la CNUDM.
La cour est composée de 21 juges, élus pour un mandat de neuf ans, les nationalités étant réparties de manière égale, avec cinq représentants d’Asie, cinq d’Afrique, quatre d’Amérique latine et des Caraïbes, quatre d’Europe occidentale et d’autres pays, et trois représentants d’Europe orientale.
Les juges nouvellement élus, originaires du Vietnam, du Ghana, de Tunisie, de Russie, des Pays-Bas, d’Inde et du Brésil, débuteront leur mandat en octobre.
La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) compte actuellement 172 membres, dont 171 pays et territoires ainsi que l’Union européenne (UE). Le Vietnam a ratifié la CNUDM en 1994.
Prévisions pour les exportations de bois au second semestre 2026
20-06-2026
Au cours des premiers mois de 2026, malgré la conjoncture mondiale instable, les exportations de bois et de produits dérivés ont continué d’afficher de bonnes performances. Au second semestre 2026, le secteur du bois devrait continuer d’être confronté à un ensemble de défis et d’opportunités.
Lors d’une discussion avec Mekong ASEAN , Ngo Sy Hoai, vice-président et secrétaire général de l’Association vietnamienne des produits du bois et de la forêt (Viforest), a déclaré, au sujet des résultats à l’exportation début 2026, que la valeur des exportations de bois et de produits dérivés atteindrait 7,1 milliards de dollars américains (soit une moyenne de plus de 1,4 milliard de dollars américains par mois), une augmentation de 3,8 % par rapport à la même période en 2025.
Plus précisément, la valeur des exportations de produits du bois, y compris les produits profondément transformés, est estimée à 4,5 milliards de dollars américains, soit une baisse de 4 % par rapport à la même période de l’année dernière.
M. Hoai estime que, ces derniers temps, les entreprises ont restructuré le marché de manière proactive, réduit leur dépendance à l’égard de quelques grands clients et accru leurs investissements dans la conception, la transformation numérique, la gestion de la chaîne d’approvisionnement et la traçabilité. « Ce sont là des facteurs qui ont considérablement renforcé la résilience du secteur », a déclaré M. Ngo Sy Hoai.
Toutefois, le vice-président de Viforest a également déclaré que la croissance actuelle se heurte encore à de nombreux obstacles majeurs, notamment la « matrice fiscale américaine » et l’augmentation significative des coûts des intrants (matières premières, main-d’œuvre, logistique, financement, etc.), qui affectent directement les marges bénéficiaires des entreprises.
De plus, les marchés de consommation évoluent rapidement vers des pratiques plus écologiques, une réduction des émissions et des exigences de transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les entreprises du secteur du bois.
Sur les marchés, les États-Unis demeurent le principal débouché à l’exportation pour l’industrie du bois vietnamienne. Cependant, parallèlement à l’essor des échanges commerciaux, les exigences de contrôle du pays se durcissent, non seulement par un renforcement significatif des mesures de protection commerciale, mais aussi en ce qui concerne l’origine des matières premières, les conditions de travail, l’environnement et la transparence de la chaîne d’approvisionnement.
« Je crois que ces mesures ne sont plus de simples mesures à court terme, mais qu’elles s’inscrivent dans une nouvelle tendance structurelle et durable en matière de gouvernance d’entreprise. Les entreprises devront passer d’une logique de concurrence axée principalement sur les prix à une logique de concurrence fondée sur la conformité, l’adaptation proactive, la transparence et le développement durable », a commenté M. Ngo Sy Hoai.
Prévisions pour les exportations de bois au second semestre 2026
S’appuyant sur les bases posées en début d’année, le vice-président de Viforest estime que le second semestre 2026 restera une période riche en opportunités et en défis pour l’industrie du bois vietnamienne. Dans ce contexte, cette dernière doit maintenir son engagement en faveur du développement durable, de la transparence et de la création de valeur ajoutée.
Du côté positif, la demande des consommateurs sur certains marchés importants montre des signes de reprise progressive, notamment dans les secteurs du mobilier de moyenne et haute gamme.
Cependant, les perspectives du secteur dépendront fortement de plusieurs variables clés. La première est la politique commerciale et tarifaire américaine, notamment l’enquête menée en vertu de l’article 301 sur les surcapacités et, plus récemment, l’enquête menée en vertu de l’article 301 relative à la violation des droits de propriété intellectuelle.
Deuxièmement, il y a les progrès réalisés dans la mise en œuvre des réglementations environnementales, notamment la capacité de se conformer aux réglementations de l’EUDR sur la non-déforestation et la dégradation des forêts ainsi qu’aux exigences de réduction des émissions dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
De plus, des facteurs tels que les fluctuations géopolitiques, les coûts du transport international, les taux d’intérêt, les taux de change et le pouvoir d’achat des consommateurs mondiaux auront également un impact direct sur les commandes et la compétitivité des entreprises vietnamiennes du secteur du bois.
Par ailleurs, la restructuration de la chaîne d’approvisionnement dans l’industrie du bois va s’intensifier. Les importateurs internationaux ne se contentent plus de s’intéresser au prix, mais évaluent aussi avec soin la conformité des fournisseurs. Ce phénomène favorisera une sélection naturelle au sein du secteur, évoluant vers un modèle de développement plus professionnel et durable.
Moderniser l’approche traditionnelle du marché.
Dans un contexte d’économie mondiale volatile et de règles du jeu en constante évolution sur les principaux marchés, M. Ngo Sy Hoai estime que les entreprises devront se concentrer sur un certain nombre de stratégies de transformation fondamentales.
Premièrement, la diversification des marchés d’exportation est essentielle pour réduire la dépendance excessive à l’égard de quelques marchés traditionnels. Outre le renouvellement des approches adoptées sur des marchés établis comme les États-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l’Union européenne, les entreprises doivent accorder une plus grande attention aux marchés potentiels tels que le Moyen-Orient, l’Inde, l’Amérique du Sud et certains pays de l’ASEAN.
Les entreprises dotées d’une gouvernance solide et d’une approche proactive en matière de transparence de leur chaîne d’approvisionnement auront la possibilité de maintenir leurs parts de marché et de s’intégrer davantage à la chaîne de valeur mondiale. À l’inverse, les entreprises qui se contentent d’une simple externalisation, qui manquent de transparence ou qui sont trop dépendantes d’un seul marché seront confrontées à d’immenses pressions, a déclaré M. Hoai.
Deuxièmement, on observe une transition vers des pratiques écologiques et durables. Il ne s’agit plus d’une option, mais d’une condition indispensable pour accéder aux marchés internationaux. Les entreprises doivent investir dans la certification forestière, réduire leurs émissions de carbone, utiliser des énergies renouvelables et optimiser l’utilisation des matières premières.
Les entreprises devront également investir davantage dans les systèmes de traçabilité, les normes environnementales et sociales et la gestion des risques commerciaux.
Troisièmement, il est essentiel d’accroître la valeur ajoutée par le biais du design, de la marque et du développement de produits. L’industrie vietnamienne du bois doit progressivement réduire sa dépendance au simple traitement, augmenter la part des produits portant des marques vietnamiennes et s’intégrer davantage à la chaîne de valeur mondiale.
En matière de politique, l’Association vietnamienne des produits du bois et de la forêt recommande que l’État continue d’améliorer l’environnement juridique transparent et stable des activités d’exportation ; qu’il soutienne les entreprises dans la mise à jour et le respect des nouvelles réglementations des marchés internationaux, notamment les exigences relatives au règlement EUDR, aux mesures antidumping, anti-contournement et à la traçabilité.
Par ailleurs, des politiques de crédit adaptées sont nécessaires aux entreprises de transformation du bois, notamment aux PME qui investissent dans la transition écologique et les évolutions technologiques. Dans le même temps, il est indispensable de promouvoir le développement de zones d’approvisionnement en matières premières durables certifiées localement, avec des ressources forestières plus vastes et de meilleure qualité, afin de renforcer la réactivité de la chaîne d’approvisionnement et de réduire la dépendance aux importations.
« Je suis convaincu que si les entreprises se transforment de manière proactive et bénéficient d’un soutien efficace de l’État, l’industrie vietnamienne du bois conservera sa position parmi les principaux centres mondiaux de transformation et d’exportation du bois », a souligné Ngo Sy Hoai, vice-président de Viforest.
Le ministre Tran Hong Minh appelle à une accélération des progrès sur les principaux projets d’autoroutes du delta du Mékong
20-06-2026
Le ministre de la Construction, Tran Hong Minh, a exhorté les autorités, les promoteurs et les entrepreneurs à accélérer la construction et à remédier aux difficultés liées au déblaiement des terrains et à l’approvisionnement en matériaux, afin de garantir l’achèvement en temps voulu de deux autoroutes stratégiques dans le delta du Mékong.
Le ministre de la Construction, Tran Hong Minh, a appelé les autorités locales, les maîtres d’ouvrage et les entrepreneurs à s’attaquer d’urgence aux problèmes liés au déblaiement des terrains et aux matériaux de construction, à accélérer les travaux et à garantir l’achèvement en temps voulu de deux grands projets d’autoroutes dans le delta du Mékong.
Lors d’une inspection sur le terrain le 14 juin, le ministre et une délégation de travail ont examiné l’état d’avancement des travaux de construction de l’autoroute Chau Doc–Can Tho–Soc Trang (phase 1) et de l’autoroute Can Tho–Ca Mau.
L’autoroute Chau Doc–Can Tho–Soc Trang est un axe de transport stratégique est-ouest reliant la province d’An Giang, la ville de Can Tho et la province de Soc Trang. Ce projet devrait renforcer la connectivité entre les points de passage frontaliers, les centres économiques et les ports maritimes, tout en créant de nouvelles opportunités de développement régional.
Le ministre a exhorté les autorités locales à accélérer les travaux de déblaiement des terrains afin d’éviter les retards et a incité les maîtres d’ouvrage et les entrepreneurs à mobiliser un maximum de main-d’œuvre, d’équipements et de matériaux pour maintenir le rythme de la construction et respecter les délais des projets.
Face aux pénuries persistantes de sable et de pierres de remblai, le ministre a souligné que les matériaux de construction constituaient le principal obstacle aux projets. Il a demandé aux autorités locales de revoir la capacité des carrières, d’accroître la production lorsque cela est possible et de mettre à jour régulièrement les prix des matériaux afin de faciliter le paiement rapide des entrepreneurs.
Concernant l’autoroute Can Tho–Ca Mau, bien que la voie principale soit déjà ouverte à la circulation, les pénuries de matériaux en pierre continuent d’affecter l’achèvement de plusieurs échangeurs de raccordement.
Le ministre a également appelé à la poursuite des activités de construction et à l’application de solutions techniques appropriées afin de raccourcir les délais de construction tout en garantissant la qualité du projet et son efficacité globale.
« Si des ressources en pierre existent mais restent inexploitées, c’est un gaspillage de ressources précieuses. Nous ne pouvons pas permettre que le delta du Mékong continue de prendre du retard à cause de pénuries de matériaux », a déclaré le ministre.
Hommage au Président Hồ Chí Minh et célébration des relations diplomatiques entre le Vietnam et le Maroc
23-06-2026
À l’occasion du 115e anniversaire du départ de l’Oncle Hồ à la recherche de la voie du salut national (05/06/1911 – 05/06/2026) et du 65e anniversaire des relations diplomatiques entre le Vietnam et le Maroc (27/03/1961 – 27/03/2026), le Site du patrimoine du Président Hồ Chí Minh au Palais présidentiel, en collaboration avec l’Ambassade du Vietnam au Maroc et le Haut-Commissariat aux Anciens Résistants et Anciens Membres de l’Armée de Libération du Maroc, a récemment organisé une série d’activités culturelles et scientifiques pour honorer le Président Hồ Chí Minh et célébrer ces 65 ans de relations bilatérales.
Cette série d’événements s’articule autour de trois volets principaux : l’inauguration de l’exposition thématique « Le Président Hồ Chí Minh – Symbole de la paix et de l’amitié internationale », un colloque sur les relations diplomatiques entre le Vietnam et le Maroc, et la remise de la « Bibliothèque Hồ Chí Minh ».
Lors de son discours d’ouverture, Mme Lê Thị Phượng, directrice du Site du patrimoine du Président Hồ Chí Minh au Palais présidentiel, a souligné que les relations entre le Vietnam et le Maroc, tout au long de ces 65 dernières années, ont toujours été un témoignage vivant de la solidarité et du soutien sincère entre deux nations partageant la même aspiration à l’indépendance et à la liberté.
La vie et l’œuvre du Président Hồ Chí Minh ne sont pas seulement indissociables de la lutte pour la libération nationale du Vietnam ; il est également l’incarnation même de l’aspiration à la paix, ainsi que des sentiments de solidarité et d’amitié entre les peuples du monde entier.
Le point d’orgue de cet ensemble d’activités est l’exposition thématique « Le Président Hồ Chí Minh – Symbole de la paix et de l’amitié internationale ». L’exposition s’attache à dépeindre le portrait du Héros de la libération nationale du Vietnam et Éminent homme de culture, qui a persévéré toute sa vie pour l’avènement d’un monde sans oppression, où les nations coexistent dans une paix véritable, le respect et la compréhension mutuelle.
Pour le Président Hồ Chí Minh, une paix authentique doit être intrinsèquement liée à l’indépendance, à la liberté et au droit à l’autodétermination de chaque nation. Cette pensée est devenue le fil conducteur des activités diplomatiques du pays, jetant ainsi des ponts d’amitié entre le Vietnam et ses amis des cinq continents.
L’exposition est divisée en 3 sections majeures :
- Partie 1 : De la détermination à partir pour trouver la voie du salut national au voyage pour bâtir une paix durable pour la nation.
- Partie 2 : Diffuser la paix – Connecter l’amitié à travers les cinq continents.
- Partie 3 : Le Vietnam moderne – Héritage et développement de la pensée de paix dans le legs de Hồ Chí Minh.
Dans le cadre de ces célébrations s’est également tenu le séminaire « Le Vietnam à l’ère de son essor et les relations Vietnam – Maroc ». Ce forum scientifique a permis de passer en revue les réalisations de la relation d’amitié étroite qui unit les deux pays. Malgré une distance géographique apparente, le Maroc et son peuple partagent depuis très longtemps un lien naturel et profond avec le Vietnam et ses habitants.
Au cours de 65 ans de développement (27/03/1961 – 27/03/2026), les excellentes relations entre le Vietnam et le Maroc n’ont cessé de se consolider dans un esprit de solidarité et de coopération pour la paix, le développement et la prospérité commune, comme en témoignent de nombreuses visites de haut niveau et la signature de multiples accords de coopération.
À cette occasion, le Site du patrimoine du Président Hồ Chí Minh au Palais présidentiel a fait don au Haut-Commissariat marocain de la « Bibliothèque Hồ Chí Minh ». Celle-ci rassemble des publications et des documents de référence sur la vie, la carrière et les contributions du Président Hồ Chí Minh dans l’édification de relations d’amitié et de coopération avec les pays et les amis internationaux.
Les ouvrages collectés, compilés et publiés par le Site du patrimoine ont permis d’approfondir la connaissance de la vie, de l’œuvre, de l’idéologie, de la moralité et du style de Hồ Chí Minh, Héros de la libération nationale du Vietnam et Éminent homme de culture.
Au-delà du renforcement des relations diplomatiques bilatérales, cette série d’activités fait office de passerelle culturelle à destination de la communauté vietnamienne résidant, étudiant et travaillant au Maroc. L’héritage du Président Hồ Chí Minh constitue un pilier spirituel solide, ravivant profondément la fierté nationale et le patriotisme de la diaspora.
À travers des images et des documents historiques vivants, les générations de Vietnamiens de l’étranger, en particulier les jeunes, ont l’opportunité de mieux comprendre le formidable parcours du Président Hồ Chí Minh. C’est lui qui a posé les fondations de la diplomatie vietnamienne moderne et promu la solidarité entre les peuples grâce à la diplomatie populaire.
Les grandes idées du Président Hồ Chí Minh, qui ont fait la grandeur de la nation vietnamienne au XXe siècle, continuent d’éclairer et de guider le pays à l’époque contemporaine.
À travers ces événements, on mesure encore mieux pourquoi le Président Hồ Chí Minh fait la fierté de son peuple tout en étant admiré et respecté par le monde entier. Le Site du patrimoine qui lui est dédié au Palais présidentiel demeure un lieu sacré et une part essentielle qui rend le symbole « Vietnam – Hồ Chí Minh » toujours plus vivant et proche de tous.
Le Vietnam soutient les victimes de l’Agent Orange/dioxine et exige que les entreprises chimiques soient tenues responsables
25-06-2026
Un représentant du ministère des Affaires étrangères a souligné que, bien que la guerre soit terminée, elle laisse encore de graves séquelles. Le Vietnam soutient les victimes de l’Agent Orange/dioxine et exige que les entreprises qui l’ont produit et fourni à l’armée américaine assument leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires pour remédier aux conséquences de cette situation.
Le 16 juin, la Cour de cassation française a ouvert une audience de révision dans l’affaire de Mme Tran To Nga qui poursuit 14 sociétés chimiques américaines liées à l’Agent Orange/dioxine.
À ce sujet, lors de la conférence de presse régulière du ministère des Affaires étrangères, le 25 juin après-midi, un journaliste a demandé à la porte-parole Pham Thu Hang de commenter la réaction du Vietnam à cette décision.
En réponse, Mme Hang a déclaré que même si la guerre est terminée, ses graves conséquences affectent encore profondément le pays et le peuple vietnamiens, notamment des conséquences extrêmement graves et durables pour les victimes de l’Agent Orange/dioxine .
« Une fois de plus, nous soutenons les demandes des victimes de l’Agent Orange/dioxine visant à ce que les entreprises chimiques qui ont produit et fourni l’Agent Orange/dioxine aux États-Unis pendant la guerre du Vietnam soient tenues responsables des dommages causés », a souligné le représentant du ministère des Affaires étrangères.
En 2014, Mme Tran To Nga a intenté une action en justice contre 26 entreprises chimiques américaines devant le tribunal d’Evry. La plainte a été acceptée et transmise.
La bataille juridique autour de l’Agent Orange se poursuit depuis. À plus de 80 ans, Mme Tran To Nga reste inébranlable dans son combat contre 14 géants de l’industrie agrochimique, dont Bayer-Monsanto .
L’Agent Orange est un défoliant extrêmement toxique qui a eu des conséquences dramatiques pour des millions de personnes, dont Mme Tran To Nga. On estime qu’entre 2,1 et 4,8 millions de personnes sont mortes ou ont souffert de maladies graves après avoir été exposées à cette substance toxique.
Lors d’une conférence de presse tenue le 11 juin en France, l’avocat Bertrand Repolt – membre de l’équipe juridique défendant Mme Tran To Nga – a déclaré que lors de l’examen du recours, outre le rapport du juge en charge de l’affaire, le représentant du ministère public devant la Cour de cassation avait également fourni des conseils juridiques sur la question.
Selon lui, l’avis qui vient d’être rendu recommande de casser l’arrêt de la cour d’appel de Paris.
Selon l’avocat Repolt, la question centrale que la Cour de cassation examinera est de savoir si les sociétés commerciales qui ont fabriqué et fourni l’agent orange/dioxine à l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam ont droit à l’immunité juridictionnelle.
M. Repolt a fait valoir que les défendeurs étaient des sociétés chimiques exerçant des activités commerciales, fabriquant et fournissant l’Agent Orange dans le cadre de leurs opérations commerciales normales avant, pendant et après la guerre du Vietnam.
Par conséquent, selon les plaignants, ces sociétés ne peuvent bénéficier d’une immunité juridictionnelle simplement parce que leurs produits ont été utilisés par l’armée américaine pendant la guerre.
L’avocat Repolt a fait remarquer que la décision à venir est non seulement importante pour l’affaire de Mme Tran To Nga, mais pourrait également avoir un impact sur de nombreuses autres affaires liées à la question de savoir si les entreprises privées doivent être tenues responsables des produits qu’elles fournissent à l’armée.
L’avocat Repolt a également indiqué que la Cour de cassation avait décidé de tenir une audience publique sur l’affaire et prévoyait de largement diffuser l’arrêt.
Cela témoigne de l’importance particulière de cette affaire. Si la Cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel de Paris, l’affaire sera très probablement renvoyée devant cette même cour d’appel, composée d’une autre formation de juges, pour réexaminer le fond de l’affaire.
Et si un jour il n’y avait plus de journaux imprimés… ?
21-06-2026
Au cours des deux dernières décennies, la presse écrite mondiale a connu un déclin sans précédent et spectaculaire. L’essor d’Internet, des smartphones et des réseaux sociaux a profondément transformé les habitudes de consommation d’information. Selon des rapports récents du Reuters Institute et de WAN-IFRA (2025-2026), les revenus de la presse écrite représentent désormais moins de 45 % du chiffre d’affaires total des éditeurs, contre plus de 56 % il y a cinq ans.
Aux États-Unis,
de plus en plus de grands quotidiens cessent leur publication papier (en passant entièrement au numérique ou en fermant définitivement leurs portes). L’Atlanta Journal-Constitution (AJC), le plus grand et le plus ancien journal (plus de 157 ans d’existence), a récemment arrêté sa publication papier, son dernier numéro étant paru le 31 décembre 2025 ; il passera entièrement au numérique le 1er janvier 2026. Il s’agit du plus grand journal d’une grande métropole (Atlanta) à abandonner le papier, faisant d’Atlanta la plus grande ville des États-Unis sans quotidien papier.
Parallèlement, le Star-Ledger, le plus grand journal du New Jersey, a cessé sa publication papier en février 2025 (dernier numéro paru le 2 février 2025) et est désormais disponible uniquement en ligne sur NJ.com. Le Christian Science Monitor a cessé sa publication quotidienne papier en 2009, passant à une publication hebdomadaire avec une forte intégration du numérique et du papier. C’est l’un des journaux réputés qui ont effectué cette transition très tôt.
Parmi les autres cas notables, citons le Seattle Post-Intelligencer, qui a cessé sa publication papier en 2009, l’un des premiers à passer au tout numérique. De nombreux journaux appartenant au grand groupe de presse et d’édition américain Advance Publications (propriété de la famille Newhouse) en Alabama, au New Jersey et dans d’autres États ont également cessé leur publication papier ou en ont considérablement réduit la fréquence. National Geographic (version magazine) a arrêté la vente de sa version papier en 2024, privilégiant le numérique. Aux États-Unis, de nombreux journaux locaux ont cessé leur publication papier ou ont complètement fermé leurs portes, créant ce que beaucoup appellent des « déserts d’information ». Ce phénomène se caractérise par un accès limité, voire inexistant, à une information locale fiable dans certaines communautés ou zones géographiques, un phénomène qui survient souvent lorsque les journaux locaux ferment ou réduisent leurs effectifs. Il en résulte des lacunes informationnelles, limitant l’accès des citoyens à l’information locale.
Selon les données de l’Alliance for Audited Media (AAM) de septembre 2025, 24 des 25 plus grands journaux américains ont connu une baisse de leur diffusion papier, avec une diminution moyenne de 12,5 % en seulement six mois. Le tirage quotidien total des 25 principaux quotidiens a considérablement diminué par rapport aux années précédentes.
Le Washington Post a enregistré la baisse la plus marquée parmi ces 25 journaux, son tirage quotidien ayant chuté de 21,2 % en six mois (en septembre 2025) pour atteindre environ 87 576 exemplaires (contre 111 171 l’année précédente). Le Los Angeles Times a connu une baisse de 19,8 %, à environ 63 492 exemplaires par jour. Le Wall Street Journal (le journal au plus fort tirage) a vu son tirage diminuer de 12,9 %, à environ 412 428 exemplaires par jour. Le New York Times a enregistré une baisse de 8,6 %, à environ 228 755 exemplaires par jour ; le NYT a maintenu son édition papier mais s’est fortement concentré sur les abonnements, le contenu numérique et les contenus premium. USA Today, quant à lui, a vu son tirage diminuer de 13,8 %, à environ 89 215 exemplaires…
Ces chiffres témoignent d’une tendance à la baisse irréversible pour la presse écrite.
Aux États-Unis, pays doté d’une industrie de la presse écrite ancienne et florissante, les recettes publicitaires de la presse ont chuté de plus de 90 % depuis le début du siècle, et le tirage quotidien des 25 principaux quotidiens devrait diminuer en moyenne de 12 à 13 % d’ici 2025. De nombreux journaux locaux ont disparu, créant des déserts d’information pour des dizaines de millions de personnes.
L’Europe connaît une tendance similaire : réduction de la fréquence de publication, diminution du nombre de pages, voire un passage complet aux plateformes en ligne, comme l’Evening Standard (Royaume-Uni), désormais hebdomadaire. À l’inverse, certains marchés asiatiques, tels que l’Inde et certaines régions de Chine, continuent de croître grâce à leur population nombreuse et à leurs prix bas, mais la tendance de fond reste à la numérisation. Des éditeurs à succès comme le New York Times et le Financial Times se sont transformés grâce à des modèles d’abonnement, alliant contenu de haute qualité et expériences numériques personnalisées.
Au Royaume-Uni, The Independent, l’un des premiers et des plus importants exemples, a cessé sa publication papier en mars 2016, devenant ainsi le premier quotidien national à opérer une transition intégrale vers le numérique. Auparavant, The Independent bénéficiait d’une large diffusion, mais ses revenus liés à la presse écrite ont chuté brutalement, et le journal s’appuie désormais fortement sur les plateformes en ligne. La presse écrite
est confrontée à trois défis majeurs : des coûts de production et de distribution élevés, le déplacement de la publicité vers Google et Facebook, et un lectorat plus jeune privilégiant l’information instantanée et multimédia. Cependant, la presse écrite conserve des atouts en termes de crédibilité, d’expérience de lecture immersive et de valeur de collection. De nombreux journaux haut de gamme continuent d’imprimer des éditions limitées pour préserver leur image de marque. La tendance actuelle est celle d’un modèle de revenus reposant sur trois piliers : le papier (en baisse), le numérique (en hausse mais pas encore suffisant) et les autres activités (événements, services). L’intelligence artificielle (IA) accélère encore cette transformation, contribuant à la personnalisation des contenus, mais menaçant également l’emploi et la diffusion de fausses informations.
La plupart des grands quotidiens qui conservent une édition papier (comme le New York Times, le Wall Street Journal, le Financial Times, le Times (Royaume-Uni), Le Monde (France), l’Asahi Shimbun (Japon), etc.) ont drastiquement réduit leur tirage, raccourci leurs jours de parution ou ne proposent plus que des éditions spéciales ou limitées. Les principales raisons sont la baisse des recettes publicitaires et le transfert des lecteurs vers les plateformes numériques.
Actuellement, certains journaux proposent encore des versions électroniques (similaires aux versions papier) malgré l’arrêt de l’impression.


Imaginez un Vietnam sans journaux imprimés…
Actuellement, aucun grand quotidien vietnamien n’a totalement cessé d’imprimer, mais beaucoup ont réduit leur fréquence de parution ou accéléré leur transformation numérique.
Imaginez que d’ici 2035-2040, les journaux imprimés disparaissent complètement du Vietnam. Au petit matin, au lieu du bruit des journaux tombant devant les portes ou des camions de livraison, les gens ouvriraient simplement leur téléphone ou leur tablette. Les grands quotidiens n’auraient plus que des versions numériques, mises à jour 24h/24 et 7j/7 avec des vidéos, des infographies, des podcasts et du contenu enrichi par l’IA. Le métier de journaliste serait profondément transformé. La rapidité deviendrait primordiale : les dernières nouvelles seraient annoncées instantanément, avec des retransmissions en direct et des données interactives en temps réel. Les journalistes ne se précipiteraient plus pour respecter les délais de bouclage à minuit, mais travailleraient en ligne par roulement, utilisant des outils d’IA pour analyser les données, les synthétiser et même rédiger des articles. Cela augmenterait la productivité, mais exigerait de nouvelles compétences : vérifier l’information au milieu d’un océan de fausses données, utiliser l’IA de manière éthique et interagir avec les communautés sur les plateformes numériques.
Les espaces de travail des rédactions seront rationalisés, avec moins d’imprimantes géantes, des processus de distribution simplifiés et des économies sur le papier, l’encre et le transport. Les revenus proviendront entièrement de la publicité numérique, des abonnements payants, du commerce électronique et des événements. Le journalisme pourra toucher un public plus large, notamment les jeunes et les populations des zones reculées, grâce aux téléphones mobiles. Cependant, la fracture numérique se creusera : les personnes âgées, les agriculteurs et les ouvriers habitués à lire la presse écrite risquent d’avoir un accès plus limité à l’information et d’être plus facilement manipulés par les fausses informations sur les réseaux sociaux. Et cela risque d’entraîner une vague de nostalgie chez beaucoup…
Les temps changent..
.
Quand le journalisme perd son aspect « physique »…
Sans journal papier, le contact avec le papier, l’odeur de l’encre et la lecture tranquille dans les trains, les bus ou les cafés perdent de leur intensité. Les longs reportages d’investigation et les analyses politiques risquent d’être raccourcis pour s’adapter aux petits écrans. L’opinion publique pourrait se polariser davantage sous l’effet des algorithmes qui diffusent des contenus « addictifs ». À l’inverse, le journalisme numérique offre de plus grandes possibilités d’interaction : les lecteurs commentent directement, fournissent des données et participent à la production de contenu…
Dans le contexte vietnamien actuel, le journalisme concentrera ses ressources sur la plateforme numérique nationale, renforçant ainsi l’interaction et la transparence. Cependant, le principal défi consiste à maintenir sa crédibilité et son rôle dans la formation de l’opinion publique face à la concurrence féroce de TikTok, Facebook et YouTube… Sans journaux imprimés, le journalisme peut gagner en flexibilité, mais cela exige des investissements importants dans des ressources humaines de qualité, les technologies et l’éducation aux médias pour le public.
Ainsi, le déclin du journalisme imprimé est une tendance irréversible, mais il ne signifie pas la mort du journalisme. Il s’agit d’une transformation inévitable vers un écosystème d’information plus multidimensionnel, réactif et personnalisé. L’avenir appartient aux rédactions qui savent allier technologie et valeurs fondamentales : vérité, responsabilité et humanité. Le Vietnam a besoin d’une stratégie de transformation numérique systématique pour que le journalisme non seulement survive, mais aussi se développe durablement et contribue au développement du pays.
Directive n° 20/CT-TTg : L’industrie sidérurgique accélère sa transition écologique
22-06-2026
La directive n° 20/CT-TTg donne un nouvel élan au processus de transition écologique dans les industries à fortes émissions.
Secteur énergivore et fortement émetteur de gaz à effet de serre, l’industrie sidérurgique accélère ses efforts d’innovation technologique, améliore l’efficacité de l’utilisation des ressources, réduit ses émissions de carbone et s’oriente vers un modèle de production durable. Des politiques gouvernementales aux initiatives des entreprises, cette transition écologique offre des perspectives pour renforcer la compétitivité de la sidérurgie vietnamienne dans un contexte d’intégration internationale accrue.
La transition écologique devient une nécessité inévitable
L’industrie sidérurgique est considérée comme l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre au monde. Selon les statistiques internationales, chaque tonne d’acier produite selon la technologie traditionnelle du haut fourneau peut générer entre 1,8 et 2 tonnes d’émissions de CO2. Avec une production mondiale d’acier dépassant 1,8 milliard de tonnes par an, ce secteur est actuellement responsable d’environ 7 à 9 % des émissions mondiales totales de gaz à effet de serre.

Le four de la ligne de galvanisation de VNSTEEL Thang Long Coated Steel utilise du GNL comme combustible. Photo : Thu Huong
Au Vietnam, parallèlement au processus d’industrialisation et de modernisation du pays, la sidérurgie joue un rôle crucial dans le développement des infrastructures, la construction et la production industrielle. Cependant, la croissance de la production a également engendré des exigences de plus en plus strictes en matière de protection de l’environnement, d’efficacité énergétique et de réduction des émissions.
Dans ce contexte, la directive n° 20/CT-TTg, émise par le Premier ministre et relative à plusieurs mesures urgentes de protection de l’environnement, constitue une orientation majeure pour promouvoir l’innovation dans les modèles de développement industriel. Cette directive charge le ministère de l’Industrie et du Commerce (MoIT) de piloter, en coordination avec les ministères et agences concernés, le développement des industries respectueuses de l’environnement. Elle exige également une coordination avec les ministères, les secteurs et les collectivités territoriales afin de renforcer la gestion étatique de la protection de l’environnement dans les parcs et pôles industriels, ainsi que l’importation de véhicules, de machines et de matériaux de récupération d’occasion utilisés comme intrants de production. Des plans de mise en œuvre précis seront élaborés à partir du troisième trimestre 2025.
Ces exigences sont pleinement conformes aux tendances mondiales. Depuis le 1er janvier 2026, l’Union européenne (UE) applique intégralement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui impose aux produits sidérurgiques importés de supporter des coûts carbone équivalents à ceux imposés aux producteurs de l’UE. Ainsi, les émissions de carbone ne constituent plus seulement un enjeu environnemental, mais sont devenues un facteur déterminant de la compétitivité des produits sur les marchés internationaux.
Au niveau national, la mise en œuvre d’inventaires de gaz à effet de serre, l’attribution de quotas d’émissions pilotes et la préparation du fonctionnement d’un marché du carbone transforment profondément les activités de production industrielle. En vertu du décret n° 119/2025/ND-CP, les aciéries soumises à la réglementation sont tenues de réaliser progressivement des inventaires d’émissions et de participer à la feuille de route nationale de réduction des émissions.
D’après les données de l’Association vietnamienne de l’acier (VSA), la production d’acier brut du pays a atteint près de 24,7 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente et le niveau le plus élevé enregistré ces cinq dernières années. Face à cette croissance continue, le besoin d’un développement durable se fait de plus en plus pressant.
Les experts constatent que si la protection de l’environnement était auparavant perçue principalement comme une responsabilité sociale des entreprises, elle est désormais devenue une condition sine qua non du maintien de la compétitivité et de la participation aux chaînes d’approvisionnement mondiales. Par conséquent, la transition écologique n’est plus une option, mais une nécessité incontournable pour l’ensemble de la filière sidérurgique.
De la politique à l’action
Pour atteindre les objectifs de croissance verte et de développement durable, de nombreuses entreprises sidérurgiques ont mis en place des stratégies proactives de réduction des émissions, adopté de nouvelles technologies et amélioré l’efficacité de leur gestion environnementale.
En tant qu’entreprise leader de la sidérurgie vietnamienne, Vietnam Steel Corporation – JSC (VNSTEEL) considère la protection de l’environnement comme un pilier fondamental de sa stratégie de développement à long terme. Guidée par la vision de « survivre et se développer dans un monde neutre en carbone », la société a établi une feuille de route progressive de réduction des émissions s’étendant jusqu’en 2050.
Actuellement, environ 82 % de la production d’acier brut de VNSTEEL est obtenue grâce à la technologie des fours à arc électrique (FAE), tandis que seulement 18 % provient des hauts fourneaux traditionnels. Cela représente un avantage considérable, car la technologie FAE utilise de la ferraille recyclée comme matière première principale, réduisant ainsi sensiblement les émissions de carbone par rapport à la production d’acier à partir de minerai de fer vierge.
Conformément à sa feuille de route, VNSTEEL vise à réduire ses émissions de carbone de 5 à 10 % à court terme grâce à une meilleure efficacité énergétique, une consommation de matières premières réduite, une qualité d’approvisionnement supérieure et des processus de production optimisés. D’ici 2030, l’entreprise ambitionne de réduire ses émissions de 20 à 30 % tout en remplaçant progressivement les technologies obsolètes par des équipements plus performants. À plus long terme, l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 se traduit par des actions concrètes, notamment la recherche sur les énergies renouvelables, telles que l’éolien et le solaire, ainsi que sur d’autres technologies bas carbone.
Au-delà des orientations stratégiques, de nombreuses filiales de VNSTEEL ont mis en œuvre des mesures concrètes pour atteindre leurs objectifs de transition écologique.
Chez Southern Steel Company Limited – VNSTEEL, la technologie du four à arc électrique a été choisie dès le début de la production. Avec une capacité de production annuelle d’environ 500 000 tonnes d’acier, l’entreprise est considérée comme pionnière dans l’application des technologies à faibles émissions au sein de l’industrie sidérurgique vietnamienne.
Afin de lutter contre la pollution atmosphérique, l’entreprise a investi plus de 42 milliards de dongs dans la modernisation de son système de traitement des gaz d’échappement de four à arc électrique. Ce système est capable de capter et de traiter environ 1,56 million de mètres cubes de gaz par heure, grâce à plus de 4 100 sacs filtrants en tissu, et respecte les normes techniques nationales relatives aux émissions des installations de production d’acier.
Parallèlement, une station d’épuration d’une capacité de 950 mètres cubes par jour est exploitée sous un système de surveillance automatisée continu (24 h/24 et 7 j/7) relié directement aux autorités de gestion étatiques. Cette mesure répond également aux exigences de la Directive 20 visant à renforcer la transparence et à garantir un contrôle efficace des principales sources d’émissions.
Dans le domaine de la gestion de l’énergie, l’entreprise a mis en œuvre une série de mesures, notamment l’installation de variateurs de fréquence pour les systèmes de pompage et d’air comprimé, le remplacement des moteurs par des modèles à haut rendement, la mise en place d’un système centralisé de contrôle de l’air comprimé et la valorisation de la chaleur résiduelle des billettes chaudes issues de la production. Ces solutions contribuent non seulement à réduire les coûts de production, mais aussi à diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Une autre étape importante a été la réalisation d’un inventaire des gaz à effet de serre conforme aux normes internationales, couvrant à la fois les émissions directes et indirectes liées à la consommation d’électricité. La mise en place d’une base de données exhaustive sur les émissions permet à l’entreprise d’identifier précisément les possibilités de réduction supplémentaires et de se préparer à participer au futur marché du carbone.
Lors du Forum national sur l’environnement et le climat 2026, les dirigeants de VNSTEEL ont affirmé que la réduction des émissions est non seulement une obligation, mais aussi une opportunité de renforcer la compétitivité de l’entreprise. En conséquence, VNSTEEL axe ses efforts sur trois axes principaux : l’optimisation des technologies et de la gestion des émissions ; la promotion des énergies renouvelables et de l’économie circulaire ; et l’amélioration de la qualité des produits, conjuguée à l’augmentation de la productivité du travail, afin de générer les ressources nécessaires à la transition écologique.
En réalité, la mise en œuvre de la Directive 20 va au-delà du simple respect des réglementations environnementales et incite les entreprises à innover dans leurs modèles de développement. Alors que les normes environnementales deviennent de plus en plus un « passeport » pour les marchandises entrant sur les marchés internationaux, la transition écologique est la voie à suivre pour que l’industrie sidérurgique vietnamienne renforce sa compétitivité et s’intègre plus profondément aux chaînes de valeur mondiales.
Le Vietnam appelle les consommateurs à économiser l’électricité alors qu’une vague de chaleur provoque une demande record
25-06-2026
Le fournisseur public vietnamien d’électricité EVN a appelé jeudi les entreprises et les ménages à économiser l’énergie afin d’alléger les tensions sur le réseau électrique du pays, alors qu’une chaleur intense porte la consommation d’électricité à des niveaux records.
Les températures devraient dépasser 40 degrés Celsius dans plusieurs régions du Vietnam jeudi, selon l’agence nationale de prévisions météorologiques.
* La demande maximale d’électricité a atteint 58,46 gigawatts mercredi, un nouveau record, selon EVN.
* EVN a encouragé les consommateurs à régler leurs climatiseurs à au moins 26 degrés Celsius (78,8 degrés Fahrenheit) et à recourir davantage à l’éclairage et à la ventilation naturels.
* « Utiliser l’électricité de manière efficiente et efficace permet non seulement de réduire les coûts d’électricité, mais aussi d’alléger la pression sur le réseau électrique national », a déclaré EVN.
* Le Vietnam augmente ses importations d’électricité tout en faisant fonctionner ses centrales à pleine capacité afin de garantir des approvisionnements suffisants, a indiqué EVN. (Reportage de Khanh Vu ; Édition de David Stanway)
Fontainebleau, été 1946 : l’ultime chance (première partie)
23-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Premier volet d’une série consacrée aux négociations franco-vietnamiennes de l’été 1946, cet article revient sur les événements qui conduisent à la conférence de Fontainebleau. De l’accord du 6 mars à l’arrivée de Ho Chi Minh en France, il montre comment les malentendus et les tensions compromettent déjà les espoirs d’un règlement pacifique.

Juillet 1946. Ho Chi Minh est à Paris. Il est venu négocier le statut du Vietnam au sein d’une Union française aux contours encore mal définis. Lorsqu’il a atterri au Bourget, le 22 juin, après avoir passé trois semaines à Biarritz, c’est Marius Moutet, le tout nouveau ministre de la France d’outre-mer, qui est venu l’accueillir au milieu d’une foule enthousiaste. Pourquoi ce séjour à Biarritz ? Parce qu’à son arrivée en métropole, le 2 juin, le gouvernement de Félix Gouin venait tout juste de tomber. Aussi l’a-t-on envoyé au Pays basque pour le faire patienter. Pour le faire patienter, mais surtout pour lui permettre de digérer la nouvelle reçue par la radio de l’avion qui l’amenait en France : le 1er juin, l’Amiral Thierry d’Argenlieu a fait unilatéralement proclamer une République autonome de Cochinchine…
Il convient, ici, de faire un petit retour en arrière et de se souvenir que le 6 mars 1946 à Hanoï, un accord a été signé, qui reconnaît au Vietnam le statut d’État libre au sein de l’Union française. Côté français justement, les deux promoteurs de cette main tendue – Jean Sainteny et le Général Leclerc – pensent ainsi avoir réussi in extremis à sauver la paix. Mais c’est sans compter sur les ultras de l’Indochine française, qui veulent à tout prix conserver la « perle de l’Empire » et qui ont trouvé, en la personne de l’Amiral Thierry d’Argenlieu, Haut commissaire de la République en Indochine, un véritable champion.
Ce dernier a tout de même pris la peine de recevoir Ho Chi Minh le 24 mars, en baie d’Halong, à bord du croiseur Emile Bertin, mais les discussions entre les deux hommes n’auront eu pour principal résultat que d’instaurer un climat de défiance.
Dalat: un premier dialogue de sourds
Une défiance qui a d’ailleurs éclaté au grand jour quelque temps après, à Dalat, à l’occasion d’une conférence en principe préparatoire, tenue du 19 avril au 11 mai, qui restera dans l’Histoire comme la plus parfaite illustration de ce que peut signifier l’expression « dialogue de sourds ».
De cette rencontre de Dalat, on retiendra surtout deux interprétations bien différentes de l’accord du 6 mars, qui pour le Vietnam, doit aboutir à une indépendance totale pour les trois Ky, c’est-à-dire les trois grandes régions du pays : Tonkin (nord), Annam (Centre) et Cochinchine (Sud). Mais c’est justement là que le bât blesse, car les Français ne sont enclins ni à accorder un tel degré d’autonomie au gouvernement de Ho Chi Minh, ni surtout à abandonner les rizières et les plantations de caoutchouc du Vietnam méridional.
Conférence de Dalat. On peut notamment reconnaître Vo Nguyen Giap (à gauche), le chef de la délégation vietnamienne, et Max André (au milieu, costume clair, une serviette à la main), le chef de la délégation française.
La Cochinchine va donc constituer la principale pierre d’achoppement des pourparlers franco-vietnamiens. Mais Thierry d’Argenlieu, dont l’hostilité à l’accord du 6 mars n’est un secret pour personne, va s’en servir pour prendre tout le monde de vitesse et pour pratiquer la politique du fait accompli.
La république autonome de Cochinchine
Reprenons donc le fil de l’histoire et revenons à la fin du mois de mai. Le 31, Ho Chi Minh et sa délégation prennent l’avion pour un voyage qui va durer deux jours. Deux jours que l’Amiral saura mettre à profit pour agir seul, car le fait est qu’il a les mains libres, d’autant plus libres qu’à Paris, l’une des premières crises ministérielles de la IVe République naissante vient de faire chuter le gouvernement de Félix Gouin.
Dès le 1er juin, Thierry d’Argenlieu tente le coup de force : il proclame une République autonome de Cochinchine au cours d’une cérémonie organisée devant l’hôtel de ville de Saïgon.
Cérémonie franco-vietnamienne devant le monument aux morts de Saïgon. On peut reconnaître les deux drapeaux, français et cochinchinois.
À sa tête, il place le docteur Nguyen Van Thinh, un notable pro-français, homme de peu d’envergure, qui ne va pas tarder à comprendre que son gouvernement est un gouvernement fantoche et qu’il n’est qu’un pion dans la partie d’échecs qu’a engagée Thierry d’Argenlieu – « Je suis obligé de jouer une farce », dira-t-il à ce sujet – et qui se suicidera quelques mois plus tard, le 10 novembre.
Nguyen van Thinh
En attendant, Thierry d’Argenlieu a réussi son coup. L’accord du 6 mars, qu’il vient ainsi de torpiller sans complexe, prévoyait en effet que l’avenir de la Cochinchine ferait l’objet d’un référendum.
Lorsque Ho Chi Minh apprend la nouvelle par la radio de l’avion qui l’emmène en France, il est consterné. Ceux qui l’entourent, eux, crient à l’indignation et à la trahison, notamment Pham Van Dong, qui fait office de chef de la diplomatie, et qui est partisan d’un demi-tour…
Mais la délégation de la République démocratique du Vietnam n’est pas au bout de ses surprises. Lorsqu’elle atterrit à Paris le 2 juin, la France est sans gouvernement. Si la IVe République avait voulu délibérément faire démonstration de faiblesse, elle n’aurait sans doute pas fait mieux !
Un détour par Biarritz
En attendant, Ho Chi Minh et les siens sont des hôtes bien embarrassants pour la France, qui est obligée de les faire patienter et qui décide donc de les envoyer « passer le temps » au pays basque, le temps, justement, que l’Assemblée nationale accouche d’un nouveau gouvernement… L’indispensable Jean Sainteny, l’homme de l’accord du 6 mars, est de la partie. Il demande à Guy Petit, alors maire de Biarritz, d’accueillir tous ces Vietnamiens et de leur faire découvrir les charmes de l’arrière-pays. Excursions en tous genres (dont une excursion gastronomique à Biriatou), parties de pelote basque, réceptions, « toro de fuego », pêche au thon et même un pèlerinage à Lourdes : les Biarrots sortent le grand jeu pour Ho Chi Minh, lequel s’y prête volontiers, soignant son image d’homme affable et simple.
Ho
Chi Minh sur la côte basque
Il n’empêche. Charles Tillon, ministre de l’Armement sortant issu des rangs du parti communiste français, vient sur place pour se rendre compte des « inqualifiables » conditions dans lesquelles le Président de la République démocratique du Vietnam est séquestré !
Le principal intéressé, lui, ne semble pas prendre la chose au tragique, loin s’en faut. Il en profite pour peaufiner son offensive de charme auprès de la population française, allant même jusqu’à déposer une gerbe de fleurs au monument aux morts de Biarritz le 18 juin, en souvenir de l’appel à la résistance du Général De Gaulle. Personne, alors, ne s’avise qu’il pourrait bien à son tour lancer un appel à la résistance (ce sera chose faite le 19 décembre), mais contre les colonialistes français… Hommage du chef de la résistance vietnamienne au chef de la résistance française, en fait, mais que les Français interprètent (ou veulent interpréter) alors comme la marque d’un respect presque docile envers la France.
Ho Chi Minh sur la plage de Biarritz
C’est le 22 juin que les choses sérieuses reprennent et que se referme cette insolite parenthèse basque qui aura tant contribué au mythe de l’oncle Ho, grand-père bonasse.
Un accueil triomphal au Bourget
Dans l’intervalle, la France a réussi à se doter d’un gouvernement présidé par Georges Bidault, un fervent partisan de l’Empire. Il est donc temps pour Ho Chi Minh de regagner Paris et d’y faire entendre la voix du Vietnam, si tant est qu’on veuille bien l’entendre…
La France, en tout cas, ne déroge pas à ses traditions et c’est bel et bien un accueil d’homme d’Etat qui est réservé à Ho Chi Minh à sa descente d’avion au Bourget. Beaucoup de Vietnamiens résidant en région parisienne ont fait le déplacement. Nombre d’entre eux agitent le drapeau rouge à étoile jaune de la République démocratique et c’est au milieu d’une véritable ferveur patriotique que celui qui avait débarqué en 1911 à Marseille sous le nom de Nguyen Ai Quoc foule le tarmac de l’aéroport du Bourget où la garde républicaine lui rend les honneurs : quel chemin parcouru !
Un accueil de Chef d’État
La communauté vietnamienne présente à l’accueil
Les enfants présents à l’accueil
Avec Marius Moutet, ministre de la France d’Outre-mer
Cette France qui semble dérouler le tapis rouge à Ho Chi Minh sort tout juste de quatre années d’une occupation traumatique et elle a bien d’autres soucis, en cet été 1946, que cette lointaine Indochine qui semble s’agiter. Elle tient néanmoins à son empire et refuse de comprendre que les temps ont changé.
Tout le malentendu réside en deux syllabes : doc lap. Pour les Vietnamiens, elles se traduisent, ces deux syllabes, par « indépendance ». Pour les Français, qui se permettent alors d’être plus vietnamiens que les Vietnamiens eux-mêmes, elles se traduisent par « autonomie ».
Produire de grandes cultures en agroécologie de manière rentable, c’est possible (même au Vietnam)
30-06-2026
Depuis vingt-cinq ans, l’Inrae teste en conditions réelles des alternatives à l’agriculture conventionnelle sur huit hectares à Versailles, dans les Yvelines. Une expérience riche en enseignements.
Peut-on nourrir la France en réduisant notre utilisation de pesticides et d’engrais azotés ? Pour répondre à cette question, les chercheurs peuvent utiliser plusieurs méthodes. L’une d’entre elles consiste à tester différentes techniques agricoles en conditions réelles sur de grandes cultures et à étudier leurs évolutions sur le temps long.
C’est ce qu’il se passe dans l’une des stations expérimentales de l’Inrae depuis vingt-cinq ans, et les résultats agronomiques et économiques de cette expérimentation donnent de nombreuses raisons de se réjouir.
Un essai système d’une durée de vingt-cinq ans
Le dispositif expérimental La Cage, mis en place en 1998 à Versailles (Yvelines) sur une parcelle de huit hectares, compare ainsi sur le long terme quatre systèmes de culture cohérents et représentatifs des grandes cultures sans élevage :
- un système productif conduit en agriculture conventionnelle ;
- un système à bas niveau d’intrants (faible utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais azotés) ;
- un système en agriculture biologique ;
- un système sous couvert végétal.
Dans ce dernier cas de figure, des plantes sont semées entre deux cultures afin de protéger le sol lorsqu’il resterait nu. Ces couverts végétaux sont utilisés pour tâcher de limiter l’érosion, d’améliorer la fertilité et la structure des sols, de favoriser la biodiversité et de réduire le développement des mauvaises herbes.
Plus de 3/4 de notre objectif est déjà atteint. Et si vous nous aidiez à franchir la dernière étape ?
Cette façon de faire de l’agriculture implique une réduction du travail du sol notamment des opérations mécaniques réalisées pour préparer la terre avant les cultures. Cette réduction permettrait notamment de préserver la structure et la biodiversité des sols, de limiter l’érosion, de diminuer les émissions liées à l’usage des machines agricoles et de favoriser la séquestration du carbone dans les sols.
Conçu pour anticiper des enjeux comme la réduction des pesticides ou l’amélioration du bilan carbone, ce dispositif de La Cage permet de tester et d’ajuster des pratiques innovantes en fonction des objectifs et de l’évolution des connaissances.

Chaque système combine différents leviers techniques (rotation des cultures, travail du sol, fertilisation, etc.) qui interagissent entre eux : par exemple, la stratégie de fertilisation dépend de la densité de semis choisie, car une densité plus élevée entraîne une compétition accrue entre plantes et modifie leurs besoins en nutriments.
L’agriculture biologique mise, elle, sur les légumineuses pour compenser l’absence d’engrais azotés, car celles-ci (pois, trèfle, luzerne, féverole, etc.) fixent naturellement l’azote de l’air ce qui permet d’enrichir les sols en azote pour les cultures suivantes.
Quelles performances agronomiques des systèmes expérimentaux de La Cage ?
Les rendements des principales espèces cultivées, notamment blé, maïs, colza et pois, ont ainsi été mesurés chaque année, offrant une série temporelle robuste pour comparer la productivité des systèmes contrastés.

Dans les systèmes avec bas niveau d’intrants, sous couvert végétal et en agriculture biologique, les séries de rendements montrent généralement une variabilité plus élevée et des niveaux moyens de rendement inférieurs au système productif (Cf. Figure 1). Par contre, les marges peuvent être importantes et surpasser nettement le système productif. C’est notamment le cas avec l’agriculture biologique, car le prix de vente du blé bio est en règle générale nettement plus élevé que le conventionnel.
Dans le système sous couvert végétal, la restitution au sol des résidus de culture (tiges, feuilles mortes, racines) et des couverts végétaux contribue à la fertilité des sols. Cependant, ces restitutions influencent également la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures suivantes, ce qui peut entraîner des variations interannuelles des rendements.
Dans les systèmes biologiques et sous couvert végétal, l’introduction de légumineuses permet de capter l’azote atmosphérique, un élément essentiel à la croissance des plantes, modérant ainsi partiellement les déficits d’apport d’engrais azotés.
Par ailleurs, les systèmes sous couvert permanent sans travail du sol montrent des effets positifs sur la structure du sol, notamment par l’amélioration de la stabilité des agrégats et l’augmentation de la porosité, favorisant ainsi l’infiltration de l’eau et l’activité biologique du sol. Ces bénéfices doivent être mis en balance avec des défis techniques comme la gestion des couverts, qui sont en compétition pour l’eau et les nutriments avec les cultures principales et le défaut de maîtrise des mauvaises herbes.
Globalement, l’analyse agronomique et économique de La Cage confirme que certains systèmes de culture diversifiés peuvent atteindre des niveaux de rentabilité équivalents au système productif, sur la culture du blé et à l’échelle de la rotation, tout en améliorant certains aspects de durabilité. Ces résultats illustrent aussi l’importance de considérer des séries longues de données pour intégrer la variabilité climatique et les effets cumulatifs des pratiques de gestion, la restitution des résidus de culture au sol et la dynamique des cultures successives.
Mais qu’en est-il de ces maladies qui peuvent ravager les cultures et qui restent encore souvent les bêtes noires des agriculteurs ? Considérant, par exemple, la septoriose du blé, nos résultats montrent les limites des systèmes productifs très vulnérables dès que l’on n’utilise plus de pesticides.
La gestion des maladies
La septoriose du blé est une maladie fréquente qui dépend fortement du climat. Sa gestion repose sur différents leviers (choix variétal, pratiques culturales, fongicides). Les systèmes productifs très dépendants des traitements sont les plus touchés lorsque l’on retire l’usage des pesticides. Des systèmes, comme le semis sous couvert, limitent mieux la maladie, car il permet aux microorganismes (bactéries, champignons, faune du sol) de rentrer en compétition avec les agents pathogènes ou de limiter leur développement. Ainsi, réduire les pesticides n’entraîne pas forcément plus de maladies, à condition d’adapter les pratiques. Globalement, c’est la cohérence du système agricole dans son ensemble qui permet une gestion durable des maladies.
Notre étude confirme également d’autres bénéfices aux pratiques agroécologiques. Le premier concerne le carbone qui est stocké dans les sols agricoles et qui représente aujourd’hui un enjeu majeur pour l’atténuation du changement climatique.
Quel bilan carbone ?
De fait, une partie non négligeable du carbone séquestré par les plantes lors de la photosynthèse finit dans le sol par l’intermédiaire des racines. Les résidus de culture aériens (tiges, feuilles mortes…) constituent un autre apport en carbone dans les sols. Mais selon les techniques agricoles utilisées, la pérennité de ce stock de carbone peut fluctuer.
Le carbone stocké dans le sol est un des déterminants majeurs de sa fertilité, qu’elle soit physique (maintien de la structure), chimique (fourniture de nutriments) ou biologique (ressource pour les organismes vivants).
En l’absence d’apports d’effluents organiques issus de l’élevage, le bilan carbone d’un système de culture découle seulement du niveau des entrées et des pertes à l’échelle de la parcelle. Les entrées correspondent donc aux résidus (aériens et souterrains) des cultures et des couverts végétaux. Les pertes correspondent à la minéralisation des matières organiques du sol sous l’action des microorganismes qui peuplent la terre, la décomposent et la transforment en éléments minéraux.
Les systèmes de culture de La Cage présentent des dynamiques contrastées d’apports de carbone au sol, étroitement liées à la productivité des cultures, à la place des légumineuses et des couverts végétaux.
Plus les rendements sont élevés, plus il y a des résidus de culture restitués au sol. C’est donc le système productif qui produit le plus de résidus riches en carbone. Toutefois, cette réalité est compensée dans les systèmes ayant des couverts végétaux. Dans le système sous couvert, les apports totaux de carbone sont au final estimés à un niveau supérieur à celui des autres systèmes, grâce à l’apport de ces couverts. Au final, le stock de carbone augmente dans le temps dans le système en agriculture biologique et encore plus dans le système sous couvert végétal, alors qu’il reste stable dans les deux autres systèmes.
Quels effets sur la biodiversité du sol ?
Au-delà de la gestion des maladies et de l’apport en carbone des sols, notre étude met également en évidence un autre bénéfice majeur des pratiques agroécologiques : leur effet positif sur la biodiversité du sol.
La biodiversité du sol comprend une multitude de taxons de taille extrêmement variable et qui remplisse des fonctions diverses. Les vers de terre qui constituent l’essentiel de la macrofaune du sol sont les plus souvent étudiés et sont considérés comme des acteurs majeurs du fonctionnement du sol compte tenu de leur rôle de fouisseur et transformateur de la matière organique. Les pratiques agricoles, en particulier le travail du sol, l’apport de matière organique et l’usage de pesticides, sont de longue date reconnues comme ayant un impact majeur dans le maintien de ces populations.
Le système sous couvert végétal, sans travail du sol, se distingue par des abondances et biomasses nettement plus élevées de vers de terre anéciques et épigés, de trois à sept fois supérieures à celles observées dans les systèmes productif et biologique avec du travail du sol, et ce, seulement une dizaine d’années après l’implantation de l’essai. Cette augmentation s’accompagne également d’une diversité en espèces de vers de terre.
En agriculture biologique, l’augmentation des populations de vers de terre est plus lente. Mais après plus de quinze ans de conduite, ce système peut héberger entre 1,5 et 2,3 fois plus de vers de terre que le système productif, selon les variations interannuelles liées au climat.
Par ailleurs, les changements de pratiques agricoles mettent souvent plusieurs années à se traduire par des modifications significatives des communautés de vers de terre. Ces résultats soulignent l’importance des dispositifs expérimentaux de long terme pour évaluer de manière robuste l’impact des systèmes de culture sur la biodiversité des sols.
Que retenir ?
Les essais systèmes sont des outils clés pour tester et évaluer des solutions agroécologiques. Sur le long terme, ils montrent qu’il est possible de produire avec moins de pesticides, d’azote et d’énergie, tout en assurant une marge économique pour l’agriculteur, un stockage de carbone et l’accroissement de la biodiversité dans les sols.
Le dispositif évolue pour répondre à ces enjeux qui se posent aujourd’hui à l’agriculture et en lien avec la demande sociétale : produire sans apport d’azote, sans travail du sol, aller vers une agriculture sans pesticides, concilier production et biodiversité. Des nouveaux systèmes abordant ces thématiques sont en cours de conception avec la profession agricole.
ENVIRONNEMENT & CULTURE
Le Vietnam : au carrefour d’une nouvelle Asie
15-06-2026
100 questions pour comprendre la nouvelle puissance asiatique, une chronique littéraire de François Guilbert

Après avoir publié dans sa collection Le Monde en 100 questions sept volumes consacrés à l’Asie centrale, à l’Extrême-Orient (Chine, Japon, Corée du Nord et Corée du Sud) et à l’Asie méridionale (Inde, Pakistan), les éditions Tallandier complètent leur panorama asiatique avec un premier ouvrage consacré à l’Asie du Sud-Est. Elles en ont confié la rédaction à un observateur aguerri de l’ASEAN et à un spécialiste reconnu du Vietnam contemporain depuis plus de deux décennies.
Auteur, en 1999, d’une thèse de doctorat intitulée Héros nouveau et combattant d’émulation en République démocratique du Vietnam (1948-1964), Benoît de Tréglodé est aujourd’hui directeur de recherche à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) et codirecteur du Centre Asie du Sud-Est de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Vietnamophone et fort de déjà six ouvrages consacrés au Vietnam communiste, il sait comment accéder aux informations les plus pertinentes et en tirer le meilleur pour son lectorat.
Sept chapitres pour comprendre l’histoire, la société, l’économie et l’insertion internationale de la République socialiste
On peut lire l’ouvrage de manière linéaire ou y piocher au gré de ses curiosités. Aux questions qui interpellent répondent des textes de deux ou trois pages, solidement construits et nourris de données précises.
S’appuyant sur près d’une dizaine de cartes, une chronologie allant de la civilisation du bronze au XIVe congrès du Parti communiste, qui a vu en 2026 le secrétaire général Tô Lâm reconduit dans ses fonctions, ainsi que sur un riche corpus de références (essais, romans, bandes dessinées, chansons et films), l’auteur propose, après quelque 75 pages consacrées à l’histoire, un vaste tour d’horizon du Vietnam contemporain.
Sans parti pris idéologique ou militant, l’encyclopédiste expose les réalités actuelles et leur évolution au cours de la dernière décennie.
Si une cinquantaine de pages est consacrée au fonctionnement des institutions – Assemblée nationale, Parti communiste, Armée populaire, Sécurité publique –, de nombreux sujets sensibles sont également décortiqués : les relations entre les évangélistes et les minorités des hauts plateaux, les libertés publiques, la loi sur la cybersécurité de 2019, le militantisme écologique ou encore les droits LGBT. Le regard se tourne aussi vers les défis à venir, qu’il s’agisse de la natalité, des effets du réchauffement climatique ou de l’exploitation des terres rares. Pas de questions taboues, pas d’angles morts !
Cependant, il serait impossible d’appréhender le Vietnam sans s’intéresser à la stratification de ses classes sociales, à commencer par l’élargissement de sa classe moyenne et les appétits des « super-riches », mais aussi à l’évolution du rôle de l’État dans l’économie, à la place des migrants et à celle de la diaspora. Rien de tout cela n’a été oublié. Une place importante – près d’un quart du texte – est également consacrée au positionnement géopolitique de Hanoï et à ses relations multivectorielles, avec ses voisins comme avec les pays du Sud global.
Une attention particulière portée aux relations avec la Chine
Un examen très attentif est accordé aux relations avec la République populaire de Chine.
Le mode interrogatif est particulièrement adapté à cet exercice, car il conduit naturellement à s’interroger : une guerre entre les deux États est-elle possible ? Des dépendances structurantes ne sont-elles pas en train de s’installer dans les domaines industriels, les câbles sous-marins ou encore certaines ressources naturelles ? Quelle que soit l’importance accordée à la Chine, Benoît de Tréglodé évite toutefois l’écueil du sino-centrisme qui caractérise nombre d’analyses géopolitiques contemporaines.
Bien au contraire, il s’intéresse à l’asianisation de l’économie vietnamienne et à la diversité des relations régionales dans le cadre de la diplomatie dite « du bambou ». À ce titre, un développement spécifique consacré aux relations avec l’Inde aurait sans doute été bienvenu. Mais le contrat éditorial consistait à répondre à cent questions, et non davantage. L’auteur a donc nécessairement dû faire des choix.
Sachons-lui gré, néanmoins, d’emmener ses lecteurs vers des espaces relationnels trop souvent oubliés ou occultés, à l’image de la politique africaine de Hanoï. Les passionnés d’actualité internationale trouveront également des informations précieuses sur la manière dont la République socialiste du Vietnam aborde ses relations avec la Russie et l’Ukraine, le conflit israélo-palestinien, le concept indo-pacifique, la Corée du Nord ou encore ses dépendances énergétiques.
Quant à ceux qui s’intéressent de près aux relations franco-vietnamiennes, ils n’ont pas été oubliés. Bien au contraire. En clôture de l’ouvrage, ils trouveront des informations et des analyses leur permettant d’apprécier l’état de la francophonie, les relations d’affaires, la préservation du patrimoine architectural colonial, le rôle des Vietnamiens de France et, plus largement, les perspectives d’avenir des relations entre Paris et Hanoï.
Formons le vœu que l’auteur revienne prochainement sur ces enjeux dans un nouvel ouvrage. Ils méritent assurément davantage que quelques commentaires succincts, aussi pertinents soient-ils.
Les incontournables de la littérature vietnamienne traduits en français
15-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Longtemps restée dans l’ombre des littératures japonaise, chinoise et coréenne traduites en français, la littérature vietnamienne offre pourtant un regard unique sur l’histoire et les transformations sociales du Vietnam. Entre mémoire de la guerre, modernité urbaine et bouleversements sociaux, ces œuvres littéraires mettent en lumière un pays en perpétuelle transformation. Malgré un nombre encore limité de traductions disponibles en France, plusieurs romans et recueils permettent aujourd’hui aux lecteurs francophones de découvrir la richesse de la littérature vietnamienne.
Le Chagrin de la guerre, de Bảo Ninh (1987)
“Le Chagrin de la guerre”, paru au Vietnam en 1987, est l’un des chefs-d’œuvre incontournables de la littérature vietnamienne. Bảo Ninh, lui-même un ancien combattant, y décrit la guerre du Vietnam du côté des soldats du Nord. Loin de décrire cette guerre comme une victoire héroïque, l’ouvrage s’attache à souligner le traumatisme durable qu’elle a engendré.
Le récit suit Kien, un ancien combattant de 30 ans, traumatisé par une décennie de combats dans les rangs nord-vietnamiens. Le protagoniste tente de reprendre une vie normale à Hanoï. Toutefois, incapable de se défaire du souvenir de ses camarades disparus et de la violence des combats, il se tourne vers l’écriture comme thérapie pour se défaire de ses démons. Le roman entremêle alors la brutalité des combats et les souvenirs mélancoliques d’un amour de jeunesse brisé.
En 2025, le gouvernement vietnamien a officiellement classé ce livre parmi les 50 meilleures œuvres depuis la réunification. Or, l’auteur a lui-même adressé une lettre au ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme afin de retirer son œuvre de cette liste, une demande qui a pris effet en janvier 2026.
Paru en 1987 sous le titre “Le Destin de l’amour”, puis republié en 1990 sous son titre actuel, “Le Chagrin de la guerre” a été traduit en français par Phan Huy Duong et publié par les éditions Philippe Picquier en 1994. Du même auteur, un recueil de nouvelles intitulé “Le Violon de l’ennemi” vient de paraître en français aux éditions Decrescenzo.
Au rez-de-chaussée du paradis (2005)
“Au rez-de-chaussée du paradis” est un recueil de nouvelles vietnamiennes contemporaines, réunissant plusieurs auteurs dont Nguyễn Ngọc Tư, Thuận, Phan Triều Hải ou Bùi Hoằng Vị. Il s’agit ici d’un ouvrage spécifiquement constitué pour les lecteurs francophones, le livre n’ayant jamais existé en tant que tel au Vietnam. Toutefois, chacune de ces nouvelles a été publiée individuellement au Vietnam dans diverses revues littéraires ou recueils entre 1991 et 2003.
Ce recueil est composé de 14 nouvelles différentes, toutes ancrées dans le Vietnam des années 1990. Les écrivains explorent le quotidien de la société vietnamienne en pleine crise identitaire. Les récits explorent l’effondrement de la cellule familiale traditionnelle, l’ennui conjugal et le contraste frappant entre la frénésie des grandes villes et le calme et la solitude des campagnes. Les auteurs décrivent ainsi un Vietnam en pleine mutation.
Le recueil de nouvelles “Au rez-de-chaussée du paradis”, traduit par Doan Cam Thi, est paru en 2005 aux éditions Philippe Picquier.
L’Ascenseur de Saïgon, de Thuận (2013)
“L’Ascenseur de Saïgon”, paru en France en 2013, est l’un des romans marquants de la littérature vietnamienne contemporaine. L’auteure, née en 1967 et installée à Paris depuis les années 1990, écrit en vietnamien et traduit ses ouvrages elle-même. Une position qui lui permet d’adopter un double regard entre les deux cultures.
Le récit suit une jeune femme vietnamienne, qui après la mort subite de sa mère restée coincée dans l’ascenseur de la nouvelle résidence luxueuse de son fils à Saigon, se lance dans une enquête sur sa propre famille. Ce roman croise trois époques qui ont marqué les membres de la famille : le passé politique de sa mère en 1954 face aux Français, une histoire d’amour tragique en 2004 et le Saïgon d’aujourd’hui, devenu une grande métropole. L’ascenseur en panne devient alors une métaphore d’un pays qui avance trop vite vers la modernité, mais qui reste marqué par son histoire.
Ce roman a donc été traduit par l’auteure elle-même et est paru en France et au Vietnam en 2013, respectivement par les éditions Riveneuve en France et Nhã Nam & NXB Hội Nhà Văn au Vietnam.
Blogger, de Phong Diep (2008)
“Blogger”, paru en 2008 au Vietnam, est un roman vietnamien qui s’empare de sujets contemporains, puisque l’une des lignes directrices de cet ouvrage est l’irruption d’Internet dans la société vietnamienne et la crise identitaire que cela a engendrée. L’auteure, née en 1976 et vivant à Hanoï, fait partie des auteurs de la nouvelle génération ayant grandi après la guerre.
Le roman suit Ha, employée dans une société d’État à Hanoï. Mise à l’écart par ses collègues et rejetée par son fiancé, elle mène une vie solitaire. Pour mettre un terme à son isolement, elle se réfugie sur Internet, où elle devient une blogueuse populaire. La protagoniste mène alors deux vies parallèles. Cependant, plus Ha réussit en ligne, moins elle existe dans le monde réel. Ce récit explore le paradoxe d’un Vietnam encore marqué par l’histoire et le collectivisme, mais confronté à la modernité qui s’accompagne de la liberté individuelle qu’offre Internet.
Au Vietnam, ce livre a été publié en 2008 et a été bien reçu par le grand public. Traduit par Nguyen Phuong Ngoc, ce roman est paru en français aux éditions Riveneuve en 2014. De la même auteure, un recueil de nouvelles intitulé “Delete” est également disponible en France depuis 2013.
Pourquoi si peu de traduction ?
En un siècle, seulement une centaine de livres ont été traduits du vietnamien vers le français. Un bilan d’autant plus faible pour un pays de plus de 100 millions d’habitants, qui possède une grande tradition littéraire.
Plusieurs raisons peuvent venir expliquer cela. Premièrement, le choix des traductions vers le français est lié à une conjoncture politique ou commerciale. En effet, les éditeurs français ont traduit des livres vietnamiens surtout quand le contexte s’y prêtait. Sans cet élan extérieur, la littérature vietnamienne peine à trouver sa place sur les étagères françaises. À cela s’ajoute un obstacle structurel qu’est celui du manque de traducteurs maîtrisant à la fois les deux langues et les deux cultures.
Malgré ces obstacles, certains auteurs parviennent tout de même à publier leurs ouvrages en France. Comme l’illustre le cas unique de Dương Thu Hương qui reste à ce jour la seule auteure vietnamienne dont l’intégralité des romans a été traduite. C’est principalement grâce à des maisons d’édition engagées, comme Philippe Picquier, Riveneuve, Actes Sud ou encore L’Aube, que la littérature vietnamienne reste accessible aux lecteurs francophones.
Le Vietnam engage une transition vers des ports plus verts
15-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Alors que le commerce maritime est en pleine croissance à l’échelle internationale, les ports sont de plus en plus confrontés à un double défi : accompagner l’augmentation des échanges tout en réduisant leur impact environnemental. Au Vietnam, cette problématique est devenue une priorité stratégique. Le pays multiplie les initiatives pour développer des ports plus durables et moderniser ses infrastructures maritimes.

Une transition écologique devenue une priorité nationale
Portes d’entrée et de sortie du commerce international, les ports maritimes jouent un rôle essentiel dans le développement économique du Vietnam. Situé au cœur de l’Asie du Sud-Est et bordé par la mer orientale, le pays bénéficie d’une position stratégique sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées du monde. Cette localisation privilégiée renforce ainsi le rôle de ses infrastructures portuaires dans ses échanges commerciaux. Toutefois, les activités portuaires figurent parmi les principales sources de pollution du secteur. Face à ce constat, depuis plusieurs années, le Vietnam a mis en place une politique visant à développer des “ports verts”, capables de concilier à la fois la dynamique du commerce maritime et le respect de l’environnement.
Pour accompagner cette transition, l’Administration maritime du Vietnam a défini une série de critères permettant d’orienter les investissements du secteur. Les infrastructures portuaires sont ainsi encouragées à avoir recours aux énergies renouvelables et à utiliser des carburants alternatifs tels que le gaz naturel liquéfié ou l’hydrogène. Ces critères constituent aujourd’hui le principal cadre de référence pour les entreprises portuaires vietnamiennes.
Les premiers résultats de la modernisation des ports
Plusieurs ports vietnamiens ont déjà entrepris cette transition avec des résultats encourageants. Le port de Tân Cang – Cat Lai, de Hô Chi Minh-Ville, considéré comme l’un des plus importants terminaux à conteneurs du pays, fait figure de pionnier dans ce domaine. Ce port a notamment mis en place une meilleure gestion des déchets et une optimisation de la consommation énergétique. En 2018, il a obtenu la reconnaissance du programme Green Port Award System de l’APEC grâce à la mise en œuvre de mesures visant à réduire son impact environnemental.
La transition vers des ports plus verts passe également par la numérisation des opérations. Depuis 2022, le port de Quy Nhon utilise un système électronique permettant aux clients de suivre en temps réel les informations relatives aux navires et aux marchandises. Ce système permet, selon les responsables du port, de limiter les temps d’attente des navires dans les ports, réduisant ainsi la consommation de carburant. Ainsi, la digitalisation des ports apparaît comme une mesure nécessaire afin de développer des ports plus respectueux de l’environnement.
Des investissements massifs encore nécessaires
Malgré ces progrès, la transition vers des ports plus verts demeure un défi sur le long terme. La modernisation des infrastructures nécessite plusieurs transformations, dont le renouvellement des équipements de manutention, l’installation de systèmes énergétiques plus performants et la numérisation des ports. Ces évolutions représentent des coûts non négligeables pour ces infrastructures.
Toutefois, face à la croissance du commerce maritime, les ports vietnamiens doivent poursuivre leur modernisation. Chaque année, ils accueillent plus de 100 000 navires et traitent près de 800 millions de tonnes de marchandises. Alors que les échanges internationaux continuent de s’accroître, le développement de ports plus respectueux de l’environnement apparaît comme une nécessité afin de préserver la compétitivité du Vietnam tout en répondant aux objectifs environnementaux internationaux.
Les preuves scientifiques contribuent à renforcer la confiance concernant le biocarburant E10 : Experts
16-06-2026
Alors que le Vietnam a introduit le biocarburant E10 à l’échelle nationale, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de développement des énergies propres, les experts et constructeurs automobiles déclarent que les préoccupations concernant la durabilité du moteur, la consommation de carburant et la compatibilité des véhicules ont été largement résolues par la recherche scientifique et l’expérience internationale.

Vente de biocarburant dans une station Petrolimex le matin du 24 mai 2026
Étape clé de la transition
écologique Selon Dao Duy Anh, directeur adjoint de l’Agence pour l’innovation, la transition verte et la promotion industrielle au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce, le Vietnam mène depuis des années le développement des biocarburants dans le cadre des efforts visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et atteindre la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle.
Au-delà de ses bénéfices environnementaux, l’essence E10 devrait soutenir le développement des chaînes de valeur nationales, de la production de matières premières agricoles et la fabrication d’éthanol à la logistique et à la distribution de carburant. Cette transition devrait également renforcer la sécurité énergétique nationale en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles importés.
E10 est composé à 90 % d’essence conventionnelle et 10 % d’éthanol, un carburant renouvelable produit à partir de matières premières biologiques telles que le manioc, la canne à sucre et le maïs.
Do Van Tuan, président de l’Association des biocarburants du Vietnam, a noté que plus de 65 pays et territoires, représentant environ 97 % de la population mondiale, utilisent déjà des biocarburants, l’E10 étant le mélange le plus adopté. Les grandes économies, dont les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Thaïlande, la Chine et de nombreux pays européens, utilisent l’E10 depuis des années comme un outil efficace pour réduire les émissions liées au transport.
D’un point de vue de la sécurité énergétique, Bui Ngoc Bao, président de l’Association vietnamienne du pétrole, a déclaré qu’une adoption plus large de l’E10 pourrait réduire la dépendance à l’essence aux combustibles fossiles d’environ 10 %, contribuant ainsi à renforcer la résilience nationale face à des marchés énergétiques mondiaux de plus en plus volatils.
Répondre aux préoccupations des consommateurs
La préoccupation la plus courante chez les consommateurs est de savoir si l’E10 affecte les moteurs des véhicules. Des questions sur la corrosion potentielle, les dommages au système à carburant et la consommation accrue circulent largement sur les réseaux sociaux.
Sayaka Arai, directrice générale de Honda Vietnam et présidente de l’Association vietnamienne des constructeurs de motos (VAMM), a déclaré qu’une telle prudence est compréhensible chaque fois qu’un nouveau carburant est introduit.
Cependant, elle a noté que la plupart des motos produites et vendues ces dernières années ont été conçues et testées pour fonctionner avec des carburants contenant jusqu’à 10 % d’éthanol. Les motos modernes, en particulier celles équipées de systèmes d’injection de carburant, sont pleinement compatibles avec l’E10 dans des conditions normales de fonctionnement.
Concernant les rapports de démarrage plus dur ou de performances réduites après le passage à l’E10, elle a expliqué que les propriétés nettoyantes de l’éthanol peuvent desserrer les dépôts accumulés dans les systèmes de carburant au fil du temps, provoquant parfois un bouchage des filtres ou injecteurs à carburant. Ces problèmes sont liés à l’entretien plutôt qu’à des signes de dommages au moteur et peuvent être résolus par un entretien régulier.
Les propriétaires de motos anciennes équipées de carburateurs, de motos de grande cylindrée et de véhicules importés spécialisés sont invités à consulter les recommandations des constructeurs concernant les types de carburant appropriés.
Certains consommateurs ont également exprimé des inquiétudes quant à la possibilité que l’E10 augmente la consommation de carburant car l’éthanol contient légèrement moins d’énergie que l’essence conventionnelle. Les experts techniques, cependant, estiment que toute différence est minime et peu susceptible d’être perceptible au quotidien.
Une étude de 2024 menée par le VAMM en coopération avec l’Université de Hanoïla niversité des sciences et technologies a constaté que l’E10 n’avait aucun impact négatif sur la performance au démarrage du moteur ni sur l’accélération dans des conditions normales de fonctionnement.
La recherche a également montré que l’E10 peut réduire significativement les émissions de polluants nocifs tels que le monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures (HC) grâce à une combustion plus complète. Cela est particulièrement important alors que les grandes zones urbaines continuent de faire face à des défis croissants liés à la pollution de l’air.
Gianluca Fiume, directeur général de Piaggio Vietnam, a confirmé que tous les modèles Piaggio et Vespa officiellement distribués au Vietnam sont entièrement compatibles avec l’E10 et peuvent fonctionner sans affecter les performances ou la durabilité du moteur. Les moteurs i-Get et HPE de la société restent conformes aux normes d’émissions vietnamiennes et européennes lorsqu’ils utilisent du carburant E10.
Les experts insistent sur le fait que le facteur le plus important n’est pas de savoir si les automobilistes utilisent de l’essence E10 ou conventionnelle, mais s’ils utilisent du carburant certifié et suivent les calendriers d’entretien des constructeurs.
Alors que le Vietnam accélère sa transition vers le vert et promeut un transport durable, E10 est de plus en plus perçu comme une solution pratique pour équilibrer les objectifs environnementaux et les besoins de mobilité des consommateurs.
Les résultats de la recherche et l’expérience internationale suggèrent que la plupart des préoccupations concernant les dommages potentiels au moteur ont déjà été résolues par des preuves scientifiques, contribuant à renforcer la confiance dans ce nouveau carburant parmi les automobilistes à l’échelle nationale.
Le système mondial d’observation des océans est en danger : sans les États‑Unis, l’Europe et l’Asie doivent jouer un rôle global
16-06-2026
Arrêter de financer le système global de mesure de l’océan met en danger nos capacités de prévisions météorologiques et d’anticipation – ce qui coûterait au final bien plus cher que ce système lui-même.
Peu de pays sont à même de surveiller les océans, et l’arrangement mondial qui a prévalu jusqu’ici, duquel nous dépendons, montre aujourd’hui des signes de faiblesse. L’Europe et l’Asie doivent désormais décider si elles laissent ce système perdre de sa force ou si elles reprennent la main ensemble.
À l’heure actuelle, dans tous les bassins océaniques de la planète, un réseau mondial d’instruments mesure l’état de la mer.
Des navires de recherche sillonnent les océans en suivant des lignes imaginaires, les « transects », de façon répétée, pour accumuler des données de la surface aux fonds marins. Des bouées ancrées surveillent les océans tropicaux, à la recherche des premiers signes d’El Niño ou de cyclones tropicaux, et prennent le pouls de la circulation thermohaline.
Quelque 4 000 flotteurs autonomes plongent tous les dix jours à 2 000 mètres de profondeur avant de remonter pour transmettre la température et la salinité aux stations au sol par satellite. Des planeurs sous-marins patrouillent les marges continentales, et des bouées dérivantes flottent à la surface dans les eaux les plus reculées. Des centaines d’éléphants de mer portent des capteurs miniaturisés sous la banquise polaire…
Ce réseau produit des informations inestimables qui nous permettent d’anticiper l’évolution des conditions océaniques et météorologiques, d’y réagir, et de protéger l’océan.
Plus de 3/4 de notre objectif est déjà atteint. Et si vous nous aidiez à franchir la dernière étape ?
Néanmoins, le réseau de surveillance des océans est fragile, bien plus que ne le réalisent la plupart des gens et la plupart des gouvernements – notre nouvelle étude, publiée dans Nature Climate Change, a mesuré pour la première fois à quel point.
Le résultat est alarmant. Si les observations d’un seul contributeur majeur, les États-Unis, étaient retirées du Système mondial d’observation de l’océan (GOOS), les erreurs dans notre estimation de la vitesse de réchauffement de l’océan augmenteraient de 163 %. C’est pire que de perdre au hasard 80 % de toutes les données océaniques mondiales. La raison est d’ordre géographique : les instruments américains couvrent tous les bassins océaniques et comblent des lacunes qu’aucun autre pays n’est en mesure de pallier actuellement.
Il ne s’agit pas d’une préoccupation théorique. Les coupes proposées au budget de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de la Fondation nationale pour la science aux États-Unis (NSF) menacent aujourd’hui la contribution états-unienne au GOOS.
La situation n’est guère meilleure de l’autre côté de l’Atlantique ; et les pressions ne se limitent pas à l’Occident. En Chine, scientifiques et décideurs s’efforcent de mettre en place une contribution nationale plus résiliente à l’observation des océans, mais sans les ressources que la situation exige.
Le système de surveillance marine sur lequel le monde s’appuie est mis à rude épreuve presque partout dans le monde.
Un système d’observation dont chaque composante répond à des questions auxquelles les autres ne peuvent pas répondre
Les débats publics sur l’observation des océans se concentrent souvent sur les flotteurs Argo.

Conçus pour surveiller les conditions océaniques, les flotteurs Argo font partie d’un programme international qui recueille des données sur la salinité, la température et les courants à l’aide d’une flotte d’instruments robotisés qui dérivent et se déplacent verticalement entre la surface et les couches intermédiaires de l’eau. D. Luquet, IMEV, Fourni par l’auteur
Chaque flotteur Argo est essentiellement un cylindre étanche contenant des composants électroniques sous pression, doté d’une chambre de flottabilité ingénieuse : il se remplit d’eau de mer pour couler et se vide pour remonter à la surface. Les sciences de l’océan ont été, proprement, révolutionnées par l’utilisation de ces robots autonomes au cours du siècle écoulé.
Cependant, Argo n’est qu’un élément du GOOS et la complémentarité de ses composantes est essentielle.
- Argo profile les deux kilomètres supérieurs de l’océan ouvert ;
- les navires de recherche descendent plus profondément : les campagnes GO-SHIP effectuent des relevés de la surface au fond marin le long de transects (traversées) répétés sur de longues distances, fournissant des mesures de référence de haute précision qui permettent d’étalonner tous les autres instruments et aident à valider les modèles climatiques ;
- les bouées ancrées fournissent des séries chronologiques continues essentielles pour surveiller El Niño, la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique, ainsi que les conditions dans lesquelles se forment les cyclones tropicaux …

Les bouées ancrées dans les eaux tropicales fournissent des séries chronologiques de haute qualité pour une meilleure description, compréhension et prévision de la variabilité et du changement climatiques. M. Maupas, Genavir
- les planeurs sous-marins mesurent les courants côtiers, les tourbillons et les marges continentales que les flotteurs ne peuvent pas détecter ;
- les éléphants de mer transportent des capteurs dans les zones sous-glaciaires des océans polaires, inaccessibles à tout autre instrument.
En somme, chaque plateforme répond à des questions auxquelles les autres ne peuvent pas répondre.

Des éléphants de mer équipés de capteurs révèlent les secrets de l’océan. C. McMahon, IMOS, Author provided (no reuse)
Si l’on supprime l’un de ces éléments, la capacité du système d’observation à fournir des informations fiables se dégrade non pas proportionnellement au volume de données perdues, mais proportionnellement à l’endroit où apparaissent les lacunes.

Carte du monde OceanOPS montrant les systèmes mondiaux d’observation des océans, avec des points colorés indiquant les différents types de plateformes de surveillance. OceanOPS, Author provided (no reuse)
Ce que ce réseau apporte réellement
Le Système mondial d’observation des océans est trop souvent décrit comme un « système de surveillance du climat », mais son rôle est bien plus vaste.
Toutes les prévisions météorologiques opérationnelles s’appuient sur ces données. Les systèmes de prévision numérique météo, gérés par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, par Météo France et par tous les autres grands services météorologiques, intègrent des observations océaniques plusieurs fois par jour.
Sans elles, les prévisions perdent rapidement leur fiabilité.
De même, les nouveaux systèmes de prévision fondés sur l’intelligence artificielle Pangu-Weather et GraphCast, malgré leurs performances impressionnantes, s’appuient entièrement sur ce même flux d’observations. L’IA ne remplace pas les observations : elle en dépend.
Les prévisions subsaisonnières à saisonnières, qui aident à anticiper les saisons de récolte, la demande en énergie et la disponibilité en eau plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’avance dépendent de manière cruciale des connaissances sur la chaleur et la salinité sous-marines.
Les prévisions de trajectoire et d’intensité des cyclones tropicaux, essentielles aux décisions d’alerte précoce et d’évacuation, dépendent de la connaissance de la chaleur contenue dans les couches sous-marines de l’océan, et pas seulement de la température de surface de la mer. En effet, les ouragans tirent leur énergie explosive des couches chaudes situées jusqu’à au moins 200 mètres de profondeur.
Les alertes de vagues de chaleur marines, désormais utilisées couramment par les gestionnaires des pêcheries du monde entier, sont impossibles sans une observation soutenue des couches sous-marines.
Les projections du niveau de la mer utilisées pour concevoir les infrastructures côtières nécessitent des décennies de mesures cohérentes, et la salinité apporte les informations de densité indispensables pour déterminer tous les courants océaniques, y compris l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), le grand « courant de retournement » de l’Atlantique.
En bref, le GOOS est le pilier des services opérationnels, des alertes de tempête de demain aux plans d’adaptation du siècle prochain. Le GOOS n’est pas un luxe mais une nécessité.
Pourquoi les modèles et l’IA ne peuvent à eux seuls nous sauver
Il existe une idée fausse persistante, amplifiée par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), selon laquelle des modèles suffisamment avancés pourraient se substituer aux observations directes. Ce n’est pas le cas.
Tout modèle de prévision, qu’il soit traditionnel ou fondé sur l’IA, repose sur l’assimilation des données : un ajustement continu de la simulation par rapport aux mesures du monde réel. Un modèle d’IA entraîné sur un passé riche en observations sera peu performant dans un présent où les observations sont rares. Dans un monde où les phénomènes extrêmes se multiplient et où l’état des océans évolue, les tendances historiques deviennent moins fiables.
Une observation non effectuée est perdue à jamais. Les mesures satellitaires de la surface de la mer ne peuvent pas nous dire ce qui se passe à des centaines ou des milliers de mètres de profondeur, là où la chaleur s’accumule, où les courants se réorganisent et où se forment déjà les précurseurs de la météo de la saison suivante. Pour voir sous la surface, nous avons besoin d’instruments dans l’eau.
L’assurance la moins chère dont nous disposons
L’argument selon lequel l’observation des océans est trop coûteuse s’effondre face aux chiffres.
Le coût annuel total du système mondial, toutes plateformes et tous personnels confondus, s’élève à environ un milliard d’euros à l’échelle mondiale. La part européenne n’en représente qu’une fraction.
Les phénomènes météorologiques extrêmes liés aux conditions océaniques ont causé des dizaines de milliards d’euros de dégâts à travers l’Europe rien qu’en 2024.
Une seule saison d’ouragans majeure dans l’Atlantique Nord peut coûter des centaines de milliards de dollars aux États-Unis. Les vagues de chaleur marines ont anéanti des pêcheries valant des milliards et provoqué un blanchissement massif des coraux sur tous les récifs de la planète. Les prévisions saisonnières erronées ont des répercussions en cascade sur l’agriculture, l’énergie et l’aide humanitaire, avec des conséquences rarement chiffrées.
Chaque euro dépensé pour l’observation des océans rapporte plusieurs fois sa valeur. C’est l’un des investissements publics les plus rentables qui soient.
Le choix de l’Europe
L’Europe doit considérer l’observation des océans comme une infrastructure critique, au même titre que la navigation par satellite ou les services météorologiques. Cela implique un financement stable et pluriannuel pour l’épine dorsale opérationnelle du système : les bouées, les navires, les amarrages, les planeurs sous-marins et les centres de données qui traitent et diffusent les données.
La France possède la deuxième plus grande zone économique exclusive (ZEE) du monde. Présente dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, la France compte cinq départements et régions ainsi que sept collectivités d’outre-mer, qui abritent 2,7 millions de citoyens français. Pourtant, la France ne contribue qu’à environ 5 % des données mondiales sur le profil de température des océans.
La contribution de l’Australie est plus de trois fois supérieure.
L’Union européenne y contribue à hauteur d’environ 12 %, soit moins d’un quart de la part américaine. L’Europe et la France en particulier devraient augmenter considérablement leur contribution.
OceanObs’29, la conférence internationale décennale qui se tiendra en Chine en 2029, est l’occasion de négocier un système mondial plus équilibré, reflétant les capacités économiques et les intérêts maritimes plutôt qu’un accident de l’histoire.
La coopération scientifique entre l’Europe et la Chine devrait s’intensifier, car leurs zones d’observation sont largement complémentaires. Ensemble, elles couvriraient une grande partie des océans mondiaux.
Une opportunité qui se referme si on laisse le réseau se dégrader
Le danger réside dans l’érosion progressive des informations dont dépend désormais une part croissante de l’activité humaine et de l’économie bleue.
Les alertes cycloniques deviennent moins fiables, les prévisions saisonnières moins précises, les projections sur le niveau de la mer moins exactes. Chaque perte est peut-être tolérable individuellement. Ensemble, elles reviennent à avancer à l’aveuglette vers la transformation la plus lourde de conséquences du climat de la planète de toute l’histoire de l’humanité.
Le système d’observation des océans est un service public planétaire, construit au fil des décennies par de nombreuses nations. La France et l’Europe possèdent les institutions, l’expertise et l’intérêt maritime nécessaires pour jouer un rôle bien plus important.
Ce qui manque, c’est la décision politique d’agir, tant que le système peut encore être maintenu. La perte de la collaboration entre les nations imposerait une reconstruction bien plus difficile et coûteuse qu’un investissement soutenu dans ce qui fonctionne déjà.
Les travaux générés par l’IA soulèvent de nouvelles questions sur la propriété intellectuelle
22-06-2026
Des chansons et peintures aux logiciels et inventions technologiques, l’intelligence artificielle (IA) s’implique de plus en plus dans le processus créatif. Cependant, à mesure que ces produits commencent à générer de la valeur économique, une question majeure se pose : comment les droits de propriété intellectuelle doivent-ils être protégés ?
Préoccupations parmi les créateurs
Il y a trois ans, Xuan Huong, un jeune technicien à Hanoï, a commencé à explorer des outils de composition musicale alimentés par l’IA. D’abord animée par la curiosité pour cette nouvelle technologie, elle a rapidement découvert la capacité remarquable de l’IA à aider dans le processus créatif.
Grâce à des prompts simples, les systèmes d’IA peuvent arranger, orchestrer et même générer des voix dans une variété de styles. À ce jour, Huong a créé des centaines de chansons, dont beaucoup ont été achetées par des entreprises à des fins de communication et de promotion de marque.
« Si un litige de droits d’auteur survient un jour, serai-je protégé par la loi ? J’ai peut-être écrit les paroles, mais la musique a été en partie générée grâce à l’aide de l’IA. Je ne sais vraiment pas qui détient les droits sur ce produit », a déclaré Huong.
Son inquiétude est partagée par de nombreuses personnes utilisant actuellement l’IA dans des activités créatives. Si l’IA participe directement au processus créatif, qui doit être reconnu comme auteur — l’utilisateur, le développeur d’IA ou le propriétaire de la plateforme technologique ?
De nombreux experts juridiques considèrent cela comme l’un des défis les plus importants que l’IA pose aux systèmes juridiques existants.
Selon le professeur Hoang Van Kiem, ancien président du Conseil des chaires d’État pour les technologies de l’information et président du Conseil scientifique et de formation de l’Université internationale de Saïgon, les lois actuelles sur la propriété intellectuelle reposent fondamentalement sur le principe de la protection de la créativité humaine.
Cependant, avec le développement rapide de l’IA, un nombre croissant de produits et d’inventions sont créés presque entièrement par des processus automatisés, avec peu ou pas d’intervention humaine directe.
« Cela soulève toute une série de questions juridiques. Les produits générés par l’IA peuvent-ils être protégés de la même manière que les inventions humaines ? Si oui, qui devrait détenir ces droits ? » demanda Kiem.
Selon lui, la question est également examinée par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, qui recherche des solutions juridiques appropriées. Certains pays, dont le Royaume-Uni et le Japon, ont commencé à proposer des amendements aux lois sur la propriété intellectuelle pour s’adapter au développement de l’IA. Cependant, aucun modèle global n’a encore obtenu un consensus international.
Construire un cadre juridique pour de nouveaux défis
Si l’IA présente d’importantes opportunités de croissance économique numérique, elle crée également un besoin pressant de cadres réglementaires efficaces.
Selon Tran Le Hong, directeur adjoint du Bureau de la propriété intellectuelle du Vietnam au sein du ministère de la Science et de la Technologie, il n’existe actuellement aucun accord international sur la manière dont la propriété des produits générés par l’IA doit être déterminée.
Certains soutiennent que les droits devraient appartenir aux développeurs d’IA car ils créent les outils sous-jacents. D’autres soutiennent que les utilisateurs devraient détenir les droits car ils fournissent les consignes, les données d’entrée et la direction créative.
En réalité, la question est encore plus complexe, car plusieurs parties prenantes peuvent contribuer à un même produit généré par l’IA, notamment les concepteurs d’algorithmes, les développeurs de logiciels, les propriétaires de plateformes, les fournisseurs de données d’entraînement et les utilisateurs finaux.
« Il existe de nombreux intérêts qui se chevauchent autour des produits générés par l’IA. C’est pourquoi les pays n’ont pas encore trouvé de position commune », a déclaré Hong.
Il a souligné que le Viêt Nam a adopté une approche prudente. Les réglementations existantes n’acceptent ni ne rejettent explicitement la protection du droit d’auteur pour les œuvres générées par l’IA. Au contraire, ils continuent de suivre le principe fondamental selon lequel la propriété intellectuelle protégée doit être liée à l’activité créative humaine.
Pour les demandes de brevet, les demandeurs doivent démontrer que l’IA n’a servi qu’à l’aide et non à créer l’invention réellement.
Néanmoins, l’IA a été incluse dans la loi modifiée sur la propriété intellectuelle comme une orientation politique importante. Cela reflète l’intention du Viêt Nam d’encourager le développement de l’IA tout en étudiant progressivement les mécanismes juridiques pour répondre aux questions émergentes.
Un défi majeur concerne les données utilisées pour entraîner les systèmes d’IA. Hong a expliqué que la loi modifiée autorise l’utilisation des données à des fins de recherche, de tests et d’entraînement en IA, à condition qu’elle ne porte pas préjudice déraisonnablement aux droits et intérêts légitimes des titulaires de droits. Cependant, déterminer ce qui constitue un « préjudice déraisonnable » est loin d’être simple.
Les systèmes d’IA modernes sont entraînés sur d’immenses ensembles de données contenant du texte, des images, des sons et d’autres formes de contenu. Identifier l’origine des données, la portée de leur utilisation et son impact sur les titulaires de droits individuels reste un défi majeur.
« Si la protection est trop stricte et absolue, le développement de l’IA sera sévèrement limité. Mais si la réglementation est trop souple, le risque d’atteinte aux droits et intérêts des propriétaires de données augmentera », a déclaré Hong.
Cela explique pourquoi de nombreux pays continuent d’étudier la question plutôt que d’introduire des règles absolues régissant l’utilisation des données pour l’entraînement de l’IA.
Au-delà des droits d’auteur et des droits de propriété industrielle, l’IA génère de nouveaux défis liés aux données personnelles, aux droits de la personnalité et à l’utilisation des images et voix des individus.
Ces dernières années, de nombreux cas ont émergé où des images ou des voix de célébrités ont été copiées pour créer du contenu faux généré par l’IA, suscitant une controverse considérable.
Selon Hong, les images personnelles sont actuellement protégées par le Code civil, qui exige le consentement avant que l’image d’une autre personne puisse être utilisée. Cependant, les dispositions légales régissant les droits de la voix n’ont pas suivi les avancées de la technologie IA.
À mesure que l’IA devient capable de reproduire la voix d’un artiste ou d’un individu avec une précision quasi parfaite, les questions liées à la protection juridique, à l’exploitation commerciale et à la responsabilité deviennent de plus en plus urgentes.
Un autre point qui attire l’attention est la capacité de l’IA à imiter les styles créatifs d’artistes, peintres et designers célèbres. Hong a noté que le droit actuel sur la propriété intellectuelle protège les auteurs et certaines œuvres, mais pas les styles artistiques eux-mêmes.
« Un style est une méthode d’expression des idées plutôt qu’un sujet protégé par le droit d’auteur. Par conséquent, l’utilisation ou l’imitation par l’IA d’un style artistique particulier ne peut actuellement pas être considérée comme une violation du droit d’auteur », a-t-il déclaré.
Néanmoins, les experts s’accordent à dire que le développement rapide de l’IA crée de nouvelles demandes pour les systèmes juridiques. Au-delà du droit d’auteur et des droits connexes, les questions relatives aux droits de la personnalité, à la protection des données personnelles et à l’attribution des responsabilités juridiques dans l’environnement numérique nécessiteront des recherches et des affinements supplémentaires dans les années à venir.
La dengue à Hô Chi Minh-Ville : une épidémie précoce et inquiétante
23-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
À Hô Chi Minh-Ville, la dengue connaît cette année une recrudescence précoce qui retient l’attention des autorités sanitaires. Alors que le nombre de cas augmente fortement, que la maladie progresse dans des zones autrefois peu touchées et que ses cycles de transmission semblent devenir moins prévisibles, les autorités appellent à renforcer la prévention. Cette évolution montre que la dengue n’est plus simplement une maladie saisonnière, mais qu’elle devient un enjeu de santé publique de plus en plus important au Vietnam.

Qu’est-ce que la dengue ?
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dengue est une infection virale transmise à l’être humain par la piqûre de moustiques infectés. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier, principalement dans les zones urbaines et semi-urbaines, et provoquerait entre 100 et 400 millions d’infections chaque année.
La plupart des personnes infectées n’ont aucun symptôme ou présentent des manifestations légères : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, éruptions cutanées, et se rétablissent en une à deux semaines. Mais dans certains cas, la maladie bascule vers une forme sévère, avec des hémorragies, des défaillances d’organes, voire le décès de l’individu. Ces complications surviennent souvent juste après la disparition de la fièvre, un moment trompeur que beaucoup confondent avec le début de la guérison.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre la dengue. La prévention et la détection précoce restent donc les armes les plus efficaces. Un point crucial souvent méconnu : les personnes infectées une deuxième fois courent un risque accru de dengue sévère. En effet, le virus existe sous quatre sérotypes différents, et une immunité acquise contre l’un d’eux ne protège pas contre les autres, rendant de multiples infections possibles au cours d’une vie.
Une hausse marquée des cas
Les données de cette année sont particulièrement préoccupantes. En seulement cinq mois, Hô Chi Minh-Ville a enregistré près de 18 000 cas et quatre décès, avec une hausse de près de 65 % par rapport à la même période en 2025. Ce qui inquiète davantage les épidémiologistes, c’est le caractère précoce de cette poussée : habituellement, les cas n’explosent que plus tardivement dans l’année, avec le début de la saison des pluies. Cette année, la progression a commencé bien avant.
Le Centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville a relevé des cas dans la totalité des 168 quartiers, communes et zones spéciales de la ville, ce qui témoigne d’une diffusion territoriale particulièrement large.
La situation n’est pas propre à la métropole. À l’échelle nationale, plus de 50 000 cas ont été signalés en cinq mois, un chiffre 2,5 fois supérieur à celui observé sur la même période l’an dernier, avec une augmentation notable des formes graves nécessitant une hospitalisation. Historiquement beaucoup plus présente dans le Sud du pays, la dengue gagne désormais du terrain dans plusieurs provinces du Nord, qui rapportaient auparavant très peu de cas.
Pourquoi cette année est-elle différente ?
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette situation inhabituelle. Le premier est climatique et opère à deux niveaux. À court terme, des conditions météorologiques atypiques cette année, alternant entre chaleur intense, humidité élevée et pluies prolongées, ont créé un environnement particulièrement propice à la reproduction des moustiques Aedes.
Mais au-delà de cette saison, c’est une tendance de fond, plus structurelle qui s’installe. Selon Angela Pratt, représentante de l’OMS au Vietnam, le changement climatique et l’urbanisation rapide créent des conditions de plus en plus favorables aux vecteurs du virus, rendant les cycles de transmission imprévisibles et la préparation sanitaire plus complexe. Hô Chi Minh-Ville, avec sa densité urbaine extrême et ses nombreux chantiers de construction accumulant des eaux stagnantes, est particulièrement vulnérable à cette dynamique.
Le second facteur est virologique. Le sérotype DENV-2 est devenu dominant cette année au Vietnam, or ce sérotype est associé à un risque plus élevé de formes sévères, notamment chez les personnes ayant déjà contracté la maladie par le passé avec un autre sérotype.
Les différentes réponses face à la dengue
Face à cette menace, les pouvoirs publics ont mis en place ce qu’ils appellent une stratégie de “double bouclier”. Ce dispositif repose d’un côté sur une lutte active contre les moustiques et leurs larves dans l’environnement extérieur, et de l’autre sur une protection individuelle renforcée par la vaccination lorsqu’elle est recommandée. Des équipes de santé de quartier sillonnent les zones à risque pour identifier et traiter les gîtes larvaires, tandis que les centres de vaccination enregistrent une forte demande depuis le début de l’été.
La ville s’est également dotée d’un cadre réglementaire plus contraignant : les particuliers, entreprises et établissements qui laissent des foyers de reproduction de moustiques se former sur leurs propriétés s’exposent désormais à des sanctions administratives alourdies.
Du côté individuel, les gestes de prévention restent simples mais doivent devenir des réflexes quotidiens : couvrir hermétiquement les récipients contenant de l’eau, vider les soucoupes de plantes, changer l’eau des vases chaque semaine et inspecter régulièrement les recoins susceptibles de retenir l’eau de pluie. Même si la majorité des personnes infectées guérissent sans complication, la vaccination peut constituer un outil de protection supplémentaire. En cas de fièvre soudaine et élevée, il est fortement conseillé de consulter rapidement un médecin plutôt que d’attendre une amélioration spontanée, qui peut n’être qu’apparente.
La culture vietnamienne contribue à construire un pont d’amitié en Extrême-Orient russe
23-06-2026

Une performance vietnamienne au festival. (Photo : VNA)
Initié par le maire d’Artyom, Viatcheslav Kvon, cet événement annuel est devenu un rassemblement culturel pour les communautés ethniques vivant dans la région. Elle offre une plateforme aux traditions culturelles distinctives du Vietnam, de la Chine, de la République de Corée, de la Biélorussie, de l’Inde et de l’Ouzbékistan pour se mêler au riche et coloré patrimoine artistique des groupes ethniques russes.
Aux côtés de diverses performances musicales soigneusement chorégraphiées mettant en valeur les identités culturelles des pays participants, la communauté vietnamienne a présenté une représentation de Chau Van, un art populaire du nord du Vietnam qui combine chant et danse, ainsi qu’un élément de la croyance vietnamienne en les Déesses Mères des Trois Royaumes, reconnu par l’Organisation éducative des Nations Unies, Organisation scientifique et culturelle (UNESCO).
La représentation de « Co Doi Thuong Ngan » (Seconde Maîtresse des Montagnes) a captivé aussi bien les locaux que les publics internationaux, laissant une forte impression d’un pays profondément ancré dans la tradition et riche en valeurs culturelles et émotionnelles.
S’exprimant lors du festival, le consul général vietnamien Nguyen Viet Kien a exprimé sa reconnaissance pour l’esprit de solidarité, la diversité culturelle et le dévouement démontrés par les organisateurs et les participants.
Il a souligné que les activités d’échange culturel constituent un puissant pont reliant les gens et renforçant les liens entre les différentes communautés d’Artyom. Grâce à une meilleure compréhension mutuelle et à un meilleur respect, les opportunités de coopération dans des domaines tels que l’économie, le commerce, l’éducation et le tourisme pourraient être élargies, contribuant ainsi à un avenir partagé durable pour la région.
Selon le diplomate, le festival culturel international d’Artyom a non seulement renforcé la présence et la visibilité de la communauté vietnamienne dans le pays hôte, mais a également contribué à renforcer les liens de coopération existants entre les localités. Parallèlement, cela a ouvert de nouvelles perspectives de connectivité culturelle et de développement pour le bénéfice mutuel de toutes les parties concernées.
Retour sur l’exposition « Nous, les fleuves du Sud»
25-06-2026
https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh
Inaugurée le 17 juin 2026 au Musée d’Histoire de Hô Chi Minh-Ville, l’exposition « Nous, les fleuves du Sud » explore les liens entre les habitants du Sud Vietnam et leurs fleuves, entre mémoire collective et enjeux environnementaux. Fruit d’une coopération franco-vietnamienne, l’exposition est ouverte jusqu’au 17 octobre 2026.

Une cérémonie marquée par des discours forts
Le vernissage s’est tenu le 17 juin matin au Musée d’Histoire de Hô Chi Minh-Ville, en présence de diplomates, chercheurs, représentants culturels et professionnels des musées vietnamiens et français. Deux discours ont notamment marqué la cérémonie.
Le Consul général de France, M. Etienne Ranaivoson a ouvert la cérémonie en insistant sur la double ambition du projet : mieux comprendre les menaces qui pèsent sur les fleuves et repenser en profondeur notre manière de vivre avec eux. Il a également souligné la résonance particulière de ce projet à Hô Chi Minh-Ville, métropole façonnée par la rivière Saïgon, avant de rappeler le rôle central des fleuves dans nos sociétés : mémoire vivante des territoires, ils portent en eux les récits d’hier et les promesses de demain. Il a fini par remercier toutes les équipes qui ont participé à l’élaboration et à la production de cette exposition.
Le Consul général de France, M. Etienne Ranaivoson a ouvert la cérémonie
La Directrice du Musée d’Histoire de Hô Chi Minh-Ville, Mme. Nguyễn Khắc Xuân Thi, a quant à elle rappelé que pour le Sud du Vietnam, le fleuve va bien au-delà d’un simple élément géographique : il est la source de l’habitat, du commerce, des croyances et de la mémoire collective. Les eaux fluviales ont donc contribué à forger une identité culturelle riche et résiliente, aujourd’hui menacée par la pollution, l’urbanisation et le changement climatique.
Mme. Nguyễn Khắc Xuân Thi, Directrice du Musée d’Histoire de Hô Chi Minh-Ville
Mme. Nguyễn Khắc Xuân Thi a également salué la qualité de la coopération franco-vietnamienne qui a rendu possible cette exposition, soulignant que son résultat le plus significatif réside non seulement dans l’exposition elle-même, mais dans le renforcement durable des liens et des compétences des équipes muséales des deux pays.
Plonger dans l’exposition : entre mémoire et urgence
L’exposition « Nous, les fleuves du Sud » est une adaptation de « Nous, les fleuves » présentée en 2022 par le Musée des Confluences de Lyon. Elle a donc été déclinée aux spécificités du Sud Vietnam, avec ses réseaux hydrographiques denses, le delta du Mékong et ses transformations urbaines. L’exposition rassemble près de 80 objets, œuvres, photographies et documents issus de quatre musées de la ville : le Musée d’Histoire, le Musée de Hô Chi Minh-Ville, le Musée des Femmes du Sud et le Musée des Beaux-Arts.
L’exposition « Nous, les fleuves du Sud »
Le parcours s’articule autour de trois thématiques. La première porte sur le rôle historique et culturel des fleuves dans l’identité du Sud Vietnam : croyances, mémoire collective, récits fondateurs. La deuxième aborde leur place dans la vie quotidienne : habitats, échanges commerciaux, gestion collective de l’eau. Et la troisième ouvre sur les défis actuels : pollution, dérèglement climatique et pression urbaine.
L’exposition « Nous, les fleuves du Sud », au Musée d’Histoire de Hô Chi Minh-Ville
Le message porté est clair : les fleuves du Sud Vietnam sont au cœur de l’identité et de la mémoire collective de la région, mais ils sont aujourd’hui menacés. L’exposition invite ainsi le public à mieux comprendre ces enjeux et à repenser notre manière de vivre avec les fleuves.
Une coopération franco-vietnamienne au cœur du projet
L’exposition s’inscrit dans le projet « Vivre avec les fleuves », initié par l’Ambassade de France au Vietnam et l’Institut français du Vietnam. Ce programme de coopération franco-vietnamienne implique de nombreux partenaires tels que des musées, des instituts de recherche, des universités d’architecture ou encore des organisations scientifiques comme l’IRD, le CARE ou le CNRS. Trois axes s’articulent alors à ce projet : la recherche scientifique, l’urbanisme et le développement urbain, et la culture et l’éducation.
La recherche scientifique vise à approfondir et partager les connaissances sur les grands fleuves vietnamiens, en encourageant les échanges entre chercheurs français et vietnamiens. L’urbanisme et le développement urbain cherchent à repenser les manières d’habiter et de vivre avec les fleuves à travers des initiatives concrètes d’aménagement des berges. Enfin, la culture et l’éducation favorise le dialogue entre experts des musées et institutions éducatives des deux pays, dont cette exposition est le témoignage le plus direct.
Hô Chi Minh-Ville occupe ainsi une place centrale dans ce projet. Métropole construite autour de la rivière Saïgon, elle illustre concrètement la relation entre les habitants du Sud Vietnam et leurs fleuves. Une relation aujourd’hui fragilisée par l’urbanisation rapide et les effets du changement climatique.
Perte atmosphérique substantielle de lévoglucosan : réduction allant jusqu’à 88 % avant la mesure
26-06-2026
La combustion par biomasse, y compris la combustion du bois, du charbon de bois et des résidus agricoles, est une source majeure de PM2.5, une matière fine qui dégrade la qualité de l’air et présente des risques pour la santé humaine. Une grande partie de cette pollution est suivie en examinant les niveaux de lévoglucosan, un produit chimique formé lors de la combustion de la cellulose dans les usines, issue de la combustion de biomasse comme l’utilisation de combustibles résidentiels, la cuisson et la combustion à ciel ouvert.
Cependant, que se passe-t-il si la perte atmosphérique de lévoglucosan n’est pas correctement prise en compte ?
C’est la question posée dans une nouvelle étude de l’Université métropolitaine d’Osaka (OMU), qui a révélé que le lévoglucosan était fortement dégradé chimiquement après avoir été émis dans l’air.
« Nous estimons qu’environ 88 % de cette partie a été perdue en raison de la dégradation et de la volatilisation atmosphériques », a déclaré le professeur associé Yusuke Fujii de la Graduate School of Sustainable System Sciences de l’OMU. « Les analyses conventionnelles qui ne prennent pas en compte cette perte risquent d’identifier mal les sources d’émissions. »
C’est particulièrement vrai dans les zones tropicales, car la lumière du soleil accélère la dégradation de ce produit chimique. Cela soulève des inquiétudes quant au fait que des recherches antérieures basées sur le maintien de la stabilité du lévoglucosan sans se détériorer ne racontent pas toute l’histoire. Si les sources de pollution sont mal identifiées, cela pourrait entraîner une allocation moins efficace des ressources financières.
Cela a été confirmé par les résultats de l’étude. À Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, ils ont constaté que sans corriger la dégradation chimique, la pollution semblait provenir principalement des résidus de culture et du brûlage de l’herbe, des pratiques rurales courantes en Asie du Sud-Est.
Mais, après avoir corrigé la perte de lévoglucosan, les données ont plutôt indiqué la combustion de bois dur et de charbon de bois, en particulier les émissions liées à la cuisson, dans les zones urbaines de Ho Chi Minh-Ville.
« Au Vietnam, la pollution de l’air urbain reste une préoccupation sérieuse », a déclaré Ngoc Tran, chercheur vietnamien de l’École supérieure des sciences des systèmes durables de l’OMU. « Il est fortement nécessaire de clarifier les contributions détaillées de ces sources, en particulier ce qui est brûlé et où, afin de développer des stratégies d’atténuation efficaces. »
« En intégrant de manière optimale les méthodes établies avec les conditions environnementales locales, il est possible d’évaluer plus précisément les types et les contributions relatives de la combustion de biomasse qui étaient auparavant difficiles à distinguer. Cette approche contribuera à améliorer la précision de la répartition des sources dans les zones urbaines du monde entier », ajoute Fujii.
Visant le développement d’une aquaculture verte à faibles émissions
26-06-2026
« Dans cette nouvelle phase de développement, Can Tho doit devenir le centre de l’innovation verte, des énergies propres et de l’économie à faibles émissions dans la région. On s’attend à ce que la ville construise des modèles pionniers pour se répandre dans tout le delta du Mékong et dans tout le pays. » – C’est le message que l’Association pour la Transformation Verte du Vietnam espère transmettre à travers sa collaboration avec la ville de Can Tho afin d’atteindre l’objectif de développer une aquaculture verte à faibles émissions dans la période à venir.
Aquaculture efficace
Selon le Département de l’Agriculture et de l’Environnement de la ville de Can Tho, la ville dispose actuellement de 72 km de littoral et d’un réseau dense de rivières et de canaux, contribuant à la formation d’un espace économique complet allant des zones d’eau douce intérieures aux eaux côtières et côtières. Dans le domaine de l’aquaculture, l’élevage de crevettes saumâtres et d’eau salée, avec les deux principales espèces étant la crevette tigre et la crevette à jambe blanche, a contribué de manière significative aux recettes d’exportation et au développement de la ville ainsi que de toute la région du delta du Mékong.
En 2025, la ville disposera d’une superficie totale d’aquaculture de 97 078 hectares, atteignant 100,6 % du plan, soit une augmentation de 488 hectares par rapport à 2024 ; La récolte totale sera de 782 958 tonnes. L’année dernière, le secteur de la pêche de la ville de Can Tho a enregistré un chiffre d’affaires d’exportation supérieur à 2,1 milliards de dollars américains, se classant parmi les 5 premières localités avec le chiffre d’affaires d’exportation le plus élevé au pays. Plus précisément, au cours des cinq premiers mois de 2026, l’ensemble de la ville disposera d’une superficie totale d’aquaculture de 43 576 hectares (incluant 4 130,4 hectares de crevettes tigres, 22 947,4 hectares de crevettes à jambes blanches et 876,6 hectares de pangasius), atteignant 45,2 % du plan, soit 3,74 % de plus que la même période en 2025. La production totale de produits aquatiques et marins récoltés a atteint 289 046 tonnes, soit 17,59 % de plus que la même période l’an dernier, atteignant 35,68 % du plan.
L’investissement social total a atteint environ 41 000 milliards de VND.(CT) – Au premier semestre 2026, l’investissement social total mis en place dans la ville de Can Tho a enregistré une croissance. Notamment, l’afflux de capitaux non étatiques et d’investissements étrangers a considérablement augmenté, reflétant la confiance des investisseurs nationaux et étrangers dans la ville.
Mme Quach Thi Thanh Binh, directrice adjointe du Département de l’Agriculture et de l’Environnement de la ville de Can Tho, a déclaré : « Les résultats ci-dessus montrent que, bien que la zone agricole soit relativement stable, le rendement des récoltes continue d’augmenter. Cela est dû à l’application de haute technologie, de techniques agricoles avancées, d’une meilleure gestion environnementale et de processus de production optimisés. C’est également un facteur clé pour augmenter la productivité, réduire les risques et progresser vers un développement durable de l’aquaculture. »
Développement écologique
Sur la base du potentiel, des avantages et des opportunités de développement dans le secteur de la pêche, ainsi que des mécanismes, politiques et programmes et plans d’orientation au développement pour la période 2026-2030, avec une vision pour 2050, la ville de Can Tho vise à attirer des investissements et à promouvoir la coopération dans la période à venir afin de développer des zones aquacoles concentrées, en appliquant des technologies de pointe, notamment l’élevage de crevettes ultra-intensive, l’élevage de crevettes d’eau saumâtre et la production de graines aquatiques de haute qualité. Cela inclut la concentration des investissements sur les infrastructures pour des zones d’élevage à haute intensité de crevettes, la priorité aux zones côtières dans les districts de Vinh Chau, Tran De, Cu Lao Dung et My Xuyen, selon l’échelle et la localisation, conformément aux orientations de planification. La ville vise également à renforcer la capacité de production, la recherche et l’approvisionnement en semences aquatiques de haute qualité afin de répondre aux besoins de la localité et du delta du Mékong.
De plus, le plan prévoit des investissements dans les infrastructures, les systèmes d’inspection et de quarantaine, la surveillance environnementale, ainsi que le renforcement des capacités de prévention et de contrôle des maladies dans l’élevage de crevettes d’eau saumâtre. Il prévoit également la création d’un centre commercial et logistique pour les produits aquatiques afin de relier la production, l’approvisionnement, la préservation, la transformation et la consommation. Le plan comprend la mise en œuvre de diverses solutions pour reproduire des modèles d’aquaculture verte qui réduisent les émissions et s’adaptent au changement climatique ; la recherche et l’application de modèles d’élevage de crevettes high-tech et de modèles écologiques ; et l’application de nouvelles avancées scientifiques et technologiques pour aider les agriculteurs à minimiser les risques de maladies, la pollution environnementale et assurer une productivité stable.
Lors d’une récente réunion, l’Association pour la Transformation Verte du Vietnam a exprimé son désir de coopérer avec la ville de Can Tho pour développer une aquaculture verte, à faibles émissions et résiliente au climat. L’accent est mis sur la construction d’une chaîne de valeur aquacole moderne fondée sur une économie circulaire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation de la résilience face au changement climatique et le respect des normes internationales du marché vert. Cela inclut la mise en œuvre de solutions technologiques pour soutenir la transformation verte du secteur aquaculturel, notamment la transformation numérique, la traçabilité, l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT), le big data, les UAV, les technologies microbiennes, les technologies environnementales, les systèmes de gestion ESG, le MRV, les inventaires d’émissions et les solutions de développement de crédits carbone. Parallèlement, l’association collaborera avec la ville et le monde des affaires pour développer des modèles pilotes tels que les zones d’aquaculture intelligente ; modèles d’aquaculture à faibles émissions ; des modèles d’économie circulaire dans la transformation des produits de la mer ; des modèles d’inventaire et de réduction des émissions de gaz à effet de serre ; et des modèles de traçabilité numérique. Modèles de crédits carbone en aquaculture. Ce sont des modèles pratiques qui servent à améliorer les mécanismes politiques et qui sont reproduits dans toute la région du delta du Mékong.
Le professeur associé Dr Nguyen Thi Xuan Thu, ancien vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural et vice-président de l’Association vietnamienne pour la transformation verte, a déclaré : « Il ne s’agit pas seulement d’un objectif de développement pour l’industrie, mais aussi d’une stratégie visant à renforcer la compétitivité locale dans le contexte du fort virage mondial vers une économie verte, économie circulaire et économie bas carbone. La Vietnam Green Transformation Association s’engage à accompagner la ville dans la réalisation de cette vision par le biais du conseil en politique, du transfert de technologie, de la formation en ressources humaines, de la création de modèles pilotes et de la mise en relation des ressources nationales et internationales afin d’atteindre l’objectif de développer une aquaculture verte et à faibles émissions… »
Programme d’action gouvernemental pour prévenir et combattre les glissées de terrain, les inondations, la sécheresse et l’intrusion d’eau salée dans la région du delta du Mékong
27-06-2026
Le Gouvernement vient de publier la Résolution n° 166/NQ-CP datée du 26 juin 2026, promulguant le Programme d’action du Gouvernement pour mettre en œuvre la Conclusion n° 26-KL/TW datée du 24 avril 2026 du Politburo visant à prévenir et combattre l’affaissement, les glissements de terrain, les inondations, la sécheresse et l’intrusion d’eau salée dans la région du delta du Mékong pour la période 2026-2035.
Pour répondre aux exigences fixées par le Politburo dans la Conclusion n° 26-KL/TW, en plus des tâches régulières, les ministères, les agences ministérielles et les Comités populaires des provinces et villes de la région du delta du Mékong ont concrétisé et organisé la mise en œuvre de tâches spécifiques.
L’une des tâches et solutions clés est de mener à bien la révision et le complément de la planification et des institutions, politiques et réglementations juridiques liées à la prévention et au contrôle des affaissements, des glissements de terrain, des inondations, des sécheresses et des intrusions d’eau salée.
Plus précisément, compléter la revue et le complément des contenus sur l’affaissement, les glissements de terrain, les inondations, la sécheresse, l’intrusion d’eau salée et la remise en état des terres dans le delta du Mékong dans les systèmes de planification nationaux, régionales, sectorielles et locales afin d’assurer des ajustements appropriés et un équilibre entre la prévention et l’atténuation des catastrophes, l’adaptation au changement climatique et le développement durable.
Réaliser la révision et l’institutionnalisation des lignes directrices et orientations de la Partie en un système juridique complet et des règlements d’application dans les domaines suivants : ressources en eau, irrigation, prévention et contrôle des catastrophes, terres, foresterie, construction, ressources minérales, ainsi que météorologie et hydrologie.
Développer des mécanismes et des politiques pour soutenir et encourager la transformation des structures et saisons des cultures afin de s’adapter aux conditions naturelles ; appliquer des modèles agricoles et aquatiques adaptés au changement climatique, transformer les variétés et méthodes agricoles pour l’aquaculture et des cultures utilisant moins d’eau, adaptées à différentes zones écologiques, et améliorer l’efficacité de la production ; protéger et améliorer la qualité des forêts de mangroves en lien avec la gestion et l’exploitation des crédits carbone et d’autres ressources forestières.
Élaborer des politiques appropriées pour encourager et attirer des projets d’investissement non budgétaires et des investissements en partenariat public-privé (PPP) dans la construction d’ouvrages de lutte contre l’érosion des berges et des côtes ; la plantation et la restauration de forêts côtières de mangroves ; la construction et l’amélioration des systèmes d’approvisionnement en eau pour un usage domestique et industriel ; et exploitant efficacement des ressources complémentaires telles que la vente de crédits carbone et d’autres ressources légitimes.
Examiner et affiner les normes techniques nationales et les réglementations , ainsi que les normes économiques-techniques pour les projets d’infrastructures socio-économiques polyvalentes, en intégrant des objectifs de prévention et d’atténuation des affaissements, des glissements de terrain, des inondations, des sécheresses et des intrusions d’eau salée.
Sélections Gavroche Vietnam
Du 15 au 30-06-2026
https://www.gavroche-thailande.com/category/asie/vietnam
Politique, Diplomatie
Le Vietnam prévoit une importante modernisation de son cadre législatif au cours des prochaines années. Lors d’une conférence tenue le 16 juin, le président de l’Assemblée nationale, Tran Thanh Man, a présenté un programme de 192 réformes législatives, dont la grande majorité sera portée par le gouvernement. Les autorités souhaitent accélérer la transformation numérique de l’administration, intégrer davantage l’intelligence artificielle dans la gestion publique et renforcer la lutte contre la corruption. Hanoï entend également simplifier certaines procédures afin de favoriser l’innovation et de lever les obstacles au développement économique. Un premier groupe de 61 réformes prioritaires doit être mis en œuvre d’ici à la fin de 2026. Le gouvernement vietnamien considère cette réforme comme un levier essentiel pour soutenir la croissance du pays dans les années à venir.
Le Vietnam a réaffirmé son attachement à la liberté de navigation et au respect du droit international lors d’un symposium organisé à New York en marge d’une réunion des Nations unies sur le droit de la mer. Le vice-ministre permanent des Affaires étrangères, Nguyen Minh Vu, a souligné que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) demeure le principal cadre juridique pour régler les questions maritimes et préserver la stabilité régionale. Organisé à l’initiative du Vietnam avec le soutien de plusieurs pays partenaires, l’événement a réuni plus de 120 représentants et experts. Les discussions ont notamment porté sur les tensions géopolitiques en mer, la cybersécurité maritime et la protection des océans. Le Groupe d’amis de l’UNCLOS, lancé en 2021 par le Vietnam et l’Allemagne, compte aujourd’hui 115 États membres.
Économie
Le Vietnam confirme sa place parmi les marchés numériques les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Selon le dernier rapport d’Ericsson, publié en juin 2026, le pays bénéficie d’un déploiement rapide de la 5G, soutenu par l’essor des applications d’intelligence artificielle et des nouveaux services numériques. Cette progression repose sur l’extension continue de la couverture réseau et sur l’utilisation de l’IA pour améliorer les performances des infrastructures de télécommunications, souligne Ericsson Vietnam. Le groupe estime également que le développement de nouveaux services 5G et la préparation des futures normes 6G devraient renforcer le rôle du Vietnam dans la transformation numérique régionale. Les premières normes internationales de la 6G sont attendues à l’horizon 2028-2029.
À partir du 1er juillet, Hanoï créera un fonds dédié à la science, à la technologie et à l’innovation afin d’accélérer sa transformation numérique. Financé par des ressources publiques et privées, ce dispositif soutiendra la recherche, les infrastructures technologiques et les jeunes entreprises innovantes. La capitale vietnamienne prévoit notamment des aides pour les start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle, le commerce électronique et les technologies numériques, avec la prise en charge de certains coûts liés à l’incubation, aux brevets ou aux certifications.
Le Vietnam prépare le lancement d’un marché pilote des actifs numériques. Les investisseurs étrangers pourront acheter et vendre librement des cryptomonnaies sur les plateformes agréées, tandis que les investisseurs vietnamiens devront déjà détenir des actifs numériques pour participer à la phase initiale. Les autorités imposeront des règles strictes aux opérateurs, notamment en matière de capital, de cybersécurité et de lutte contre le blanchiment. Toutes les transactions devront être réalisées en dong vietnamien, y compris pour le Bitcoin et l’Ethereum. Hanoï espère ainsi attirer de nouveaux investissements tout en gardant un contrôle étroit sur le développement du secteur.
Plus de 400 entreprises issues de 17 pays et territoires participent à l’édition 2026 du salon Automechanika HCM City, organisé à Hô-Chi-Minh-Ville. Parmi les exposants figurent notamment VinFast, principal constructeur vietnamien, et le chinois BYD. L’événement met en lumière la forte croissance du marché vietnamien des véhicules électriques et hybrides, devenu l’un des plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Pour les organisateurs, le salon confirme également l’ambition du Vietnam de renforcer sa place dans la chaîne de production automobile régionale et d’attirer davantage d’investissements industriels.
Trente ans après son adhésion à l’ASEAN en 1995, le Vietnam s’est imposé comme l’une des économies les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Les échanges commerciaux avec ses partenaires régionaux sont passés de 3 milliards de dollars dans les années 1990 à près de 91 milliards de dollars en 2025. Devenu un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement asiatiques, le pays occupe aujourd’hui une place importante dans les secteurs de l’électronique, du textile, de l’agroalimentaire et de l’automobile. Fort de sa position géographique et du développement rapide de ses infrastructures, Hanoï entend désormais jouer un rôle moteur dans la croissance et la compétitivité de l’ASEAN.
Le Vietnam a enregistré un déficit commercial de 13,8 milliards de dollars au cours des cinq premiers mois de 2026, rompant avec plusieurs années d’excédents. Selon les autorités statistiques, cette évolution s’explique principalement par la hausse des importations de pétrole, de semi-conducteurs et de composants électroniques, alimentée par les besoins de l’industrie et de nouveaux projets d’investissement. À la même période en 2025, le pays affichait encore un excédent commercial de 5,1 milliards de dollars.
Le Vietnam lancera le 29 juin sa première bourse nationale du carbone, après avoir finalisé son cadre juridique, ses infrastructures techniques et son système d’échange. Hanoï espère ainsi accélérer sa transition vers une économie bas carbone et pourrait générer jusqu’à 1,9 milliard de dollars par an grâce aux crédits carbone.
Les autorités vietnamiennes ont infligé une amende de 390 millions de dôngs (environ 14 800 dollars) à Procter & Gamble Vietnam pour des manquements à la réglementation sur la protection des consommateurs. La filiale du géant américain s’est vu reprocher la diffusion d’informations incomplètes sur certains produits et l’utilisation de clauses contractuelles jugées non conformes. Les autorités ont ordonné à l’entreprise de revoir ses conditions de vente et de renforcer la transparence de ses informations destinées aux consommateurs.
À Hanoï, la réforme de la fiscalité des petits entrepreneurs produit ses premiers résultats. Près de 95 % des entreprises ont mis à jour leurs données fiscales, la facturation électronique progresse rapidement et les recettes fiscales continuent d’augmenter grâce à la numérisation des procédures.
Société
La police de Hanoï a démantelé un réseau de 27 fausses agences de tourisme accusées d’avoir escroqué des centaines de victimes, principalement des personnes âgées. Entre 2023 et 2025, les organisateurs attiraient leurs clients avec des cadeaux et des voyages gratuits avant de leur vendre de prétendus contrats de vacances présentés comme des investissements rentables. Au total, 187 suspects ont été poursuivis pour escroquerie, appropriation frauduleuse de biens et blanchiment d’argent. Les autorités ont mené 193 perquisitions et gelé plus de 60 milliards de dongs (environ 2 millions d’euros). Le préjudice total pourrait atteindre 2 700 milliards de dongs, soit près de 90 millions d’euros.
Le Vietnam poursuit sa modernisation numérique. Selon les autorités, 67,7 % des connexions internet du pays utilisent désormais le protocole IPv6, qui remplace progressivement l’ancien standard IPv4. Avec ce taux d’adoption, le Vietnam se classe au 2e rang de l’ASEAN et au 7e rang mondial. Cette transition, engagée depuis 2008, concerne également le secteur public : près de 86 % des administrations ont déjà adopté IPv6 pour leurs services en ligne. Hanoï souhaite désormais franchir une nouvelle étape en visant un environnement « IPv6-only » d’ici 2030, avec un taux d’adoption compris entre 90 % et 100 %. Les autorités considèrent cette évolution comme un élément clé pour le développement de l’intelligence artificielle, du cloud computing et des infrastructures numériques du pays.
Le Vietnam s’est classé au huitième rang de la région Asie-Pacifique et à la 41e place mondiale dans l’Indice mondial de la paix 2026 (Global Peace Index), conservant ainsi sa position dans la deuxième catégorie des pays les plus pacifiques. Malgré un recul de trois places par rapport à 2025, son score demeure quasiment stable, à 1,738, permettant au pays de figurer parmi les quatre nations les plus sûres d’Asie du Sud-Est, derrière Singapour, la Malaisie et le Timor-Leste. Établi chaque année par l’Institute for Economics and Peace sur la base de 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs, l’indice souligne toutefois une dégradation générale de la paix mondiale pour la douzième année consécutive, sous l’effet notamment de la multiplication des conflits armés et de l’émergence des technologies d’intelligence artificielle dans les domaines militaires. L’Islande conserve pour sa part son statut de pays le plus pacifique au monde pour la 19e année consécutive.
Hô-Chi-Minh-Ville veut faire de son futur réseau de métro le moteur de son développement urbain. Les autorités prévoient de construire près de 190 kilomètres de lignes d’ici 2030, dans le cadre d’un programme plus ambitieux visant à dépasser les 1 000 kilomètres de réseau à l’horizon 2045. L’investissement initial est estimé à plus de 19 milliards de dollars. Au-delà des transports, la ville souhaite créer de nouveaux quartiers autour des stations de métro, associant logements, commerces et services afin de limiter l’usage de la voiture et des deux-roues. Pour financer cette transformation, les autorités comptent davantage sur les partenariats public-privé et l’investissement des grands groupes vietnamiens. À terme, le métro pourrait assurer jusqu’à 80 % des déplacements dans cette mégapole de plus de 10 millions d’habitants.
La province vietnamienne de Ca Mau, l’un des principaux centres de pêche du pays, renforce ses contrôles afin d’obtenir la levée du « carton jaune » imposé au Vietnam par la Commission européenne pour lutter contre la pêche illégale. Les autorités ont équipé tous les navires de plus de 15 mètres de systèmes de suivi par satellite et multiplient les contrôles dans les ports pour améliorer la traçabilité des captures. Parallèlement, la province développe des actions de sensibilisation auprès des pêcheurs et poursuit la création d’une vaste zone marine protégée de 27 000 hectares. L’objectif est de concilier développement économique, préservation des ressources halieutiques et respect des normes internationales de pêche durable.
À partir du 1er juillet, les cafés, restaurants, hôtels et autres établissements diffusant de la musique au Vietnam devront s’acquitter de droits d’auteur selon un nouveau barème national. Cette réforme vise à uniformiser la perception des redevances et à renforcer la protection de la propriété intellectuelle. Hanoï entend ainsi rapprocher son système des standards internationaux en matière de rémunération des créateurs.
Le ministère vietnamien de la Défense a annoncé avoir retrouvé les dépouilles de 1 255 soldats morts au combat au cours du premier semestre 2026, au Vietnam, au Laos et au Cambodge. Les autorités poursuivent en parallèle un vaste programme d’identification par ADN dans le cadre d’une campagne nationale de 500 jours, destinée à identifier et rapatrier plusieurs milliers de militaires portés disparus depuis les conflits du XXᵉ siècle.
Tourisme, Culture
Connue pour ses plantations de thé, la province vietnamienne de Thai Nguyen souhaite désormais attirer les amateurs de nature et d’aventure. Les autorités locales viennent d’ouvrir un nouvel itinéraire de randonnée menant à la cascade de Lung Pang, au cœur d’un environnement préservé mêlant forêts de bambous et théiers centenaires. La province développe également des expériences immersives autour de la culture du thé, permettant aux visiteurs de participer aux récoltes et de découvrir les traditions de la communauté ethnique San Chay, notamment la danse Tac Xinh, inscrite au patrimoine culturel immatériel du Vietnam. Avec cette stratégie, Thai Nguyen espère diversifier son offre touristique en associant nature, activités de plein air et découverte des cultures locales.
Créée en France en 1982, la Fête de la Musique poursuit son rayonnement international. À Hô-Chi-Minh-Ville, l’édition 2026, organisée par l’Institut français du Vietnam, a proposé les 20 et 21 juin 17 événements gratuits dans 15 lieux différents. La programmation a réuni artistes français et vietnamiens autour d’univers musicaux variés, du classique aux musiques actuelles. Parmi les invités figurait notamment le duo parisien de pop alternative Ojos, venu présenter son premier album OUI FUTUR. Concerts, scènes ouvertes, rencontres musicales, atelier consacré au vinyle et projection de l’opéra Castor et Pollux ont également rythmé ce rendez-vous culturel, qui s’impose progressivement comme un événement incontournable du calendrier francophone au Vietnam.
Le Français Bastien Rebotton, 29 ans, s’élancera le 6 juillet de Savoie pour un périple de 19 000 kilomètres à vélo jusqu’au Vietnam. Son itinéraire le conduira à travers plusieurs pays et 14 cols de plus de 2 000 mètres d’altitude, avant d’atteindre le col d’Ô Quy Hồ, dans le nord du Vietnam, fin septembre. Inspiré par un grave accident de la route survenu l’an dernier, ce voyage se veut autant un défi sportif qu’une aventure humaine. Le cycliste prévoit ensuite de passer un mois à la découverte du Vietnam, en privilégiant les rencontres avec les habitants plutôt que les étapes touristiques.
Le Vietnam confirme son essor touristique. Selon la plateforme de réservation Agoda, les recherches d’hébergements effectuées par les voyageurs internationaux ont bondi de près de 50 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente. Dans son rapport Travel Outlook 2026, Agoda classe ainsi le Vietnam parmi les destinations touristiques connaissant la plus forte croissance au monde, un signe de l’attractivité croissante du pays auprès des visiteurs étrangers.