UGVF – Union Générale des Vietnamiens de France : 50 ans d’histoire, la naissance d’une communauté unie (avril 1976)
Dès son Congrès fondateur, l’UGVF rassemble des centaines de membres issus des mouvements patriotiques, des associations de base, et des réseaux intellectuels, ouvriers, commerçants, médicaux et étudiants forgés pendant les vingt années précédentes.
24-25 Avril 1976 : La naissance officielle de l’UGVF
C’est dans une atmosphère de joie intense et de fierté nationale, après la réunification complète du Vietnam, qu’est fondée en avril 1976 l’Union Générale des Vietnamiens de France (UGVF). Succédant à l’Union des Vietnamiens en France (Liên hiệp Việt kiều tại Pháp LHVKTP) – qui s’était déclarée prête à s’auto-dissoudre dès décembre 1975 – l’UGVF voit le jour pour inscrire l’action de la diaspora dans une nouvelle ère : celle de la participation active à la reconstruction du pays.
Dès son Congrès fondateur, l’UGVF rassemble des centaines de membres issus des mouvements patriotiques, des associations de base, et des réseaux intellectuels, ouvriers, commerçants, médicaux et étudiants forgés pendant les vingt années précédentes.
Les racines d’un engagement : 1954 – 1975
Avant l’UGVF, c’est tout un mouvement qui a mûri, porté par l’amour du pays et le soutien à la lutte pour l’indépendance et la réunification. Ce mouvement plonge ses racines dans la création par Nguyễn Ái Quốc (Hồ Chí Minh), en 1919, du « Groupe des Annamites patriotes », précurseur de toutes les associations patriotiques vietnamiennes en France, dont l’UGVF est aujourd’hui l’héritière.
1954 – 1955 : Les premiers pas
- 20 juillet 1954 : premier camp d’été à Tours. Après les accords de Genève, les activités de la diaspora s’organisent ouvertement.
- 1954-1958 : deuxième vague de Vietnamiens de France rentrant au pays pour contribuer à sa reconstruction.
- Décembre 1955 : Congrès fondateur de la Liên hiệp Việt kiều (Union des Vietnamiens de l’étranger) , avec 800 membres et 11 sections locales en France. Nguyễn Khắc Viện en est le premier secrétaire général. Le siège se trouve au 4 rue Git-le-Cœur, Paris 6e.
1956 – 1965 : Résistance et organisation étudiante
- En 1956, le régime américano-diémiste sabote les accords de Genève. Les étudiants vietnamiens patriotes en France voient leurs virements suspendus, mais le mouvement d’entraide étudiante reçoit le soutien de la communauté.
- Le journal Quyết Thắng devient Đất Nước.
- 1959-1960 : interdiction de l’Union, mais le mouvement patriotique se poursuit sous d’autres formes.
- 1965 : naissance de l’Union des Étudiants Vietnamiens de France (présidents successifs : Huỳnh Hữu Nghiệp, Nguyễn Văn Bổn, Nguyễn Đức Phương…). Des jeunes de Belgique, Suisse et Allemagne de l’Ouest les rejoignent.
1967 – 1969 : Structuration des forces
- 1967 : installation de la Délégation générale de la République Démocratique du Vietnam en France. Multiplications des associations de base.
- 1967-1968 : création de plusieurs associations constitutives :
- Association des Intellectuels Vietnamiens de France (Président : Võ Thành Nghĩa, SG : Nguyễn Ngọc Trân, sciences : Nguyễn Quang Tiến). Elle collabore étroitement avec le Comité de coopération scientifique et technique avec le VN (CCSTVN) d’Henri Van Regmorter.
- Association des Travailleurs Vietnamiens de France (Lê Xuân Thiều)
- Association des Commerçants Vietnamiens de France (Phùng Công Khải)
- Association des Personnes Âgées Vietnamiennes de France (Trần Văn Mạc)
- Association Médicale Vietnamienne de France (Đào Văn Ty)
- Mai 1968 : début de la Conférence de Paris. La diaspora accueille et soutient activement la délégation vietnamienne.
- Mai 1969 : création officielle et publique de l’Union des Vietnamiens en France (Liên hiệp Việt kiều tại Pháp LHVKTP) , avec 2000 membres, 22 sections locales. Huỳnh Trung Đồng en est le président. Nguyễn Ngọc Hà est secrétaire général. Le journal Đoàn Kết (Solidarité) est lancé. Le président Hô Chi Minh envoie un télégramme de félicitations.
- Septembre 1969 : à la mort de Hô Chi Minh, une délégation de l’Union se rend au Vietnam et une grande cérémonie commémorative est organisée en France.

1973 – 1975 : Victoire et passage de témoin
- 1973 : soutien aux négociations jusqu’à la signature des accords de Paris. Autour de la rue Kléber, les drapeaux de la victoire flottent.
- 1er mai 1975 : l’Union des Vietnamiens en France (Liên hiệp Việt kiều tại Pháp LHVKTP) descend dans la rue avec le peuple français pour célébrer la libération et la réunification du Vietnam.
- Décembre 1975 : Congrès extraordinaire de l’Union des Vietnamiens en France (Liên hiệp Việt kiều tại Pháp LHVKTP). L’Union déclare être prête à s’auto-dissoudre et appelle à créer une nouvelle organisation pour la période de paix.


1976 : L’UGVF, une nouvelle page pour la diaspora
Fidèle à cet héritage, l’UGVF – Union Générale des Vietnamiens de France ( Hội người Việt Nam tại Pháp) est donc officiellement fondée le 24-25 avril 1976 au Congrès d’Argenteuil, il y a 50 ans. Elle incarne désormais le rassemblement de toute la communauté vietnamienne de France, unie non plus pour la lutte, mais pour la construction nationale.
Dès ses débuts, l’UGVF agit sur plusieurs fronts :
- Soutien économique et technique au Vietnam, alors confronté à d’immenses difficultés (fin de l’aide soviétique, guerres aux frontières, embargo américain, inondations, crise économique).
- Envoi de devises, rachat de produits vietnamiens, transfert de technologies, équipements pour les aéroports et les usines.
- Projets médicaux, scientifiques, éducatifs et humanitaires.
- Organisation d’événements culturels pour promouvoir l’image du Vietnam et maintenir la solidarité communautaire.
Même durant la période trouble de la fin des années 1980, marquée par des divisions internes et l’arrêt de nombreuses associations, l’UGVF reste debout, fidèle à son cap : soutenir le pays et rassembler la diaspora.
Conclusion : 50 ans d’histoire, une mémoire vivante
L’UGVF n’a officiellement que 50 ans. Mais elle est l’héritière d’une histoire militante de près d’un siècle, qui remonte jusqu’au « Groupe des Annamites patriotes » fondé par Nguyễn Ái Quốc en 1919.
Aujourd’hui, l’UGVF perpétue ce double héritage :
- celui des pionniers des années 1950-1970, qui ont lutté pour l’indépendance et l’union du Vietnam,
- celui des bâtisseurs de l’après-guerre, qui ont contribué, par leur science, leur travail et leur cœur, à la renaissance du pays.
Pilier de la communauté vietnamienne en France et pont vivant entre les deux rives, l’UGVF continue de faire vivre, 50 ans après sa fondation officielle, cet héritage de lutte et de construction.
Source : Ces informations sont extraites et traduites du livre *“Một thế kỷ – Một con đường – Un siècle – Un parcours (1909-2019)”* édité par l’UGVF en 2019.
